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WSOP 2024-Rubriques - Rencontres

Julien Martini, from Nevada

Le quadruple détenteur de bracelets WSOP lance sa campagne 2024 en tant que régional de l'étape : désormais propriétaire végassien, Julien Martini prévoit un programme un peu plus chargé que l'an dernier, avec une première belle opportunité de deep-run dans sa variante fétiche.

Event #40 : 1 500 $ Razz (Day 2)

Jullien Martini

Il y a deux ans, Julien Martini nous racontait son installation à Las Vegas, où il posait ses valises en tant que locataire longue durée. La période d’essai est désormais terminée : le runner-up PSPC est désormais l’heureux propriétaire d’un « condo » dans la capitale mondiale du jeu.

« Je me suis installé il y a trois semaines. Dans "The Ridges", le meilleur quartier de la ville. Ca faisait deux ans que je cherchais le bon endroit, je suis super content » déclare Julien, qui a donc passé le début des WSOP à grinder, mais aussi à finaliser son déménagement. « Je n’ai pas pu jouer autant que je le voulais. C’est beaucoup de logistique et de temps de s’installer dans une nouvelle maison. Et puis, je n’ai pas eu le temps de faire de véritable préparation. Notamment sur le plan physique, je sens que j’ai un peu perdu en endurance, je n’ai pas voulu forcer sur les première semaines ».

A l’économie, Julien a tout de même eu le temps de jouer six tournois depuis le début du festival, pour un seul petit ITM sur le 1 500 $ “Dealer Choice”. « J’ai passé deux jours entiers aux tables pour me faire craquer deux As par Shaun Deeb peu après la bulle. Autant de temps pour un min-cash sur un 1 500 $, je me suis dit “plus jamais” » lâche Julien Martini, qui se retrouve quelques jours plus tard au Day 2 d’un Razz à… 1 500 $.

Maman, j'ai raté le late-reg

« Ce n’était pas vraiment prévu, explique le joueur. Pour la petite histoire, j’avais prévu de late-reg le Big O à 10 000 $. Les inscriptions étaient ouvertes jusqu’à 15H15, j’arrive à 15H et à la caisse, la dame demande des vérifications sur mon buy-in. Elle appelle un superviseur, puis un deuxième, ça prend littéralement 15 minutes et au moment où ils me disent “c’est bon”, la dame appelle le floor du tournoi pour être sur que je puisse rentrer et… Trop tard. Les inscriptions sont terminées ».

Jullien Martini

Julien ne tilt pas et observe les autres options qui s’offrent à lui. Le 1 500 $ Razz, ou le High Roller à 50 000 $. Deux buy-in, deux ambiances. « J’ai observé le field du 50 000$… Ca m’avait l’air très relevé et puis, c’est beaucoup d’argent. Ca me fait toujours plus mal de perdre 50 000 sur un tournoi, alors que c’est une heure de swing en cash-game » compare le spécialiste de variantes, toujours gros joueur de cash.

Comme d’habitude, Julien a prévu de partager son temps entre les WSOP et les belles tables de cash-game “mixed games”. Chez l’ami Jean-Robert Bellande, d’autres belles tables du Strip… Et peut être la fameuse 3 000 $ - 6 000 $ de la Bobby’s Room, avec Antonius, Ivey et compagnie ?

« Ah non, celle là, c’est trop ! Trop chère, trop dure, trop de "trop". Il faut rester humain, commente Julien. Si tu es le 10e meilleur joueur du monde, tu es perdant dans cette partie. Ça swing des 600 000 $ par jour, et encore, tu n’es pas à l’abri de passer en 10 000 - 20 000 si un Talal Shakershi se ballade dans le coin ».

Prêt à les Razzer

Shaun Deeb

Le nouveau Shaun Deeb, qui s'est lancé dans un gros régime généreusement sponsorisé par Bill Perkins, est également aux avants-postes

Côté tournoi, Julien a prévu de faire davantage de volume que l'année dernière, avec certainement une grosse vingtaine de MTT, soit deux fois plus que l’édition 2023. Et le premier “vrai” deep run pourrait bien être pour aujourd’hui, puisque Julien Martini se situe à un peu plus de deux averages au moment d’aborder la bulle de ce 1 500 $ Razz.

« C’est l’un de mes meilleurs jeux. Je suis en harmonie complète avec le Razz, affirme celui qui remportait en 2022 le 10 000 $ Razz Championship. Et sur ce genre de buy-in, tu vois vraiment des erreurs absolument folles, que tu ne vois jamais en cash-game. Et en Razz, tu peux vraiment mettre des claques en exploitant, en punissant ce genre d’erreurs ».

Jullien Martini Ben Yu Scott Seiver

Quand on observe la table de Julien, on voit cependant quelques joueurs qui n’ont rien d’amateur, avec un virage Martini - Ben Yu - Scott Seiver, qu’on pourrait aisément recroiser sur le PPC à 50 000 $. « Il y a encore les Shaun Deeb, Seiver et tous les "bracelets hunters". Et c'est vrai que notre table est très hétérogène. On a Scott, qui joue d’ailleurs la 3 000 - 6 000, reconnus comme l’un des meilleurs joueurs de Stud et de Razz, et puis à côté, un gars qui te dit qu’il joue son premier tournoi Live. C’est aussi ça la magie des WSOP ».

Le Team Winamax aussi en course

Barthe Nicolas

Le Team Pro PMU n’est pas le seul français à percer ce field de 547 joueurs. Un autre amoureux des variantes s’accroche en queue de peloton, et fier représentant du Team Winamax puisque Nicolas Barthe est tout simplement trader en paris sportifs pour notre room. « Je jouais beaucoup en Razz sur internet à l’époque où je grindais. Ca remonte à 2008, sur le .com, il y avait du H.O.R.S.E, du 8-game. Chaque année, je viens avec Rémy Biechel, et il y a toute l’équipe de traders de Winamax qui nous a rejoint » informe Barthe, coutumier de ces petits deep run sur les tournois variantes. 39e du 8-game en 2022, 43e du H.O.R.S.E l’an dernier, il est encore en vie et désormais ITM à 60 left de ce Razz 1 500 $.

WSOP 2024 : tous nos articles

WithMyCap, des micros-stakes à Las Vegas

Il y a deux ans, "WithMyCap" jouait ses premières parties de poker sur des tournois online à 25 centimes. Désormais streamer reconnu et spécialisé en micro-stakes, le membre du Stream Gang a décidé l'an dernier de se lancer un challenge, dans le but d'aller jouer les WSOP à Las Vegas en emmenant deux membres de sa commu avec lui. Résultat ? Un rêve éveillé entre le Grand Canyon, le Gladiators, le Strip et plein d'autres choses encore pour un trio dont deux membres n'ont désormais qu'une envie : revenir à Sin City...

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Quand on fait partie du milieu des streamers poker, il faut être imaginatif. Comment faire plaisir à sa communauté en faisant autre chose que distribuer des tickets de tournois online ? Étienne alias WithMyCap, membre du Stream Gang de Winamax depuis bientôt un an, a lui aussi trouvé la réponse : tenter d'inviter un de ses abonnés à l'accompagner lors d'un voyage à Las Vegas, la Mecque du poker, en mettant en place un challenge. Pour celui qui s'est fait une spécialité de grinder les micro-limites sur notre pokerroom et dont l'audience n'est donc pas vraiment composée de joueurs high-stakes, cela avait tout de la bonne idée : il y avait de grande chances que le "sub" (comprenez subscriber) tiré au sort n'ai jamais mis les pieds à Sin City... Étienne revient sur la genèse ce projet : "Je venais de rentrer dans le Stream Gang, en août dernier, et je voulais trouver quelque chose pour lier ma chaîne Twitch à celle de Winamax. J'avais envie de me lancer un petit challenge, mais original. Je me suis demandé : ' C'est quoi le rêve pour des joueurs comme nous ?' Partir à Vegas jouer un tournoi des WSOP."

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Alors pour aller au bout de son idée, Étienne se lance : "Cela s'est passé de septembre à fin avril : en partant de 500 €, le but était d'atteindre plusieurs paliers. À chaque nouveau palier, il y avait une récompense pour un abonné de ma chaîne. Pour partir à Vegas, il fallait atteindre 2 500 €. Et chaque mois, dès que quelqu'un souscrivait à ma chaîne, j'écrivais son nom sur un papier, et je mettais ça dans une boite pour ensuite effectuer un tirage au sort Je n'étais pas sûr d'y arriver, même si j'ai fait tout de même en sorte que l'objectif soir atteignable soit possible, car c'est quand même un budget de partir à Vegas. À la fin du challenge, j'ai fait un stream de 24 heures, avec un "donathon" pour financer des activités à Vegas. On a eu 3 000 € de dons, et finalement j'ai aussi emmené avec moi le top donateur." Avec une idée claire derrière la tête : "Je voulais faire partager à ma communauté sur les réseaux sociaux l'expérience de Vegas vue par un joueur de micro-limites, les activités..."

4Résultat ? Étienne prend les billets pour Vegas, avec Yasser, l'heureux gagnant du tirage au sort, et Gwënaelle, la top donatrice. Une belle histoire pour Yasser, évidemment, d'autant qu'il connaissait déjà Étienne : "Un ami à moi, un semi-pro, l'a coaché pendant un stream en avril, explique l'abonné. J'ai trouvé ça super intéressant, aussi bien la partie coaching que ce qu'incarnait Étienne. Je me suis abonné à la chaine et un mois plus tard, je reçois un message de ce pote : 'J'ai vu un pseudo sur la story d'Étienne, tu devrais aller voir tes messages sur Twitch..' Et là, je vois quelques message où il m'explique qu'il veut que je parte à Vegas avec lui. Sur le moment, c'était vraiment le choc, j'avais du mal à réaliser. Quand j'étais dans le RER pour aller à Roissy, je ne comprenais toujours pas ce qu'il se passait !" Surtout qu'à la base, Yasser n'avait pas vraiment suivi le challenge. "D'ailleurs pour l'anecdote, ce n'est pas lui qui a été tiré au sort la première fois", précise Etienne. Car il y avait des critères, et la personne choisie en premier n'avait pas de passeport. En plus, Yasser ne s'est abonné qu'une fois, alors que certaines ont "sub" plusieurs fois pour mutliplier leurs chances d'être tirés au sort. Il a vraiment eu de la chance... Comme mon coach le connaissait, ça m'a fait plaisir, car c'est aussi risqué de partir à trois à l'autre bout du monde, alors qu'on ne se connait pas tant que ça. J'étais trop content."

1Finalement, le trio débarque donc à Sin City, des papillons dans le ventre et des rêves plein la tête : "Là, l'excitation a commencé à monter, avec la fontaine du Bellagio de nuit, les trucs de Vegas qui te mettent un peu une claque quand tu arrives", commence Yasser. "C'était incroyable," poursuit Étienne. Les rois joueurs se mettent vite dans le bain, en s'inscrivant donc au Gladiator à 300 $, un bracelet event des WSOP. "Dans l'idée, on voulait juste jouer un tournoi où on peut gagner un bracelet, même si c'est une chance sur 20 000 joueurs, explique WihMyCap. Nous sommes des joueurs de micro, mon budget était limité." Pour Yasser, jouer en live est carrément une première : "Je ne suis pas forcément hyper habitué du poker, c'était mon premier tournoi live, et c'est aux WSOP. Il fallait se mettre dedans, savoir comment marche le live, car ce n'est pas la même chose que sur Winamax. Heureusement, je parle assez bien anglais. J'ai tenu quelque chose comme 4 heures, et j'ai bust sur un flip. C'était hyper marrant, j'ai pris beaucoup de plaisir à table, à discuter avec les gens autout, à découvrir comment ça se passe." "C'était impressionnant," renchérit Étienne.

2Au final, si aucun membre du trio n'a atteint les places payées du tournoi, ils ont eu l'occasion de retaper le carton avant de partir. "Moi j'ai aussi joué le 60 $ du Sahara, il y avait 20 joueurs, détaille Yasser. C'était hyper marrant, on a fait TF." (rires) "Tu pourras dire que tu as fais finale à Las Vegas, plaisante Etienne, qui a aussi tenté sa chance au South Point. "Je pense sur les tournois à 100 $, franchement le niveau est moins bon qu'un tournoi à 1 € sur Winamax. En même temps c'est ça, les Américains juste pour le plaisir", pense WithMyCap. Mais évidemment, le trio ne n'est pas contenté de jouer au poker à Sin City : "On a visité le Strip, on a fait Fremont Street, mais aussi un saut de la Stratosphere Tower," embrayent les deux joueurs. "On a aussi visité le Grand Canyon, on a visité beaucoup de casino, tout le Strip de nuit, le Venetian." Il fallait carburer, puisqu'Etienne, Yasser et Gwënaelle ne disposaient que de six jours entiers à Las Vegas...

6Tout est allé très vite pour Yasser également : "On a aussi fait un reportage avec Harper pour 100% Poker, et pour moi qui découvre Vegas, c'est super de pouvoir immortaliser ça via des photos, mais aussi le contenu de Winamax. C'est le rêve jusqu'au bout, à chaque fois que je commence à réaliser un truc, quelque chose d'autre se passe... J'ai plein de souvenirs dans la tête; c'est magique. Une chose à retenir de ce séjour ? "J'aurai du mal à répondre", sourit Etienne. "Mais en vrai, quand je me suis assis aux tables du Gladiator, j'ai quand même réalisé un rêve. Le fait de l'avoir vécu pour trois personnes qui jouent les micro, c'était décuplé. Si un de nous trois avait deeprun..." Pour Yasser, ce sera le Grand Canyon : "C'est incroyable, c'est tellement irréel en termes de paysages naturels... Un truc qu'on voit dans les films. J'ai aussi trouvé que Vegas était fou, que les Américains étaient fous, leur vie, leur caractères, Fremont Street il y un écran géant sur 500 mètres." Et la commu, elle aussi, semble avoir kiffé : "J'ai reçu plein de messages, ils étaient vraiment à fond, se réjouit Étienne.

3Six jours, c'est court à Sin City. Alors le trio n'a désormais qu'un envie : revenir. "C'était un peu frustrant, car nous ne sommes restés qu'une semaine, il fallait mixer poker et activités, explique Etienne. Cela donne envie de jouer quand tu es là. Etre dans ces salles, c'est un rêve. J'ai trouvé ça incroyable, on a passé une super semaine." De quoi le motiver à remettre en place un challenge similaire sur sa chaine ? "Le but est de continuer à faire du contenu divertissant et pouvoir le partager. Je pense qu'à mon niveau, c'est important de mixer une aventure avec le poker, plutôt que la performance. Enfin, qui sait si un jour je ne jouerai pas à côté de Romain Lewis en finale..."

D'ailleurs, ça se passera comment la prochaine fois, niveau poker ? "Si possible, on a envie de revenir avec une bankroll plus conséquente pour jouer un peu plus, espère Yasser. Là forcément c'était un voyage découverte et poker." Etienne, lui, compte bien continuer sur sa lancée et pense surtout à son activité de streamer : "Il y a deux ans, je jouais des 25 centimes sur Winamax. C'est incroyable de me dire : 'Je suis à Vegas, qu'est-ce qui va m'arriver par la suite ?' Je veux essayer de faire des projets sympas et progresser. Pour 2024-2025 je veux travailler davantage mon jeu, ça prend du temps. Je pense que j'ai pas mal de leaks mentaux, j'ai du mal à monter de limite même si j'ai largement la bankroll pour le faire. Le but est de s'améliorer." Yasser est dans la même optique : "J'avais essayé de rattraper mon retard théorique avant de venir à Vegas car j'ai des potes qui sont très bons au poker. Je n'ai pas encore beaucoup d'expérience, mais ce Vegas, c'est une espèce de prophétie initiatrice." Et la prochaine fois, ce n'est plus dans la peau d'un débutant qu'ils reviendront dans la ville du vice. Alors, on remet ça ?

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Photos : Winamax et WithMyCap

WSOP 2024 : tous nos articles

Le grand saut

Tout juste passé pro à plein temps, Sami Bechahed plane sur cette première moitié de WSOP Un festival charnière à plus d'un titre pour cet expatrié, qui s'apprête à rentrer à la maison Event #49 : NLHE Freezeout 3 000 $ (Day 2)

Sami Bechahed

Ils étaient 1 252 sur la ligne de départ de cette énième petite sauterie en Hold'em, pour 187 au Day 2, tous ITM. Parmi eux, bien placé en quatrième place avec plus de 23 tapis de départ, trônait Sami Bechahed. Un autre jour au bureau pour le Français, éternellement affublé du drapeau américain dans les listings de PokerNews/WSOP, à cause de son statut d'expatrié Californien. Depuis le début du mois, Sami compte pas moins de huit places payées (neuf donc avec ce tournoi), live et online confondus. "Le online, c'est juste pour m'amuser, explique-t-il. Je joue à la maison, sur mon téléphone, ce n'est pas très sérieux. Mais en live, oui, ça se passe bien : ça donne l'impression que j'ai tout joué, mais en fait, j'en suis à six tournois pour cinq ITM." Un ratio à en faire pâlir plus d'un. "Je ne suis pas le joueur le plus technique, mais j'ai un bon instinct."

Une intuition qu'il a développée durant de longues années en tant que croupier du côté de Los Angeles, où il s'est installé en 2016, pour rejoindre celle qui est devenue sa femme, rencontrée en vacances un an plus tôt. Sami quitte tout pour traverser l'Atlantique et les États-Unis, mais se retrouve un an sans travailler, le temps d'obtenir les papiers nécessaires. Une fois les formalités administratives accomplies, le destin a alors frappé à la porte. "Un casino à côté de chez moi formait gratuitement des croupiers, explique-t-il dans une interview donnée au RMC Poker Show. Je me suis lancé, et j'ai commencé sur les plus petites parties de cash game, aux tables de 1/2 $ et de 5/5 $."

Petit à petit, le Frenchie gravit les échelons jusqu'à se retrouver à distribuer les cartes sur quelques parties streamées de la cité des anges. Un élan que vient couper le Covid... mais pas pour très longtemps. S'étant bâti un nom et une solide réputation, Sami passe alors du côté des parties privées, en compagnie d'une partie du gotha de la côte ouest, au point de se retrouver à une table face à un certain Leonardo DiCaprio. "C'est un nit ! Je ne m'attendais pas du tout à ça. Il joue en 5/10, uniquement pour s'amuser, et il réfléchit vraiment à chaque action. Ce n'est pas du tout avec lui que j'ai eu mes parties les plus folles." Lorsque la vie normale reprend son cours, Sami se retrouve aux tables du Hustler Casino, à dealer les fameuses parties du Hustler Casino Live, qui attirent les plus gros (ou les plus fous) cash gamers de la planète, où les pots atteignent régulièrement les sept chiffres.

Mais quels que soient les joueurs à table autour de lui, Sami, lui, observe. Il prend des notes, se pose des questions, réfléchit pendant, après les coups. Au point que l'idée de passer de l'autre côté de la table fait son petit bonhomme de chemin. S'il a fait ses armes sur Winamax - "après avoir découvert le poker à la buvette de [son] club de foot" - Sami a conscience de ses lacunes concernant le jeu online. "Je n'arrive pas à rester concentré, je joue mal et trop cher, ce qui est le meilleur moyen de tout perdre." Pour lui, ce sera donc le live, et rien d'autre, tout en continuant à donner les cartes quelques fois par semaine, grâce à un emploi du temps plus ou moins à la carte.

Sami Bechahed NAPT Winner Photo

Crédits photo : PokerNews / Matthew Berglund

Les premiers résultats arrivent vite, avec deux bagues WSOP-Circuit suivies d'une deuxième place pour 60 000 $, le tout collecté sur un même festival fin 2021 à LA. Arrive alors cette folle année 2022, marquée d'abord par une deuxième place sur un 550 $ WPT pour 194 000 $ avant la consécration : la troisième bague, de loin la plus belle, à 275 000 $, décrochée sur le Main Event à 1 700 $ dans la réserve indienne de Choctaw, dans l'Oklahoma. La suite n'est pas mal non plus : une gagne à 150K$ devant plus de 3 000 joueurs sur un 360 $, et un nouveau titre de prestige, obtenu ici, à Las Vegas. Pour le grand retour du circuit NAPT (North American Poker Tour), chapeauté par le pique rouge, il devance en finale des pointures telles que Nick Schulman,Sergio Aido et David Coleman pour faire main basse sur le titre et le premier prix de 270 000 $.

Alors pour faire encore plus fort cette année et les suivantes, Sami Bechahed a pris une grande décision. Ou plutôt deux. "J'ai arrêté mon activité de croupier le 30 mai. Depuis le début des World Series, je suis officiellement joueur professionnel. Et je vais déménager à Paris avec ma femme et notre enfant. Tu me verras partout sur les tournois Winamax et PS. Mais l'idée, c'est aussi de prendre du bon temps, de changer de lifestyle. À Los Angeles, tu ne peux rien faire à pied, tout prend beaucoup de temps. Et c'était le rêve de ma femme d'aller vivre à Paris. Dans un premier temps, elle s'occupera du petit, c'est un métier à part entière !" L'objectif est donc simple : parcourir, notamment, le circuit EPT, sur lequel Sami a encore tout à découvrir. Mais toujours, sans brûler les étapes. "Mettre 5K dans un tournoi, c'est mon maximum pour l'instant. Ma zone de confort se situe plutôt autour de 2/3K." Ce qui ne l'avait pas empêché de se glisser jusqu'en 48ᵉ place de son seul Main Event EPT à ce jour, celui de Paris 2023.

"En tout cas, sur ce tournoi, il va falloir qu'il se passe quelque chose, rebondit-il. Tous ces jetons, je les ai d'hier. Aujourd'hui, je n'ai pas gagné un coup," nous glisse-t-il avant de laisser échapper un pot contre le chipleader de sa table, qui l'a check/raise au flop dans un pot 3-bet. Tombé autour des vingt blindes, Sami ne s'affole pas. La confiance et les résultats parlent pour lui. Quinzième du 5K en ouverture de festival, il est ensuite passé tout près de la finale du "3K 6-max", s'inclinant en huitième place pour un peu moins de 50 000 $. Avec notamment le redoutable Chris Brewer deux crans à sa gauche, et alors que le Top 50 se profile à l'horizon, la route reste encore longue et parsemée d'embûches. Mais lorsque l'on est capable de traverser deux fois le globe pour suivre ses rêves, elle ne parait pas si insurmontable.

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Alban Juen, jeu agressif pour scores massifs

Il a signé le plus gros gain français aux tables de Las Vegas depuis le début de l'été : en s'imposant au Wynn pour 380 767 $, Alban Juen poursuit son incroyable run sur les tournois live à middle buy-ins. L'occasion de revenir avec l'Avignonnais sur ce nouveau sacre, de percer le secret de ses performances à répétition, et de nous raconter sa love story avec Las Vegas, depuis son éclosion au Main Event des WSOP 2012. Rencontre avec un joueur tout sauf vintage.

Juen
Crédit photo : Wynn

Depuis quelques années, le reportage des WSOP sur Winamax débute peu avant la mi-juin. Mais peut-être que finalement, on devrait arriver plus tôt la prochaine fois. Car les Championnats du Monde, ça commence dès la fin mai. Et surtout, parce que les Français ne nous attendent pas pour perfer à Sin City. En témoigne la victoire de Thibault Périssat au début du mois sur le Super Turbo Bounty à 1 000 $, bien sûr, pour le premier bracelet français de l'été... Mais aussi celle d'Alban Juen, passée un peu plus sous les radars.

Sur un tournoi à 1 100 $ au Wynn, l'Avignonnais a pourtant remporté le 30 mai le plus gros gain encaissé jusqu'ici par un Tricolore depuis le début de l'été vegassien : 380 767 $ tout de même. Le top cash live de sa carrière, devant sa 5e place à l'ISPT en 2013 (290 000 € après deal), de quoi passer la barre du million de dollars de gains en live et de quoi perpétuer une bonne tradition française : même lors des années où les Bleus ne gagnent pas de bracelets, ils parviennent toujours à s'illustrer lors des festivals annexes, comme Thibault Letort ou Pierre Merlin l'an passé. Alban a peut-être même réussi le meilleur score depuis belle lurette à ce niveau : hormis les 259 114 $ remportés par Antoine Saout en 2016 sur un tournoi Deepstack Extravaganza au Venetian (EDIT : et les 402 125 $ pris par Antonin Teisseire la même année sur le même festival, merci Veunstyle), on n'a pas le souvenir d'un chèque aussi élevé banqué par un Tricolore en dehors des tournois WSOP.

Bref, Alban Juen a validé une performance majuscule, le tout en seulement deux semaines passées à Vegas. Et ce timing, le Sudiste, qui a débarqué dans le Nevada dès le coup d'envoi des World Series, ne l'avais pas choisi au hasard : "Il faut bien spécifier que tous les regs européens n'étaient pas encore arrivés, à cause des Tritons et des WSOPC Cannes, explique le joueur de 33 ans. Je me suis dit que plus tôt j'arriverai à Vegas, moins il y en aurait aux tables. Je pense que c'était un bon read. J'avais décidé de jouer quasiment tous les tournois compris entre 1 000 et 5 000 $ durant trois semaines, et donc j'avais coché cet event au Wynn car il y avait deux millions de dollars garantis." Et visiblement, le plan s'est déroulé sans accroc, le field semblant avoir répondu aux attentes d'Alban : "Il était composé en majorité d'Américains, poursuit le grinder. C'était une bonne nouvelle, exactement ce que j'attendais." Pourtant, cela ne l'a pas aidé lors d'un début de tournoi raté, où il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même : "Je crois que j'ai fait un missclik sur ma première bullet. En gros, j'ai voulu relancer à 1 000 au bouton avec 9-3 suités, mais j'ai open 15 000. Un mec a fait tapis pour 20 000 jetons, et j'ai dû payer. Il avait As-Roi off, et je n'ai pas gagné le coup." Résultat ? Re-entry inévitable, et seconde bullet.

Alban WiPTAlban a terminé 105e de la Grande Finale du WiPT cette année

Là, tout a été beaucoup plus fluide. "Je monte un poil plus que l'average après le Day 1, on était ITM à ce moment, raconte Alban. Au jour 2, j'avais encore des bonnes tables. Il n'y a pas eu de coup majeur, à part une main où j'ai bluffé à tapis alors que le mec était commit : il a misé 1 million, et j'ai shove 1,5 million. Il y aussi un gros call où mon adversaire overbet shove pour un peu plus d'une fois et demi le pot, et je call avec troisième paire : il avait un monster draw. Ce devait être un 55/45 pour moi, j'avais Dame Huit sur A-8-2-J. Dans ce genre de spots, il n'a pas trop de value hands, car il va chercher à valoriser pour moins cher. Je savais qu'il avait très souvent double gutshot ou open ended flush draw par exemple : c'est ce qu'il avait." Le début de la déroulade (ou presque) pour Alban : "J'ai pris ce gros pot, et à partir de ce moment tout à été plus simple, même si à 40 left il y a deux-trois fois où c'était un peu chaud. En demi-finales, j'avais un stack d'à-peu-près la moyenne. J'ai relancé 70 à 80% des mains, j'ai tout open et il n'y avait pas trop de résistance. J'avais la chance d'avoir un très bon joueur à ma droite, et donc il n'a pas pu trop playback. Bon, j'ai aussi gagné un flip qui m'aurait fait mal, As-9 contre J-10 suités. À ce moment-là j'ai 8 millions, et le pot en faisait 10..."

De quoi faire grossir ses piles de jetons, et arriver en table finale avec le statut de large chipleader : "J'ai commencé avec 21 millions, contre 15 millions, 10 millions, et 4-5 stacks à 5 millions chez mes adversaires. Et pareil, j'ai "VPIP" toute la TF. J'ai tout open, et il n'y a pas eu trop de résistance. Honnêtement, je n'ai pas eu besoin de trop de réussite, car j'avais une position vraiment très préférentielle à table. Et j'ai eu un petit setup favorable en début de TF, où j'ai passé As-Dame contre As-10 contre un mec qui avait dix blindes." Ensuite, c'était tout droit pour Alban, qui est parvenu à conclure sans coup férir en heads-up contre son runner-up John Pierce (255 250 $).

Mais pourquoi est-il aussi performant ?

WSOP Alban
Alban au Main Event des WSOP 2017

Un coup d'éclat de plus à mettre au crédit d'Alban Juen, que l'on voit régulièrement au sommet des fiches de résultats. Depuis la reprise des tournois live après le Covid, le Sudiste a ainsi réussi quelques gros scores : par ordre chronologique, une seconde place sur le FPS Aix-en-Provence en 2022 pour 85 970 €, une victoire sur le High-Roller des FPS Paris quelques mois plus tard pour 81 200 €, et encore un titre sur les FPS Aix-les-Bains en octobre dernier, pour 90 070 €. Une collection de perfs' digne des meilleurs grinders de tournois live français : sauf que pour Alban, cela a été ratifié sur un échantillion de tournois beaucoup plus faible. "Je dois faire une dizaine de festivals live par an, détaille t-il. Les festivals EPT et d'autres tournois si ce n'est pas très loin, et si ça me va au niveau des dates, ainsi que Vegas. Je fais quinze tournois par an, peut-être vingt en comptant les re-entries."

Mais quelles sont les raisons d'un ratio de résultats si positif ? Deux facteurs principaux, selon le principal intéressé : "Déjà, il y a forcément une part de run good, sinon c'est impossible. Tout le monde le sait et s'en rend compte. La seconde raison, c'est que je joue hyper-agressif, et l'agressivité, ça paye. C'est ce que je dis tout le temps, c'est un reward : plus tu joues agressif, moins les joueurs vont vouloir jouer contre toi, moins il vont attaquer tes blindes, moins ils vont défendre les leurs, parce qu'ils savent qu'à n'importe quel moment il peuvent se faire 3-barrels. C'est une sorte de fear equity, et contre les profils middle buy-ins en live, c'est extrêmement positif. Je ne pense pas que ça marcherait sur les gros buy-ins, où les joueurs ont un niveau technique élevé et comprennent ce qui est en train de se passer. Je sais sur quels types de tournois j'ai le niveau et ceux sur lequel je ne l'ai pas : je joue jusqu'à 10 000 $ de buy-in max, car au-dessus, j'aurai du mal à développer le jeu que je veux. Mais sur les mid-stakes, ça marche très bien. Ici, le field overfold sur tous les coups à tapis, alors que sur Internet, si tu sors sur un mauvais call, tu vas jouer un autre tournoi. À Vegas, tu vas peut-être faire un ou deux deepruns, t'as pas envie de sortir sur un mauvais read..."

Un mode opératoire qui semble donc parfaitement fonctionner à Sin City, où Alban se sent à l'aise : "C'est une destination que j'adore, il y beaucoup de fair-play à table, il y a des grosses parties, que ce soit en MTT ou en cash-game, toujours quelque chose à faire. C'est cool quand ça se passe comme ça : on sait tous qu'il y a des Vegas où on se cagoule. L'orga est cool, le Wynn c'est vraiment top. Je pense que je vais y retourner en décembre pour le WPT Championship, ce sera à la maison."

So 2012

JuenOutre la bonne vieille tradition française, ce titre au Wynn permet aussi à Alban Juen de poursuivre une histoire d'amour avec Sin City qui dure depuis douze ans déjà : à l'époque, "​HWolowitz", talentueux grinder issu de la génération 2010 qui avait explosé lors de la régulation du poker en ligne en France, avait vécu son premier gros deep run en live, sur le Main Event des WSOP. Rien que ça. C'était donc en 2012 (année Greg Merson, avec Gaëlle Baumann bubble-girl de la table finale), et l'Avignonnais avait terminé 59e et quatrième meilleur Français, au cœur d'un bon cru tricolore sur le Big One : "C'est mon meilleur souvenir poker, affirme Alban. C'est le tournoi où tu as le droit de rêver. Tu sais que tu peux devenir millionnaire si tu fais top 9, c'est un life changing possible pour tout le monde. Tu as une structure de malade, si tu perfes, tu as des opportunités... Ça lance une bankroll, ça permet de rencontrer du monde, ça a permis plein de choses. J'ai le souvenir qu'à l'époque au Rio, il y avait 650 tables pour le tournoi, et quand t'arrives au Day 6, il ne reste plus que huit tables dans une seule room. À ce moment, il n'y avait pas de tournoi organisé pendant la fin du Main, et ils enlevaient les tables au fur et à mesure. Et la petite musique d'Ennio Morricone au début de chaque journée... Ce tournoi a quelque chose de spécial, pour moi c'est le plus beau de l'année, et c'est un crève-cœur de ne pas le jouer cette année. Mais j'ai un mariage et je ne me voyais pas faire l'aller-retour."

Et puis, Alban ne veut surtout pas trop en faire : "Physiquement c'est hyper éprouvant. Si tu décides de faire du cash et d'enchainer les tournois, c'est une ville qui te prend beaucoup d'énergie. Je n'y vais que quinze jours pas plus, et je me dis que c'est vraiment un bon deal, parce que quand j'ai arrêté de jouer cette année, j'étais déjà cramé. J'ai fait le programme que j'avais prévu, mais je n'ai pas poussé plus loin."

Ce titre estival démontre également une certaine longévité dans le poker de haut niveau pour Alban, ce qui est finalement assez rare chez les joueurs de sa génération : "J'ai commencé à 18 ans avec l'ancienne génération, se souvient l'Avignonnais. Ça fait bizarre, car quand j'arrive sur un tournoi je ne connais plus personne : il ne reste que Paul-François Tedeschi, Alex Réard avec qui j'ai passé pas mal de temps à Vegas, Antoine Saout même si je ne l'ai pas croisé, Erwann Pécheux... Mais c'est plaisant de rencontrer aussi des petits jeunes qui sont ultras-motivés et qui travaillent très bien." Enfin, à 33 ans, Alban n'est pas un vieux, loin de là, lui qui a changé de lifestyle, ayant quitté Londres pour la campagne bourguignonne. Prochaines échéances pour lui sur le circuit ? L'EPT Barcelone ou l'EPT Chypre, et donc le WPT Championship au Wynn. Histoire d'améliorer encore le ROI ?

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Super JB Bros.

Jean-Bernard Bros est le dernier Français en course à dix tables restantes NLHE #46 : Seniors Championship 1 000 $ (Day 3)

Où sont les amateurs français sur ces WSOP ? C'est en substance la question que nous nous posions entre collègues jeudi soir. En dehors de la victoire inaugurale de Thibault Périssat, à bientôt mi-chemin de ces World Series, ce sont surtout les pros qui sont apparus en haut de l'affiche. Des finales pour Romain Lewis, Johan Guilbert, Nicolas Vayssières et Robin Guillaumot et une victoire au Wynn pour Alban Juen. Et même en jetant un œil au tableau des principaux résultats tricolores, force est de constater que nous n'avons pas encore eu l'occasion de nous enthousiasmer sur un deep run signé d'un joueur alors inconnu de nos services. Jusqu'à aujourd'hui ?

Jean-Bernard Bros

Parce que réservé aux cinquante ans et plus, le Seniors Championship offrait forcément un taux de joueurs récréatifs nettement plus élevés que la moyenne parmi nos Frenchies. Mais encore fallait-il que ceux-ci parviennent à s'extraire d'un field gargantuesque de presque 8 000 entrants - étonnamment inférieur à celui de l'an passé. C'est ce qu'est en passe de réussir Jean-Bernard Bros (photo). Seul Français présent au troisième jour de ce tournoi qui en comptera cinq, il est toujours dans le coup à la deuxième pause de la journée, alors que l'horloge affiche 90 joueurs restants. Pas mal pour cet habitué de Las Vegas, qui dispute le tout premier tournoi de son été.

"Je viens tous les ans depuis une quinzaine d'années, détaille le Parisien. La première fois, j'étais venu en prenant mon ticket pour un tournoi à 1 500 $ sur un satellite online de Barrière. C'est dire si ça remonte ! J'ai adoré l'expérience, et depuis, je viens chaque été. J'ai un arrangement avec ma femme, poursuit-il. Je fais les quinze premiers jours tout seul, puis elle me rejoint, on passe un peu de temps ensemble sur place, et en principe ensuite on part en vacances. Cette année, elle arrive à la fin du mois, on va prendre la route 66 et aller au bout, jusqu'à Chicago."

Travaillant dans le domaine du conseil en entreprises dans la capitale, Jean-Bernard prend donc le temps de voyager pour le poker, avec, outre Vegas, des résultats collectés aux quatre coins de France (Le Havre, Cannes, Deauville, Lille), à Bruxelles, Barcelone, Monaco, Berlin et même au Panama. Cette place payée sur le Seniors, sa deuxième après 2022, lui permettra de passer la barre des 100 000 $ de gains en live, et pourrait même lui ouvrir d'autres portes. "J'ai prévu de jouer le Millionaire Maker, mais cela dépendra de ce qu'il se passe sur ce tournoi. Le Main, ce sera uniquement via un sat', 10 000 $, c'est trop pour moi. Sauf si je gagne bien sûr ! J'adorerais aller ne serait-ce qu'en finale..."

Il lui faudra pour cela passer outre un coup qu'il ruminait à la pause. "J'ouvre avec une paire de 10, je me fais 3-bet et un troisième joueur paie. J'ai hésité, mais j'ai fini par fold, en partie parce qu'un peu plus tôt, je m'étais déjà fait 3-bet par un joueur qui m'a montré deux As. Cette fois-ci, le flop vient 10-4-2, l'open raiser part à tapis et se fait snap call. Le premier a As-Roi et le deuxième, paire de Rois. J'aurais même fait carré river ! Bon, bien sûr, il ne faut pas être result oriented, mon fold était bon, surtout contre ces profils-là." Cette expérience du live, JB la couple a une pratique online régulière. "Je joue pas mal sur Winamax, oui, plusieurs fois par semaine. Je ne fais que des MTT, une bonne partie de la grille, du Prime Time au Battle Royale. Je m'amuse quoi." Et il a l'air de bien s'amuser sur ce Seniors, malgré un tapis qui a légèrement fondu pour représenter une vingtaine de blindes à la reprise. Let's go Bros!

Greg Raymer

Vainqueur l'an passé du Seniors du Golden Nugget, du côté de Downtown, Greg Raymer est encore en piste pour tenter d'ajouter un deuxième bracelet à son palmaèrs, vingt ans (!) après sa victoire sur le Big One.

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Le retour du Tapis

Un ancien couvreur/joueur revient à Las Vegas après une bien trop longue absence Event #54 : Millionaire Maker 1 500 $ (Day 1C)

Tapis_Volant

Il est de retour messieurs, dames ! Non, pas Gus Hansen sur le Poker Players Championship, ça on vous en parlera plus tard, car il y a des priorités. Et l'arrivée en ville de Victor Saumont, en est une. Cela faisait cinq ans que Tapis_Volant n'avait pas remis les pieds dans la Cité du Vice, le temps d'un été où il avait enfilé sa double casquette de reporter (pour Winamax), puis de joueur. "2019, ce n'est pas un super souvenir, se souvient Victor. J'avais fait le Main Event en entrant au Day 2 et je n'avais pas joué plus de quatre heures." Il faut remonter encore quelques années en arrière pour faire renaître la belle histoire d'amour entre Tapis et Vegas.

"Je suis venu pour la première fois en 2011, faire le coverage pour ClubPoker. Ensuite, je suis venu tous les ans jusqu'à 2019, excepté en 2015 où j'étais à la Fémis. C'est une ville vraiment spéciale pour moi, chaque année, j'ai des souvenirs de dingues. Nosebleed, mon premier Main Event, première table TV, les Flambeurs, Tony Miles, le Golden Nugget : voilà mon Top 6. Pas forcément dans cet ordre d'ailleurs." Après avoir suivi pendant des années Alexandre Luneau, Sébastien Sabic et le reste des joueurs français présents sur place, un premier changement s'amorce en 2016.

Venu en tant que joueur, Victor se faufile en demi-finale d'un tournoi à 570 $ au Golden Nugget, pour un peu plus de 10 000 $. L'impulsion nécessaire pour le pousser à tenter sa chance sur le Big One, pour lequel il se qualifie à partir d'un satellite à 500 $. Une belle histoire qui se poursuit jusqu'à la toute fin du Day 4, en 257ᵉ place (sur 6 737), pour 36 708 $. Ce, après avoir lâché les Rois à la bulle face à Shaun Deeb. "J'avais cold 4-bet, il a cold 5-bet, j'ai fold et il a retourné les As."

Tapis_Volant - Daniel Negreanu

Une aventure qui donne forcément l'envie de revenir. Alors quitte à le faire, autant marquer les esprits. De nouveau au Golden Nugget, cette fois sur un 150 $ Flight qui rassemble plus de 1 900 entrants, Victor décroché carrément le trophée et 18 000 $ après un deal signé entre les neuf derniers finalistes, dont votre serviteur (oui, ceci est un brag). La suite, c'est un nouveau Big One, qui ne se soldera pas par une nouvelle place payée, mais un Day 1 inoubliable passé en table télévisée, aux côtés de... Daniel Negreanu et Jason Mercier, rien que ça.

En 2018, de retour du côté des médias, Tapis_Volant reprend sa caméra pour suivre l'épopée des Flambeurs, cette équipe de potes qualifiée pour le Main Event des WSOP via le KING5. Il aura même l'occasion de faire quelques heures supplémentaires, pour filmer la préparation de Tony Miles, cet anonyme américain, découvert et coaché par Pierre Calamusa, avant sa finale du Main Event, dont il terminera runner-up.

Tapis_Volant ChipcountCette année, avant de dégainer carnet et stylo, Victor s'offre un petit kiff', financé par des stakers/amis de confiance, sur le Millionaire Maker. Pour l'heure, le run est comme qui dirait fluide, malgré un départ chaotique. "Je suis rapidement monté à 35 000 sur les 25K de départ, raconte-t-il. Je retombe au tapis de départ sur "un fold de nit" et je me level un peu contre la joueuse à ma droite en essayant de la bluffer. À ce moment-là, j'ai 17 000, et je ne suis pas au top. J'ai encore de la marge, mais je sens que j'ai pris un petit coup sur la tête. Je me reconcentre et je remonte à 25 000." Avant un rush de cartes assez délirant, qui commence en éliminant avec deux As un joueur qui a poussé ses 22 000 au milieu avec deux Valets.

"Dix minutes plus tard, j'ai encore deux As. J'ouvre à 1 300 (sur 300 / 500) au lo-jack, payé par le bouton. La SB, qui vient d'arriver avec un tapis de 18 000, shove et là, le bouton, qui joue 45 000, just call le tapis. Je reshove, le bouton lâche ce qu'il dira être As-Roi et call de la grosse blinde avec deux Rois. La SB a deux 9 et ça tient." Et voilà comment on se retrouve (temporairement) tout en haut du classement, avec 120 000 jetons, au milieu de près de 4 000 joueurs. Une affluence gargantuesque où pullulent les amateurs, ce qui ne l'a pas empêché de voir arriver à sa droite un certain Bill Klein, businessman et high staker de son état, avec 7,5 millions de dollars au compteur.

Mais au fait, ça fait quoi de revenir ailleurs qu'au Rio, dans ce nouvel antre du Horseshoe/Paris ? "Au départ, je trouvais ça assez étonnant. Comme si on avait mis les WSOP dans un coin d'un casino qui n'est pas du tout consacré au poker. Ou plutôt dans deux coins avec ces salles séparées. Et il y a vraiment beaucoup de monde dans les couloirs. J'avais peur qu'on ne retrouve pas tout à fait l'ambiance des WSOP. Mais une fois à table, on y est. Les salles sont même un peu plus classes qu'au Rio. En revanche, l'Event Center, là où vous travaillez, il fait assez vide." Là où tu travailleras bientôt aussi Victor, puisque vous pourrez vous délecter de ses articles à partir du milieu de la semaine prochaine, on espère le plus tard possible. Au hasard, vendredi, après avoir empoché un million de dollars. S'il ne décide de tout plaquer pour aller jouer un quatrième Main Event. Quoi qu'il en soit : on sera là pour suivre ça !

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Un Super Senior pas comme les autres

Pour son premier Super Seniors, Bruno Fitoussi n'a qu'un seul plan : go big or go home Event #59 : Super Seniors 1 000 $ (Day 2)

La deuxième pause du jour approche sur le Super Seniors. Alors que trois joueurs ont déjà quitté la table (dont la grosse blinde) pour prendre la value du toilet break anticipé (ils sont encore 400, ça en fait des vessies à soulager), Bruno Fitoussi sent le coup et tente l'ouverture light en milieu de parole dans l'espoir d'empocher le coup tout de suite. Dommage, le bouton paie avant d'envoyer son tapis sur un flop hauteur 8 derrière un check du Français. Rien de bien grave pour le King, qui se maintient à 230 000, soit son tapis en début de journée qui le plaçait alors en sixième position au chipcount sur 901, pour une moyenne à 160 000. "Je suis monté à 350 000 aujourd'hui, mais j'ai perdu un gros coup avec Roi-Dame suité contre As-Roi : j'avais flush draw et top pair sur un board hauteur Roi."

Bruno Fitoussi

Un premier coup d'arrêt après un départ canon, sur un tournoi... qu'il n'était pas censé jouer. "Je suis là depuis le 15 juin, et je fais beaucoup de golf, raconte Bruno. Comme je suis très copain avec Matt Savage [le directeur de tournoi historique du WPT, pour les deux du fond qui dorment, NDLR], on va pas mal jouer à son club du Southern Highlands. Je suis aussi allé une fois au Wynn. Bon, je suis handicap 25, c'est nul, mais j'adore ça ! C'est comme le poker pour certains ici." Problème, pour échapper à la température caniculaire de Las Vegas, et ses 40° à l'ombre une majeure partie de la journée, il faut se lever tôt. Très tôt. "Ça fait plusieurs jours de suite où je suis debout dès 6 heures, donc autant te dire que hier après-midi, j'étais crevé."

Vient alors le moment des choix. "Je voulais jouer le tournoi d'Omaha High-Low/Stud High-Low, mais comme il avait démarré à 14 heures, je sentais qu'il allait se terminer tard, vers 2 heures du matin. Il est 18 heures, je vois que je peux encore m'inscrire sur ce Super Seniors, c'est pas cher, alors j'y vais." Une grande première pour le King, 65 printemps au compteur, sur ce tournoi réservé aux soixantenaires et plus, qui se passe comme dans un rêve. "J'ai été surpris par la faiblesse du niveau au Day 1. Sur le Day 2, ça commence à se durcir un peu, mais honnêtement, je n'avais jamais vu ça." Qu'il soit en value ou en bluff, Fitoussi attire constamment les jetons à lui, pour grimper dans les cimes du classement en un rien de temps. "Sur la fin, ils ne me payaient plus, j'avais des walks quand j'étais en grosse blinde... C'était à mourir de rire."

Tout l'inverse, pour l'instant, d'un début de Vegas assez catastrophique. "J'ai joué six tournois, plus deux re-entries pour zéro cash, et un mini Day 2 sur le 10K H.O.R.S.E., égrène-t-il. Même en cash game, je n'ai fait que deux sessions, en 200 / 400 $ mixed games au Bellagio, mais ce n'est pas bon non plus." Un premier ITM cet été donc, sur ce Super Seniors, qui pourrait sauver son été en cas de victoire à 358 00 $, mais la route est encore longue. "Les paliers sont ridicules, on joue pour des cacahuètes. Donc maintenant, la stratégie, c'est de monter des jetons ou de sauter. Comme ça, ou je reviens demain avec un gros tapis, ou je vais jouer le 10K PLO comme prévu."

Pour faire grossir les piles, Bruno peut compter sur une expérience peu commune aux tables, qui lui permet de facilement s'adapter à ces "papis ricains" qu'il n'a pas du tout l'habitude de jouer. "Pour simplifier, il faut être très agressif et être en même temps capable de bien lire quand ils ont touché. De temps en temps, tu vas tomber sur un os et, grossièrement, si tu sens qu'il y a de la résistance, mieux vaut abandonner. Mais la plupart du temps, s'ils n'ont rien, ils ne vont rien tenter et tu vas pouvoir prendre le pot." Le plan est limpide, le programme pour les prochains jours aussi, alors, comme on dit chez nous : y'a plus qu'à !

Sammy Farha

Et le chipleader de ce Super Seniors à 400 joueurs restants n'est autre que... Sammy Farha ! Toujours la clope au bec, cette légende du poker des années 1990/2000, qui a involontairement lancé le boom du poker en perdant le heads-up du Main Event 2003 contre Chris Moneymaker (on attend toujours qu'il fasse ce call), se rapproche de ce qui serait un troisième bracelet, 18 ans après le précédent, obtenu sur un 5K Omaha High-Low.

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Quand vlog rime avec émotion

Après avoir réalisé une vidéo sur le poker pour Konbini, Baptiste Giudicelli passe à la vitesse supérieure à Vegas en faisant vivre son aventure sur les WSOP grâce à des vlogs quotidiens centrés sur l'émotion vécue par les joueurs de poker. On l'a rencontré après son bust sur le Colossus et alors qu'il suivait son pote JPL sur sa deuxième bullet. Event #60 : Colossus 400 $ (Day 1 C)

Baptiste Giudicelli

Son visage vous semble peut-être familier, mais vous ne saurez dire où vous l'avez aperçu. Baptiste Giudicelli, c'est le gars qui a réalisé une vidéo de poker mémorable pour Konbini l'an dernier, une vidéo très personnelle dans laquelle il nous raconte son histoire d'amour avec le poker, et se paye le luxe d'une longue interview avec Patrick ■■■■■. Si cette vidéo est marquante, elle l'est aussi pour son créateur, alors en passe de quitter son employeur pour se lancer dans une nouvelle aventure professionnelle.

Baptiste Giudicelli

Félicité par Grégory Chochon himself, le grand manitou français des WSOP, Baptiste se voit proposer un petit coup de pouce pour venir découvrir les World Series of Poker et documenter ça. L'occasion est trop belle, Baptiste décide de venir avec son pote de poker Jérôme Pradal, plus connu sous le pseudo "JPL" pendant près de trois semaines à Vegas, pour disputer quelques tournois et réaliser des vlogs dans lequel il partage son aventure. La vérité, c'est que c'est pas la première fois qu'il vient dans la ville du vice, puisqu'en marge de son taf à couvrir le Salon des Nouvelles Technologies (CES) pour Konbini, il s'était dépêché de boucler ses interviews pour aller jouer quelques tournois à 75$ au Ballys, "les tournois les moins chers que je pouvais jouer", aime-t-il à préciser avant de caser un petit brag sur le fait qu'il en a gagné un.

Joueur depuis 2018, principalement en mode associatif au sein du Paname Poker Club où il joue tous les lundis soirs dans un bar, Baptiste est le digne représentant du poker récréatif. "C'est vraiment l'endroit où j'apprécie le plus de jouer au poker, on joue dans des bars, on se chambre, on rigole bien, on est à la fois là pour bien jouer et pour passer un bon moment". Il a également testé les clubs de jeu et fait quelques trips poker sur des events WIna comme Bratislava ou le Sismix. C'est d'ailleurs sur le dernier Sismix qu'il a réalisé sa meilleure perf à ce jour, en atteignant la table finale du Monster Stack pour 4 528 $, de son propre aveu "un moment incroyable" pour celui dont le jeu est d'abord un amusement pour passer du bon temps avec ses potes. "C'est une des premières fois où je monte un gros stack et où je peux mettre la pression sur mes adversaires, c'est vraiment une sensation de ouf sur un tournoi et je pense que tout le monde rêve de vivre ça sur un tournoi."

Baptiste Giudicelli

Baptiste en train de rail JPL sur le Day 1C du Colossus

Mais alors, pourquoi Baptiste est-il là à Vegas ? Partageant la chambre avec son pote Jérôme a.k.a JPL, Baptiste a décidé de documenter son aventure, en livrant un vlog par jour, dans lequel il partage son quotidien à Vegas. Anecdotes de vie, moments dans le rail français, tournois disputés, tout y passe, un peu à l'image des vlogs de Daniel Negreanu qu'il avoue "avoir consommé avec délice", Baptiste essaye de faire vivre son aventure de l'intérieur. "J'aime beaucoup le format de vlog journalier, j'ai beaucoup consommé les vlogs de Casey Neistat ou ceux de Léna Situations, et je me suis dit que si on associait ça avec le milieu du poker, ça pouvait faire un truc vraiment sympa. Les gens peuvent suivre ce que tu vis, les moments où ça va bien, les moments difficiles. J'essaye surtout de montrer l'émotion. Comme quand on découvre les grandes salles du Horseshoe ou du Paris, qu'on s'inscrit à son premier tournoi, qu'on va s'asseoir en entendant la musique d'Ennio Morricone. Ça m'intéresse pas du tout de montrer la technique, je coupe au montage les mains qu'on me raconte en général, c'est plus l'émotion que j'essaye de partager."

Dans le genre émotion, Baptiste a été servi puisqu'il y a deux jours, il a assisté de près à la deuxième place de Michel Leibgorin sur le 2-7 Single Draw, passant à un cheveu du bracelet dont il rêvait depuis ses débuts au poker en ... 1995. "J'avais jamais vu ça, on était à 1 mètre de quelqu'un qui pouvait gagner un bracelet. Je connaissais pas ce joueur mais Jérôme m'a raconté son histoire. Le fait qu'il était presque aveugle, qu'il jouait avec une loupe, qu'il attendait ce moment depuis toujours. C'était fou, en plus quand on est arrivé, il était en train de crush complètement son adversaire. Voir son émotion après avoir perdu si proche du bracelet, c'était vraiment un moment plein d'émotion."

Neymar Giudicelli

Côté poker, c'est pas encore la fête puisque Baptiste a joué - et bust - sur son premier tournoi du séjour, le 400 $ Colossus, que rejoue aujourd'hui son pote Jérôme qu'il intègre très souvent dans ses blogs. Après avoir monté un stack de 110k (sur 50k starting), il s'est de son propre aveu un peu level "contre un papy de Vegas qu'il ne faut jamais call. Je l'ai call trois fois avec deuxième paire et il avait deux As." L'aventure s'est terminée ensuite sur un coup avec As-Valet contre les Dames en bataille de blindes. Il regrettait également un beau read qu'il avait et qu'il n'a pas osé suivre, quand il a frappé une top paire river et qu'un joueur a décidé d'overbet à tapis. "Je pense que j'ai pas osé mettre les couilles sur la table parce que c'était un tournoi WSOP", regrettait-il.

Si le vlog ne parle pas que de poker, et qu'on verra également les spectacles, les passages au Bowling du Orleans, les à-côtés, c'est surtout l'immersion avec des joueurs en plein kiff qui l'intéresse, essayer de faire en sorte que les gens s'identifient. "J'essaye de montrer ce que c'est que d'être un joueur, se retrouver aux WSOP, c'était le truc qui me faisait rêver en tant que joueur, la destination finale, plus que l'EPT ou les Triton. Quand j'arrive ici, l'émotion est folle, j'ai réussi à discuter 1 minute avec Daniel Negreanu, c'est hors-normes pour moi. Quand je fais le Colosssus, il y a la musique quand tu rentres dans la salle, je tremblais alors que j'ai joué des tournois à 500 balles plus chers que ça, mais c'est fou, il y a un rassemblement de joueurs, tout le monde est content d'être là, tu fais partie de quelque chose de magique. C'est l'émotion la plus forte que j'ai ressenti en jouant un tournoi, là juste le fait de m'asseoir sur ce Colossus."

JPL

JPL, bientôt le héros d'un documentaire ?

La suite, c'est surtout de continuer à profiter du moment, avec en ligne de mire le Tag Team qu'ils vont partager à deux, un moment qu'ils attendent avec impatience, et surtout, Baptiste a un plan qui pourrait donner lieu à un beau contenu dans les prochaines semaines. Son pote JPL a décidé de se chauffer pour jouer le Main Event, le rêve d'une vie, et Baptiste ne raterait ce moment pour rien au monde. Il ne sait pas encore s'il en fera des épisodes de vlog ou un véritable documentaire, mais en fonction de la matière qu'il aura, on imagine que ça pourra faire un contenu très cool comme on a pu voir par exemple l'an dernier avec la perf de Shishi sur le Main Event.

A sa grande surprise, les premiers vlogs ont vraiment bien fonctionné et il a reçu beaucoup de soutien pour continuer à documenter son aventure, histoire de faire vibrer les potes à distance. "Nos potes du Paname Poker Club nous encouragent, nous envoient des messages sur Discord, ils s'identifient, et pour certains ça leur donne grave envie. Le but, c'est qu'ils aient l'impression de vivre Vegas avec nous. Et qui sait, peut-être que l'an prochain, tous ceux qui étaient frustrés de ne pas venir viendront et on se retrouvera dans une ville à 6 ou 7 pour jouer quelques tournois et profiter."

Sans oublier les joueurs, Baptiste s'adresse d'abord au grand public à travers ses vidéos, et ne se cache pas de vouloir vulgariser un peu les notions trop floues pour un noobie. "En fait, je veux que ma copine qui ne joue pas au poker puisse comprendre. Si elle comprend, ça veut dire que c'est réussi. Elle a vu la vidéo sur Michel Leibgorin et elle m'a dit qu'elle était émue, et qu'elle trouvait ça cool. Si elle est émue, ça veut dire que c'est gagné. En fait, pour moi, l'important, c'est de montrer l'émotion qui est dans le poker, si tu es touché, c'est que peut-être tu auras envie de venir jouer. Moi, c'est comme ça que le poker m'a eu à la base."