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Winamax coince la bulle WSOP !

WSOP 2024 reportage Winamax
On est le mardi 28 mai 2024 : nous y sommes, la 55e édition des World Series of Poker est lancée à Las Vegas, avec le coup d'envoi des deux premiers des 99 tournois au programme !

Comment ça, nous sommes le 4 juin ? C'est exact. On le sait : cette intro, on aurait dû l'écrire il y a une semaine tout pile… si l'on n'avait pas été bien occupés à Marrakech par un autre événement qui débutait le même jour : on veut bien sûr parler du SISMIX.

Maintenant que notre cher festival mi-teuf mi-poker est derrière nous (et on ne risque pas de l’oublier de sitôt : avec ses 2 736 entrées, cette édition 2024 détient le nouveau record du monde pour un tournoi de poker live joué en 6-max), on peut s’intéresser aux Championnats du Monde.

Comme chaque été depuis 2007, Winamax, partenaire officiel des WSOP, sera votre rendez-vous quotidien in-con-tour-nable (détachez bien les syllabes, c'est important) pour tout savoir sur la plus vénérable et la plus prestigieuse des compétitions de poker. Vidéos, articles, photos, rencontres avec nos dizaines de qualifiés online : rien ne vous sera épargné. Comme à chaque fois, vous allez être abreuvés de contenu jour et nuit… jusqu'au 18 juillet, date de la conclusion du Main Event.

Après quelques jours de repos afin de se remettre des folies vécues au SISMIX, nos premiers journalistes débarqueront au casino Horseshoe le 12 juin. Ce qui veut dire qu'il va vous falloir patienter encore une grosse semaine afin de profiter de nos infos en direct, interviews à chaud, anecdotes, potins pas toujours vérifiés, et autres scoops en direct de Vegas. Mais pas de panique : en attendant, tous les vainqueurs des premiers tournois seront détaillés ici chaque jour grâce aux infos des journalistes déjà sur place (merci, PokerNews.com!).

WSOP champions
Saurez-vous reconnaître tous les anciens vainqueurs du Main Event ayant pris part au tournoi inaugural des WSOP 2024, la « Champions Reunions » ? Pour certaines têtes chenues, ça ne va pas être simple… (Crédit photo : Poker News)

Déjà une semaine que ces WSOP ont débuté. On a manqué quoi ? Hum, plein de choses, on dirait… Près de 500 joueurs et plein d'anciens vainqueurs du Main Event au rendez-vous du tournoi d'inauguration à 5 000 $ (dont, déjà, une grosse perf française !). 1 200 employés de casino du monde entier au départ de l'épreuve qui leur est réservée. 3 500 joueurs et joueuses inscrits sur le premier tournoi abordable au programme (500 $ l'entrée). Un premier giga maxi tournoi flight (joué en Mystery) qui déborde – 18 000 inscrits ! – et qui est encore en cours à l'heure où nous publions.

Et puis quoi, encore ? Un mec qui mise la moitié de sa bankroll sur le premier High Roller au programme, le Heads Up Championship, et… le gagne. Une légende high stakes qui chope un septième bracelet au cours d'une finale grand luxe. Et puis une finale pour le Team Winamax. Oui, déjà !

Voilà tout ce qu’on va vous raconter dans les premiers articles de ce reportage XXL qui ne cessera de grossir quarante jours durant. Et puis, on n’oubliera pas de vous parler des gagnants des Mini WSOP. Car oui : comme chaque année, les bracelets, ils se gagnent aussi sur Winamax !

WSOP Jack Effel
L’arbitre en chef Jack Effel donne le coup d’envoi officiel de cette 54e édition (crédit photo : PokerNews)

La loi des Series

On ne change pas des Series qui gagnent. Pour leur 55e édition, les Championnats du Monde de poker espèrent ainsi poursuivre sur la lancée d'un cru 2024 record, sans révolutionner une recette qui séduit toujours les papilles des joueurs. Et ça commence pas mal pour les Bleus, avec un premier bracelet gagné, un objectif que vise également le Team Winamax... On va tout vous raconter dans notre reportage sur place, qui débute ce mercredi !

Strip
Les World Series of Poker 2023 s'étaient refermées sur un festival dantesque, à l'issue d'un Main Event stratosphérique qui avait explosé son record de fréquentation (10 043 entrées). Alors question : pourquoi changer une machine qui tourne comme un moulin pour la 55e édition des Championnnats du Monde, qui a débuté le 28 mai ? C'est en tout cas ce qui ressort du programme 2024 livré en février dernier, et dans lequel peu de nouveautés sont apparues au calendrier. Grégory Chochon, le Vice-Président des WSOP, nous explique pourquoi : "Tu sais, avec 99 bracelets events, c'est dur d'innover : on a tous les buy-ins, tous les formats, toutes les variantes... Il n'y a pas d'énorme nouveauté, mais des petits détails en plus."

Les WSOP se sont ainsi contentées d'apporter quelques retouches à leur moteur tout en agrandissant leur habitacle, qui passe de trois à cinq salles de poker tout de même : "Il y avait juste de petites interrogations sur les deux nouvelles salles, situées derrière la Paris Ballroom, et où on fait jouer les Daily Deepstacks et les satellites. Elle font passer la capacité de 600 à 700 tables, continue Greg. Mais bon ça roule, on les avait déjà utilisées pour les WSOP Circuit." Pour le reste ? "Les nouveaux systèmes de paiements pour les joueurs avec Bravo, et quelques petites originalités pour les tournois. Les joueurs parlent aussi beaucoup du Bomb Pot (qui débute le 15 juin), un event à 1 500 $ joué en Omaha et Hold'em avec un double board. On a voulu faire quelque chose de fun, on va voir."

Chochon
Pour l'instant, le cru 2024 est en tout cas parti sur de bonnes bases et s'annonce goûtu, avec des chiffres dans la lignée de l'an passé, alors que 27 events live ont déjà rendu leur verdict à l'heure où nous écrivons ces lignes : "On est très proche de l'année dernière en terme de fréquentation, poursuit Gregory. Il y a des tournois qui sont un peu en hausse, d'autres un peu en baisse. Mais de toute façon, les gens ne vont retenir que le Main Event : alors d'ici là, un tournoi qui fait un peu plus ou un peu moins de fréquentation, ça ne change pas grand-chose. On est surtout content parce qu'on n'a pas eu de gros problèmes d'informatique ou de files d'attentes, même si c'est vrai que tous les joueurs ne sont pas encore arrivés. On a aussi eu quelques bons retours sur des structures et des payouts qu'on a changé, c'est plutôt positif. Et pas de gros drama. Jusqu'ici, tout va bien."
Entrée
Et concernant ce Main Event, justement ? "Au dessus de 10 000 joueurs, ce serait bien, parce que redescendre en dessous, ce serait un peu frustrant, même si on a fixé la barre un peu trop haut en une seule fois," annonce le Français. N'importe quel chiffre au dessus de 10 000, on prend." Greg parlait aussi de cette fameuse barre des 100 millions d'euros de prizepool pour le Big One (93 399 900 $ l'an passé), même si il faudra donc encore battre le record pour cela. Concernant ces WSOP 2024 dans leur globalité, les organisateurs restent en tout cas mesurés : "Si le nombre total de joueurs et le prizepool peuvent être plus élevés que l'année dernière, avec le fait de ne pas avoir de pépins dans l'organisation, ça nous va. L'objectif, c'est de faire au moins aussi bien que l'an passé. D'habitude, c'est toujours de faire mieux, mais là, ce sont mes dixièmes World Series, et c'est la première fois où l'on a dit : 'Si on fait aussi bien, c'est parfait.'"

Salle
Voilà pour les infos au niveau de l'organisation. Mais ce qui nous intéresse le plus, tant nous autres journalistes que vous autres lecteurs, c'est bien ce qui se passe aux tables. Et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il y beaucoup d'infos à se mettre sous la dent depuis le début de ces World Series. Chaque jour ou presque, un nom ronflant accroche un bracelet à son poignet, et entre un peu plus dans la légende des WSOP : on note ainsi un septième (!) bracelet pour John Hennigan, un cinquième pour Scott Seiver et Nick Schulman, un second pour Nick Guagenti, David Prociak, John Racener et Bryce Yockey, et des premières pour quelques tops regs comme James Chen, Brek Shutten, Dylan Weisman ou Asher Conniff - qui a ouvert le palmarès des WSOP 2024 -, ou encore pour le vainqueur du dernier WPT World Championship, Daniel Sepiol.

Perissat
Crédit photo : WSOP

Bref, un paquet de têtes de serie, au milieu desquels quelques amateurs tirent leur épingle du jeu, comme un certain Thibault Perrisat : le Français, vainqueur du Super Turbo Bounty, était jusqu'ici inconnu de nos services. On tâchera d'en savoir plus sur cette belle histoire, celle d'un joueur qui a pu jouer ce tournoi car des amis lui ont payé le buy-in... Côté Tricolores, d'autres tables finales sont à noter, comme celle d'Anthony Monin, 9e de ce même event #14, Jonathan Pastore sur le premier tournoi du festival - on vous prépare une grosse interview du finaliste EPT Monte-Carlo - ou encore Laurent Boublil, passé un peu au travers des radars malgré sa 8e place sur un event de Badugi : il n'était pas si loin de succéder à Michael Rodrigues, désormais ex-champion en titre. Et ce alors que Nicolas Vayssières, bien placé à 9 joueurs restants dans le 1 500 $, vient d'en ajouter une nouvelle à la collection ce mercredi... On vous en reparle très vite dans ce reportage.

Sitbon
Et le Team Winamax alors ? Pendant qu'Adrian Mateos était occupé à raser les Triton Series au Monténégro, son compère high-staker Joao Vieira a, comme souvent, été le premier W rouge à s'illuster sur les World Series : celui qui va jouer un maximum pour tener de gagner un 3e bracelet s'est hissé en table finale du 5k PLO, un deeprun achevé à la 6e place. Un tournoi dont Julien Sitbon, qui vient de faire son entrée sur le 2k Freezeout, a terminé 28e, son meilleur score jusqu'ici. "J'ai aussi bust à 30 places de l'argent sur le 3k 6-handed, explique le Parisien. Mais les deux gros buys-ins que j'ai joué (deux tournois à 25k) ne se sont pas très bien passés. Dans le Shootout, c'était marrant : je perds en heads-up contre Virgile Turchi, alors que j'avais une tonne de jetons. Je retente, je passe la première table, et je perds en heads-up de la seconde... Bref, ce n'est pas la folie, mais j'ai de bonnes sensations. Je suis content d'être là."

Une chose est sûre, Julien s'est mis dans de bonnes conditions pour aller chercher un second bracelet, après celui gagné online lors d'un mémorable été 2023 où il avait aussi terminé runner-up d'un autre event et signé une 5e place. "Je suis dans une très bonne villa avec Virgile et Nico Vayssières. Ma compagne est là pour l'intégralité du festival, et le frère de Virgile nous fait bien à manger, on est les cobayes de son stage." À l'entrée de la Paris Ball Room, la plus grosse salle de poker du monde, on a également croisé un Davidi Kitai pressé d'en découdre sur le 2 500 $, pour aller chercher son premier résultat sur ce festival et une quatrième breloque. Le reste du Team arrivera au compte-goutte pour tenter d'effacer l'anomalie de l'an passé, où le Team W n'avait pu ramener un bracelet au contraire des éditions précédentes. Allez, on reprend les bonne habitudes !

Reportage
Toutes ces quêtes de gloire, vous allez pouvoir les suivre dans un coverage aux petits oignons sur Winamax : dès aujourd'hui, pas moins de six reporters Winamax se relaieront à Las Vegas jusqu'à la fin du Main Event le 18 juillet, pour vous faire vivre au plus près ces Championnats du Monde de poker à travers de nombreuses rubriques. On a déjà plein d'idées et de papiers dans les tuyaux... Alors on espère que vous serez nombreux à nous lire. C'est parti pour le show !

Alt
Et tiens, les fringues Winamax sont à la mode, même à Vegas : n'est-ce pas Luc Bindel, ici en lice sur le 2 500 $ Freezeout avec le Suisse Dinest Alt

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Si près, si loin

Malgré de légitimes espoirs de bracelet au départ de la journée, les Français font chou blanc : Nico Vayssières termine 9e du 1 500 $, et Samy Bechahed 8e du 3k 6-Max.

Event #28 : 1 500 $ Freezeout
Event #31 : 3 000 $ 6-Handed

Nico 3
On aurait aimé commencer ce premier article poker par quelque chose de grand. Un podium, et pourquoi pas une victoire, pour le second bracelet français de l’été… On se prenait à rêver. Et pour cause : ce mercredi, de nombreux Tricolores étaient au départ de deux « Final Day » : le Jour 3 du 1 500 $ Freezeout, et le Jour 2 du 3 000 $ Six-Handed. Et on y croyait d’autant plus quelques heures plus tard, quand en fin d’après-midi, trois d’entre eux étaient encore en course : Samy Bechahed et Sonny Franco à 11 joueurs restants sur le 3k (après la sortie d’Alex Reard en 24e place et celle de Valentin Oberhauser au 29e rang, tout deux pour 18 603 $), ainsi que Nicolas Vayssières sur la dernière table du 1 500 $.

Bechahed
Malheureusement, toute cette histoire se termine un peu en eau de boudin : car si les trois joueurs ont tout de même réussi un gros deeprun sur des fields massifs (1 230 joueurs sur le 3k et 2 317 entrées sur le 1 500 $), aucun d’entre eux n’a pu se mêler à la lutte pour le titre. Sur le 3 000 $, Sonny Franco échoue finalement à la 11e place (37 419 $), suivi de près par Samy Bechahed, 8e (photo). Si les deux joueurs manquent leur première finale WSOP à Vegas (Sonny avait cependant terminé second d’un event WSOP-Europe à Rozvadov en 2021, pour 120 000 € de gains), le second continue sur la lancée d’un bon début de festival, où il avait déjà terminé 15e de l’Event #16, un 5 000 $ 8-Handed, pour 32 059 $. Cette fois, Samy encaisse 48 904 $ en récompense de ses efforts. "Je suis assez content de ma perf, assurait-il au micro d’Harper. 15e puis 8e, c’est de mieux en mieux, c’est un été qui commence sur les chapeaux de roue. Mais il faut arrêter ces places d’honneur, ce syndrome français, on veut gagner !"

Nico 4
Un souhait que Nicolas Vayssières, vous l’aurez compris, n’aura pas non plus réussi à réaliser : « Chevre.miel » se crashe à une frustrante 9e place du 1 500 $ (38 517 $), lui qui avait démarré le Day 3 à midi avec le second tapis des 22 joueurs restants. Un résultat d’autant plus cruel que sur la dernière main, le Français a été éliminé avec AQ contre… AQ, qui a donc fait couleur. « La croupière m’a regardé avec un air désolé », nous disait d’ailleurs Jonathan Pastore, qui était venu rail son pote.

Visiblement un peu sous le choc après ce terrible dénouement, malgré le réconfort de ses amis, Nico a tout de même accepté de revenir sur sa journée : « Sur la dernière table, je suis revenu avec le 10e stack sur 10, douze blindes, alors je n’avais pas tant d’attentes que ça. Je savais que ça se jouerait sur les cartes, et je connais ces structures, il y avait peu de chances que je fasse des erreurs. J’ai réussi à doubler assez vite, pour passer 7e sur 10 en jetons. Là, il faut serrer les fesses, jouer très tight… Il n’y avait rien à faire à la fin. As-Dame au low-jack, je dois y aller tout le temps, il y a trop d’argent à faire. Les cartes n’ont pas été très gentilles. »

Rail
Le drapeau tricolore était de sortie !

Nico 2
Au moment du débrief, Nico pouvait tout de même retenir quelques motifs de satisfaction : "Ma première finale WSOP, c'était un peu un objectif, je suis quand même content. Maintenant, je vais aller en chercher une deuxième, puis une troisième, et aller plus loin que la 9e place." Chevre.miel valide en tout cas la première TF de l'été pour sa villa. "Sois fier, il y en aura d'autres," lui disait un pote qui tentait de lui remonter le moral au payout. Cela, on n'en doute pas un instant. Bravo, Nico !

2-7
Pendant ce temps, une petite TF bien sympathique se joue sur le plateau télévisée : celle du 2-7 Triple Draw Lowball Championship, avec un casting cinq étoiles à quatre joueurs restants : rien de moins que Phil Ivey (par contre, on valide pas le bob Phil), Jason Mercier (qui a décidé de raser tout cheveu ou poil de barbe) et le spécialiste des variantes Benny Glaser, détenteur de cinq bracelets WSOP. On souhaite bonne chance au shortstack Danny Wong ! En cas de victoire, Phil Ivey dépasserait Doyle Brunson et Johnny Chan au palmarès des WSOP, les trois joueurs détenant chacun dix bracelets... Sinon, le vainqueur empochera un joli chèque de 347 440 $ (104 000 $ assurés), qui en revanche ne restera pas dans la légende.

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La meilleure partie ?

Pas moins de six Français étaient encore en lice à 50 joueurs restants, dont notre Team Pro Romain Lewis Event #34 : 2 500 $ NLHE Freezeout

C'est le genre de tournoi où l'on s'attend à retrouver un bon paquet de Français sur les dernières tables, un peu comme le 1 500 $ achevé mercredi. Et le moins que l'on puisse dire est que ce 2 500 $ Freezeout joué sur deux jours répond à nos attentes, puisqu'ils étaient encore six joueurs tricolores en lice pour le bracelet, à 50 joueurs restants ! Dans le désordre : notre Team Pro Winamax Romain Lewis, Arnaud Enselme, Johan "YoH_ViraL" Guilbert, Erwann Pécheux, Arthur Emig et Florian Grolet. Pour tirer leur épingle du jeu dans ce field de 1 267 entrées (prizepool de 2 819 075), il va néanmoins leur falloir battre du lourd : le casting comprend encore des joueurs de la trempe de Jeremy Ausmus, Maurice Hawkins, Mark Newhouse, Chris Hunichen, Juha Helppi, Dinesh Alt ou Tristan Wade. Pas de quoi effrayer la grande majorité du contingent bleu, presque tous rompus aux WSOP...

Emig
Car effectivement, ce n'est pas le cas de l'un d'entre eux : Arthur Emig, qui dispute rien de moins que le premier tournoi de sa vie à Vegas ! "J'ai longtemps attendu d'avoir la bankroll suffisante, explique t-il. Et je ne suis pas staké, il faut être un peu connu..." Vous l'aurez compris, nous n'avons pas affaire à un rookie : le résident maltais, qui connaît visiblement les autres français du field, a déjà joué trois ou quatre EPT, de son propre aveu, et vit du poker "depuis 3-4 ans. Cela fait un an et demi que je joue en live, je jouais déjà online depuis un moment," précise ce joueur originaire de Dunkerque mais qui a passé une grande partie de sa vie à Marseille. Sur Winamax, on le connait sous le pseudo "TuturFR" : il a notamment fini second d'un Main Event en mars, et "terminé 3e d'un High Roller lors d'une session commentée par Julien Sitbon".

Le Main Event, il compte d'ailleurs le jouer aussi sur ces World Series, vu qu'il est parvenu à se qualifier online : arrivé le 11 juin à Sin City, ce joueur de 26 ans, qui avait gagné un Side Event au dernier EPT Barcelone (un Hyper-Turbo à 2 100 € de buy-in, pour 25 030 € de gains) va rester ici jusqu'au 18 juillet, dans une villa louée avec d'autres joueurs français. Pour son baptême du feu dans la ville du vice, il faisait partie des gros tapis à 50 joueurs restants sur ce tournoi donc, avec 2,1 millions de jetons, soit environ 70 blindes sur 10 000/25 000. Il nous raconte sa journée : "J'ai commencé avec 368 000, soit 1,5 fois la moyenne. Mais pendant deux heures, je n'ai pas gagné un coup, et je suis tombé short. Mais j'ai triplé avec deux Neufs contre As-Roi et As-Roi, puis j'ai pris un autre gros coup : je relance As-Valet en début de parole, et je me fait 3-bet tout petit, de 40 000 à 90 000. Je paye, et je check-raise le flop J-9-7. Tout est parti sur une brique au turn, elle avait 10-10, cela m'a permis de monter à deux millions". Et visiblement, son premier cash WSOP (les joueurs sont assurés de 9 302 $) lui sera fort utile : "J'ai besoin de cash pour les tournois suivants", explique Arthur, qui confie également être "légèrement up" au niveau de son rendement en tournois live, même si l'échantillon n'est pas élevé. Il a ici l'occasion de faire grimper signifativement son ROI : le futur champion empochera 439 395 $...

Grolet
Florian Grolet, lui, possède en revanche beaucoup plus d'expérience à Las Vegas : le Parisien, noté Italien sur les chipcounts officiels, confie qu'il vient ici chaque année, principalement pour jouer en cash-game. Comme référence en tournois, il nous cite surtout des perfs online : "J'ai terminé deux fois deuxième sur des FTOPS, des tournois sur Full Tilt Poker", détaille ce chef d'entreprise dans l'agro-alimentaire, qui joue au poker depuis 20 ans. "Je connais l'un des boss de Winamax, Christophe Schaming, et aussi Michel Abécassis !" Ce dernier serait d'ailleurs au courant d'un pari en cours, qui permettrait à Florian de gagner quelques pépettes sur ce tournoi... Mais ce dernier ne souhaite pas en dire plus à ce sujet. En revanche, il a bien voulu nous raconter un coup qui l'a fait grimper à 1,3 million de jetons : "J'ai AK, un joueur me check-raise de 50 000 à 100 000 sur un flop A65. Je paie, le turn est un deux, il mise 150 000, je suis. La river est un Trèfle, il me met à tapis. Je le vois sur la couleur... J'ai réfléchi cinq minutes, et j'ai call : il n'avait rien, il bluffait." Voilà de quoi passer au-dessus de la moyenne... Et se rapprocher d'un pari gagnant ?

Pécheux
Sinon, on a aussi échangé avec Erwann Pécheux, shortstack à 50 left. "On swingue, mais je le sens très bien maintenant qu'on est là", confiait l'ex-Team Pro PMU, qui a terminé 30e d'un Event Online sur ces WSOP 2024, et qui "perd un peu" en terme de ROI. Malheureusement, une confrontation full contre full a eu raison de ses espoirs dans ce tournoi : "lOrdY" termine 48e pour 9 306 $. "J'ai été card dead pendant deux orbites", précise Erwann,

Virage
Après l'élimination d'Adrian Mateos en 49e place deux crans à sa droite, Romain Lewis défend seul les couleurs du Team Winamax, avec brio : il fait partie des chipleaders avec 2,2 millions

Guilbert
Runner-up WSOP en 2019 sur un 3k, YoH_ViraL est compté à 500 000

Enselme
Arnaud Enselme mène sa barque avec 1,1 million

Ausmus
Jeremy Ausmus quadruple champion WSOP, est shortstack

Galfond
Farah Galfond, la femme de Phil, est la caution people de ce casting : actrice américaine, connue pour ses rôles dans deux feuilletons des années 2000-2010, elle compte tout de même 259 000 $ de gains live en carrière

Ivey, le sens de l’histoire

Le monde du poker en rêvait, il l'a fait : une décennie après son dernier triomphe sur les WSOP, Phil Ivey se pare d'une onzième breloque en s'adjugeant le Deuce to Seven Triple Draw Championship. Au nombre de titres gagnés, le Californien dépasse désormais Doyle Brunson, Johnny Chan et Erik Seidel, cimentant un peu plus sa légende dans l'histoire du poker.

Event #29 : 10 000 $ Limit 2-7 Triple Draw Championship (6-Handed)

Ivey 3

On vous le disait : depuis le début de ces WSOP, de nombreux joueurs ayant déjà contribué à écrire l'histoire des Championnats du monde s'étaient illustrés, se passant une nouvelle breloque au poignet. La quatrième, la cinquième, parfois même la septième... Mais ce jeudi, en finale du Deuce to Seven Triple Draw Championship à 10 000 $ l'entrée, l'enjeu dépassait le cadre d'une simple addition de bracelets : l'une des grandes légendes vivantes du poker, une vraie, avait l'occasion de prouver à la face du monde qu'il était toujours capable d'exploits à la mesure de son mythe. Oui, dix ans après avoir remporté son dixième bracelet WSOP, Phil Ivey se retrouvait en position d'en ajouter un onzième à sa collection, en jouant l'ultime phase 3-handed de ce tournoi, pour montrer que le temps n'avait pas d'emprise sur son talent.

Ivey 2
Un pari loin d'être gagné d'avance, cependant : shortstack et opposé à deux autres pointures, Jason Mercier et Danny Wong, le champion n'allait certainement pas avoir la partie facile. Mais le jeu en valait la chandelle : 2ᵉ au classement du nombre de bracelets collectés, à égalité avec Doyle Brunson, Erik Seidel et Johnny Chan (10 bracelets chacun), Phil pouvait laisser les trois autres légendes dans le rétro, et passer seul deuxième de ce listing derrière Phil Hellmuth et ses 17 titres. Bref, forger l'histoire du jeu, une nouvelle fois, lui qui a longtemps été considéré comme le meilleur joueur de la planète à l'heure où le poker explosait à la face du monde.

Et ce rendez-vous, Phil ne l'a pas raté. Après un Day 3 qui s'était éternisé, la faute à plus de cinq heures de jeu en 4-handed sans élimination, le tenant du titre Benny Glaser a fini par rendre les armes. La nuit était alors bien avancée, et on décidait de couronner le roi de la variante le lendemain, dès 16 heures. Comprenant l'enjeu de cet épilogue, les organisateurs avaient choisi de faire jouer les protagonistes au milieu du Convention Center, et non pas sur le plateau télévisé. L'occasion pour les spectateurs d'admirer au plus près l'idole, à quelques mètres dans le rail : après l'élimination de Jason Mercier en 3ᵉ place, le spot s'est rempli à vue d'œil pour le heads-up, les fans de poker ayant conscience qu'ils pouvaient alors assister à un moment historique pour le monde des cartes.

Rail
Pourtant, rien n'était joué d'avance, et Ivey le savait certainement mieux que personne. Lui qui était shortstack au départ de ce Day 3 se retrouve alors chipleader pour l'ultime duel avec 5,3 millions de jetons contre 3,6 chez l'excellent Danny Wong. Mais cette fois, pas de renversement de situation : comme depuis le début de journée, Phil trouve du gros jeu pour mettre KO son adversaire, terminant assez rapidement le travail avec une énième wheel (7-5-4-3-2, le jeu max en Deuce to Seven) touchée dans cette journée de jeudi, comme un symbole que les Dieux du poker avaient choisi de favoriser une nouvelle fois l'un de leurs plus illustres élus.

Voilà, c'est fait : pour la onzième fois, Phil Ivey est champion WSOP. Après avoir checké son clan, dont un Benny Glaser visiblement content pour l'Américain, et embrassé sa compagne, il était l'heure pour le champion de poser pour la photo officielle. Un moment quasi solennel suivait : des dizaines de téléphones tentaient alors d'immortaliser l'idole, qui posait rapidement pour cette photo finish, applaudi par un public émerveillé.

Journalistes
C'est là qu'on se rend compte du poids de la légende : dans les minutes suivantes, après l'interview au micro de Pokernews, chaque journaliste tente alors d'arracher quelques mots à Phil, alors que chacun sait qu'il n'a jamais trop aimé le petit jeu des déclarations aux médias. Tentant presque de prendre la fuite, suivi par une horde de supporters et de reporters, le vainqueur consent à accorder quelques instants par-ci par-là, ayant visiblement envie de décamper au plus vite. Ces mots, les voici, pris un peu en vrac par les nombreux médias présents : "C'est toujours agréable de gagner. Moi, ce qui m'intéresse, c'est juste de jouer. Je suis motivé. Je veux continuer à gagner." Et le record de Phil Hellmuth, alors ? "Je ne pense pas à ça. Je veux juste pouvoir jouer quand je le peux."

Bah oui : dans le fond, Phil Ivey est juste un passionné de poker de la première heure, qui a joué ses premières parties en casino avant même d'avoir atteint l'âge légal de 21 ans, grâce à une fausse carte d'identité (n'essayez pas de faire ça sur Winamax !). Un père de famille de 50 ans ayant désormais de nouvelles priorités, qui confie ne pas souvent être en ville à Las Vegas, mais qui veut en profiter un max quand il tient des cartes. En fait, les titres et les records, c'est surtout les fans de poker que cela intéresse. L'argent ? Phil, qui encaisse ici 347 440 $ pour sa victoire, en a gagné suffisamment : plus de 44 millions en tournois live à ce jours (10ᵉ de la All-Time Money List), sans compter les sommes folles glanées en cash-game (et encore, on ne connait pas ses résultats en parties privées). L'impression, c'est que Phil Ivey semble détaché de tout cela, n'ayant manifesté aucune joie excessive après avoir conclu, malgré ces dix ans d'attente depuis son dernier bracelet. Une poker face toujours impeccable - l'une de ses marques de fabrique -, qui n'a pas pris une ride depuis des années. Même si Phil, qui portait des lunettes de vue pour jouer, cachait cette fois son crane rasé sous un bob pas franchement du meilleur effet.

Ivey 4
L'histoire, Phil Ivey l'écrit, mais presque malgré lui : détenteur de trois bracelets à l'âge de 30 ans, de dix à 40 piges, il a donc dû, on le répète, attendre dix ans pour s'adjuger le onzième. Les bracelets d'Ivey, c'est un résumé de l'histoire du poker. D'abord parce qu'aucun n'a été remporté en No-Limit Hold'em. Et surtout parce que ses victoires s'étalent désormais sur trois décennies. Le premier, il remontait à l'an 2000, avant l'ère Internet, face à la légende des 70's Amarillo Slim. Les suivants, face à des pros révélés à la télé lors des années 2000. Avant ce onzième (et, on l'espère pour lui, pas le dernier) face à la génération Internet : Danny Wong, jeune loup des WSOP, et Jason Mercier, l'une des grandes révélations des années 2010 et lui-même détenteur de six bracelets.

Quels que soient les joueurs en face, Phil Ivey, qui s’est aussi essayé avec un certain succès sur le circuit des high-rollers modernes depuis deux ans, parvient décidément toujours à tirer son épingle du jeu. C’est ça, les légendes.

Les onze bracelets de Phil Ivey













































































Année Tournoi Gain Runner-up
2000 2 500 $ Pot Limit Omaha 195 000 $ Amarillo Slim
2002 2 500 $ 7 Card Stud Hi/Lo 118 440 $ Sirous Baghchehsaraie
2002 2 000 $ S.H.O.E. 107 540 $ Diego Cordovez
2002 1 500 $ Seven Card Stud 132 000 $ Alfredo Leonidas
2005 5 000 $ Pot Limit Omaha 635 603 $ Robert Williamson III
2009 2 500 $ Deuce to Seven Draw Lowball (No-Limit) 96 361 $ John Monnette
2009 2 500 $ Omaha/7 Card Stud Hi/Lo 220 538 $ Ming Lee
2010 3 000 $ HORSE 329 840 $ Bill Chen
2013 2 200 AUD $ Mixed Event (WSOP Australie) 51 800 $ Brandon Wong
2014 1 500 $ Eight Game Mix 166 986 $ Bruce Yamron
2024 10 000 $ Limit 2-7 Triple Draw Championship (6-Handed) 347 440 $ Danny Wong

WSOP 2024 : tous nos articles

Romain Lewis, en forme olympique

Romain Lewis et YoH_ViraL sont les deux derniers Bleus en lice à 13 joueurs restants Le Bordelais, en plein rush depuis un mois, abordera le Final Day avec le troisième tapis Objectif ? Aller chercher son deuxième bracelet WSOP et le 1er prix de 439 000 $ Event #34 : 2 500 $ NLHE Freezeout (Fin du Day 2)

Lewis
C'est sur les coups de 23 h 30, heure locale, que s'est achevé le Day 2 du tournoi à 2 500 $ ce jeudi. Alors qu'on avait laissé le field à 50 joueurs restants fort de cinq Français en course, ils sont encore deux Tricolores en lice pour aborder le dernier jour de ce tournoi : notre Team Pro Winamax Romain Lewis et le high-staker aux multiples casquettes Johan "YoH_ViraL" Guilbert. Chipleader au moment de partir en dinner-break à 36 joueurs restants, rLewis a su mener sa barque pour terminer avec un gros tapis de 4,39 millions (soit 44 big blinds), qui le place encore dans le top 3 au chipcount. Oui, Romain, qui reste sur une table finale au SISMIX de Marrakech il y a trois semaines, est en grande forme ! "Je n'ai pas beaucoup bust ces derniers temps !", sourit l'expatrié londonien. Je suis arrivé à Vegas il y a trois jours, je n'ai fait que jouer au poker. J'ai fait 100ᵉ du 3 000 $ 6-Handed hier, pour ce qui était une journée de fou, et aujourd'hui c'était pareil. Le run est très fluide... Je n'ai pas fait une table finale en deux ans, et là, je suis proche de faire la 3ᵉ en un mois ! (Romain a pour rappel terminé 4ᵉ d'un tournoi Mystery Bounty à l'EPT Monaco). Et celle-là, elle serait belle..." Le pro W, qui semblait confiant quant à ses chances d'atteindre ladite finale (et on le comprend vu ses derniers résultats), visera demain une sixième TF WSOP (en incluant celle réussie aux WSOP Europe), et évidemment un deuxième bracelet après son titre de 2021 sur un Super Turbo Bounty. On y croit, évidemment...

Duo
Le Bordelais sera donc accompagné par YoH_ViraL dans sa quête du Graal. L'autre français termine lui avec un stack de 3 300 020 (33 BB), ce qui le place en 6e place des 13 survivants. Yohan confiait être fatigué à la fin de cette journée, pour son 4e tournoi joué cet été. "Je les late reg au maximum, pour m'économiser", affirme pourtant YoH. Pour lui aussi, ce Day 2 fut une histoire de good run : "J'ai touché beaucoup de jeu, j'ai eu trois fois les As, et j'ai bénéficié d'un setup favorable contre Arnaud Enselme (qu'il a éliminé en 31e place). J'ai fait quinte max avec K-J sur un flop Q-10-9, quand il avait deux paires 10-9... Après c'était sympa de jouer avec plusieurs Français", poursuit YoH, qui a terminé la journée à la droite de Romain Lewis. "J'ai dû le supporter longtemps", plaisantait d'ailleurs Romain au moment de bagguer les jetons.

Yoh
Pour le reste, YoH, joueur de cash-game devant l'éternel, confie être arrivé à Vegas il y a une semaine, et jouer surtout à la Bobby's Room du Bellagio. "Je joue en Hold'em, il y a des parties aux blindes 100$/100$ ou 100$/200$. Avant-hier, on est monté deux fois jusqu'à 3 200 $ de "straddle", et plusieurs fois avec des straddles à 1 600 $. Il n'y a pas vraiment de stars, même si Freddy Deeb passe de temps en temps. Patrick Antonius et Phil Ivey, eux, ils jouent en Mixed Games... Il y a surtout des purs joueurs de cash-game. Mais c'est une partie qui se joue sur invitation. Le cash-game, c'est privé partout maintenant. Il n'y a pas un cash game high-stakes qui n'est pas privé !" YoH confie également qu'il va faire une pause au milieu de son séjour à Sin City. "Avant, j'aurai joué deux mois sans m'arrêter, mais aujourd'hui mon rythme est plus équilibré. Je pars en vacances à Austin et Miami, et je reviens pour le Main Event." En attendant, YoH, ex-runner-up WSOP, a d'abord un premier bracelet à aller chercher !

Emig
On félicite aussi les deux autres français à avoir atteint les demi-finales de ce tournoi, et qui encaissent 18 705 $ en récompense de leurs efforts : Arthur Emig (16e) et Florian Bordet (14e), dernier éliminé du jour. Pour Arthur, on sentait pointer une once de regrets. "Je n'ai pas hyper bien joué, il me restait 1,6 million. Après j'ai perdu un gros pot avec deux Dames contre As-Dix, il m'a fait l'As, ça m'a crippled. Mais je suis vraiment content de mon tournoi, de comment j'ai joué, même s'il y a un coup où j'aurai pu mieux jouer et qui me coûte un peu. Mais c'est toujours cool, un ITM direct pour mon premier tournoi à Vegas... J'aurai assez de cash pour faire le reste ! La suite ? Je vais jouer les WSOP entre 1 000 et 5 000 $, peut-être aussi dans des casinos annexes, ainsi que le Main Event. J'ai fait plusieurs EPT, ce sont des tournois plus difficiles, plus longs. Mais il faut être habitué, là ça jouait vraiment bien, avec beaucoup de pros." Le baptême du feu vegassien commence en tout cas sous les meilleurs auspices pour le Nordiste !

Florian
Concernant Florian Bordet, c'est la déception qui primait au moment d'aller chercher son ticket au payout. "Je suis dégoûté", confirmait le chef d'entreprise, qui a longtemps hésité sur la dernière main. "Je ne la sentais pas, j'ai pris du temps..." Au final, il a donc open-shove un stack de 1 million (soit 12 BB) en milieu de parole avec deux 8. Connor Belcher reshove par-dessus depuis le bouton avec deux As, et fait l'As au turn pour laisser son adversaire drawing dead. Mais ce Vegas est loin d'être terminé pour Florian, qui vient de signer sa meilleure perf en tournois live : "Je vais jouer tous les tournois de No Limit jusqu'à 10k, parce qu'au-dessus, il n'y a que des pros. Moi je ne joue que les WSOP et l'EPT Barcelone, c'est vraiment mon hobby." Un passe-temps plutôt payant pour l'instant...

Galliana
Concernant le reste du field, le chipleader est l'Espagnol Antonio Galiana, loin devant Patrick Leonard et Romain Lewis, avec un stack de 8 990 000, soit 90 BB à la reprise.

Alt
On retrouvera aussi le sympathique et excellent joueur suisse Dinesh Alt en seconde partie de tableau

Helppi
Sans oublier une pléthore de joueurs détenant déjà un bracelet WSOP : outre Romain Lewis, Juha Helppi (photo), Patrick Leonard, Brett Apter, et Jeremy Ausmus tenteront d'accrocher une seconde breloque à leur poignet. Finaliste du Main Event des WSOP 2011, Eoghan O'Dea sera shortstack

La partie reprend à 12 heures (21 heures en France) ce vendredi, aux blindes 50 000 / 100 000 / 100 000 pour une moyenne à 3 411 514. Tous les joueurs restants sont assurés d'encaisser 23 124 $. La table finale sera streamée sur PokerGO et quant à nous, on se retrouve dans quelques heures pour l'épilogue de ce tournoi !

Le chipcount pour le Day 3

1. Antonio Galiana (Espagne) 8 990 000 2. Patrick Leonard (UK) 5 090 000 3. Romain Lewis (France, Team Winamax) 4 390 000 4. Connor Belcher (USA) 3 690 000 5. Juha Helppi (Finlande) 3 610 000 6. Johan Guilbert (France) 3 320 000 7. Brett Apter (USA) 2 690 000 8. David Goodman (USA) 2 020 000 9. Dinesh Alt (Suisse) 1 890 000 10. Jeremy Ausmus (USA) 1 690 000 11. David Hoffenberg (USA) 1 510 000 12. Eoghan O'Dea (Irlande) 1 085 000 13. Joshua Reichard (USA) 456 000

Les prix restants

Vainqueur : 439 395 $ Runner-up : 292 927 $ 3e : 209 358 $ 4e : 151 592 $ 5e : 111 222 $ 6e : 82 702 $ 7e : 62 334 $ 8e : 47 632 $ 9e : 36 908 $ 10-11e : 29 006 $ 12-13e : 23 124 $

Les Français éliminés lors du Day 2

14. Florian Bordet 18 705 $ 16. Arthur Emig 18 705 $ 31. Arnaud Enselme 12 796 $ 45. Erwann Pécheux 9 302 $ 137. Maxime Chilaud 5 000 $ 140. Clément Van Driessche 5 000 $ 154. Didier Guerin 5 000 $ 169. Jacques Dermegreditchian 5 000 $ 176. Baptiste Carteau 5 000 $ 190. Cédric Schwaederle 5 000 $

Ils ont fait attention au départ

Romain Lewis et YoH_ViraL commencent bien la journée Avec 11 joueurs restants, la table finale se rapproche pour les Français ! Event #34 : 2 500 $ NLHE Freezeout (Day 3)

Lewis
Après presque deux heures de jeu dans ce Day 3, Romain Lewis est en passe d'atteindre une nouvelle finale WSOP : à 11 joueurs restants, le Français fait toujours partie du top 3 en jetons, derrière le chipleader espagnol Antonio Galiana et le redoutable américain Patrick Leonard : "Je suis passé de 4,4 à 6 millions durant la première heure", explique le Bordelais, qui s'est notamment servi dans le tapis de l'Espagnol. Après une relance de ce dernier au cut-off, "Rom" défend sa BB, et paye le petit c-bet adverse sur un flop KQ6. Le turn est un 5, et Romain tapote encore la table, pour voir son adversaire miser 550 000. Mais le pro Winamax choisit cette fois de relancer à 1 475 000, provoquant un fold chez son opposant... Évoluant désormais à une table dépourvue de toutes les têtes d'affiche du tournoi depuis le départ de Patrick Leonard (bon, il reste tout de même le finaliste du Main Event WSOP 2011 Eoghan O'Dea) mais un peu moins actif durant le deuxième niveau du jour, Romain peut aussi compter sur un soutien bienvenu : le coach adjoint du Team W, Melvin (qui vient d'arriver à Vegas), en tribunes, ainsi qu'Ivan Deyra et Jeremy Saderne dans le rail. rLewis va pouvoir continuer sereinement son ascension... Avec la table finale en ligne de mire.

Yoh
Et sur l'autre table donc, on retrouve le second français du casting : Johan Guilbert, qui est notamment opposé à Patrick Leonard donc, mais aussi à Juha Helppi et Jeremy Ausmus. YoH ViraL n'avait pas très bien commencé le Day 3, passant de 3,3 millions à 2,4 millions de jetons, sans rien de notable à signaler... Jusqu'à ce que Patrick Leonard relance à 250 000 depuis le bouton. Jeremy Ausmus envoie son tapis depuis la SB, et le joueur de Sarraguemines n'a plus qu'à payer avec deux As en grosse blinde. Leonard s'écarte du coup, et YoH gagne tranquillement cette main importante contre A7 après un board sans histoire, où l'Américain est drawing dead dès le turn. Johan, dont vous pouvez aussi suivre l'avancée sur son compte Instagram, passe à 4,9 millions après ce coup, et laisse crippled l'un de ses plus dangereux adversaires à table : Ausmus ne possède plus que 360 000, soit 3 blindes. Bon, le pro américain sera de retour à 2 millions quinze minutes plus tard... Pas pour rien qu'il détient six bracelets WSOP !

Ils remportent 23 124 $ :

12. Connor Belcher (USA) 13. Dinesh Alt (Suisse)

Table Lewis

Tableau de bord 10 minutes à jouer au level 29 (blindes 60 000 / 120 000 / 120 000) 11 joueurs restants (sur 1 267 entrées) Tapis moyen : 4 031 363 Prix assuré : 29 006 $

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À nous deux !

Romain Lewis et YoH ViraL atteignent la table finale du 2,5k ! Avec un tapis au-dessus de la moyenne, le Bordelais peut se prendre à rêver Au bout du chemin : 439 395 $ et un bracelet de champion du monde, le second pour le pro W Event #34 : 2 500 $ NLHE Freezeout (Day 3 et finale)

TF
Il n'a pas fallu longtemps au retour du break pour constituer la dernière table de ce tournoi. Alors qu'il était en position UTG avec cinq blindes en sa possession, le détenteur d'un bracelet WSOP Brett Apter open-shove avec KQ. Toujours sur un nuage, le chipleader espagnol paye tranquillement avec deux As, et reste devant malgré un flush draw au flop à l'issue d'un tableau 34648. Antonio Galiana passe à 7,6 millions après ce coup, tandis qu'Apter repart avec un chèque de 29 006 $.

Romain YoHPlus que dix joueurs en course : c'est le moment de réunir tout le monde sur une des tables secondaires du plateau télévisé. C'est le moment aussi pour les supporters français de se mettre en place pour soutenir Romain Lewis et YoH_ViraL, alors que la table finale officielle ne sera officiellement constituée qu'à la prochaine élimination. Elle va vite intervenir : tombé à 2 BB après avoir démarré la dernière table avec 4 blindes, David Hoffenberg tente la remontada, espérant le triple-up contre Juha Helppi et Eoghan O'Dea, unis pour essayer de sortir l'Américain. Mais ce dernier ne peut gagner le coup et ne parvient donc pas à se refaire : il encaisse également 29 006 $ en récompense de sa 10e place.

Romain
Vous l'aurez compris : nos deux Français, Romain Lewis et YoH ViraL, atteignent donc officiellement la table finale de ce 2 500 $ Freezeout ! Il s'agit de la cinquième table finale du Bordelais sur un event WSOP à Vegas, et la seconde pour le Team Winamax depuis le début de la campagne 2024 après Joao Vieira sur l'Event #8 la semaine dernière. Romain, champion WSOP lors des World Series post-covid en novembre 2021, a ici l'occasion d'entrer dans le cercle très fermé des Français détenant au moins deux bracelets WSOP (dont Alex Reard, présent pour soutenir le Bordelais dans le rail).

Pour YoH, on est sur une seconde apparition d'un bracelet event à Sin City, lui qui a aussi atteint deux autres TF à Rozvadov lors des WSOP-Europe (dont la seconde place du Main Event WSOP en 2021, pour 789 031 €. Romain commencera avec un tapis au dessus de la moyenne, au contraire de YoH, shortstack avec 14 BB. Après les finales malheureuses de ces derniers jours pour le clan français, on espère que cette fois, la fête sera plus belle... Allez les Bleus !

Rail

La composition de la table finale

# Joueur Tapis Blindes
1 Romain Lewis (France, Team Winamax) 4 750 000 29
2 Johan Guilbert (France) 2 600 000 16
3 David Goodman (USA) 3 200 000 20
4 Joshua Reichard (USA) 11 440 000 71
5 Antonio Galiana (Espagne) 7 600 000 47
6 Juha Helppi (Finlande) 2 490 000 15
7 Eoghan O'Dea (Irlande) 4 000 000 25
8 Patrick Leonard (USA) 3 500 000 21
9 Jeremy Ausmus (USA) 3 300 000 21

Le payout restant

Vainqueur : 439 395 $ Runner-up : 292 927 $ 3e : 209 358 $ 4e : 151 592 $ 5e : 111 222 $ 6e : 82 702 $ 7e : 62 334 $ 8e : 47 632 $ 9e : 36 908 $

Tableau de bord 25 minutes à jouer au level 30 (blindes 80 000 / 160 000 / 160 000) 9 joueurs restants (sur 1 267 entrées) Tapis moyen : 4 434 500 Prix assuré : 36 908 $

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C’était tout ou rien

Romain Lewis prend un gros coinflip contre le chipleader pour jouer la gagne, et le perd Pour sa troisième table finale en un mois, le pro W termine finalement 5e (111 222 $) Event #34 : 2 500 $ NLHE Freezeout

Lewis
Pour lui, c'était le titre ou rien. Troisième en jetons au départ de la journée à 13 joueurs restants, Romain Lewis s'était maintenu dans le peloton de tête lors des premières heures de jeu, abordant la finale avec le second tapis en circulation. Et évidemment, le but était si possible de passer en tête à un moment où un autre, pour caresser l'espoir de gagner ce second bracelet WSOP après lequel il court. Alors quand il a vu le chipleader Antonio Galiana le mettre à tapis depuis la BB après sa relance au bouton avec AQ, Romain a pris la décision qui lui semblait la bonne : payer pour son tournoi.

Opposé à une paire de 6, Romain voit une Dame apparaître en door card, provoquant quelques cris dans le public... Sauf que le flop apporte également un 6. Q69 : Romain est finalement mal embarqué, et ne trouve pas de miracle pour repasser devant.

A massive pot of 16,575,000 as we see Romain Lewis go all in!

: https://t.co/s2pDl56eOX pic.twitter.com/PSD6ZBXpkK

— PokerGO (@PokerGO) June 15, 2024

Au bout du compte, Romain Lewis prend donc la 5e place de cet Event #34, sans regretter son play. "C'était un pot énorme, j'étais deuxième en stack. Un pot à 17 millions, pour le chiplead. Je l'avais déjà vu 3-bet shove pour 33 ou 34 blindes avant. Je me suis dit que j'étais prêt à accepter de jouer ce coup, pour peut-être passer énorme chipleader à cinq joueurs left. Je pense que c'était le bon play, à tous les niveaux, car il aurait cherché à induce s'il avait As-Roi."

Lewis9
Forcément déçu de terminer une troisième fois en un mois à quelques marches d'un gros titre, Romain, qui soufflait après ce coup du sort, trouvait cependant la force de glisser un "ce n'est que le début de l'été." Car oui, les WSOP sont encore longues, et il y aura évidemment d'autres occasions pour le résident londonien de claquer un nouveau gros deeprun et d'aller chercher une seconde breloque. Et ce d'autant plus que Romain confirme qu'il tient une forme étincelante en ce moment, avec donc une troisième finale sur ses trois derniers festivals joués (EPT Monte-Carlo, SISMIX et WSOP). Oui, l'été est loin d'être terminé...

Reichard
Quelques minutes avant Romain, c'est Joshua Reichard qui a rendu les armes en 6e place, victime notamment du talent de Jeremy Ausmus. Un coup qu'on se doit de vous raconter : relance du multiple champion WSOP à 500 000, et call de Reichard en SB. Le flop 3210 entraîne une nouvelle mise d'Ausmus, pour 300 000, qui est suivie. Les deux joueurs checkent le turn 7, et sur le 2 river, Reichard utilise la manière forte : un énorme overbet à 2,1 millions, en se laissant 25 000 derrière. Ausmus commence alors à réfléchir longtemps, très longtemps, puis finit par prendre une décision : ce sera le call, avec AQ, pour une simple hauteur As. Une très belle inspiration : son adversaire était en pampa avec J8 et un gros tirage manqué. Il sautera peu après.contre YoH ViraL, mais encaisse 82 702 $ pour sa quatrième place payée de l'été sur les WSOP.

Tableau de bord 29 minutes à jouer au level 32 (blindes 125 000 / 250 000 / 250 000) 4 joueurs restants (sur 1 267 entrées) Tapis moyen : 11 086 250 Prix assuré : 151 192 $

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Tout le monde à le droit à une seconde chance

YoH ViraL atteint le deuxième heads-up de sa carrière sur les WSOP à Vegas ! Le high-staker tentera de ramener à la France son second bracelet de l'été Il commence le duel final légèrement derrière Antonio Galiana, toujours sur un nuage Event #34 : 2 500 $ NLHE Freezeout (Finale)

Yoh
Romain Lewis éliminé, les espoirs français ne sont pas pour autant éteints dans ce tournoi : YoH ViraL était toujours en lice à cinq joueurs restants. Runner-up WSOP en 2019 et WSOP Europe en 2021, lui aussi convoitait donc le précieux bracelet... Et bien, Johan va avoir une seconde chance de rejoindre le cercle des Champions du Monde tricolores : au bout de trois jours de poker, il se hisse en heads-up de ce 2 500 $ Freezeout !

Helppi
Pour cela, YoH a tout d'abord observé Jeremy Ausmus se débarrasser du vétéran du circuit Juha Helppi : ce dernier open-shove son stack de deux millions sur la big blind de l'Américain, qui décide de payer avec Q10. C'est devant le 108 du Finlandais, qui ne parvient pas à améliorer suffisament après un tableau 59510J. Le Finlandais encaisse 151 192 $ en récompense de ses efforts, lui qui a déjà fini 4e du 1 500 $ 8-Handed et 10e du 10 000 $ 8-Handed depuis le début de ces WSOP. De quoi poursuivre d'excellents débuts au Horseshoe.

Ausmus
Après cette période un peu folle, où trois joueurs ont été éliminés en quelques minutes, le rythme baisse alors d'un ton pour le 3-handed, que Johan démarre avec une bonne trentaine de blindes, un peu plus que Jeremy Ausmus, mais loin derrière le chipleader Antonio Galiana. YoH va se maintenir au dessus de l'Américain, jusqu'à jouer contre lui un coup à tapis : le Français relance, et Ausmus annonce tapis en BB, snap-call par le Lorrain, qui retourne deux As. Avec A2, Ausmus ne peut passer devant après un tableau K710106. L'Américain n'imitera pas tout de suite John Hennigan, vainqueur de son 7e bracelet il y a quelques jours : il remporte tout de même 202 358 $, de quoi financer une partie de ses WSOP.

HU 3
Plus que deux joueurs en course pour le bracelet ! C'est le heads-up final, et Johan Guilbert le débutera avec 19 millions de jetons, soit 63 blindes, alors qu'Antonio Galiana mènera comme d'habitude la danse avec 25 millions, soit 84 blindes. YoH a donc toutes ses chances évidemment dans ce duel qui débute avec une belle profondeur de tapis, pour son deuxième heads-up WSOP à Las Vegas. Le futur champion gagnera quoi qu'il arrive son premier bracelet, ainsi qu'un chèque de 439 395 $. On attend évidemment une deuxième breloque tricolore dans cette campagne 2024 après Thibault Perissat... Les supporters entonnent une Marseillaise dans le Convention Center... Allez YoH, tu vas le faire !

HU
Malgré la déception de son élimination, Romain Lewis est venu encourager son compatriote

Tableau de bord 7 minutes à jouer au level 33 (blindes 150 000 / 300 000) 2 joueurs restants (sur 1 267 entrées) Tapis moyen : 22 172 500 Prix assuré : 292 927 $

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Post vacances

Deux Français en mode "vacances poker" terminent dans le top 60 sur plus de 4 000 entrées Event #36 : 800 $ NLHE Deepstack (8-Handed)

Dans le programme des WSOP, il y a des tournois qui sont souvent appelés des "crapshots". Comprenez des épreuves proposant une structure rapide, et souvent pas trop chères. Le 800 $ Deepstack, débuté jeudi et qui s'est achevé vendredi, était de ceux-là. Pensez donc : il fallait éliminer plus de 4 000 joueurs en deux jours pour accrocher le bracelet à son poignet ! Pas de quoi effrayer les Français en tout cas, qui étaient nombreux sur la ligne de départ, et encore une poignée au moment de débuter le Day 2. Malheureusement, après l'élimination de Mario Fata en 31e place (noté américain dans les chipcounts), aucun d'entre eux n'est parvenu à rejoindre les toutes dernières tables... Mais deux des joueurs qui sont allés le plus loin sont de vieilles connaissances de la famille Winamax !

GuezOn commence par celui qui a donc terminé avant-dernier français de ce tournoi : Jonathan Guez, qui a achevé son deeprun en 59e place pour 5 901 $. Employé de Winamax, où il gère une équipe de traders, Jo est venu ici pour se faire kiffer aux tables en compagnie d'un collègue. Logeant au Flamingo, juste en face du Horseshoe, l'ex "stagiaire balla" est venu à Vegas pour trois semaines, et son séjour commence bien : en plus de ce deeprun sur le 800 $, il a ausi atteint l'argent sur un autre tournoi Deepstack 8-Handed, celui joué en Pot Limit Omaha et qui s'est achevé jeudi (196e).

Visiblement, Jo s'est en tout cas bien amusé : à 112 joueurs restants sur ce Deepstack, il confiait évoluer "à une table d'oiseaux. Par exemple, sur A-9-7-8, un mec s'est fait mettre à tapis et a foldé une paire de 8 pour brelan..." Il expliquait également la meilleure recette pour deeprun ce type de tournois : "Le nombre de coinflips ou de 70/30 qu'il faut gagner pour en arriver là... Maintenant je peux me prendre le pire bad beat, ce n'est pas grave !" Les petites anecdotes, Jo en a quelques-unes sous le coude : "Il y a une joueuse, elle est par exemple arrivée à une table, elle était de big blind, elle a joué une main et ça a cassé !" Jo a également eu l'occasion d'évoluer avec Chris Brewer deux crans à sa droite : "Je ne sais pas ce qu'il a prévu d'ouvrir sur mes big blinds, mais ça peut se fighter !" L'Américain a finalement terminé 24e.

Loubna
Mais le meilleur français de ce tournoi (avant qu'on spotte Mario Fata) était une joueuse : Loubna Aggoun. Bien connue de nos services et arborant une casquette du Winamax Club Trophy, cette membre de la Darshan Team termine ici un road trip en Amérique avec sa soeur, qui voulait voir Adèle en concert à Las Vegas. Une fois la frangine satisfaite, Loubna a décidé de rester à Sin City pour se faire plaisir sur quelques tournois, ce qui est donc le cas : "C'est mon troisième tournoi sur le circuit live, nous expliquait-elle à 100 joueurs restants. Je suis déjà contente d'être arrivée jusque-là. J'ai eu 40 BB durant la journée, mais la structure va vite." De quoi oublier le mauvais run de l'année dernière : "J'étais là aussi, mais cela s'était mal passé, même si je m'étais rattrapée sur des petits tournois." Alors qu'elle nous confiait espérer aller plus loin et vouloir transformer l'essai sur ce 800 $ Deepstack, Loubna a finalement achevé son beau parcours en 54e place pour 7 064 $ sur un field de 4 278 entrées, et aura en tout cas expérimenté une autre ambiance que ses parties habituelles : "D'habitude, on joue dans une brasserie à Porte Maillot..." nous expliquait notre collègue Maxime de Pokernews. C'est sûr que le Convention Center, c'est quand même autre chose...

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Jamais deux sans trois…

À l'issue d'un duel interminable face à Antonio Galiana, Johan Guilbert chute pour la troisième fois sur la dernière marche d'un tournoi WSOP. S'il visait avant tout le titre, YoH ViraL encaisse 292 297 $ en récompense de ses efforts. Le deuxième bracelet français de ces WSOP 2024 attendra.

Event #34 : 2 500 $ NLHE Freezeout (Finale)

Yoh 4
"Ça sent le Poulidor..." Voilà ce que nous a lâché à la dérobée le Vice-Président des WSOP Grégory Chochon, quelques minutes avant le début du heads-up entre Johan "YoH ViraL" Guilbert et Antonio Galiana. Pourtant, on avait du mal à partir perdant côté tricolore : le Français n'avait que peu de retard en jetons sur son adversaire et possédait déjà l'expérience de deux ultimes duels WSOP, lui qui joue au poker depuis plus de 15 ans et évolue maintenant à un niveau high-stakes. En plus, le Lorrain affrontait un adversaire sans trop de références en live : seulement une grosse cinquantaine de milliers de dollars de gains, un joueur espagnol qui nous avait été décrit par un collègue ibérique comme susceptible de spew à tout moment. Mais Greg sait de quoi il parle : cela fait dix ans qu'il bosse sur les Championnats du Monde de poker. Et malheureusement pour le clan bleu, il a eu du flair : Johan Guilbert s'incline finalement en heads-up de ce 2 500 $ Freezeout.

YoH
En tout cas, on ne peut pas dire qu'il n'a pas eu ses chances de conclure, dans un scénario au long court : ce dernier duel a duré plus de quatre heures, les deux joueurs l'ayant entamé avec une belle profondeur de tapis. Et YoH n'a jamais rien lâché, même quand il s'est retrouvé distancé au chipcount suite à ce qui s'apparente à l'un des bluffs de l'année signé Antonio, après 20 minutes de jeu.

One of the best bluffs in @WSOP history!?

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— PokerGO (@PokerGO) June 15, 2024

Sur un board tout à trèfle, les deux joueurs se sont ainsi embarqués dans une bataille de relances river, après avoir checké tout du long... Mise de l'Espagnol, relance de YoH, 3-bet d'Antonio, 4-bet de YoH... et pour terminer, all-in de l'Espagnol. Johan ne peut que jeter ses cartes dans le muck : il avait "air" total... Tout comme son adversaire, qui ne se fait pas prier pour montrer son jeu. "C'est la main qui m'a mis en dedans, analysait YoH au moment du débrief. J'aurai pu call sa première mise, mais je ne voulais pas payer pour partager. C'était la même main que Phil Ivey il y a 20 ans, mais on l'a fait à la river. Les joueurs ne font pas tous all-in dans ce spot, mais il n'a pas abandonné, bravo à lui. Je regrette de l'avoir playback, il ne faut pas le faire contre des mecs un peu fou comme lui. Et il était meilleur que moi techniquement."

Double-up
Mais YoH ne s'est pas laissé abattre pour autant, remontant progressivement un stack à la force du poignet, et aussi à coup de all-ins préflop gagnants, où il détenait toujours la meilleure main, qui restait toujours devant. Résultat : un double-up, puis un deuxième, puis un troisième... Et au bout de trois heures de jeu, YoH parvenait à passer devant pour la première fois, avec un tapis deux fois supérieur à celui de Galiana. Mais cela n'a finalement pas suffi : à 23h40, au bout de 4 heures de joutes acharnées, il se retrouvait une nouvelle fois à tapis couvert, encore une fois avec la meilleure main : A5 contre Q9.

Galiana 1
Sauf que cette fois, c'est bien la main dominée qui trouvait une Dame au flop finalement suffisante pour l'emporter. YoH prend donc la deuxième place sur 1 267 entrées et pour un gain de 292 927 $, une somme qui rentre directement dans le top 4 de ses gains lifetime en tournois live.

Tapis
Mais le prize money, ce n'est pas le plus important pour le Français, qui voulait le trophée, et succéder à Thibault Périssat au palmarès des Bleus sur ces World Series. Sa réaction de compétiteur quelques minutes après sa sortie en atteste : "Je suis un peu en tilt ! C'est la 3e fois que je fais deuxième aux WSOP. Je ne jouais pas trop pour l'argent, je voulais juste gagner le bracelet. Ce sont des très grosses sommes dans la vie réelle, c'est vrai. Et tu ressens l'adrénaline, c'est poussé au max quand tu joues pour un bracelet, plus qu'en cash-game." Habitué des plus grosses parties en Texas Hold'em à la Bobby's Room du Bellagio, YoH était cependant conscient d'être revenu du diable vauvert dans cette finale : "J'ai commencé la dernière table 10ème sur 10... J'ai eu un run indécent préflop. J'étais aussi atteint physiquement." Sans oublier qu'il n'avait pas tapé le carton depuis un bail : "Je n'avais pas joué depuis cinq mois. Mon temps libre, je l'utilise pour vivre."

HU
En tout cas, pas question pour YoH de céder à une quelconque malédiction après ces trois places de runner-up WSOP. "Il y en aura d'autres. Moi qui ai surtout joué en cash-game dans ma carrière, je me rends compte que c'est possible d'aller loin dans les tournois. Je sais que j'aurai un bracelet un jour, c'est une question de temps. Il faut être très patient. Dans le poker, il y a une frame qui se crée, et il ne faut pas la forcer. Ces derniers temps, j'ai choisi de surfer là-dessus en mode chill, et ça me réussit." YoH a également eu un mot pour son compatriote Romain Lewis, 5e mais qui pouvait légitimement viser la victoire : "Bravo à Romain qui a déchatté de fou, gros GG à lui." La suite de ces WSOP pour le coach ? "Cash-game à la Bobby's Room, et je vais ensuite partir en vacances à Austin et Miami. Je reviendrai pour le Mystery Bounty à 10 000 $, et le Main Event. D'ailleurs, j'ai presque envie de le late reg au Day 2, on commence tout de même avec 80 blindes." Qui sait si ce n'est pas à ce moment qu'il ira enfin au bout...

Champion
Félicitations donc à Antonio Galiana, qui a franchement dominé le tournoi dans sa globalité depuis le milieu du Day 2, n'ayant quasiment jamais lâché le chiplead depuis lors. L'Espagnol banque 439 395 $, de très loin son meilleur score en live.

Les résultats de la table finale :

Vainqueur : Antonio Galiana (Espagne) 439 395 $ Runner-up : Johan Guilbert (France) 292 927 $ 3e : Jeremy Ausmus (USA) 209 358 $ 4e : Juha Helppi (Finlande) 151 592 $ 5e : Romain Lewis (France, Team Winamax) 111 222 $ 6e : Joshua Reichard (USA) 82 702 $ 7e : Patrick Leonard (UK) 62 334 $ 8e : David Goodman (USA) 47 632 $ 9e : Eoghan O'Dea (Irlande) 36 908 $

Potes

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C’est d’la Bomb-Pot, bébéééé

Chaque année, le programme apporte son lot de nouveautés. Pour cette édition 2024, les organisateurs tentent le tout premier tournoi “Bomb-Pot” de l'histoire des WSOP. Et pour pimenter un peu les choses, il se joue même en deux variantes différentes... Et sur deux boards ! Reportage avec les premiers gouteurs.

Event #41: $1,500 Mixed NLH / PLO Double Board Bomb Pot

Bomb Pot Ribouchon

Des cartes partout sur la table. Devant les joueurs, sur le board, ou devrais-je dire les boards, recouverts par une pluie de jetons. Le croupier a en effet déroulé deux séries de cinq quartes l’une en dessous de l’autre. Quelle est donc cette diablerie ? La dernière nouveauté de ces WSOP : Le Double Board Bomb Pot !

Le jeu consiste tout d’abord en un mélange de No-Limit Hold’em et Pot Limit Omaha. 8 mains dans une variante et 8 mains dans l’autre. Jusque là tout va bien. Seulement, entre chaque alternance, on joue un “Bomb Pot double board" : pas de séquence pré-flop, les huit joueurs s’acquittent d’une blinde et reçoivent un jeu, puis la séquence reprend de manière traditionnelle, chaque joueur essayant de faire la meilleure main sur chacun des deux boards.

Bomb Pot

On alterne à chaque “Bomb Pot”. Un en NLHE, puis un en PLO. Tiens, voilà d’ailleurs un showdown à quatre cartes. Trois joueurs viennent d'aller à tapis sur la river. Aucune des trois mains ne pourrait être qualifiée de “bonne mains de départ”, mais Florian Ribouchon a trouvé les nuts sur le board du haut, son voisin américain sur le board du bas et le troisième se retrouve busto. C’est la beauté du Bomb Pot : 100% des ranges s’entrechoquent, on joue contre potentiellement “any 2” ou “any 4” et les supposés “merguez” peuvent vite se griller les noisettes.

A l’instar du runner-up du dernier Millionaire-Maker, de nombreux Français sont en piste pour tester cette innovation du programme.

Teisseire

« C’est Sonny (Franco) qui m’a trainé dans ce tournoi. Il a bien fait, je me régale ! » s’exclame Antonin Teisseire, d’une voix aussi fringante que son tapis de jetons. « C’est surtout qu’on a qualifié le Monster Stack hier (Day 1A), enchaine Sonny Franco quelques tables plus loin. On avait rien à faire. Ou plutôt, on avait du temps pour faire celui-là ».

A l’image de ces deux compères, beaucoup de joueurs ont cliqué sur ce tournoi pour s’amuser et s’offrir une pause entre deux guerres de No-Limit.

« Un mois et demi, c’est long, affirme Florian Ribouchon, bien content de se détendre sur un tournoi de ce genre. J’avais déjà fait quelques "Bomb Pot double-board" en cash-game à Miami. C’est le meilleur format, s’enthousiasme Florian, qui me partage même quelques spécificités théoriques sur le double board, invoquant même un concept “nuts relatives”. « Comment je peux t’expliquer ça. En fait, tu n’as pas besoin d’avoir les nuts pures. Avec certaines mains, tu peux être parfois sur que si tu ne prends pas le premier board, tu es sur de prendre le second. Dans ce cas, le but est d’essayer de faire sortir l’adversaire du coup ».

Un jeu aussi unique et extravagant nécessite effectivement quelques adaptations stratégiques. Pour les connaitre, j’ai trouvé un Français spécialiste des variantes, un homme qui a joué à plus d’un jeu farfelu et dont les conseils sont souvent très éclairants : Paul-François Tedeschi. « La strat’ ? Aucune idée, c’est la première fois que je fais un truc pareil » rapporte le Corse.

Lehoussine

La partie “Bomb Pot - Double board” apporte quelques spécificités mais elle ne concerne qu’une main sur huit. Pour le reste on joue avant tout un tournoi mêlant NLHE et PLO.

« Tant qu’il y a de l’Omaha, ça me plait » affirme Karim Lehoussine, qui enchaine effectivement les bonnes perfs dans les tournois à 4 quartes depuis le début de séjour. Le Bomb Pot, ça change, c’est agréable. Et puis, il y en a qui peuvent un peu glisser avec les Boom Pot. Ca peut faire des gros pots ».

Tordjman

Egalement spécialiste de Omaha, variante dans lequel il terminait runner-up WSOP il y a deux ans, Daniel Tordjman s’est également lancé dans cette curiosité du programme. Et comme toute nouveauté, elle suscite quelques débats. « Il y a des joueurs qui pensaient que ça allait être Bomb Pot - double board sur toutes les mains. Ca aurait été n’importe quoi. Mais ce que je trouve dommage, c’est qu’on ne fasse pas tous les “Bomb Pot” en PLO. En Hold’em, c’est très difficile de gagner les deux boards, alors que le but est évidemment de “scoop” (gagner les deux parties du pot) ».

« C’est plus rare, mais ça arrive, corrige Tonin. Et surtout, tu peux toujours faire sortir l’autre du pot ».

Tweet Williams

Le débat est également lancé sur les réseaux, le vainqueur WPT David Williams proposant effectivement de jouer toutes les mains en “Bomb Pot double Board”, uniquement dans la variante PLO. Comme le candidat Game of Gold, de nombreuses personnalités du jeu et quelques joueurs High Stakes se sont perdus dans ce field, ayant déjà dépassé les 1 100 entrées. Un tour de table rapide m’a permis d’apercevoir rapidement Patrik Jaros, Dimitar Danchev, Pads Leonard, Rien Lin ou encore David Benyamine, qui après avoir bulle la TF du Big O, a monté cinq starting en une heure sur ce nouveau tournoi.

Les amateurs, les curieux, les pros, les légendes ou les High Stakers… Cette innovation méritera certainement quelques adaptations mais elle séduit déjà tout le monde.

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Le vol retour attendra

Un Français sorti du chapeau se hisse au Day 3, alors qu'il avait prévu de rentrer chez lui Régulier de Vegas, Steven Abitbol n'a plus qu'un objectif à 14 joueurs restants : le bracelet Event #40 : 1 500 $ Razz (Fin du Day 2)

Abitbol
Généralement, quand on cherche un Français à la fin d'un tournoi de variantes, et en particulier sur une épreuve de Razz, on s'attend à tomber sur Julien Martini, voire David Benyamine, deux des grands spécialistes tricolores. Et un Français, il en reste un en lice à l'orée de la table finale de l'Event #40... Sauf qu'il ne s'agit pas des deux stars, éliminées prématurément dans ce Day 2. Non, le dernier mousquetaire est un simple joueur amateur, débarqué à Las Vegas pour une dizaine de jours (enfin, au départ) et qu'on avait découvert sur le Tag Team Tournament l'an passé : Steven Abitbol.

Les variantes, le joueur résident en Israël est venu pour ça, comme chaque année : "J'aime les Mixed Games, je suis un joueur de variantes de manière générale, même si je joue aussi en Hold'em. Quand j'ai commencé à jouer, je faisais des variantes sur Internet", se souvient le joueur de 34 ans. Je pense que je suis plus performant, et ce n'est pas comme en Hold'em : tu ne peux pas être au top et tout perdre. Je préfère les variantes. Je maîtrise le Hi-Lo notamment." Oui, visiblement le Hold'em n'est pas spécialement sa tasse de thé, et il lui rend bien : "En Hold'em, c'était le trou noir sur ces WSOP !" En revanche, ça se passe mieux en Omaha : "J'ai déjà fait une petite perf..." Steven a en effet terminé 30e de l'Event #18 pour 9 936 $, un tournoi de PLO 8-Handed à 1 500 $. Sinon, Steven joue encore en ligne : il confie s'être qualifié il y a quelques mois pour les WSOP Paradise aux Bahamas, où il a d'ailleurs atteint l'argent sur le Millionaire Maker local. "Pour le tournoi qualificatif, les 100 derniers partaient aux Bahamas. J'ai laissé tourner mes blindes..."

Mais son jardin, c'est bien Las Vegas : hormis cette ligne aux Bahamas, tous ses résultats live ont été enregistrés à Sin City, lui qui compte 24 000 $ de gains sur le circuit pour l'instant, alors qu'il est déjà assuré d'encaisser 6 425 $ sur ce 1 500 $ Razz. Un tournoi que ce père de famille travaillant dans l'immobilier n'avait pas spécialement prévu de deeprun... "J'étais censé partir demain, mais je vais rester deux ou trois jours de plus. Je suis venu avec un pote, et je joue les tournois jusqu'à 3 000 $ maximum sur les WSOP. Je ne joue que ça, j'ai une vie de famille et je ne suis pas pro." Mais Steven a donc de bonnes raisons de ne pas rentrer tout de suite au bercail, grâce à un Day 2 de qualité : "J'ai perdu des petits coups, mais je suis remonté rapidement. Et si tu ne remontes pas vite en Razz, c'est mort. J'ai passé un gros bluff, je me suis bien défendu. Il y avait aussi Scott Seiver à ma table, je lui ai pris un pot, mais c'est un monstre."

Au final, Steven Abitbol termine la journée avec un stack de 1 770 000, réprésantant 18 big bets, ce qui le place en seconde position au chipcount, derrière l'Américain. Objectif pour lui désormais : le bracelet et rien d'autre. "Le but, c'est de faire premier. Je kifferai bien avoir le bracelet." Ce tournoi constitue t-il d'ores et déjà sa meilleure perf à Sin City ? Le débat est lancé : "Cela dépend comment tu vois les choses, 30e en Omaha sur un field de 1 500 joueurs... Là le field est plus petit." En cas de grosse perf, Steven pourrait aussi s'offrir un petit plaisir : "Si jamais je prends les 140 000 $ (141 374 $ exactement), je ferai le Razz à 10k." Oui, parfois, on n'est plus à quelques jours près...

Seiver
En tête des 14 joueurs restants, on retrouve donc Scott Seiver, en quête de son second bracelet de l'été après son titre sur le Omaha Hi-Low 8-or-Better Championship

Seiver
Ben Yu, l'un des joueurs les plus réguliers des WSOP jusqu'en 2022, moins performant depuis. L'heure de la renaissance ? Il est 3e au chipcount

Shack-Harris
Brandon Shack-Harris, spécialiste des variantes, 3e du Razz Championship en 2014, débutera le Day 3 avec le 5e tapis

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Et pour quelques (millions de) dollars de plus

Adrian Mateos reviendra dimanche pour un Final Day de High Roller WSOP en compagnie d'Isildur, Martin Kabrhel ou encore le speaker de l'UFC Bruce Buffer, pour aller chercher un 5e bracelet et 2 nouveaux millions de dollars.

Event #39: $50,000 High Roller No-Limit Hold'em (8-Handed)

Mateos Kabrhel

"Martin Kabrhel ? C'est un garçon amusant" (Adrian Mateos)

L’information devient si récurrente qu’elle s’apparente à un marronnier : Adrian Mateos jouera demain un Final Day sur l’un des plus grands tournois du monde avec plusieurs millions à la clef. Après avoir enquillé les TF Triton ces derniers mois, il espère cette fois retrouver les sensations d’une finale WSOP, sur l’un des plus grands rendez-vous du festival, le 50 000 $ High Roller.

Parti avec un beau stack de 70BB, l’Espagnol a connu un début de journée moyen pour se retrouver avec une vingtaine de blindes à 60 left. Adrian a trouvé un premier bon spot pour se relancer puis un deuxième contre… Joao Vieira. Un duel fratricide entre deux W postés sur deux premiums.

Mateos Vieira

Open Adrian MP 60 000, 3-bet 210 000 Joao en grosse blinde, payé. Flop 225, c-bet 125 000, payé. Turn Q, check et check-back Adrian. River 8, tapis Joao, snap-call par Mateos et ses deux As, tandis que Vieira envoyait la sauce avec AK.

« J’ai continué de monter jusqu’à être chipleader à la bulle, raconte le Madrilène. Puis en demi-finale, j’ai perdu plusieurs mains consécutives qui m’ont fait redescendre. J’ai réussi à me redresser sur la fin pour arriver au Final Day. Mañana mas ».

Ce redressement, Adrian l’a effectué sur une jolie acrobatie aérienne. Un move couillu où l’Espagnol n’a pas hésité à tout envoyer à deux minutes de la fin de journée. Open Johannes Straver 200 000 au bouton et défense de Mateos en BB.

Le flop vient A93 et le Hollandais c-bet à 185 000, payé. Turn 4, Straver 2-barrel à 630 000, payé encore. River 9, Mateos coupe l’herbe sous le pied du Hollandais et lead lui même à tapis, pour 1 580 000 jetons. Johannes pensera le coup une petite minute puis lâchera l’affaire, Adri revient à la moyenne. Aurait-on assisté à un énorme bluff sur l’ultime main du jour ? Ca en avait tout l’air.

« Je ne veux pas dire ce que j’avais sur cette main » sourit Adrian en repartant aux côtés de son compatriote Sergio Aido. Le Team “PhenomPoker” a écrasé la fin de journée pour se positionner tout en haut du chipcount, seulement devancé par un certain Viktor Blom.

Isildur Kornuth

Eloigné du circuit Nosebleed depuis plusieurs années, Isildur est en passe de réaliser un come-back tonitruant, et d’autant plus étonnant que jamais Viktor Blom ne s’est retrouvé dans un spot pareil sur un tournoi des WSOP. 4e d’un 1 500 $ Dealer Choice il y a deux semaines, pour ce qui était sa première table finale WSOP, Isildur reviendra demain à 13 left d’un bracelet et de 2 millions de dollars. Et ce qui est sur, c’est qu’il ne sera pas impressionné par les enjeux.

Le casting restant est absolument fou. Rien d’étonnant pour un 50 000 $ de WSOP. La terreur Russe Artur Martirossian, l’inévitable Chance Kornuth, le jeune prodige Leon Sturm ou encore l’impertinent Martin Kabrhel, qui a comme à son habitude animé l’action par sa parlotte incessante, son attitude perturbante et ses vannes toujours à la limite de la décence.

Bruce Buffer

On s’étonnera cependant davantage de la présence de Bruce Buffer. Davantage habitué aux rings de MMA que des WSOP, le mythique speaker de l’UFC s’offre un deep run dantesque face aux meilleurs joueurs du monde. Sa dernière ligne Hendon Mob date de cinq ans, sur un 230 $ des WPT Los Angeles. Cette fois, il est assuré d’une perf à six chiffres sur un HIghroller WSOP.

« C’est un honneur de me retrouver ici et de jouer contre les meilleurs du monde, commente Bruce, qui s’arrêtant quelques secondes à notre micro après avoir rangé ses 10 blindes dans le sac. J’ai toujours aimé affronter des joueurs meilleurs que moi. C’est une bataille, de la cher et du sang ! J’avais vu ce tournoi, qui pouvait bien coller dans mon calendrier, et je me suis lancé. Je n’ai pas du tout le niveau de ces joueurs mais je joue au poker depuis très longtemps, j’ai fait quelques performances, et j’ai fait un Day 5 de Main Event il y a bien longtemps (en 2010, cuvée Jonathan Duhamel). Je pense que pour combattre ces joueurs, il faut jouer son jeu et se fier à son instinct ».

Le speaker de l’UFC nous fait l’honneur de sa présence… Et doublera le plaisir avec une annonce micro comme il en a le secret pour ouvrir le bal du Day 3 dès demain, avant de retrouver ses adversaires en table. Rendez-vous ce dimanche 13H pour le début du show.

Chipcount & payout

Position Joueur Nationalité Jetons
1 Viktor Blom Suède 9 670 000
2 Sergio Aido Espagne 8 800 000
3 Jonathan Jaffe USA 5 135 000
4 Martin Kabrhel Rep. Tchèque 4 380 000
5 Jesse Lonis USA 4 230 000
6 Leon Sturm Allemagne 3 895 000
7 Adrian Mateos (W) Espagne 3 585 000
8 Chance Kornuth USA 3 385 000
9 Johannes Straver Pays-Bas 2 865 000
10 Moren Klein Norvège 2 210 000
11 Robert Salaburu USA 1 920 000
12 Artur Martirosian Russie 1 660 000
13 Bruce Buffer USA 1 365 000

Blindes : 60 000 / 120 000

Aido

Place Prix
1er 2 026 605 $
2e 1 351 000 $
3e 951 727 $
4e 681 554 $
5e 496 293 $
6e 367 557 $
7e 276 987 $
8e 212 423 $
9e 165 849 $
10-11e 131 876 $
12-13e 106 810 $

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La Monster Sieste

Le Monster Stack fait partie de ces tournois mythiques que beaucoup de grinders ont coché depuis belle lurette. Mais une fois le moment venu, la fête peut s’avérer beaucoup moins excitante. Petit tour de table à travers des Day 1 ensommeillés.

Event #38 : NLHE Monster Stack 1 500 $ (Day 1)

CrazyDonkey

« Ne nous dérange pas pendant la sieste », s’exclame Maxime Chilaud, effectivement somnolant au moment de partir en pause pour ce qui est le dernier break du jour. Visiblement, le prince de Chypre ne vit pas sa plus folle journée de poker. Qu’est-ce que c’est long » renchérit le joueur, rejoint par son homologue du dernier WPT, Cédric “CrazyDonkey”.

« Pareil pour moi, c’est le calme plat. C’est pas seulement la structure (niveaux d'une heure dès le Day 1), mais c’est que le field est plein de papis ricains. Et comment dire, ce n’est pas le style de jeu le plus excitant ». Même son de cloche chez Robin Guillaumot, qui partage d’ailleurs la même table que Cédric. « Les niveaux sont longs, et les joueurs tank des heures. J’en ai eu un qui a tank dix minutes sur des spots évidents… Alors que pour le coup, c’est un High Staker ! ». Décidément, si tout le monde se met à dormir.

Ce rythme peu pressé convient cependant très bien à d’autres joueurs français.

« C’est long, mais c’est génial, affirme Angelo Besnainou, le vétéran du clan bleu. La structure est magnifique, on n'est pas obligé de partir à tapis avec As-Roi direct. On a le temps de développer du jeu, on peut raconter des histoires, pour les endormir, justement ».

Romain Lewis

La sieste, Romain Lewis a plutôt décidé de la faire à la maison pour arriver sur ce Monster Stack sous les coups de… 23H, soit 1h avant la fin des Late Regs. Ça suffit pour monter trois stacks de départ, avoir le droit à un jour de pause et revenir lundi avec près de 40BB.

Pour combler ce mortel ennui, certains ont trouvé de quoi s’occuper. Toute la soirée du Day 1B, Max “Dabou” était en effet scotché derrière l’un des évènements sportifs les plus attendus de l’été. L’Euro ? La Copa America ? Les J.O ? Du tout, le Bordeaux Premier Padel P2. « C’est comme une étape du circuit ATP, mais version Padel, explique Max, qui en plus d’avoir empoigné la raquette, ne loupe pas une étape du circuit. Qu’est-ce que tu veux, on est passionné ! J’adore regarder les femmes. Ça se rapproche plus du Padel qu’on joue alors que les hommes, ça va beaucoup trop vite. Ce qui est dommage, c’est qu’on n'a aucun Français ou presque dans le Top 50 ».

Maxime Parys

La délégation tricolore est en effet bien plus représentée dans le chipcount de ce Monster Stack qu’au Rankings du WPT (World Padel Tour, à ne pas confondre avec un circuit pokersitque qu’on connait bien). Et il y en a même quelques-uns dans le Top du classement. Voici d'ailleurs quelques-uns des Français qui ont monté des jetons sur les deux premières séances de qualification, en attendant les résultats de la troisième qui se joue actuellement ce dimanche.

Richez

Pour Clément Richez, on est moins sur une sieste que sur un décollage de fusée. « J’ai fait carré, quatre fois brelans, full… En fait, j’ai fait toutes les combinaisons du poker, sauf la quinte flush. Le carré, je l’ai même fait dès la première main, où j’ai d’ailleurs double-up ».

Corentin Ropert

Corentin Ropert s’est également accommodé du rythme de ce Monster Stack. « Je suis arrivé à 16 heures et j’ai gagné tous les coups. Les tables sont faciles. J’ai des fréquences normales, mais c’est déjà beaucoup pour les Américains, qui me prennent pour un fou et qui me paient tout ».

Berthomet

Boris Berthomet reviendra demain avec l'un des plus gros stacks tricolores, seulement devancé par un certain Gabriel Berrebi, qui a réussi à monter dix tapis de départ sur le Day 1A.

Joueur Stack
Gabriel Berrebi 526 000
Boris Berthomet 383 000
Corentin Ropert 382 500
Alexandre Reard 261 000
Remi Castaignon 256 500
Paul Patouilliart 247 500
Léo Soma 246 500
Michel Leigborin 237 000
Julien Sitbon (W) 221 000
Robin Guillaumot 206 000
Dorian Melchers 205 500
David Teboul 197 500
Safran Bahri 178 500
Rosalie Petit 177 500
Sonny Franco 173 000
Samuel Bifarella 171 000
Romain Lewis (W) 159 000
Pierre Merlin 155 000
Maxime Chillaud 143 000

Ils seront aussi au Day 2 : Arnaud Enselme, Mehdi Chaoui, Julien Stropoli, Jonathan Therme, Maxime Parys, Quentin Guivarch, Charif Akhoun, Joel Doucet, Raphael El Ferkh Luc Blindel, François Russo, Antonin Teisseire, Didier Guerin, Mourad Zerrou, Eric Monti, Victor Goisset, Damien Gayer, Jacky Ernis, Franck Greaux, Philippe Gasy et Fabien Montagne...

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Amadi, premier coup d’éclat des Series

Une performance de haut vol et un nouveau gain colossal pour Adrián Mateos. Distancé par le duo Aido-Blom, notre Team Pro se contente d’une quatrième place, bonne pour 681 554 $. Roulant sur la concurrence depuis le début de l'année, la máquina est lancée sur ces WSOP et plus particulièrement sur cette semaine charnière balisée de tournois High Roller.

Event #39 : NLHE High Roller 50 000 $ (Finale)

Mateos Aido

La máquina a commencé la journée comme il avait terminé la précédente : par un move à tapis, lui permettant d’arracher un premier gros pot et de poser ses intentions. À 13 left de 2 millions de dollars et d’un nouveau bracelet WSOP, Adrián Mateos savait la grosse partie de poker qui l’attendait et comme toujours, il a répondu présent.

Des moves plein de justesse, une gestion de tapis exemplaire et Adrian avançait sereinement vers la table finale, bien installé dans le milieu du peloton. Le Madrilène a consolidé sa position en regardant ses opposants sortir un par un.

Il a notamment pu compter sur son compatriote Sergio Aido. Co-chipleader avec Viktor Blom, l'autre prétendant espagnol a largement participé à l’essorage du field, en s’offrant trois des quatre premières éliminations de la finale. Après les sorties de Leon Sturm, Bruce Buffer, Johannes Straffer et Jonathan Jaffe, Aido et Blom creusent l’écart sur le trio de poursuivants, composé d’Adrian Mateos ainsi que de Chance Kornuth et Jesse Lonis.

50k TF

« Il y a différentes stratégies possibles, analysera après coup Mateos. Il faut bien sûr respecter l’ICM et essayer de faire en sorte que les autres shorts bust avant vous, tout en se gardant des chances de revenir dans le tournoi. C’est un point d’équilibre difficile à trouver, mais avec l’expérience de ces tables finales, je sais comment jouer dans ce genre de situation ».

Adrián gère parfaitement le duel à distance face au deux Américains, et revient même dans la course. Un double-up avec deux Rois contre les deux 5 de Jesse Lonis et l’Américain se fait abattre quelques minutes plus tard sur un petit bad beat contre Viktor Blom (J10 contre AJ).

Lonis

Le Madrilène tentera lui-même d’évincer le shortstack Chance Kornuth mais le champion américain doublera avec QQ contre A8 pour repasser devant. Quelques orbites plus tard, duel fratricide entre Espagnols : Adri envoie ses sept dernières blindes au milieu avec Q8 en SB, payé par K7 chez Aido. Le board 46772 sera le dernier de Mateos, éliminé en quatrième positon pour 681 554 $.

« Je suis heureux de mon jeu et quatrième, c’est bien. C’est le début du festival pour moi et il y a deux gros High Rollers qui arrivent dans la foulée. Je veux vraiment bien faire sur ces tournois et c’est très bien de commencer le festival avec une performance comme celle-ci ».

Cette perf' à six chiffres sera partiellement réinvestie dès les prochains jours, puisque le calendrier des WSOP a concentré les gros High Rollers sur cette semaine de mi-juin, avec le 50 000 $, le 100 000 $, puis le 250 000 $, que Mateos avait remporté il y a deux ans.

« Le 100 000 $ commence mardi, ce qui me laisse donc un jour de pause. Ce que je vais faire ? Récupérer, aller au gymnase, bien dormir, certainement, me faire un bon dîner avec des amis et surtout, reposer un peu mon cerveau ».

La máquina s’apprête à faire le plein de carburant pour continuer son impressionnante série. Notre Team Pro nous a habitué à l’enchainement de performances, aux victoires régulières, mais cette année, il semble plus fort et plus en confiance que jamais. Deux fois runner-up sur les High Rollers de l’EPT Paris, vainqueur puis troisième lors des Triton à Jeju, multirécidiviste sur l’étape du Monténégro, d’où il est reparti avec plus de 5,5 millions de gains ! Et encore, c’est sans compter ses performances online, où il a réalisé coup sur coups les meilleurs sessions de sa carrière il y a quelques semaines. Comment expliquer cette série tonitruante ?

« Il n’y a pas de clef. Juste de l’expérience, du travail, et étudier plus que mes adversaires pour performer sur les plus grosses scènes, affirme Adri. J’ai bien joué aujourd’hui et je vais essayer de faire perdurer ce rush, et surtout ici, aux WSOP où j’ai vraiment envie de faire de bons runs ».

Ce soir, il laisse Sergio Aido, Viktor Blom et Chance Kornuth se battre pour le bracelet et les scores à sept chiffres. Une bataille que l’Espagnol ne loupera pour rien au monde, puisque le copain Sergio, avec qui il travaille le jeu depuis de nombreuses années, tient une chance de décrocher son premier bracelet WSOP

Mateos Rail

« Ça fait plusieurs fois qu’on se retrouve sur des grosses tables finales ensemble. J’ai d’ailleurs souvent terminé devant lui et même gagné le tournoi (comme sur le 50 000 € de l’EPT Monte-Carlo 2017). Cette fois, c’est lui qui était arrivé en table avec un gros chiplead et j’espère qu’il va aller au bout pour ramener un nouveau bracelet à l’Espagne ».

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Tu seras un champion, mon fils

Soutenu par son père, Daniel Hachem est tout proche d'offrir un nouvel bracelet WSOP à sa famille Event #41 : Mixed NLHE/PLO Double Board Bomb Pot 1 500 $

Daniel Hachem Joe Hachem

Au sein de la grande famille des World Series of Poker, il n'existe qu'un seul patriarche, celui dont le portrait trône depuis l'an dernier dans la salle principale du Horseshoe au-dessus du Thunder télévisé : l'immortel Doyle Brunson. Depuis plus de cinquante ans, l'héritage laissé par Texas Dolly dans le monde du poker est aussi immatériel que constitué de chair et de sang. Et si son fils Todd a davantage brillé en cash game, entre les murs de la Bobby's Game, qu'aux tables des WSOP, il est, lui aussi, entré dans l'histoire des World Series en 2005, en remportant ce qui reste à ce jour son seul bracelet, sur un 2 500 $ Omaha Hi-Lo. Deux titres suprêmes du poker pour un même duo père/fils, dont le plus beau, celui du Main Event, un exploit pas banal, pourtant dans le viseur d'un autre binôme amené à entrer dans la légende : Joe et Daniel Hachem.

Daniel Hachem

Engagé sur le Mixed No-Limit Hold'em / Pot-Limit Omaha Double Board Bomb Pot dont nous vous présentions le concept il y a deux jours, le rejeton a fait parler la poudre, s'invitant au Day 3 avec le deuxième plus gros tapis des seize derniers joueurs. Une dizaine d'heures plus tard, il se retrouvait en heads-up contre celui qui le devançait au chipcount à midi, le Chinois Xixiang Luo. Ce, après être passé tout près de la sortie à quatre joueurs restants, en trouvant un improbable full runner-runner pour doubler quand son adversaire avait rentré sa couleur turn. Derrière, l'élimination de William Kopp en troisième place lui permettait de combler son retard (14 millions contre 18), pour aborder le heads-up avec une vraie chance de victoire. Face à ce qui pourrait être son premier bracelet. Face à son destin. Et ça, c'est son père qui en parle le mieux.

Joe Hachem

"Daniel avait 12 ans quand j'ai remporté le Main Event [en 2005, NDLR]. Le lendemain, il jouait ses premières parties de poker, nous avait plus tôt confié Joe, présent dans le rail du fiston depuis le début de cette finale. Dès ses 15 ans, j'ai su qu'il avait un truc en plus. Il a un esprit très analytique et il avait déjà la bonne manière de voir les choses. Par la suite, il a passé des heures sur YouTube à regarder tout le contenu poker qui lui tombait sous la main." À commencer par le parcours de son papa sur le Big One de 2005. "Il a pas mal critiqué certains de mes plays !" Un travail qui se fait dans les deux sens. "Il passe en revue certains de mes mains, et vice-versa. Mais c'est étrange en tant que père, comme en tant que joueur, de se rendre compte que, la plupart du temps, il a raison et moi, j'ai tort !"

Joe Hachem Rail

L'élève aurait-il dépassé le maître ? "Il est meilleur que moi aujourd'hui, ne cache pas papa Joe. J'ai l'expérience de mon côté, mais Daniel est bien plus vif. Ce n'est pas le genre à faire beaucoup de travail technique, mais simplement, il sait ce qu'il fait ! C'est très drôle à observer." Et il pour d'autant mieux en attester qu'il s'est retrouvé plusieurs fois aux premières loges face aux exploits de sa progéniture. "On a joué plusieurs finales ensemble en Australie." La dernière d'entre elles en septembre dernier, sur un High Roller à 5 000 $ australiens. Joe avait fini huitième, Daniel runner-up. CQFD.

C'est quatre ans plus tôt que celui qui n'était alors que "le fils de" s'était révélé aux yeux de la planète poker. Se faufilant jusqu'au Day 6 du Main Event des WSOP, Daniel avait attiré toutes les caméras à lui, pendant que papa s'illustrait en payant sa pizza à toute la table. La belle histoire s'était finalement arrêtée en 79ᵉ place, juste ce qu'il fallait pour nous faire rêver à ce qui aurait été un improbable et inédit doublé. Ce qui est sûr, c'est que les Hachem sont comme chez eux à Las Vegas. "C'est notre deuxième maison ici, abonde Joe. On vient ici depuis maintenant 19 ans. D'ailleurs, cette année, on a ramené toute la famille : on sera quatorze !"

Daniel Hachem Joe Hachem

Une armada australienne qui saura faire honneur comme il se doit à son nouveau champion. Car bracelet ou pas, ce 17 juin 2024 restera comme l'acte fondateur d'une nouvelle dynastie, mais aussi d'un joueur en passe de se construire un prénom. Une preuve supplémentaire que le poker peut être cette saine passion qui réunit et qui transcende, du désert du Nevada à l'est australien. Un cadeau universel qui traverse les frontières comme les générations.

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Lewis en chef d’escadron

Une escouade de grinders talentueux et bien armés en jetons s'avance sur le Day 3 du Monster Stack. Event #38 : NLHE Monster Stack 1 500 $ (Fin du Day 2)

Romain Lewis Hugues Girard

Le Monstre s'est bien aminci. Sur les 8 704 joueurs présents au départ, ils ne sont plus que 416 à pouvoir prétendre à la victoire à 1 million de dollars (1 098 220 $ si l'on veut être précis). Plusieurs joueurs tricolores figurent parmi les survivants, dont beaucoup de joueurs connus et reconnus, qu'on se délecte de pouvoir observer dans le late game d'un tournoi comme celui-ci.

Le Monster Stack est un tournoi massif. Par sa structure comme son envergure. Amateur ou professionnel, low-stakes ou high stakes, tout le monde ou presque avait inséré ce tournoi à son programme, pour le confort de jeu ainsi que pour le field, bien “à l’Américaine”.

De nombreux grinders nous racontaient hier la lenteur de ce marathon. Au moment d'aborder le troisième tour de piste, le peloton français est encore bien garni. Avec le brassard de capitaine, Romain Lewis poursuit son début de Vegas rêvé, avec un quatrième ITM en autant de tournois et un stack colossal après une journée faite de confiance et de domination.

Milliard Kabrhel

À la table de Romain pendant de longues heures, le runner-up WiPT Hugues Girard monte lui aussi un stack conséquent et confirme sa très bonne forme depuis son exploit parisien en mars. Enfin, le revenant Julian Milliard Ferral (photo ci-dessus), qu'on avait déjà vu faire quelques coups d'éclat sur les WSOP précédents, monte également l'un des plus gros stacks français. Julian a notamment fait la découverte de Martin Kabrhel. Alors, qu'est-ce qu'on pense du génie tchèque ?

« Jamais vu un ***** [censuré] ******* pareil ! Et le pire, c’est que je l’ai fait doubler, donc j’ai relancé la machine », lâchera Julian, qui a tout de même bien siphonné sa table par ailleurs et reviendra demain avec 90 blindes.

M’Bappe, magie et WPO Dublin

Au milieu de cette Dream Team s’invitait un certain Jérome Launay. Une vieille connaissance qu’on avait l’habitude de voir sur nos WPO Dublin, qu’il se plaisait à deep run chaque année : 9ᵉ en 2015, 4ᵉ en 2016 et 8ᵉ du High Roller trois ans plus tard.

Launay

Professionnel de cash-game basé à Manchester, Jérome connait les routines, les aléas de cette vie de grinder qui semble lui réussir. Cette année, il a décidé de la pimenter avec un come-back dans la capitale du jeu, sept ans après sa dernière venue. Et pas pour aller grinder les tables de cash-game.

« Très peu pour moi, j’en fais déjà toute l’année. Là, je suis venu me faire plaisir, sortir à Vegas, faire quelques tournois avec des potes, et pourquoi pas gagner un peu d’argent. Mais ça, c’est accessoire », explique le Nantais, qui a fièrement revêtu son maillot de l’équipe de France pour le premier match des Bleus sur l'Euro, contre l’Autriche.

Launay a donc déjà bien profité des à côtés de Vegas, et notamment des quelques spectacles du Strip. « Je suis venu avec un pote du KING5 et plusieurs amis fans de magie. Mon pote Baptiste est même professionnel, il m’a emmené voir déjà quatre spectacles de magie depuis le début du séjour. Et c’était vraiment bien, particulièrement Penn & Teller [célèbre duo d’illusionnistes ayant leurs quartiers au Rio]. On est aussi allé voir d’autres spectacles, les soirées, l’alcool, bref… Tu vois ce que je veux dire !»

La fine fleur de la grind française

Contrairement à certains compatriotes précédemment cités, Jérome n’a pas monté d’énormes tours dans ce “Monster Stack”. « J’ai eu un pic à 600 000 mais là, je suis revenu à 15 blindes. À mon avis, je vais bientôt sauter. Je préfère me préparer au pire ». Une tentative de contre-jynx bien maline, mais le move ne passera pas : Jérome Launay est éliminé du Monster Stack en toute fin de Day 2 et quitte la course au million de dollars. En revanche, nous avons encore...

Fryda

... un double champion du monde (Alex Réard), un sextuple détenteur de bagues WSOP-C (Sonny Franco), un vainqueur EPT (Rémi Castaignon), un finaliste WPO Bratislava (Victor Fryda - photo), un runner-up WiPT Paris (Hugues Girard), un vainqueur 4 Milion Event de Winamax Series (Samy Dubonnet), et aussi Corentin Ropert, Samuel Anclevic, "Dabou", "Leigbo"... Citons enfin Arnaud Enselme, en queue de peloton. Voici d'ailleurs la liste des 23, ainsi que le tapis qu'ils installeront devant eux en début de Day 3, sur des blindes à 10 000/25 000.

Clément Meunier 2 470 000 Julian Milliard-Feral 2 385 000 Romain Lewis 2 270 000 Hugues Girard 2 230 000 Sonny Franco 2 180 000 Alexandre Réard 2 100 000 Paul Patouillart 1 865 000 Rémi Castaignon 1 835 000 Victor Fryda 1 485 000 Damiens Luis 1 290 000

Charif Akhoun 1 290 000 Mourad Zerrou 1 130 000 Samy Dubonnet 1 125 000 Maxime Parys 1 100 000 Samuel Bifarella 710 000 Jean Lhuillier 650 000

Lhuillier

Vous souvenez-vous de ce finaliste WSOP ? Jean Lhuillier est chaud pour remettre ça cette année.

Corentin Ropert 610 000 Robin Guillaumot 570 000 Victor Goisset 530 000 Michel Leigborin 375 000 Laurent Mas 250 000 Julien Loire 210 000 Arnaud Enselme 160 000

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Cebalèze

Le dernier Français sur l'un des tournois les plus prestigieux de l'été est un trader touche-à-tout de Winamax Event #45 : H.O.R.S.E. Championship 10 000 $ (Day 2)

Nicolas Barthe

14 heures passées de quelques minutes ce mardi à Las Vegas, le bureau des enregistrements tardifs du H.O.R.S.E. Championship vient de fermer ses portes. Alors que 39 joueurs sont venus faire gonfler l'affluence aujourd'hui, pour permettre à ce tournoi d'attendre un total de 181 entrants, équivalent à celui de l'an passé (185), sur les quelque 90 encore en piste, un dernier Français caresse l'espoir de décrocher ce qui est toujours l'un des bracelets les plus disputés des World Series. Mais oubliez Julien Martini, Julien Sitbon – secrètement amoureux des variantes – David Benyamine ou encore Bruno Fitoussi : arrivés en maxi late reg, les deux premiers n'ont pas tenu plus de deux heures, quand les deux autres n'ont pas réussi à remonter leurs petits tapis empaquetés hier soir.

À la place, les chances tricolores se reposent sur un joueur aussi occasionnel qu'expérimenté, dont les premières parties en live remontent à l'époque faste des cercles parisiens de la deuxième moitié des années 2000 : Nicolas Barthe. Histoire d'aguicher encore un peu plus notre côté partisan, Nicolas est un collègue, qui vient de fêter il y a peu ses dix ans chez Winamax, puisqu'il faisait partie de la première cohorte de traders en paris sportifs arrivés pour l'ouverture du marché français au printemps 2014.

Nicolas Barthe Royal Omaha WPO Dublin

Souvenir d'une victoire dantesque sur le Royal Omaha du WPO Dublin 2017, qui avait retourné la ballroom du Citywest Hotel.

Passionné de sports comme de cartes depuis toujours ou presque, celui que toute la boîte surnomme "Cébabook" (ou tout simplement "Céba") s'offre sa troisième escapade à Vegas d'affilée, avec, à chaque fois, un programme composé d'un côté de tournois de Hold'em mid stakes (entre 300 et 1 500 $) et, de l'autre, une large gamme de variantes, avec une préférence toute particulière pour les épreuves de Mixed Games. Après trois places payées en 2022, dont un joli deep run sur le Millionaire Maker (128ᵉ sur près de 8 000) et trois l'an passé, Céba en est déjà à trois depuis son arrivée en début de mois.

Au lendemain de sa 59ᵉ place sur le Razz à 1 500 $, et en attendant son Main Event, le Nine Game Mix à 3 000 $, qui démarrera ce jeudi, il s'est fait un petit plaisir à 10 000 $ : celui d'affronter les meilleurs joueurs de variantes du monde sur le H.O.R.S.E. Championship. "Je me suis décidé au dernier moment, nous avoue-t-il. J'ai vendu pas mal de parts." C'est d'ailleurs lors du dinner break de lundi en compagnie d'autres collègues détenant quelques pourcents que nous avons eu vent de sa participation à cette petite sauterie. Et les nouvelles n'étaient pas franchement rassurantes. "Aïe, il est tombé à 2 500...", a-t-on entendu juste avant de régler notre ardoise au Fogo de Chão – un steakhouse brésilien situé à deux pas du Horseshoe que l'on vous recommande si vous n'avez pas peur des additions à trois chiffres.

Quelle ne fut alors pas notre surprise de le retrouver dans le Top 30 en fin de Day 1, avec un joli stack de 134 000. "Juste après ça, j'ai gagné un coup pour passer à 10 000, détaille l'intéressé. Ensuite, j'ai changé de table et je suis remonté vers le tapis de départ, 60 000. Avec les antes, ça va vite." Au moment de notre passage à sa table, nous le voyons empocher un joli pot de Stud Hi-Lo avec une couleur pour atteindre son plus haut point du tournoi, 220 000, soit près de deux fois la moyenne.

Phil Ivey

Phil après avoir croisé la route de Céba.

Autre point non négligeable : nous n'avons reconnu absolument personne à sa table. Certes, les joueurs de variantes ne sont pas les plus médiatisés de la planète poker, mais sur un tournoi où sévissent encore des pointures comme John Hennigan, Chris Vitch, Brandon Shack-Harris, Yuri Dzivielevski, Nacho Barbero ou Phil Ivey, il y a de quoi s'avérer satisfait. Mais même si cela avait été le cas, on ne se fait pas de souci pour Céba. "J'ai joué deux coups contre Ivey hier soir. Ça fait 2-0 pour moi," nous glisse-t-il avec un petit sourire en coin bien compréhensible.

Il va falloir en gagner bien d'autres pour accrocher l'une des 28 places payées, sans même parler du bracelet et des 400 000 $ à la gagne, qui ne seront décernés que dans deux jours. Ce ne serait d'ailleurs pas le premier H.O.R.S.E. Championship que Céba épinglerait à son palmarès. En 2010, il remportait celui des Euro Finals of Poker à feu l'Aviation Club de France. Certes, à l'époque, le buy-in était cinquante fois moindre. Mais il en faut bien plus pour impressionner ce monstre de flegme. On sait de quoi on parle.

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