redirection

WSOP 2024-Main Event - 3

C’est comme dans Koh-Lanta

Le coup d'envoi du Day 3 est synonyme de réunification pour les 3 617 joueurs encore en course, dont plus de 120 Français La bulle concernera 1 518 joueurs... mais ne comptez pas sur son éclatement dès ce soir ! Level 11 : Blindes 1 000 / 2 500 BB ante 2 500 Main Event 10 000 $ (Coup d'envoi - Day 3)

Main Event Day 3
Pendant six jours, ils se sont affrontés chacun de leur côté, sans faire attention à l'autre. À peine les apercevaient-ils s'ils prenaient le temps de lire un coverage ou de regarder un stream. Eux, ce sont les survivants des deux Day 2 : pour la première fois, comme les Rouges et les Jaunes dans Koh-Lanta, les voilà réunis, prêts à s'affronter. À partir d'aujourd'hui, ils vont enfin se mélanger, et avancer au même rythme dans un fou marathon vers le titre de Champion du Monde, et les douze millions de dollars qui vont avec.

Réunis, ils le sont, les 3 617 joueurs ayant franchi le Day 1 puis le Day 2 du Main Event, laissant derrière eux plus de 6 000 éliminés. Mais attention : ils ne sont pas encore rassemblés sous le même toit. Il y a encore beaucoup trop de monde. À l’heure du coup d’envoi, toutes les salles habituelles des WSOP étaient donc réquisitionnées : la gigantesque ballroom du Paris, celle (presque aussi impressionnante) du Horseshoe, et le plus intime « Event Center » du Horseshoe, là où tout se finira dans neuf jours, sur le plateau télé PokerGO/CBS.

3 617 joueurs encore en course, oui. Mais pour combien de Français ? En passant le classement officiel au peigne fin (70 pages !), en traquant sans relâche les compatriotes identifiés comme Anglais, Espagnol, Australien, Américain (on s’y est mis à deux), nous en avons dénombré un grand total de 121. On a consulté les archives : c’est un score tout à fait stable par rapport à l’édition 2023 (123 survivants).

121 tricolores, cela veut dire une chose pour nous autres couvreurs : encore une fois, on ne pourra pas parler de tout le monde. Mais on fera de notre mieux, de midi à minuit, à la fois pour vous présenter des nouvelles têtes et poursuivre les récits déjà entamés.

Ce soir, quand la fumée du combat se dissipera, il ne devrait plus rester que 1 600 joueurs environ. Tous seront sur le pied de guerre pour entrer dans les places payées le lendemain. Elles seront au nombre de 1 517. - Benjo

Top Reg Online cherche XP en Live

Emilien Pitavy

Il était passé au travers de nos radars sur les premiers jours. Après tout, ses montagnes de jetons ne culminaient qu’à 589 000, seulement la 6e place du chipcount du jour. Et puis, Emilien Pitavy ne doit être que l’un cinq plus gros gagnants français de la dernière année, ne terminant par exemple que 3e du plus gros tournoi Winamax, le 5 Million Event. Des performances correctes malgré tout, qui méritent qu’on en sache un peu plus sur ce garçon.

« J’ai découvert le poker en 2018. Je faisais mes études, en école de commerce, puis je me suis mis à fond dans le poker en 2021. J’ai augmenté de limites progressivement, puis j’ai eu un gros coup d’accélérateur il y a un an », raconte le grinder désormais basé à Malte.

Pour prendre de la vitesse, Emilien s’est lié avec quelques-uns des meilleurs coureurs de l’histoire de ce jeu, en intégrant un groupe de travail dirigé par un certain Fedor Holz. « C’est le projet S00n, un CFP (coaching for profit) avec des Top Reg Allemands sous la houlette de Fedor. Lui s’occupe davantage du “mentoring”, mais on profite du coaching technique de certains top regs allemands. J’ai découvert plein de trucs et les résultats se sont tout de suite fait ressentir ».

Impossible de lister tous les accomplissements de ce serial-perfeur, mais disons que le grinder a fait pleuvoir les perfs à cinq, parfois six chiffres, pour atteindre les plus hautes limites du poker en ligne. Le premier jeu est terminé, désormais, place à la transition vers le Live.

Emilien Pitavy

« Le Live n’était pas quelque chose qui m’attirait beaucoup au début. J’aime vraiment mon quotidien de grinder online. Mais si j’ai envie de jouer plus cher, ça passe par le Live » observe Emilien, lancé dans son tout premier Vegas.

« C’est même la première fois que je viens Amérique ! Ça s’est plutôt bien passé pour l’instant, j’ai gagné le 10k Daily du Wynn pour 270k. Plus que l’aspect financier, c’était intéressant pour moi de voir comment je me comportais en deep run, même si ce n’était qu’un petit tournoi. »

  • Oui, enfin, un petit tournoi à 270k quand même, me permets-je de couper.
  • C’était un tournoi de 110 joueurs, et j’étais stacké, comme sur tout mon Vegas.

    Disposant d’une faible expérience en Live, Emilien a trouvé un moyen d’apprentissage ludique : la découverte par la perf’. Après cette première victoire en Live au Wynn, le voilà au Day 3 du plus gros tournoi du monde, avec l’un des plus gros tapis de la salle. « RAS sur le Day 1, puis au Day 2, je suis rapidement descendu à 30 000. J’ai regrind un peu puis j’ai décollé sur un tapis 3-way avec flush floppée contre brelan et brelan. Ça a tenu. Puis en fin de journée, j’ai eu une accélération, avec notamment un gros hero-call ».

    En l’occurence, un call AK sur 362103, tandis que son adversaire envoyait deux pralines turn et river dans un pot 4-bet. Le néophyte du Live aurait-il déjà le sens du read ?

    « Je ne connais pas grand-chose aux tells, et ce n’est pas quelque chose que je compte travailler pour l’instant. Mon point fort, c’est la technique, je sais que j’ai un edge sur le field. Sur ce call comme sur les autres coups, je me base là-dessus, pas sur des tells ou des interprétations ».

    Merci pour ces présentations Emilien et désormais, nous surveillerons de près sur ce nouveau venu dans le clan des Top Regs français.

    Jamais deux sans trois ?

    Adrien Guyon

    « Il y a tellement de joueurs qui jouent 10 heures sur le Day 1 pour finir avec des stacks à 20k », c’est ainsi que commence Adrien Guyon pour m’expliquer son arrivée tardive au Day 2D du Main Event. "C’est surtout une histoire de fraîcheur, poursuit-il. Tu économises un jour de grind et ça peut compter pour la suite si tu deep run. J’avais déjà fait ça l’année dernière et ça m’avait bien réussi."

    Son Day 2 s’est passé à merveille puisqu’il est parvenu à emballer 424 500 jetons. « J’ai commencé par prendre plein de petits pots pour grimper à 100k. Pus, j’ai fait une flush contre un mec qui a essayé de me bluffer pour monter à 200k. » Un grand sourire sur le visage, il me raconte alors comment il a passé un énorme bluff très guyonesque pour poursuivre son ascension : « Je relance à 4 000 UTG avec une paire de 2 et me fais 3-bet à 20 000 par mon voisin en BB qui a 160k de stack. Je décide de call. Il fait 13 000 sur Dame-9-4. Turn, doublette de la Dame, check-check. Roi river, il envoie 29k et je shove pour 150k effectifs. Je sais qu’il peut potentiellement bet/fold ici et qu’il pense que personne ne bluffe dans ce genre de spots. Il tank deux minutes et finit par fold. Je lui propose de regarder une carte et il retourne un 2, toute la table pousse des Ooooh ! » Monté ainsi à 270 000, il continuera son travail de sape sur le reste de la journée, très actif comme à son habitude, profitant d’une table calme où il a pu beaucoup voler les blindes dans les derniers levels de la journée et caser encore un ou deux bluffs de son crû.

    Après deux Day 4 en 2022 et 2023, Adrien vise un troisième ITM de suite sur le plus beau tournoi du monde. « C’est rare, non ? », se renseigne-t-il, curieux de la stat. Sans m’avancer outre-mesure, il est possible que cela ne soit pas arrivé si souvent pour des Français. "C’est un tournoi bizarre que j’aime beaucoup. Tu peux jouer vraiment différemment pendant le tournoi, faire des gros changements de rythme. Parfois, je me dis que je ne vais pas jouer pendant 45 minutes, c’est vraiment un tournoi sur la durée. Jusqu’au Day 3/Day 4, t’as encore beaucoup de joueurs exploitables et du coup, je suis très à l’aise avec ces profils-là. Si en plus, tu as la chance de monter un gros stack à l’approche de l’ITM, tu peux vraiment faire la différence. Si j’ai 500k à la bulle, je peux vraiment en profiter et monter 800k quand la bulle éclate."

    À la table de Barry Greenstein et Léo Fernandez, Adrien se montre très actif sur ce début de Day 3. C’est simple, pendant son récit que j’ai relaté ci-dessus, il a été impliqué dans trois mains, autant d’interruptions pour recueillir ses impressions sur son début de Main Event.

    Sit&Bust

    Davidi Kitai
    Autant vous prévenir tout de suite : cette journée sera quoi qu’il arrive celle des mauvaises nouvelles. Avec un field qui va réduire de plus de moitié en dix heures, difficile de faire autrement. La première nous vient de Davidi Kitai. L’objectif numéro 1 de la saison du Belge s’est envolé sur une confrontation somme toute classique lorsque l’on reprend avec une vingtaine de blindes : paire de 10 contre les Valets de Kitty Kuo. Sans avoir demandé son avis à Dav’, on a très envie de supposer qu’il jettera toutes ses forces dans une autre bataille qu’il apprécie : celle du 6-max à 10K, qui débutera dans trois jours. - Benjo

    Anecdotes, statistiques et citations à la con

    « C’est pas le Colossus, ici, c’est le Main Event » Signé : un joueur qui me prend à parti après avoir vu un joueur 5-bet shove K-4 suité et faire couleur contre deux Rois.

    La structure du Day 3

    Main Event Day 3
    Cinq niveaux de deux heures, des blindes qui augmentent le plus lentement possible, de pauses entre chaque niveau : à ce stade, vous connaissez la chanson.

    Level Blindes BB Ante

    11

    1 000/ 2 500 2 500

    12

    1 500 / 3 000 3 000
    13 2 000 / 4 000 4 000
    14 3 000 / 5 000 5 000
    15 3 000 / 6 000 6 000

    Main Event : la structure en PDF

    Main Event 2024 : le calendrier

    Main Event Day 3
    Purée, on n'en est même pas à la moité.

    Mercredi 3 juillet Day 1A
    Jeudi 4 juillet Day 1B
    Vendredi 5 juillet Day 1C
    Samedi 6 juillet Day 1D
    Dimanche 7 juillet Day 2A / 2B / 2C
    Lundi 8 juillet Day 2D
    Mardi 9 juillet Day 3
    Mercredi 10 juillet Day 4 (jour de bulle)
    Jeudi 11 juillet Day 5
    Vendredi 12 juillet Day 6
    Samedi 13 juillet Day 7
    Dimanche 14 juillet Day 8
    Lundi 15 juillet Pause
    Mardi 16 juillet Finale (jusqu'à 4 joueurs)
    Mercredi 17 juillet Finale (jusqu'au vainqueur)

    WSOP 2024 : tous nos articles

Level 11, encore un peu de monde

Level 11 : Blindes 1 000 / 2 500 BB ante 2 500 Main Event 10 000 $ (Day 3)

Deuxième tournée pour Lionel

Lionel Lesur

Quoi de plus agréable que l’enthousiasme d’un amateur en plein kiff sur le Main Event WSOP ? Chaque année, on aime suivre ces passionnés qui découvrent la tension, les swings effarants et la joie de deep run ce tournoi si fort en émotions. Lionel Lesur, lui, en est déjà à son deuxième Main, mais se régale comme au premier jour.

"Qu’est-ce que c’est super d’être là. Ça donne envie de le faire tous les ans, sourit celui qui se définit comme un “amateur total”. Je l’ai déjà fait l’année dernière, et j’avais fait Day 4 ! Je ne pensais pas revenir si vite, mais j’ai eu l’occasion de revenir avec Thierry (Groualle). C’est un pote de longue date, vous avez fait un article sympa sur lui d’ailleurs".

Thierry a malheureusement quitté ce tournoi hier, mais Lionel, lui, est parti pour un nouveau tour de montagnes russes. "J’ai souffert au Day 1, et sur le Day 2, je suis tombé à 30 000. J’ai joué toute la journée avec Leo Margets d’ailleurs et c’est dans un coup avec Leo que je remonte. Je trouve deux As pour la première fois du tournoi. Un joueur limp, Margets iso 6 500, je fais 15 000 en BB, payé-payé. Je c-bet, payé-payé (le flop n’est d’aucune importance). Turn, je fais tapis, payé et fold de Margets. En face, il y a deux Rois et je triple-up quasiment sur ce coup !".

Lesur montera même près des 220 000 jetons, avant une légère rechute dans un duel As-Roi contre As-9 qui fera deux paires. "L’année dernière, j’avais déjà monté 600 000 au Day 3 avant de tout re-dégueuler. Mais je reste concentré. De toute façon, je ne sais que jouer dans les gros tournois comme ça. Normalement, les parties que je joue, c’est avec mes potes et je n'ai qu’une envie, c’est de leur mettre des horreurs. Là, c’est la compète ! Tu gagnes, tu perds, peu importe, il faut donner le meilleur de soi-même" conclut très joliment ce grand fan de tennis. - Fausto

Le traffic de Lima

Rouler dans la capitale péruvienne à l’heure du déjeuner n’est pas recommandé. Les rues grouillent de monde, les "collectivos" fusent sur les bords de trottoirs et Lima est pris dans des flux incessants, qui partent dans tous les sens, jusqu’à en perdre la tête. Même constat pour "Lima.Europa" sur le Main Event.

Marc Nougaret

Dans la vie, Marc Bougaret est plus proche de la Garonne que de l’Amazone. Mais son pseudo comme son parcours sur ce Day 3 ont tout à voir avec l’énergie liménienne. "Il s’est passé beaucoup de choses. Pendant les dix premières minutes, j’ai eu plein de mains, j’ai joué plusieurs pots 3-bet et j’ai perdu tous les coups. Derrière, je 3-bet 1010 en SB face à un open BU et il me 4-bet pour plus de la moitié de mon stack. Je fold, et après coup, je lui dirai ma main et il me dit que je ne serais plus dans le tournoi si j’avais payé" raconte Marc, qui retombe alors près des 100 000 jetons.

Lima change alors de direction, monte dans un autre collectivo puis fuse à travers les ruelles du field. Malgré la densité urbaine, la conduite est fulgurante et le grinder remonte toute la ville. "Je fais deux As contre deux Rois, Roi-Valet contre deux Dix contre un short, puis derrière, je 3-bet Q8 dans un duel CO contre HJ. Le flop vient 5610, je c-bet mi-pot, il paie. Turn 6, check-check et river A, il bet small, je jam, il fold". Un nouveau bon pot de pris. From 180 000 to 100 000 to 320 000 en une heure de jeu. "Là, c’est bon, j’ai plus envie d’avoir de mains" confesse le grinder, plutôt chaud pour se poser dans les tours en observant le traffic. - Fausto

Last time

Théo Sastre

"T'as late reg au Day 3 ?" Et oui, les couvreurs sont parfois taquins, mais c'est aussi parce que c'est un ami que je me permets de plaisanter sur le stack de 60k devant lequel est assis Théo Sastre, qui vit son Vegas dans la coloc du run good avec Elie Nakache en voisin de chambre. "On va serrer les fesses". Pas du genre à s'alarmer avec une marge de manœuvre réduite sur ce Day 3, le chef d'entreprise me confie que ce sera peut-être son dernier Vegas.

Après avoir beaucoup voyagé pour le travail, entre Londres, le Portugal, le Japon et les Etats-Unis pour la boîte NFT Evening qu'il a créée il y a trois ans puis revendue, Théo a envie de se poser et est moins passionné par le jeu que dans ses jeunes années poker. Et pourtant, ce début de deep run sur le Main Event est peut-être en train de le faire changer d'avis. "Je ne sais pas si on peut appeler ça un deep run, mais Day 3, ça va peut-être me donner envie de revenir, c'est peut-être ça le twist du Main Event ?"

Jeune patron d'un site de médias appelé Ciri Media en hommage au personnage de The Witcher et créateur du podcast Déclic sur les changements de vie, Théo connaît un début de Vegas avec plusieurs beaux deep runs mais pas encore la belle perf' attendue. L'an dernier, il avait terminé notamment 4e d'un gros 800$ au Venitian pour près de 23 000 $.

"Ça ne changerait pas ma vie si je faisais ITM dans le Main", me lance Théo, en référence à la phrase de Alex Luneau qui disait qu'une victoire dans le Main Event ne changerait pas sa vie, avant de préciser : "J'ai déjà tout, la santé, la famille, les amis, mais ce serait quand même un bel achievement." - Tapis_volant

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Jérémy Surinach

Pro Dream PMU, Jérémy Surinach avait presque la moyenne quand un joueur lui a mis 50 blindes avec une paire de 9. Avec une paire de Dames en main, il était en bonne position pour grimper au-delà des 100 blindes... mais son adversaire a trouvé une quinte sur le board pour l'éliminer prématurément sur ce Day 3.

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 12, l’heure du faire du flouze

Le plus vieux des jeunes loups

Alexis Mtalssi

On continue notre ballade dans “l’Elite Poker Team”. La jeune équipe de cash-gamer poursuit son parcours étonnant dans ce Main Event avec cinq membres sur huit qualifiés au Day 3 de leur premier Main Event. Après Simon le patron, Maxence le baroudeur ou encore la pépite Ludovic Uzan, prêtée par la Team ATM, nous découvrons aujourd’hui Alexis Mtalssi, le “darron” du groupe, et dernier arrivé dans l’équipe.

"Je suis arrivé via mon petit frère, qui était dans le groupe avant moi. J’étais passionné de poker, mais de manière récréative. D’autant que j’habite au Mans, donc il n’y a pas trop de casino. J’ai quand même demandé à être mis en contact avec Simon. On m’a envoyé quelques tests et j’ai rejoint la Team" résume Alexis, qui semble avoir changé de vie en quelques mois.

Durant des années, l'homme de 33 ans a enchainé toute sorte de boulot. Cuisiniste, Ski-man à Val d’Izère, saisonnier sur l’île Dieu… Le joueur est aussi nomade qu’avant mais cette fois, sur des destinations plus lointaines, de tables de cash-game en tables de cash-games. "Quand j’ai vu que c’était possible de vivre du poker, je m’y suis mis à fond. L’équipe m’a envoyé jouer au Cambodge, à Austin, en commençant sur des petites limites, comme la 1/3$ ou la 2/5$".

Alexis Mtalssi

Pro depuis à peine dix mois, le joueur apparaît comme le profil le plus “récréatif” dans une équipe déjà bien affuté techniquement. « Et pourtant, je suis le plus vieux » sourit Alexis, qui peut ainsi apporter une autre type d’expérience au groupe. Comme ses comparses, il ne jure que par le cash-game, mais reste sensible au mythe du Main Event. "C’est comme ça que j’ai commencé le poker, en regardant ce tournoi quand j’étais plus jeune. C’est dingue ! On vit un rêve" déclare Alexis, qui a eu le plaisir de monter une tonne de jetons. "Je suis arrivé “full“ pression, le ventre qui gargouille, tu vois ce que je veux dire… J’avais eu une fin de Day 1 compliqué où j’étais tombé à 33 000. Mais depuis, je n’ai fait que monter en gangnant plein de petits pots. Je n’ai pas un gros coups à tapis ou même une grosse main à te raconter", s’excuse presque le garçon qui semble avoir trouvé son rythme de croisière. "J’essaie de ne pas me mettre la pression et juste prendre les coups les uns après les autres". Pour l’instant, on ramasse les pots les uns après les autres : 415 000 pour Alexis Mtalssi. - Fausto

Gonon dit oui

Vainqueur de la Team Pro Expérience, Renaud Gonon continue de vivre un rêve éveillé au Day du Main Event, avec désormais 270 000 jetons devant lui à l'entame du deuxième level.

Gonon

Renseigné par les membres du Team Pro Winamax sur ses adversaires sur le canal WhatsApp très privé où il a été intégré, Renaud n'a pas eu besoin de beaucoup d'infos pour doubler face à Damarjai Davenport.

Après un open UTG, payé par UTG+2, MP et le vilan en question au BU, Renaud se contente de payer avec As-7 dépareillé de SB. Tout le monde check sur le flop 972. Sur la turn 7, Renaud envoie 7 000 et se fait relancer à 21 000 par Damarjai. Il décide de payer. La turn 2 est magique puisqu'elle lui apporte un full. Il check puis voit son adversaire lui réclamer son tapis de 115 000. Proposition acceptée, et ça gagne face à Q6.

"C'est vraiment exceptionnel d'avoir des conseils des pros tous les jours", m'avoue Renaud. C'est vraiment le rêve de tout joueur amateur de deep run un tournoi comme ça, je suis en plein kiff et l'expérience est fabuleuse. L'objectif, c'est d'être encore sur la photo ce soir, ça voudrait dire que j'ai accédé au Day 4."

Déplacé du Paris où il évoluait en début de journée, Renaud a trouvé Clément Genon sur sa nouvelle table, avec un stack similaire autour des 250 000. - Tapis_volant

Le bulldozer accélère

Son tapis était déjà monté comme un camion. Il vient d’ajouter une nouvelle remorque. Valentin Oberhauser continue de rouler sur les tables, au point de s’empare de la 2e place provisoire du chipcount.

Oberhauser

Déjà énorme au moment de démarrer la journée, Valentin a perdu un premier spot avec deux Rois, puis en a pris deux gros avec… Rien du tout. En voici un par exemple : "Open LJ 7 000, je 3-bet 21 000 AJ au bouton, il clique à 50 000, je call. Le flop vient Q108, il c-bet, je call. Turn 4, il check, je bet petit, il call. River Q, il check, je fais tapis PSB, il fold". Bulldozer on vous dit.

Derrière, je verrais Valentin envoyer 3-barrel tout petit à 4 000 jetons, 5 000 jetons puis 12 000 sur un board A2526 (sur les blindes 3 000). Payé trois fois par la BB et Oberhauser montre un grand A2 pour ramasser le tout. 825 000. Seul un certain Anthony Marsico fait mieux dans les trois salles où se jouent encore ce tournoi. - Fausto

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Elodie Noel

La magie de Noël n'opère plus. Elodie ponctue son premier Main Event sur la plus inévitable des rencontres : Deux Rois, qui ne trouveront pas de brelan pour vaincre les deux As adverse.

"Deschamps dehors !" - Un confrère couvreur, légèrement titlé et result-oriented après le match France-Espagne.

Level 12, pendant que certains grindent pépouze

Level 12: Blindes 1 500 / 3 000 BB ante 3 000 Main Event 10 000 $ (Day 3)

Ravise pas ravi

Greg Ravise

311 000 pour Grégory Ravise au départ d'un Day 3, autant vous dire qu'on ne pensait pas écrire un post sur son élimination au bout d'à peine trois heures de jeu, vu la solidité du bonhomme. Et pourtant, je le vois se lever devant moi, sonné, après avoir donné ses derniers jetons au joueur contre qui il estime avoir fait "une faute professionnelle".

Après avoir bien degrind, il reste encore 220 000 jetons à Greg quand il reçoit une paire de Dames UTG. Il ouvre à 7 000, se fait payer le bouton, avant que le joueur le plus actif de la table place un squeeze à 25 000. Greg répond à cette agression par un 4-bet à 78 000. Le bouton fuit, mais pas le joueur en SB qui shove pour 156 000. Greg paye très vite et découvre les Rois en face.

Tombé très short, il enverra son tapis de 10 blindes avec une paire de 8 après une relance payée deux fois. L'un des payeurs décide d'y aller avec Dame-9 et trouve son bonheur sur le board pour éliminer Greg.

"Je suis dégoûté, je ne dois jamais payé 50 blindes avec deux Dames, estime-t-il. Déjà, je pense que je peux faire moins cher, mais surtout je pense qu'il va même pas faire tapis avec As-Roi. C'est vraiment une erreur de débutant, comme un mec qui joue au poker depuis deux ans et qui est tombé amoureux de ses Dames. Il m'a donné toutes les opportunités de m'échapper de ce coup et je n'ai pas su les saisir."

Restant près de la table de longues minutes à ruminer sa sortie, Greg s'en veut surtout de la rapidité avec laquelle il a joué le coup. "En tout, ça a duré à peine 1'30, j'ai pas vraiment réfléchi, je m'en veux de ouf."

Il en vient même à remettre en question le fait de se qualifier pour le tournoi. "Je ne sais pas si c'est pas contre-productif de ne pas payer 10 000 $, tu as moins peur de bust parce que ça ne t'a rien coûté."

Éliminé l'an dernier proche de la bulle, Grégory Ravise ne vaincra pas encore le signe indien sur le plus beau tournoi du monde et va devoir se rabattre sur des plus petits tournois dans les autres casinos de la ville. "C'est dommage, parce que mon Vegas se passait hyper bien jusque-là, avec un ITM sur un 1 600$, le ticket pour le Main et un deep run sur le 400$ du Orleans. Ça me donne encore envie de rejouer, j'ai encore faim." - Tapis_volant

Elhajj, premier pélerinage

Alain Elhajj

Beaucoup de Français encore en course n’étaient jamais encore apparus dans nos coverages. Nous défrichons peu à peu ce large field bleu, qu’on aime voir se renouveler ainsi et se présenter si nombreux sur un Day 3 d’un Main Event.

Alain Elhajj fait partie de ces nouveaux visages, qui auraient cependant pu paraître dans les coverages du Merit, à Chypre.

"Je suis Franco-Libanais, et quand on est Libanais, on a la chambre gratuite au Merit, explique le grinder, qui a fait de Chypre son terrain d’entrainement en live. J’y ai joué mon premier Main EPT en octobre dernier (101e pour 12 300 $). Et cette année, je me sentais prêt pour le Main Event" indique le joueur, venu pour la première fois dans la Mecque du jeu en période de WSOP.

Après de nombreuses années à Paris, Alain décide de vivre l’aventure de joueur pro et part s’installer au Liban en 2021. Spécialiste de MTT, Alain a débarqué à Vegas spécialement pour le Main Event, sur lequel il bataille férocement. "J’ai eu un gros Day 1, je suis monté à 150 000. Puis derrière, c’était compliqué. J’ai oscillé entre 100 000 et 40 000 tout le Day 2. Je fais le yoyo mais je reste calme. Je connais cette zone de tension, de combat. J’attends mon spot", déclare le joueur sur le chemin du 2e break. Il se rassiéra avec 100 000 jetons devant lui, devenu 27 blindes à l’entame du 13e niveau. - Fausto

Tétart, il était trop tôt

Nathan Tétart

Sur la table que Grégory Ravise venait de quitter était installé un autre français à l'entame de la journée, un français que l'on avait vu passer un énorme bluff au Day 1, Nathan Tétart. Je demande à tout hasard s'il l'a vu bust, et à sa mine, je comprends que ce n'était pas beau à voir. Greg m'indique le joueur qui a mis fin au tournoi du Français et je vais mener l'enquête auprès de lui, avec mon meilleur accent anglais.

"I raise button. 6k, he 3-bet from the small to 17k. I made 51 and he shoved for 139. I call with Kings, he had A-7 off with the 7 of spades". Je vous l'ai faite en anglais, mais j'imagine que vous avez compris. Nathan a 5-bet shove avec As-7 off pour plus de 45 blindes et s'est mangé les Rois en face.

Ryan Franklin, le mec qui me raconte cette sale histoire, me montre même le board qu'il a pris en photo. Nathan a touché son As et trois piques sur le flop alors que Ryan avait floppé brelan. Le Français n'a pas touché le pique tant attendu et doit quitter ce tournoi bien trop tôt sur ce Day 3. Tapis_volant

Houssais, on sait où t'es !

Emmanuel Houssais

Joueur de Spin & Go basé sur Malte, Emmanuel Houssais est aussi le co-fondateur du site de coaching ABCPoker avec Thomas Eychenne, un site du coaching qui a fermé depuis. À la question "est-ce qu'un joueur de spin est à l'aise sur un tournoi avec une telle structure ?", Manu me précise qu'il a 5 années de MTT derrière lui et que "la mécanique et la logique du jeu se retrouvent dans tous les formats." Peu habitué au jeu très deep, il s'adapte pourtant très bien à la structure d'un Main Event sur lequel il avait bust au Day 2 l'an dernier.

Le dernier coup qui lui a permis des jetons s'est produit quand un joueur l'a check/jam sur une turn Ax69Kx quand il avait As-Valet en main. Il a payé et s'est vu opposé à As-7 pour grimper à 160 000.

A tout hasard, je lui demande s'il aurait des nouvelles d'Edouard Sacrispeyre, qui disputait ce Day 3 en compagnie de son père Patrick. "Oui, c'est moi qui l'ait bust. Il a shove 12 blindes avec une paire de 8 au cutoff. J'avais paire de 10 au bouton et j'ai payé. - Tapis_volant

Anecdotes, statistiques et citations à la con

"Tu me donnais 100BB en table télé avec Phil Ivey, j’aurais fait n’importe quoi" - Signé Rémy Murcia, qui heureusement, n’a plus 100BB devant lui, mais qui retrouve le GOAT en table télé.

"Le fils de Patrick Sacryspeyre, c'est Sacrysfils ?" - Signé un mec qui écrit ces lignes et qui a un peu honte de sa connerie.

Moundir Zhougari

Journée compliquée pour Moundir qui a perdu beaucoup de pions avec les JJ dans un pot 3-bet où il a abandonné sur une river Roi-4-2-10-As avant de céder ses 4 dernières blindes avec Dame-Valet suité contre As-10.

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 13, salade romaine

Level 12: Blindes 1 500 / 3 000 BB ante 3 000 Main Event 10 000 $ (Day 3)

Une triplette de Romain empile les jetons verts, alors que les floors sifflent le diner-break.

La bonne glisse de Lewis

Lewis

Romain dévale les pistes de ce Day 3 à grande vitesse. Notre Team pro slalom entre les spots, s’envole dans les "half-pipes" et se permet même quelques coups de bâtons sur la tête des skieurs trop imprudents. "J’ai commencé avec un brelan de six contre une over paire. Mon adversaire a tout perdu, entame Romain. Derrière, j’ai eu un coup assez complexe. Ce que je peux te dire, c’est que ça vient AJ955, j’ai Q10, le gars m’a check-raise turn, puis ça check-check river et il m’annonce “board”. Il a 42 et je gagne avec hauteur dame ».

Derrière, Romain éjecte un shortstack sur un set-up deux As contre deux Valets. Un enchainement de virages qui permettent à Lewis de s’inviter dans les altitudes de chipcount : 510 000 pour le désormais leader du contingent Winamax, toujours composé d’Adrian Mateos, Julien Sitbon ainsi que le Team Pro Expérience Renaud Gonon. - Fausto

Ascension à pas de kangourou

Romain Morvan

D’une petite île à une plus grosse. Romain Morvan a grandi en Guadeloupe. Peu après ses études, le garçon part pour des “Working Hollyday” en Australie. Un visa d’un an pour aller cueillir les fruits un peu partout au pays des kangourous, comme font beaucoup de jeunes qui souhaitent voyager en amassant quelques dollars. Six ans plus tard, Romain Morvan n’a pas bougé d’Australie. Sauf que ce ne sont plus les fruits qu’il cueille, mais bien les perfs.

"Je fais le circuit live australien depuis plusieurs années. Il y a plusieurs opérateurs intéressants. L’APT, l’APLPT et puis le WPT. C’est d’ailleurs sur le WPT que j’ai fait ma plus grosse perf l’année dernière, en atteignant la table finale à Brisbane", raconte Morvan.

Romain encaissait alors une perf’ à 149 957 $… Un mois après avoir remporté un High Roller de l’APLPT pour 129 712 $. Un "back-to-back" qui embellit encore la bankroll déjà grandissante du grinder, et qui le révèle aux yeux des médias poker français. Mais comment passe-t-on de cueilleur de fruits à star naissante du poker ?

Romain Morvan

"Je voulais rester en Australie. Je m’y plais beaucoup, la qualité de vie est bonne, on est bien payé. Au début, je ne faisais que du poker en amateur. Je jouais des 5 et 10 balles sur Winamax pendant longtemps. Puis petit à petit, j’ai rencontré des joueurs pros, Anthony Cierco notamment. J’ai aussi appris des joueurs australiens, je connais un peu tout le monde maintenant. Je suis véritablement passé à l’action il y a deux ans et depuis, j’essaie de gravir les échelons".

Romain a parcouru les 16 500 km qui sépare l’Australie de Vegas pour jouer ses tout premiers WSOP. "C’était aussi l’occasion de revoir ma famille, que je n’avais pas vu depuis des années, confie le joueur. J’étais à Montréal avant, je suis passé par la Guadeloupe et je suis arrivé à Vegas il y a deux semaines, pour jouer le Main Event, mais sans trop me cramer avec un mois et demi de Vegas". Peu en veine sur ces premiers tournois, le joueur est toujours en course sur ce Main, où il gravite depuis plusieurs jours sans vraiment décoller. "J’avais fait un beau Day 1 où je suis monté à 150 000. Sur le Day 2, j’ai eu une table avec une dynamique bizarre. J’ai eu des coups où j’aurais pu prendre beaucoup plus, puis j’ai vécu une fin de Day très compliquée. J’ai essayé juste de ne pas lâcher, de m’accrocher en étant shortish-midstack. Et ça continue un peu comme ça depuis" résume le joueur, oscillant entre la trentaine et la quarantaine de blindes. - Fausto.

Mon nom est Personne

Romain Brémond

Romain Brémond n'est pas un inconnu de nos services, malgré une présentation en ces termes : "Je suis personne". Il y a deux ans, il réalisait déjà un beau run sur le plus beau tournoi du monde, terminant 791e de l'épreuve après avoir perdu "un gros coin flip à 1 million". Installé à Playa del Carmen au Mexique avec sa copine, il est proche d'une grosse communauté de grinders installés là-bas, même s'il se définit plutôt comme un amateur éclairé. "Je ne joue pratiquement plus online, ça ne m'excite plus comme avant, je préfère faire quelques lives au Mexique et Vegas, je connais quelques grinders comme Théo Devidal (ndlr : présent aussi au Day 3) mais je ne suis pas trop intégré dans cette communauté, Théo se moque de moi quand je lui dis que je ne reconnais pas tel ou tel joueur."

Responsable d'un magasin de bikinis, ce touche-à-tout qui a aussi tâté de la crypto et travaillé dans l'immobilier a passé un Day 2 compliqué, stagnant autour des 20-30k avant de terminer à 100k. C'est il y a quelques minutes que son stack a pris un bon coup de boost. Après s'être fait 3-bet deux fois par son voisin de gauche asiatique et avoir passé sagement les deux fois, il ne passe pas As-Dame sur la troisième occurrence. Cette fois, il 4-bet à tapis pour une trentaine de blindes. "Quand j'ai vu le turbo-call de mon adversaire, je me suis dit que j'allais bust, que j'étais forcément derrière." Et en fait, son adversaire s'est fait un kiff en payant avec... Valet-9 dépareillé.

Un flop As-2-2 magique plus tard, et Romain décolle à plus de 200 000, avant de continuer à grappiller des jetons pour pointer à 250 000 à mi-journée. "C'est ouf de voir ça au Day 3 d'un Main Event !"

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Kool Shen

Puisque cet article est exclusivement aux Romain, nous poursuivons en vous informant que le rappeur Romain Shen n'est plus de ce Main Event. Parti avec une petite centaine de BB, le joueur est sorti en milieu d’après-midi. Comment ? On ne saurait vous dire, puisqu’aucune autre information ne nous est parvenue que ce message mystérieux sur le Chat du Team. “Busto. Full contre full”. GG Bruno, heu, Romain pardon.

"Comment, Pollak a busté ?" s'enflamme notre confrère Greg-Romain Ceran-Maillard, en lisant le coverage de Pokernews. N'ayez crainte, la légende française est toujours en marche vers une nouvelle table finale, et vient même de 5-bet shove à la tête d'un opposant, qui s'est gentiment couché. Certaines informations des sites de poker américain seraient donc à prendre avec des pincettes ?

Donald Trump

Quelques doutes également sur ce chipcount publié à l'instant par WSOP.com. En revanche ce qui est sûr, c'est que la rédaction semblen acquise au camp républicain.

"S’il faut buster sur un bluff de merde à la bulle, je le ferai !" - Rémy Murcia, pas du genre à trahir ses convictions.

Level 14, on monte des millions

Level 14 : Blindes 3 000 / 5 000 BB ante 5 000 Main Event 10 000 $ (Day 3)

Clem’ le millionnaire

Un grand chauve, posture impeccable et écusson NutsR trônant devant des montagnes de jetons multicolores. J’ai l’impression d’avoir déjà vécu ça quelque part, en 2021, ici même.

Clement Van Driessche

Clément Van Driessche réalisait alors un parcours magnifique sur son premier Main Event, alors au Rio, et traversait les jours, solidement posté derrière cette muraille qui ne flanchera qu’au Day 5. Trois ans plus tard, Kortex le bâtisseur vient de reconstruire son mur, avec les mêmes jetons qu’il y a trois ans.

"J’ai eu un gros coup où je défends KQ sur un squeeze de SB. C’est celui-là qui m’a propulsé. Le flop vient 973, check-check et la turn vient 2. Il envoie 80% pot, je décide de call. River A, il check, je fais tapis pour 37BB (dans un pot de 50BB) et il me call avec AA". Un set-up magnifique qui envoie Clément au-dessus des 800 000.

Van Driessche continue sur sa lancée, empochant quelques petits pots “à droite à gauche” et devient, avec Oberhauser, le 2e joueur français à passer le tapis à sept chiffres, sous le regard d’un nouveau voisin, un certain Tom Dwan. - Fausto

Le troisième millionnaire tricolore

Samuel Bifarella

Le clan des millionnaires vient d'accueillir un nouveau frenchie, en la personne de Samuel Anclevic (ou Bifarella, on ne sait plus comment il faut l'appeler vu qu'il a trois Hendon Mob différentes). Avec 580 000 au dinner-break, il vient de prendre un énorme coup contre un joueur qui n'a pas réussi à lâcher ses as quand il avait touché brelan.

Il ouvre UTG et se fait 3-bet à 40 000 par la BB. Samuel paye simplement avec une paire de Dames en main. Les deux joueurs checkent sur le flop Dame-8-3. Sur la turn T, la BB check encore et Samuel envoie une mise à 60 000 (3/4 pot), fort de son brelan. Son adversaire check/raise à tapis pour 250 000 avec deux As en main et Samuel snap-call.

"La vérité, il a perdu 100% quand je fais cette mise turn ici", me souffle Samuel, mais il a dû se dire que je pouvais faire ça avec deux Valets, ou que je le mettais sur As-Roi parce qu'il avait check deux fois.

En grattant également de nombreux petits pots, Samuel vient de dépasser le million en jetons et a l'air confiant sur sa capacité à rentrer dans l'argent et faire mieux que sa 280e de l'an dernier. "Si je fais la bulle maintenant, c'est cataclysmique."

Attention, il m'a confié l'une des raisons de son run sur ce Day 3 : "Je suis aggro dans les pots de moins de 7bb, autrement, j'ai tout le temps les noix. Mais ils n'ont pas encore compris, visiblement." - Tapis_volant

La Sun Grind des Tropiques

Jérémy Noguero

Les Bahamas et les banques d’investissement sont taillés sur-mesure pour les hommes de gauche. C’est donc tout naturellement que Jeremy Izquierdo y a élu résidence il y a deux ans, pour mener ses affaires en tant qu’investisseur financier.

Même de l’autre côté de l’Atlantique, le Francilien continue de nourrir son amour pour les cartes et se chauffe quand il le peut pour quelques tournois un peu partout autour du globe. "Hormis les WSOP Paradise, il n’y a pas de poker aux Bahamas, informe le joueur. J’ai joué un tournoi à Manille, puis un festival en Uruguay à Punta del Este. Je n’ai que très peu d’expérience en live, mais j’ai gagné sur l’un des premiers tournois que j’ai joué".

En l’occurrence, un High Roller à 3 300 $ pour un gain de 97 000 $. Deux mois plus tard, les Bahamas ace acueille les WSOP Paradise et Jeremy se fait encore remarquer, avec trois ITM et une TF sur le 3 000 6-max, pour 63 000 $. Six mois plus tard, celui qui se définit comme “un amateur éclairé” se présente sur ces premiers WSOP à Las Vegas. Un premier ITM sur le Millionaire Maker pour se chauffer les doigts, et voilà le Main Event, qui lui réserve un parcours absolument épique.

"J’ai perdu 90% de mon tapis au 3e niveau sur une rencontre deux Rois contre deux As. Je suis tombé à 6 000, j’ai passé un premier tapis avec 65 contre K10, puis derrière, j’ai réussi à remonter à 25 000. Ce qui me paraissait déjà être une énorme victoire" raconte le joueur, qui ne sait pas encore le run qui l’attend sur le Day 2.

Parti 25 000 (30 blindes), Jeremy roule sur les tables et monte un tapis dantesque de 420 000 jetons, notamment après ce coup que Jérémy qualifie volontiers “d’étrange”.

Open UTG (30BB deep), flat de Jeremy (déjà assis devant 100BB) avec 96 et la BB complète pour voir le flop J72. Tout le monde check jusqu’à Jeremy qui fait 1/3, payé deux fois. Un A arrive sur la turn, tout le monde check et l’action s’emballe sur la river 4. Bet 80 % UTG, shove de Jeremy, call-tapis de BB et UTG finit par rajouter lui aussi ses derniers jetons, la mort dans l’âme. Showdown : AK chez UTG, 75 chez BB et donc 96, flush supérieur pour Izquierdo, qui s’envole dans les hauteurs.

Sur ce Day 3, Jeremy oscille entre 300 000 et 500 000 jetons. Un dernier coup malchanceux où son adversaire frappera deux paires backdoor le fait redescendre sous les 100 blindes, mais Jeremy est toujours bien à 1 850 joueurs left, soit un peu plus de 300 left d’un premier ITM Main Event WSOP. - Fausto

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Julien Sitbon

Après un gros hero call qui l'a fait grimper à 400k, Julien Sitbon a perdu plein de petits coups à une table qu'il a qualifiée d'horrible, avant de bust sur une confrontation 99 vs QQ 20bb deep.

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 15, on remue ses méninges

Level 15 : Blindes 3 000 / 6 000 BB ante 6 000 Main Event 10 000 $ (Day 3)

Greygoose, journée d’ivresse

Grégory Fournier

Entre Vegas et Greg, l’idylle a commencé l’année dernière. Un coup de foudre dès son premier tournoi, un épique Millionaire-Maker où le Parisien abattait un field de 10 000 joueurs pour s’arrêter en 41e place. Derrière, il parvenait jusqu’au Day 5 de son tout premier Main Event et revenait le bagage chargé de dollars et d’émotions inoubliables. Attendez-voir son deuxième essai.

Le séjour est bien plus noir. Aucun ITM à se mettre sous la dent pendant des semaines, jusqu’à ce Main Event. Là encore, l’histoire est assourdissante. Un double-up dès sa première main à table, lui permettant déjà de s’envoler… Avant de connaitre bien des perturbations. "Le Day 2, d’un point de vue de la frustration, c’était l’un des pires jours de poker de ma vie. J’ai navigué entre 9 000 jetons et 24 000 jetons pendant six heures. Je suis tombé à 8 blindes, je suis revenu, je prenais des sales coups et je retombais… Mais je n’ai pas lâché ! C’est vraiment un tournoi où tu peux survivre malgré les set-up" affirme Fournier, récompensé de sa résistance par un Day 3 totalement fou.

"J’ai run hein, prévient le joueur ! Mais d’abord, j’ai pu arracher quelques pots post-flop pour revenir près des 70 000. Là, ça fait open UTG, clic UTG+1… Et je snap-fold deux Dames. Quand j’ai vu au showdown que le gars avait les As, ça m’a donné une confiance énorme. J’avais une table très compliquée, bien aggro et j’ai just flat 1010 en position sur un open early. Là le bouton 3-bet shove 30BB, fold de l’OR, je call et je passe le flip contre As-Roi".

Grégory Fournier

La patience est en train de payer, Greg remonte à 200 000, quand vient l’un des plus beaux “coups de ch***” de la journée. "J’open MP deux Rois rouges, flat HJ, flat SB. Le flop vient 10J8. Je check, d’autant que je sens que le HJ est chaud comme un lapin. Il bet, fold SB, je check-raise, tapis… Et il a deux As". Pas de problème, un run-out Q turn, 9 river, quinte backdoor, craquage, et 350 000 pour Fournier.

"Derrière, je passe en mode “over-aggro”, je 3-bet beaucoup. Un mec open early, je 3-bet, mais avec deux Dames cette fois et Pedro Marques, l’un des seuls mecs forts de ma nouvelle table, 4-bet shove 25BB avec JJ". Les Dames ne feront qu’une bouchée des “Jijis”. Ou qu’une nouvelle gorgée, pour désormais gouter à l’ivresse : 800 000 jetons à l’entame du dernier niveau. - Fausto

Mettre du lait dans le Bechahed

Un As-Roi montré à toute la table après un simple 3-bet. Sami Bechahed serait-il en train de se racheter une image ? "Complètement, surtout que juste avant, je viens de le 5-bet light" raconte le vainqueur NAPT.

La journée a été bonne pour l’ancien croupier de Los Angeles. "Je suis arrivé avec 250 000, j’étais bien… Et j’ai doublé dès la première main !".

Un départ agréable, qui plus est en s’offrant le scalp d’un certain Artur Martirosian. "Il open 6 000 sur ma blinde, je défends 85 et ça vient 852. Il c-bet 12 000. C’est cher, mais je décide de raise tout de suite, 38 000, il call. Turn 4, il a quelques straight mais j’ai encore beaucoup de value, je fais 45 000… Et il shove 200 000".

Bechahed ne mettra pas longtemps avant de payer et sa double paire tiendra face au A8cs adverse. Deux minutes de jeu et Sami passe à un demi-million.

"J’ai eu un autre gros coup où j’open bouton 99. J’ai ouvert mes boutons toute la journée donc je me disais qu’ils allaient en avoir marre et cette fois la SB me 3-bet. Je call et ça vient J94. C-bet tiers pot, je call. Turn K, il fait 75%, je call. River il m’envoie encore gros, je call et il montre A6". Un empalage en règle, Bechahed s’envole dans les tours : 900 000 jetons pour le grinder français. - Fausto

Chaume qui peut

Retrouvé dans un coin de la salle, un joueur français avait échappé à nos radars depuis le début de ce Main Event, un certain Olivier Chaume. Expatrié en Californie depuis près de 10 ans, ce spécialiste du PLO joue professionnellement en parties privées en 10/20, 20/40 et surtout en PLO à 5 ou 6 cartes. "Le Main Event, ça fait près de 10 ans que je le joue, j'ai dû le rater une seule fois", me répond-il à ma question naïve sur sa première fois sur le Big One. "La raisonv de ma présence ici, c'est que c'est un tournoi taillé pour les joueurs de cash-game, où on est très deep pendant longtemps. Je ne suis pas à l'aise avec 20-30bb, je joue surtout en live mais avec beaucoup de profondeur."

Monté à 400 000 jetons, il a perdu trois coups d'affilée pour tomber à 100 000 sur les blindes 3 000 / 6 000 et vient de trouver un double-up bien chanceux sous mes yeux. Il open avec K9 au cutoff. Il est payé par la SB et la BB. Il va tout mettre au milieu en deux streets sur un tableau A4J6. Pris la main dans le sac par la BB avec 44 pour brelan, Olivier trouve un magnifique 5 pour lui donner une couleur.

157e du Main Event en 2019, Olivier Chaume vient de se redonner un peu d'air à l'approche de la bulle, à une table dont il aimerait bien profiter avec des jetons. Tapis_volant

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Quentin Guivarch

Quentin Guivarch est tombé à seulement 3bb après un spot en BvB avec deux paires contre deux paires supérieures puis un bad beat As-Valet contre Roi-Valet. Mais après une belle remontada, 30 minutes plus tard, il a doublé deux fois pour revenir à 15bb.

WSOP 2024 : tous nos articles

Le Day 3 est terminé

Le Main Event s'est arrêté ce soir aux portes de l'argent. Restez branchés pour notre bilan complet (ou presque) de cette journée.

Dernier dodo avant les roros

La journée s'achève aux portes des places payées Main Event 10 000 $ (Fin du Day 3)

Fin de Day 3
Ambiance de douce allégresse dans les deux salles du Horseshoe aux alentours de minuit et demi... La bière a coulé à flots, les sourires se sont propagés sur les visages tels un joyeux virus, et les conversations se sont faites légères, enjouées, badines. Certes, les survivants de ce Day 3 ne sont pas encore entrés dans l'argent... Mais avec environ 1 540 joueurs restants pour 1 517 places payées, seuls les plus short-stacks ont véritablement du souci à se faire cette nuit. C'est assuré : mercredi, nous n'aurons que quelques minutes à patienter avant que n'arrive ce qui reste, année après année, l'un de nos moments préférés sur le Main Event : la bulle !

Mais n'allons pas trop vite en besogne. Il y a douze heures, ils étaient encore 3 617 en course. Forcément, les déçus ont été nombreux aujourd'hui, chez les pros comme les amateurs. Davidi Kitai s'est réveillé de son rêve bien trop tôt, avant d'être suivi par Kool Shen, Mustapha Kanit, Moundir et enfin Julien Sitbon. Fin de l'histoire aussi pour les qualifiés Winamax François Robert et Antonio Guerrero, ainsi que Nathan Tetard, Grégory Ravise, Elodie Noël, Adrien Guyon, Marc Bougaret

Salle
La liste est longue, mais - bonne nouvelle - celle qui répertorie les tricolores pouvant encore rêver aux 10 millions de dollars de la première place l'est tout autant. Voici ce que nous avons pu compter (parfois approximativement) en toute fin de journée - ils sont une bonne quarantaine, et la liste officielle devrait en comporter une vingtaine de plus, affaire à suivre :

Clément Van Driessche (1,55 m.), Jean Lhuillier (1, 37 m.), Valentin Oberhauser (1, 064 m.), Samuel Anclevic (1,2 m.), Malo Latinois (1,132 m.), Greg Fournier (1,016 m.), Maxence Carbonneaux (1,018 m.), Simon Prud’homme (827 000), Romain Lewis (654 000), Sean Marchal (650 000), Rayane Bouibed (650 000), Cédric Schwaederle (636 000), Adel Naoun (612 000), Alexis Mtaalssi (595 000), Antoine Saout (565 000), François Pirault (564 000), Emilien Pitavy (540 000), Florian Ribouchon (535 000), Malcolm Franchi (505 000), Alexis André (430 000), Joseph Sabe (420 000), Victor Fryda (410 000), Nicolas Vayssières (400 000), Ludovic Uzan (392 000), Yohan Rascar (380 000), Hugues Girard (377 000), Paul-François Tedeschi (331 000), Karim Lehoussine (300 000), Renaud Gonon (288 000), Paul Patouilliart (280 000), Emilio Ulisse (271 000), Edouard Mignot (240 000), Cécile Ticherfatine (220 000), Chris Marcadet (213 000), Léo Curial (169 000), Benjamin Pollak (159 000), Robin Gérard (145 000), Fred Delval (99 000), Pierre Tassin (91 000), Paul Amsellem (70 000), Quentin Guivarch (68 000), Jérome Bacouel (30 000)...

Une maquina bien huilée, un Romain Lewis au taquet

Team W
Avec 82 BB à la reprise, on peut le prédire sans prendre trop de risques : Romain Lewis va atteindre les places payées du Main Event pour la quatrième fois depuis 2019, année où il avait été le meilleur Français du tournoi (60e). Le Main Event : un un terrain de jeu sur lequel le franco-britannique du Team peut se targuer d'une certaine supériorité sur Adrian Mateos. L'Espagnol a tout gagné dans sa carrière... mais sur le plus gros tournoi du monde, les résultats de la maquina se résument pour le moment à deux min-cashes, en 2015 puis 2012. Avec près d'un million en jetons pour attaquer le Day 4, Adrian aura bien entendu à coeur de faire beaucoup, beaucoup mieux cette année, devant les objectifs de Dans la tête d'un Pro.

Aujourd’hui, le Madrilène a fait ce qu’il sait faire de mieux : harceler ses adversaires, les mettre dans des spots impossibles et s’accaparer leurs jetons. Le plan s’est déroulé à merveille, ou plutôt comme prévu, tant Mateos ne s’étonne même plus de ce genre de scénario. « C’était une bonne journée, confirme t-il. J’ai gagné beaucoup de mains, sans vraiment former de gros pots. Les seuls showdowns qu’on a vus, j’avais du jeu et on me payait. Quand je bluffais, ils se couchaient. »

Dit comme ça, cela a l'air si simple : une journée au bureau comme on en a déjà vécu des dizaines avec Adri. Et le voir à l’œuvre est toujours aussi impressionnant. En revanche, pour les HHs précises, on repassera. Ou plutôt, on attendra la saison WSOP 2024 de notre série préférée. Combien d'épisodes seront tournés ? Cela ne dépend que de notre héros !

Team Winamax
Le clan Winamax au Day 4

Adrian Mateos (Espagne, Team W) 960 000 (120 BB)
Romain Lewis (Team W) 654 000 (82 BB)
Renaud Gonon (Team Pro Experience) 288 000 (36 BB)
Leo Curial (Vainqueur KING5 2024) 169 000 (21 BB)

Les deux pros du Team encore en course sont entourés de Léo Curial (à gauche) et Renaud Gonon (à droite). Le premier, ultime représentant des vainqueur du KING5 2024, nous avoue avoir passé une journée en mode « nit ». « Je sentais l’argent qui arrivait, j’ai joué beaucoup plus serré que d’habitude. J’ai fait des folds incroyables… » Un exemple ? Une paide Dames jetée sur un turn 101075. « Mon adversaire m’a dit ensuite qu’il avait une paire de 5. S’il dit vrai, c’est vraiment le fold de ma vie ! » Léo sera au Day 4 avec 21 BB - en principe, cela sera suffisant pour au moins assurer un min-cash.

Encore et toujours que du bonheur du côté de Renaud, vainqueur de la Team Pro Experience. Comme un pro, Renaud s’est fait conseiller par ses coéquipiers tout au long de la journée. Comme un pro, il a vécu le frisson du double-up. Comme un pro, il a regretté quelques spots où il aurait pu, peut-être, gagner plus d’argent. Mais comme un pro, il a emballé un stack correct en fin de Day 3 - 36 BB. Mais c’est bien comme un amateur qu’il a savouré chaque moment, et affiché une mline hilare au moment de se dire au revoir. "C’est royal ! Je ne me sens pas fatigué, bizarrement. Plus les journées passent et plus je me sens en forme. La nuit qui vient va faire du bien, mais c’est que du kif. J’ai envie de prendre une photo avec vous tous les soirs !"

Saout sort de sa tanière

Depuis trois jours, il était resté dans sa tanière. Dans l’ombre, Antoine Saout attendait son moment pour partir en chasse. L’ours a sorti son museau, aiguisé ses griffes, et la traque s’est avérée fructueuse.

Cette fois, il a attendu le Day 3 pour se montrer. Qu’importe, il est sur son terrain, celui du Main Event des WSOP. À peine sorti de son repaire, Saout trouve une première proie et l’abat d’un seul coup de patte. Deux Rois contre As-Dame, et Antoine dévore des jetons frais dès la deuxième main du jour. De 62 000, il passe vite à 150 000… Et même à 450 000 à peine une heure plus tard.

Antoine touche une couleur et croque pleinement dans les deux paires adverses. Saout est de retour aux affaires. « J’avais passé une grosse partie du Day 2 autour des 25 blindes. Dans ce tournoi, tu peux vraiment te maintenir sans prendre de risque » rappelle Antoine, qui connait la route mieux que personne. « Sur mes précédents Main, j’avais eu des jetons assez rapidement » nuance Saout, qui a cette fois mis quelques jours à se mettre en route. Le voilà désormais à quelques encablures de l’argent, avec une statistique porteuse d’espoir : Dans sa carrière, Antoine Saout n’a fait “que” 3 ITM dans le Main Event WSOP… mais à chaque fois, c’est pour aller très, très loin : 25e (en 2016), 5e (en 2017) et 3e (en 2009). Les joueurs de poker mentent, mais pas les chiffres. - Fausto

Super Rayane

Rayane Bouibed
Parmi les belles histoires de cette fin de journée, la belle remontada de Rayane Bouibed, qui a bien boxé pour passer de 60 000 à 650 000 sur le dernier niveau. Avec 10 blindes devant lui, il trouve d’abord une paire d’As pour doubler. Puis, dans un pot limpé où il a overlimp une paire de 9, il trouve un brelan et un joueur lui donne tout avec top paire. Remonté à 250K, il se contente ensuite de flat avec deux Valets sur un open d’un joueur qu’il décrit comme « bien alcoolisé ». Rayane va tout prendre en deux temps sur un board Roi-Valet-7-8, quand son adversaire met son tapis en jeu avec Roi-8 pour deux paires trouvées turn. 32e du Monster Stack l’an dernier, Rayane partage ce deep run avec son pote Yohan Rascar (380K) avec qui il a disputé le Tag Team il y a quelques jours. Après un Vegas compliqué aux tables, le reg parisien pourrait bien sauver son séjour avec un vrai deep run sur le plus beau tournoi du monde.

Brèves de fin de journée

Tom Dwan
Tom Dwan a dû composer avec la présence à sa droite de l’impressionnant stack de Clément Van Driessche. Mais celui qui figure désormais au rang des anciens du poker a encore quelques tours de magie dans sa poche : Durrrr sera au Day 4 avec 653 000.

Todd Brunson
Todd Brunson a passé la journée directement sous le portrait de son défunt papa Doyle, double vainqueur du Main Event, et donc affiché pour l'éternité sur les murs de l'Event Center. On ne sait pas si cette vision l'a rendu mélancolique ou l'a inspiré, c'est peut-être un mélange des deux. Toujours est-il que le rejeton est maintenant aux portes des places payées.

Angie
On vous cause à longueur de journée de ceux qui sont assis, mais il sera impoli de ne pas rendre hommage à ceux qui passent leurs journées de Main Event debout. Surtout lorsque c'est leur anniversaire aujourd'hui. N'est-ce pas Angie, vétéran à la production de Dans la Tête d'un Pro ?

Phil Laak
Un autre anniversaire était fêté aujourd'hui : celui de Nicolas Vayssieres, qui a célébré en s'offrant le scalp de Phil Laak sur la dernière main du Day 3, pour terminer avec 400 000 jetons.

Kevin Pollak
Hollywood ne s'est pas déplacé en masse sur le Main Event cette année. Heureusement, on peut toujours compter sur la présence de Kevin Pollak (Casino, Usual Uspects), ici assez short-stack...
Todd Phillips
Toujours du côté de Sunset Boulevard : cela faisait plus de quinze ans qu'on n'avait pas croisé Todd Phillips. Le réalisateur de la trilogie The Hangover, Old School, Joker et (bientôt en salles) Joker 2 se qualifie pour le Day 4, tout en restant toujours aussi antipathique avec les photographes, qu'il envoie chier comme si on était des paparazzis en train de le guetter à la plage pendant ses vacances.

Simon Prud'homme
Reçu 5 sur 5. L'étonnante Team Poker Elite poursuit son beau parcours dans ce Main Event. Les jeunes cash-gamers étaient encore cinq au début de ce Day 3 et seront autant à revenir demain... Avec de très beaux tapis ! Maxence Carbonneaux (1 018 000) fait même partie des milionnaires français, suivis de près par le chef du clan Simon Prud'homme (827 000). Alex Mtalssi (595 000), qu'on a découvert aujourd'hui est plus que confortable, Ludovic Uzan reviendra avec juste un peu moins de la moyenne tandis qu'Emilio Ulisse a trouvé le double-up salvateur pour rejoindre les copains aux Day 4 (271 000).

Rayane Bouibed
Avant l’assaut du Day 4, l’armée française est encore nombreuse. Cependant, peu de “reg parisiens” figurent parmi les soldats encore debout. Rayane Bouibed (cité plus haut) avait posé un genou à terre avant de revenir aux avants postes. Il aura le plaisir de retrouver son pote Yohan Rascar. Grand habitué des clubs parisiens, Yohan goute pour la première fois à la saveur du Main Event. Auteur d’une belle journée de grind, boostée par un joli bad-beat avec deux Dames contre deux Rois, Rascar emballe un solide 380 000 jetons pour poursuivre l’aventure.

Jerome Bacouel
Le Red cactus manque d'eau mais le Red Cactus est toujours là. Jérome Bacouel aura le droit de revenir pour un 4e jour de Main Event... Avec 4 blindes. Parti avec 100 000 jetons, le gérant de bar a vu son stack fondre tout le long de la journée. L'homme qui s'est offert son Main Event pour son 50e anniversaire a souffert, mais il a tenu ! Il jouera demain l'une des heures de poker les plus importantes et les plus tendues de sa vie, pour accomplir un exploit magnifique : Faire ITM sur le plus beau tournoi du monde. Allez Jérome !

Gros Stack
Un des très gros stacks que nous avons croisé en fin de Day 3. On ne sait pas encore le nom de ce joueur américain, en revanche lui connaissait très bien Romain Lewis, s’étant présenté comme un grand fan de Dans la Tête d’un Pro

Poker Bunny
300 000 tout rond pour celle qui se fait appeler Poker Bunny

Koray Aldemir
Parmi les anciens vainqueurs encore en lice pour un doublé : Koray Aldemir, titré en 2021
Mohamed Alioussam
Le champion WPT Mohamed Ali Houssam (Marrakech, 2011), n'a pas dérogé à la tradition de la tournée de fin de journée
Edouard Mignot
En temps normal, il préfère les jeux à l'ancienne comme le Stud... Mais Edouard Mignot ne dirait pas non à un second ITM sur le Main Event. Avec 240 000, la bulle ne devrait pas être trop compliquée à franchir.
Joseph Sabe
Joseph Sabe sera au Day 4 avec un poil plus que la moyenne
Maxence Carbonneaux
Membre de la Team Elite Poker citée plus haut, Maxence Carbonneaux est donc officiellement entré dans le club des millionnaires français.
Paul-Fran
Meilleur Français du Main Event en 2015, Paul-François Tedeschi ira chercher un troisième ITM demain
Sandrine Phan
Pas de Day 4, en revanche, pour notre ancienne collègue Sandrine Phan
Eddy Sadoun
Même déception pour Eddy Sadoun, sorti sur une vilaine confrontation deux As contre deux Rois qui tourne en sa défaveur
Fin de Day 3
Qui c'est qui est content d'être au Day 4 ? Moi, moi, moi !

Rendez-vous mercredi à partir de midi (21 heures en France). Ne soyez pas en retard : on va vous raconter la bulle en long et en large !

Benjo, Tapis_Volant, Fausto & Caroline Darcourt

WSOP 2024 : tous nos articles

1 524 joueurs franchissent le Day 3

Croupier

CLIQUEZ ICI POUR LE CHIPCOUNT COMPLET AU DÉPART DU DAY 4 CLIQUEZ ICI POUR LE CHIPCOUNT COMPLET AU DÉPART DU DAY 3 CLIQUEZ ICI POUR LE CHIPCOUNT COMPLET DU DAY 2ABC CLIQUEZ ICI POUR LE CHIPCOUNT COMPLET DU DAY 1D CLIQUEZ ICI POUR LE CHIPCOUNT COMPLET DU DAY 1C CLIQUEZ ICI POUR LE CHIPCOUNT COMPLET DU DAY 1B CLIQUEZ ICI POUR LE CHIPCOUNT COMPLET DU DAY 1A

Day 3 - 3 617 joueurs / 1 524 restants (dont 61 Français) - Chipleader : Francisco Perez Moreno (Espagne) 2 187 000 Day 2D - 4 385 joueurs / 2 067 restants (dont 81 Français) - Chipleader : Alex Livingston (USA) 750 500 Day 2ABC - 3 349 joueurs / 1 550 restants (dont 40 Français) - Chipleader : Anthony Marsico (USA) 797 000 Day 1D - 5 014 joueurs / 3 823 restants (dont 138 Français) - Chipleader : Christopher Frank (Allemagne) 698 000 Day 1C - 2 528 joueurs / 1 907 restants (dont 36 Français) - Chipleader : Mikiya Kudo (Japon) 600 100 Day 1B - 831 joueurs / 616 restants (dont 23 Français) - Chipleader : George Dolofan (USA) 314 000 Day 1A - 915 joueurs / 620 restants (dont 17 Français) - Chipleader : Joshua Feiger (USA) 311 900

Le Top 10

Clément Van Driessche

Francisco Perez Moreno (Espagne) 2 187 000 Justin Datloff (USA) 1 819 000 Alex Livingston (Canada) 1 808 000 Marcelo Tadeu Aziz Junior (Brésil) 1 697 000 Matt Stout (USA) 1 670 000 Francis Anderson (USA) 1 655 000 Nazar Buhaiov (Ukraine) 1 631 000 Diogo Coelho (Portugal) 1 631 000 Ren Lin (USA) 1 570 000 Clément Van Driessche (France) 1 552 000

61 Français

Valentin Oberhauser

10. Clément Van Driessche 1 552 000 19. Jean Lhuillier 1 370 000 39. Samuel Anclevic 1 200 000 47. Malo Latinois 1 132 000 55. Valentin Oberhauser 1 064 000

Greg Fournier

59. Stéphane Revelly 1 045 000 64. Maxence Carbonneaux 1 018 000 65. Gregory Fournier 1 016 000 76. Teddy Tuil 979 000 89. Florian Ribouchon 935 000

Cédric Schwaederle

136. Simon Prud'homme 827 000 247. Romain Lewis (Team Winamax) 654 000 253. Rayane Bouibeb 648 000 263. Cédric Schwaederle 636 000 270. Adel Naoun 631 000

Sean Marshall

282. Sean Marshall 620 000 284. Dimitri Joubert 619 000 312. Alexis Mtalssi 595 000 330. Antoine Saout 580 000 347. François Pirault 564 000

Malcolm Franchi

356. Joseph Sabe 556 000 384. Émilien Pitavy 525 000 418. Malcolm Franchi 505 000 465. Jérôme Zerbib 469 000 511. Alexis André 436 000

Nicolas Vayssières

563. Victor Fryda 410 000 580. Nicolas Vayssieres 401 000 600. Ludovic Uzan 392 000 621. Sami Bechahed 385 000 628. Yohan Rascar 381 000

Hugues Girard

637. Hugues Girard 377 000 732. Paul-Francois Tedeschi 331 000 788. Jonathan Fhima 303 000 789. Théo Devidal 303 000 819. Karim Lehoussine 290 000

Jonathan Fhima

823. Renaud Gonon (Team Pro Experience) 288 000 825. Damien Robert 287 000 858. Olivier Chaume 275 000 863. Emilio Ulisse 271 000 891. Paul Patouilliart 262 000

Édouard Mignot

897. Cément Lescanff 260 000 929. Édouard Mignot 249 000 981. Vincent Robert 230 000 1005. Cécile Ticherfatine 220 000 1017. Romain Bremond 215 000

Cécile Ticherfatine

1022. Christopher Marcadet 213 000 1040. William Reymond 206 000 1069. Jacques Mayer 197 000 1075. Robin Gerard 195 000 1101. Eliott Kessas 186 000

1143. Léo Curial (Qualifié KING5) 169 000 1225. Benjamin Pollak 145 000 1378. Alain Elhajj 95 000 1384. Arnaud Antoine 93 000 1414. Frédéric Delval 84 000

Benjamin Pollak

1455. Meddi Ferrah 73 000 1467. Quentin Guivarch 69 000 1473. Paul Amsellem 67 000 1476. Pierre Tassin 66 000 1508. Oliver Theze 44 000

1513. Jérôme Bacouel 30 000 1515. Laurent Azout 26 000

Le reste du field (sélection)

Adrián Mateos

18. Alex Keating (USA) 1 376 000 21. JC Alvarado (Mexique) 1 360 000 31. Nacho Barbero (Argentine) 1 289 000 41. Jans Arends (Pays-Bas) 1 189 000 75. Danny Tang (Hong-Kong) 980 000 81. Matt Affleck (USA) 971 000 85. Adrián Mateos (Espagne, Team Winamax) 960 000 122. Christopher Frank (Allemagne) 864 000 130. Jared Jaffee (USA) 835 000 153. Bart Lybaert (Belgique) 805 000

Chips

174. Natasha Mercier (USA) 75 000 206. John Duthie (UK) 713 000 221. Lucas Greenwood (Canada) 685 000 227. Vivian Saliba (Brésil) 675 000 239. Michael Soyza (Malaisie) 669 000 305. Aleksejs Ponakovs (Lettonie) 604 000 308. Phil Ivey (USA) 597 000 335. John Hennigan (USA) 579 000 366. Max Pescatori (Italie) 548 000 375. Amichai Barer (Canada) 539 000

Alejandro Lococo

400. Tony Dunst (USA) 517 000 405. Kristen Foxen (Canada) 513 000 431. Alexandru Papazian (Roumanie) 497 000 467. Daniel Hachem (Australie) 469 000 500. Koray Aldemir (Allemagne) 443 000

Paul Amsellem - Joe McKeehen

525. Alejandro Lococo (Argentine) 430 000 540. Joe McKeehen (USA) 420 000 554. Anthony Zinno (USA) 414 000 565. Michael Gathy (Belgique) 409 000 579. Maria Ho (USA) 402 000

Parker Talbot

633. Parker Talbot (Canada) 379 000 701. Ari Engel (USA) 346 000 739. Kevin MacPhee (USA) 329 000 749. Santhosh Suvarna (Inde) 322 000 755. Martin Finger (Allemagne) 319 000

Niklas Astedt

779. Ben Yu (USA) 307 000 782. David "ODB" Baker (USA) 305 000 804. Scott Blumstein (USA) 299 000 824. Niklas Astedt (Suède) 287 000 911. David "Bakes" Baker (USA) 256 000

Aliaksandr Shylko

955. Dietrich Fast (Allemagne) 239 000 998. Todd Brunson (USA) 224 000 1058. Ana Marquez (Espagne) 201 000 1096. Aliaksandr Shylko (Ukraine) 189 000 1122. Kevin Pollak (USA) 176 000

Espen Jorstad

1148. Christopher Vitch (USA) 167 000 1261. Espen Jorstad (Norvège) 136 000 1399. Griffin Benger (Canada) 89 000 1419. Daniel Weinman (USA) 82 000 1442. Erik Seidel (USA) 78 000

Dan Weinman

1451. Daniel Negreanu (Canada) 74 000 1474. Andrea Dato (Italie) 66 000 1497. Johannes Becker (Allemagne) 52 100 1524. Tom Dwan (USA) ???

Erik Seidel

Blindes au départ du Day 4 : 4 000 / 8 000, BB ante 8 000 1 517 joueurs payés

Crew

WSOP 2024 : tous nos articles