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WSOP 2024-Main Event - 2D

Level 6, chaud chaud chaud, le Big One sera chaud

Alors que Las Vegas vit les journées les plus chaudes de son histoire, la température va aussi monter sur le plus gros Day 2 de l'histoire du Main Event Level 6 : Blindes 400 / 800 BB ante 800 Main Event 10 000 $ (Coup d'envoi - Day 2D)

LV Review Journal
Lorsque la chaleur fait la une du Las Vegas Review Journal, le quotidien local de référence, alors on sait qu'il ne s'agit pas d'une journée de canicule comme les autres dans la Ville du Vice. Personne ne l'ignore : les étés sont chauds dans le Nevada. Mais on dirait bien que c'est officiel : hier, le dimanche 7 juillet 2024 est entré dans les livres d'histoire comme la journée la plus chaude de Las Vegas depuis l'invention des instruments de mesure. Rendez-vous compte : 120 degrès Farhenheit ont été enregistrés aux alentours de 14 heures... Soit 48,8° Celcius !

À l'intérieur du Horseshoe, il ne fera pas moins chaud, pokeristiquement parlant : avec 3824 joueurs attendus, plus des centaines de "late reg", ce Day 2D est tout simplement le plus gros de l'histoire. C'est aujourd'hui que le Main Event va culminer : avant la grande réunification des survivants des Day 2 mardi, c'est la dernière fois que nous serons plongés au milieu de salles pleines à craquer, bouillonnantes de joueurs.

Une nouvelle journée de cinq niveaux de deux heures débute, durant laquelle nous allons tenter de suivre un field record de 138 Français… sans compter ceux arrivés en dernière minute. En fin d'après-midi, les inscriptions seront officiellement closes : les organisateurs pourront alors annoncer le chiffre définitif de la participation. Alors, battu ou pas, le record de 10 043 joueurs enregistrés en 2023 ? À en juger par l'impressionnante file d'attente de joueurs patientant pour faire leur entrée tardive sur ce Day 2D, c'est laaaaaargement jouable !

Jack Binion
Beau moment d'histoire vivante que nous ont offert les WSOP pour lancer le Day 2D, en invitant au micro rien de moins que l'un des créateurs des WSOP : Jack Binion, fils de Benny, qui a géré de main de maître le festival au Binion's Horseshoe pendant près de trente ans. Le vénérable retraité (87 ans !) a montré aux photographes l'édition 2024 du bracelet de 2024, avant de donner le coup d'envoi. Peut-être pour troller le TD Jack Effel, Binion a utilisé une formule ancienne qui n'a plus court aujourd'hui : au lieu de "Shuffle up and deal", nous avons donc eu droit à... "Cards in!" On ne connaissait pas. - Benjo

Il s'est bien dépatouillé

Paul Patouilliart
Commençons ce Day 2D en vous causant de joueurs que nous n'avions pas remarqué lors du Day 1D, la faute à une foules de 5014 joueurs compliquant quelque peu nos recherches. Paul Patouilliart : on a réussi à le manquer, malgré un stack final de 179 000. "J'ai run très, très good, j'ai tout touché", explique modestement l'habitué des évènements Winamax, qui qui dispute son troisième Main Event depuis 2019. "Aujourd'hui, j'ai une table avec que des américains". - Benjo

Didier Guerin sous feau drapeau

Didier Guerin
"Bonjour ! Comment ça va !" s'exclame Didier Guerin lorsqu'on se présente à lui. Mais la voix est teintée d'un fort accent anglo-saxon. "Ma mère est Française, et mon père est Australien. Je vis entre Sydney et, un tout petit peu, Paris." Il faut donc choisir... et c'est Didier lui-même qui va trancher : "Je suis noté comme Français dans les chip-counts, mais il serait plus logique de me considérer comme Australien." Didier entame le Day 2 avec un tapis de 168 000. Lorsqu'on lui montre notre badge média marqué "Winamax", il s'exclame : "Je connais bien votre équipe ! Je suis très pote avec Mustapha Kanit." - Benjo

Samuel Dray sous faux drapeau (bis)

Samuel Dray
Pour repérer Samuel Dray dans le classement officiel du Day 1D, il ne fallait pas scroller trop vite : Dray est marqué comme résident de Las Vegas, USA. "C'est comme ça chaque année, je comprends pas pourquoi." Peu importe : Samuel a terminé le Day 1D avec un solide stack de 146 700. "J'ai eu une première table incroyable..." Elle a cassé au bout d'une heure, mais cela n'a pas empêché Samuel de continuer à grind au cours des neuf heures suivantes. Installé à Malte, Samuel alterne entre parties live et online. "On se déplace toujours ensemble avec Victor Fryday [on va en reparler], on va à Chypre par exemple. Je ne vais pas trop sur les tournois Winamax comme le SISMIX, mais il va falloir que je le fasse !" Pas grave, Sam : si tu ne viens pas à Wina, Wina viendra à toi. - Benjo

Certains se croient déjà à la bulle

Samuel Dray
On vous a causé de Victor Fryda et son stack qui montait lors du Day 1D, mais derrière nous sommes passés à côté de LA grosse info de fin de journée : Fryda était grimpé jusqu'à 310 000, pour le placer dans le top 10 dans le PDF officiel. Mais Victor n'a pas grand-chose à ajouter sur la fin de son Day 1D. "Je n'ai pas eu de très gros spots..." Enfin si, tout de même : "En fait, en fin de journée, certains se comportaient comme si c'était la bulle. Ils voulaient absolument passer le Day 1, comme si c'était déjà un accomplissement. Alors j'ai commencé à jouer toutes les mains, environ 80 % de relances préflop. Je me disais que si on commençait à réagir et m'embêter, j'allais arrêter. Mais cela ne s'est pas produit. Il y a vraiment un bias psychologique à vouloir faire le Day 2, c'est fou..." - Benjo

Arthur Coirault sous faux drapeau (ter)

Arthur Coirault
Un joueur de plus à ajouter à la (déjà très longue) liste des Tricolores du Day 2D. C'est Arthur Coirault qui vient à ma rencontre peu avant le coup d'envoi. "Tu te souviens ? On s'était parlé l'an passé, je m'étais inscrit au Day 2." Ah mais oui, l'expatrien londonien ! Cette fois, Arthur s'est inscrit un peu plus tôt, sur le Day 1D, et bien lui en a pris : il a vécu une belle journée qui lui a permis de monter à 102 000. Une HH sort du lot : "J'ai KK, je relance, le bouton 3-bet, je 4-bet, il paie. Flop 249, je c-bet il call. Turn, encore un blank, j'envoie mi-pot, il paie. Rivière : 2. J'ai envoyé ce qu'il me restait, 25 000. Je le vois sur genre les Dames. S'il a 99, bien joué, tant pis pour moi. Il paie, il avait les Dames !" Pour l'anecdote, Arthur connaît bien notre photographe Caroline Darcourt. "Je me suis marié à Marrakech, c'est elle qui a pris les photos de la cérémonie !" - Benjo

Les sueurs du bonheur

On vous racontait lors du Day 1D la difficulté qu’avaient les (Red) cactus à pousser dans le désert du Nevada. Cette année, Jérome Bacouel compte bien nous faire mentir. L’ex-gérant de bar, qui s’est offert le plaisir poker de sa vie pour son cinquantième anniversaire, a déjà doublé de volume depuis qu’il a planté sa graine dans le tournoi. Une pousse fulgurante, qui a provoqué bien des émotions, puisque survenue sur la toute dernière main du Day 1D.

Jerome Bacouel
« C’est la dernière main de la journée et je suis grosse blinde. J’avais juste envie de passer le Day, recontextualise Jérome, qui voit la SB le relancer à 2 000 (sur 300 / 600). Je me dis qu’il veut me voler, c’est normal et là, je retourne deux As. Je relance à 6 000 ! ». Les oreilles de Jérome vont encore frémir de joie lorsqu'il qu’il entend son opposant re-raise à 16 000.

« Je pousse tout, et il me paie avec AK. C’est le spot de rêve et là… Deux carreaux au flop ! ». L’amateur sue fort. Un carreau, et le tournoi de sa vie, son rêve pokeristique se briserait avec fracas… « Pique, puis trèfle, je passe à 125 000 ! J’te cache pas que l’émotion, elle était là. J’avais presque les larmes aux yeux. Par contre, j’ai transpiré, j’ai filé à la douche direct » relate Bacouel, quelques minutes avant d’attaquer son Day 2.

C’est donc un double stack que Jérome déballe aujourd’hui dans les confortables fauteuils de la zone purple, prêt à un long combat, toujours observé par l’œil d’Aurore Gébleux, qui prévoit d’écrire un livre sur le parcours des amateurs Red Cactus. - Fausto

Anecdotes, statistiques et citations à la con

36 : en minutes, le retard subi par le coup d’envoi du Day 2. La faute, on imagine, à la quantité de « late reg » qu’il a fallu gérer à midi, et la réorganisation des tables qui en a résulté. Pas grave, on a dormi douze heures cette nuit, on est prêt pour un marathon (c’est Benjo qui parle, je ne sais pas pour les autres).

Parmi les joueurs repérés dans la file d’attente des inscrits pour le Day 2 : un certain Tom Dwan qui, comme d’habitude, s’est fait attendre. Même histoire pour Liv Boeree, Allen Cunningham (arrivé à la table d’Alex Amiel), John Monnette, Robbie Jade Lew, et Dan Cates.

Parmi les premiers bustos du Day 2 : Hadrien Gallois. Relativement short-stack, le taulier du Stream Gang n’a pas passé le premier des nombreux flips nécessaires pour aller loin dans n’importe quel tournoi, son As-Roi ne trouvant pas bonheur contre une paire de 9. Autres sorties précoces : celles d’Allen Kessler et Kathy Liebert.

La structure du Day 2

On fait comme d’habitude : cinq niveaux de deux heures, des pauses entre chaque, et on aura terminé vers une heure du matin. Seule (grosse) différence avec le Day 1 : les tapis sont moins profonds, les éliminations vont être beaucoup plus rapides.

<thead>
	<tr class="tableizer-firstrow">
		<th>Level</th>
		<th>Blindes</th>
		<th>BB Ante</th>
	</tr>
</thead>
<tbody>
	<tr>
		<td>6</td>
		<td>400 / 800</td>
		<td>800</td>
	</tr>
	<tr>
		<td>7</td>
		<td>500 / 1000</td>
		<td>1000</td>
	</tr>
	<tr>
		<td>8</td>
		<td>600 / 1200</td>
		<td>1200</td>
	</tr>
	<tr>
		<td>9</td>
		<td>1000 / 1500</td>
		<td>1500</td>
	</tr>
	<tr>
		<td>10</td>
		<td>1000 / 2000</td>
		<td>2000</td>
	</tr>
</tbody>

Main Event : la structure en PDF

Main Event 2024 : le calendrier

Jack & Jack
TD du jour et TD d'antan : Jack (Effel) retrouve Jack (Binion)

Ce soir, à la fin du Day 2, après avoir couvert six journées ayant valeur d’introduction, nous n’en serons qu’à la moitié du Main Event… sans compter la table finale !































































Mercredi 3 juillet Day 1A
Jeudi 4 juillet Day 1B
Vendredi 5 juillet Day 1C
Samedi 6 juillet Day 1D
Dimanche 7 juillet Day 2A / 2B / 2C
Lundi 8 juillet Day 2D
Mardi 9 juillet Day 3
Mercredi 10 juillet Day 4 (jour de bulle)
Jeudi 11 juillet Day 5
Vendredi 12 juillet Day 6
Samedi 13 juillet Day 7
Dimanche 14 juillet Day 8
Lundi 15 juillet Pause
Mardi 16 juillet Finale (jusqu’à 4 joueurs)
Mercredi 17 juillet Finale (jusqu’au vainqueur)

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 6, il est là le field à cinq chiffres !

Level 6 : Blindes 400 / 800 BB ante 800 Main Event 10 000 $ (Coup d'envoi - Day 2D)

C'est officiel depuis 14 heures : le field du Main Event 2024 a dépassé les 10 000 inscrits. Et il reste encore deux grosses heures au retardataires pour se pointer... et commencer le plus beau tournoi du monde avec soixante blindes, ce qui n'est pas si mal. Rappel : le record à battre est très précisément de 10 043 inscrits. On a envie de dire sans attendre que l'affaire est dans la poche.

10,000+ entries!!!

If you're in Vegas and play cards… DO NOT MISS THIS!

Main Event registration closes at 5pm!#WSOP2024 pic.twitter.com/b7YTnr3zvB

— WSOP - World Series of Poker (@WSOP) July 8, 2024

Piqué de WSOP

Antoine Delorme
Le Main Event est le tournoi qui attire le plus de joueurs de cash-game. La structure, les gains, le mythe : les arguments sont nombreux pour faire venir ces joueurs qui pour la plupart, méprisent gentiment le format MTT tout le reste de l’année.

"J’ai fait mon premier Main l’année dernière, j’avais fait Day 4. On avait d’ailleurs une photo ensemble avec [Jérémy] Palvini, me souffle Antoine Delorme, tentant de me rafraichir la mémoire. J’avais adoré ! Je joue en cash-game toute l’année mais Vegas, c’est mon moment pour faire quelques tournois".

Antoine sait les sensations que peuvent procurer un deep-run sur un tournoi de grande envergure. L’an dernier, il réalisait un parcours magnifique sur les WSOP-C Marrakech, terminant runner-up du Main Event pour un butin de 1 550 000 dirhams (150 000 €). Pour autant, Antoine ne saurait comparer cette expérience marrakchie à celle de Las Vegas. "C’est différent. Il y a une atmosphère WSOP, c’est quelque chose qui fait rêver. Quand je découvrais le poker, c’est ça que je regardais, c’est ces tournois que je voulais jouer" confesse Delorme. Le revoilà en piste, prêt à aller chercher un deuxième ITM en autant d'éditions. Léger dégrind sur ce début de Day 2, mais fort de son bon Day 1, Antoine possède 110 BB à faire fructifier. Et on fait confiance au joueur de cash pour manœuvrer dans les profondeurs. - Fausto

Le Main, c'est le Pérou

Alexandre Le Vaillant
Parmi les nombreux late-reg du Day 2D (plus de 500 aux dernières nouvelles), un certain Alexandre Le Vaillant. "J’avais fait l’erreur de me forcer à buy-in Day 1 l’année dernière. J’avais déchatté un peu le seat-draw, se souvient le reg français, qui tient un autre argument bien moins “result-oriented”. Et puis, il y a ma femme qui est arrivée juste avant le Main Event, c’est son premier Vegas."

Tandis que certains collègues bataillaient dix heures pour passer la première épreuve, lui explorait les activités de Vegas avec sa moitié. "On s’est fait le spectacle de Michael Jackson, on a trouvé un resto péruvien génial. D’ailleurs il faudrait qu’on y retourne ensemble ! ". Pourquoi pas Alex, mais tâchons d’abord de manger des jetons. Alexandre arrive en confiance sur ces WSOP après une saison 2023/2024 assez formidable, auréolée de deux titres majeurs : un Main Event UDSO Marrakech, et un Main Event WSOP-C Cannes. Pas le temps de se reposer sur le passé, Le Vaillant débute une nouvelle bataille, qu’il démarre donc en cours de route. "C’est bien de démarrer avec 75 blindes. Tu vas jouer un peu moins loose et c’est un bloc que je maitrise bien", affirme Alex, illustrant ses dires en foldant face au premier 3-bet de la journée. - Fausto

Biberonnés au grind

Sur les premiers jours, nous découvrions ces jeunes loups, venus en meute pour dévorer les tables du Main Event. A à peine 21 ans, Simon Prod’hommes nous présentait sa team Elite Poker, des grinders croquant les tables de cash-game live de Macau jusqu’à Austin. L’assurance et les limites jouées par cette jeune équipe a de quoi surprendre. Tâchons d’en découvrir plus avec Maxence Carbonneaux, un des huit membres la Team Elite Poker.

Maxence Carbonneaux
"Je connais Simon, le fondateur que vous avez interviewé avant-hier, depuis plus de dix ans. On s’est connu dans notre club d’échec à Amiens, rembobine ce grand blond, avec un sourire qui témoigne de son plaisir d’être sur le Main Event. C’est incroyable de pouvoir jouer un tournoi comme ça à 21 ans. On a commencé ensemble avec les freeroll, les Mini-Roll sur Wina à 25 centimes… Et maintenant on joue des 10 000 $ ! On est certainement parmi les plus jeunes du tournoi."

Malgré sa jeunesse, la Team Elite n’arrive pas ici sur un malentendu. "En vérité, ça fait six ans qu’on sait qu’on va faire pro de poker. On jouait sur les comptes de nos mamans [C'EST PAS BIEN !!! - NDLR], on consommait beaucoup de contenus, tous les Dans la Tête d’un Pro, puis on s’est perfectionné sur le cash-game online, raconte l’Amiénois, également passé par la case Spin Elite. On croit beaucoup au coaching. On a beaucoup appris de joueurs qui ont réussi en cash-game. On est coaché par Simon et Emilio (Ulysse), qui ont eux-mêmes été coachés par Baki. On utilise GTO Wizard pour parfaire notre connaissance technique, afin de pouvoir en dévier. Et puis, on a déjà beaucoup d’expérience en Live, plus que ce que l’on devrait » confesse Maxence, qui a déjà bien roulé sa bosse sur les tables du monde entier. "On voyage beaucoup. Moi, je vais surtout jouer en Asie et en Europe de l’Est. En 10/20, parfois plus. Certains membres de l’équipe jouent en 50/100".

Loin d’être impressionné par un tournoi à 10 000 $ de buy-in, la team Elite Poker se met cette fois en mode MTT. Pour l’instant, elle réalise un joli sept sur huit, seul Mathis ayant busté sur le Day 1D… en table télévisée, et avec les honneurs : full contre full. Le quotidien et les aventures de l’équipe sont d’ailleurs relatés dans des vlogs réguliers. 8 épisodes ont déjà été diffusés sur ce Vegas. Espérons que les prochains racontent des histoires de deep run sur le plus grand tournoi du monde. - Fausto

Amateur expérimenté

Thierry Groualle
Qui a dit que l’on devait être un joueur de poker professionnel pour avoir le droit de venir à Las Vegas tous les ans depuis près de vingt ans ? En vrai, personne : on les compte en milliers, ces récréatifs qui reviennent toute leur vie à Vegas. Joueur amateur averti depuis le début des années 2000, Thierry Groualle est un vrai amoureux de Sin City. “Je suis fan de cet endroit. Et encore, je ne viens pas que pour le poker. Avec un ami, on adore venir au mois de mai, il y a moins de monde, et c’est surtout plus agréable pour jouer au golf”. Actuellement au Day 2/D du Main Event des WSOP 2024 après avoir bag un stack de 82 800, ce directeur général des opérations chez Emilfrey espère avoir plus de réussite que lors de sa précédente participation il y a quatre ans, où il avait été éliminé en fin de Day 1 au sortir d’une rencontre malheureuse : full max contre carré.

“Ça a été très dur à encaisser", me dit-il. "Hormis trois coups que j’aurais aimé jouer différemment, je suis assez satisfait de mon jeu. Je suis toujours resté au-dessus du stack de départ. Il faut continuer comme ça”. S’il est d’ores et déjà assuré de faire mieux cette année, le Français aimerait beaucoup pouvoir ajouter une 46e ligne sur sa page Hendon Mob. “Je n’ai pas encore de ligne sur le Main Event, alors, si l’on peut en ajouter une et pas des moindres, on ne va pas s’en priver". Pour l’heure, Thierry vit un début de Vegas rêvé, en partie grâce à sa 127e place obtenue sur le Mini Main Event quelques jours plus tôt. “Ça fait toujours plaisir avant de jouer un tel tournoi. Ça rassure, et ça permet de jouer un peu plus détendu sur le vrai Main, je me sens plus serein”. Reste plus qu'à faire de même sur le plus beau tournoi du monde. Alors, Thierry, tu sais ce qu'il te reste à faire ! - VictorP

Sacré cadeau

Ce qui est vraiment cool avec les Day 2 des WSOP, c’est qu’on nous offre les seats draw de tous les joueurs sous forme de fichier PDF bien ordonné. Alors, forcément, pour partir à la rencontre de joueurs qui nous étaient jusqu’ici alors inconnus, c’est bien plus pratique, ça nous évite d’avoir à courir le marathon entre les salles du Paris, du Horseshoe, et de la ballroom en espérant chatter au petit bonheur la chance.

Arnaud Antoine
C’est ainsi que nous venons tout juste de faire la connaissance d’Arnaud Antoine. Enfin, pas réellement. Car, en réalité, nous avions rencontré ce joueur récréatif dix ans plus tôt lors de sa première venue à la Vegas. “Je ne sais pas si vous vous en rappelez, mais j’étais déjà passé dans votre coverage, il y a dix ans, lorsque j’avais joué le Monster Stack. C’est mon ami Cyril André (runner up de l’APPT Macao 2014) qui m’avait fait ce cadeau pour mon anniversaire”.

Dix ans plus tard, c’est sur un tournoi un poil plus couteux que l’on l’a retrouvé à sa table, dans la salle principale du Horseshoe. Et là encore, c’est son ami Cyril qui lui a offert ce cadeau pour ses 40 ans. “C’est incroyable. J’ai beaucoup de chance d’être ici. Je vis mon one time, les sensations sont incroyables. Honnêtement, c’est magique de jouer ce tournoi où tu peux prendre le temps de monter un stack. Mais, je me sens encore mieux depuis que j’ai deep run et ITM le tournoi de l’Independance Day. Ça rassure avant de jouer le Main”. Rassuré, Arnaud Antoine reste tout de même un peu stressé au moment d’entamer sa deuxième journée sur le Main. “J’ai regardé beaucoup d’épisodes de Dans La Tête d’un Pro pour m’entraîner. Après, il est vrai que j’ai bag un très beau stack de 225 000 lors de la fin du Day 1. Mais, cela ne m’empêche pas d’être un peu tendu. Ça reste un one time, alors, forcément, je n’ai pas envie de décevoir les copains et ma femme dont c’est l’anniversaire aujourd’hui”, m’avoue cet architecte basé à Nancy.

Pour l’heure, le Français ne déçoit personne. Il fait même tout l’inverse. En cinq minutes passées à table, il a déjà pu ajouter 25 000 jetons supplémentaires à son tapis au sortir d’une confrontation avec les Dames contre la paire de cinq de l’un de ses adversaires. Toutefois, Arnaud sent qu’il va devoir faire plus attention que lorsque du Day 1, la faute à une table où le niveau semble visiblement un poil plus relevé. “En 10 min, j’ai déjà vu plus de 3-bet que lors du Day 1. Je vais devoir faire gaffe. Car, si j’avais eu le droit à une bonne table lors du Day 1, celle-ci me semble plus difficile”. Avec un stack de 245 000, on ne doute pas un seul instant qu’Arnaud saura en faire bon usage. C’est en tout cas, ce que l’on lui souhaite. - VictorP

Welcome back !

Sillonnant le circuit live depuis plus près de trente ans et aujourd’hui présent au Day 2, Angelo Besnainou fait tout simplement partie des pionniers du poker de compétition en France. Et pas qu’un peu, puisque ses premiers résultats live datent de... 1997 ! Il y en a parmi-vous qui n'étaient pas nés et n'ont pas connu cette époque où l'on jouait en francs à l'Aviation Club de France.

Ange Besnainou
Trois décennies plus tard, on a retrouvé le restaurateur parisien dans la salle principale du Horsheshoe avec le même petit tapis qu’en fin de Day 1, soit 23 000. “Je n’ai pas pu jouer beaucoup de coups au cours du premier jour. Je n’avais pas beaucoup de belles mains. Et lorsque j’en avais, j’ai souvent pris des bad beats”, me raconte cet ancien reg des cercles qui dispute, 24 ans après sa 14e place obtenue lors de sa première tentative, son deuxième Main Event des WSOP. Pour se permettre cela, Angelo a notamment profité de ses quelques deep runs depuis son arrivée à Las Vegas. “J’ai fait pas mal de résultats depuis que je suis arrivé. J’ai gagné (après deal) un Daily 400 $, avant de finir 30e sur un tournoi des WSOP à 1 1100 $".

Plusieurs deep runs qui l’ont donc mené à tenter sa chance sur le plus beau tournoi du monde. “Je suis heureux d’être là. J’adore le live. Je n’ai plus beaucoup de temps pour jouer, mais dès que j’en ai la possibilité, je le fais. C’est quelque chose qui me procure beaucoup de plaisir. Pouvoir discuter avec les joueurs à ma table, et tout ce qui va avec, je préfère ça que le online". La raison ? “Je n’ai pas forcément le temps de jouer online, la restauration me prend beaucoup de mon temps. De plus, le niveau des joueurs online a beaucoup changé. Avec l’arrivée des solvers, beaucoup de joueurs sont devenus des robots. Je ne sais pas comment ils font pour jouer douze tables en même temps, c’est fou”. Quoi qu’il en soit, Angelo Besnainou est aujourd’hui présent au Day 2D du Main avec un objectif et pas des moindres : “finir premier, même si c’est mal parti” conclu-t-il en rigolant. Il n'y a plus qu'à ! - VictorP

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Bubble Boy 2022
Il nous l'avait raconté : faire la bulle du Main Event en 2021 avait changé la vie de Kevin Campbell : désormais ex-accro, il avait trouvé du boulot et retrouvé le droit chemin. Depuis, Campbell a fait du Main Event une tradition annuel, franchissant la bulle sans encombres en 2022 puis 2023. Et maintenant en 2024 ?

Joe McKeehen
Un ancien Champion du Monde de plus retrouvé au milieu de l’océan de tables : Joe Mckeehen, sacré en 2015.

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 7, grinder qui rit grinder qui pleure

Level 7 : Blindes 500 / 1 000 BB ante 100 Main Event 10 000 $ (Day 2D)

Les plus jeunes des anciens

Les croupiers de la table 15 sont bien escortés. Un “Johnny” Therme sur la gauche, un “PFT” sur la droite, la vieille cavalerie française est au garde-à-vous dans la section Black.

Paul-François Tedeschi
- La première fois qu’on s’est joué, c’était il y a plus de dix ans. Sur un BPT Bordeaux ou quelque chose comme ça, rembobine Therme. - T’en as fait combien de Main Event, toi John, demande le voisin corse ? - Sept ? Ah, bah, ça va, t’es un p’tit jeune en fait, raille Paul-François Tedeschi, qui en est déjà à sa onzième participation.

- Il y a quelques bons souvenirs, reprend le Corse. Notamment deux Day 5, en 2014 (251ᵉ) et 2015 (161ᵉ). Mais c’est vrai que ça remonte un peu. Il s’agirait de rafraichir tout ça."

Pour l’instant, PFT est bien lancé sur ce Day 2, avec déjà plus de 175 000 jetons. "J’ai fait trips contre trips, contre Jonathan justement. Puis un autre pot 3-bet contre le joueur au siège 4, où j’ai pris pas mal de jetons, mais ce n'était pas très intéressant". Comme à son habitude, PFT ne raconte que les coups qui sont pertinents d’un point de vue technique ou psychologique. Il préfèrera vous détailler un joli pot à 5 blindes qu’un banal setup avec quatre averages au milieu.

Jonathan Therme
Côté Therme, les beaux souvenirs de Main Event sont plus récents. Le Girondin réalisait l’an dernier un deep run fantastique (marqué par quelques hero-calls de légende) stoppé net en 77ᵉ position. "Ça rappelle des bons souvenirs de revenir sur ce tournoi. Et ça donne envie de refaire la même chose", lâche Therme, qui n’a bien évidemment pas oublié ces instincts de génie qui l’ont porté jusqu’au Day 6. "Je sais que je peux le faire [ce genre de hero-call]. Mais ça va dépendre des spots que j’ai. On ne va pas forcer les coups" précise Johnny, qui possède désormais une quarantaine de blindes. "L’an dernier, j’avais bag 90 000 au Day 1, et 60 000 au Day 2. Pour l’instant, on est sur la même lancée, le plan se passe comme prévu". Nous, on est clairement partant pour un nouvel épisode . - Fausto

Un prétendant de Thaï

Jérome Dumayet
"Winamax ? Ouh, là, ça fait longtemps que j’ai pas ouvert votre appli" réagit Jérome Dumayet, tandis que je me présente sous l’identité de "couvreur" Winamax. "Je fais presque plus de online. Je fais du cash-game live en Thaïlande". En effet, ce terrain de jeu est moins couru des grinders français. Jérome y a déménagé depuis quelques années et joue dans les parties privées dans le pays du sourire.

Après tout, ça ne fait qu’un voyage de 13 000 km pour arriver jusqu’aux WSOP. "J’y viens plus ou moins tous les ans. Je suis en coloc avec Antoine Labat, Julien Duveau, des amis que je connais depuis des années", raconte le grinder, qui joue là son deuxième Main Event.

Ça se passe pour l’instant mieux que le premier, notamment suite à un double-up full contre quinte en début de Day 2 pour passer la barre des 120 000 jetons. - Fausto

La pointure du dessus, c'est confortable

Matthieu Saulieres
Oh oh, un joueur portant le logo W qui envoie son tapis. On accourt. Il s'agit de Matthieu Saulieres, qualifié Expresso déjà rencontré lors du Day 1D, et qui a entamé le Day 2D avec un stack inférieur au starting : 40 200. Et c'est avec encore moins (19 000) qu'il 3-bet all-in après une relance early à 3 000. Le joueur en question snap-call, et les joueurs sont retournés :

KK chez le mec en face, aie aie aie !
Mais… Matthieu retourne AA, et va se payer le luxe de trouver un A sur le turn afin de faire passer ses chances à 100 000 %.

Le qualifié double son tapis à 40 000 environ. Il n’est pas tiré d’affaire, mais il respire. - Benjo

Fitoussi en maladie

J’arrive à hauteur de la table de Bruno Fitoussi pour le trouver bien emmerdé. Le board est complet : 347A et le King, de SB, fait face à une mise de 12 000 envoyée par le joueur au cut-off.

Bruno Fitoussi
Bruno prend le temps de réfléchir. Puis il rend ses cartes, visiblement frustré. Une brève discussion me permettra d'en découvrir la raison. "J'avais 56 ! C'est horrible ! J'ai envie de mourir ! Combien de fois sur cent tu vas trouver un tel flop avec cette main ?" Préflop, Bruno avait défendu sa SB face à une relance en milieu de parole et un call du cutoff. Tout le monde a checké le flop, avant que Bruno ne mlise 5 000 sur le turn et se retrouve heads-up sur la rivière.

« Attends, j’en ai autre bien chiante, elle date du Day 1. Deux As au bouton, les seuls que j’ai eu de la journée. Tout le monde passe, se fait une petite relance. Payé par la grosse blinde, le joueur le plus serrure de la table. Flop : 3-3-3. » Bruno explose de rire en racontant ce souvenir. « Check, check. Turn : un As. » Les rires doublent. « Il n’y avait plus rien à gagner ! J’ai misé, il a passé. » Pénible, en effet, mais en regardant le stack de Bruno, on peut voir qu’il lui reste largement assez de munitions pour continuer à batailler sur ce Day 2. - Benjo

Le Roi du KING5

Alors que je me balade dans les allées de la ballroom à la recherche de joueurs français, je tombe nez à nez avec Mathieu Philbert. Et lorsque je m’approche de la table, je peux l’observer jouer un coup à tapis après avoir payé le all in réclamé par l’un de ses adversaires. Derrière avec son A-10 dépareillé face à A-Q dépareillé, le Français touche son 10 post flop pour évincer sa deuxième victime de la journée. “Il faut croire que j’arrive au bon moment”, lui dis-je en rigolant.

Philbert Mathieu
Vainqueur du KING5 il y a un moment (cela remonte à 2020, en plein confinement) avec son équipe de grinders online/live nommée 'Winteractivity', Mathieu n’avait pas pu se rendre à Las Vegas pour vibrer aux côtés de ses potes de Bar-le-Duc. Alors, cette année, ce joueur habitué à croiser le fer online sur nos MTT a délaissé son ordinateur pour disputer en freeroll son tout premier Main Event des WSOP.

“Premier Main, mais troisième fois à Las Vegas. En 2009, j’avais fini troisième du KING5. Neuf ans plus tard, on avait terminé runner up, pour finalement gagner en 2020”. Le vainqueur du deuxième WiPT de l’histoire semble pour l’heure ne pas regretter son retard. Cela serait difficile avec un tapis de 260 000.

“J’avais 129 000 à midi. Après, j’ai passé un bluff pour monter à 150 000. Ensuite, il y a eu ce coup qui m’a fait décoller où j’ai fait full avec ma paire de 7 pour remporter un très gros pot et évincer un premier joueur”. Bref, celui qui n’officie en live que lorsqu’il en a le temps est bien lancé, mais ne se fixe pas d’objectifs pour autant. “Je vais prendre les jours un par un et profiter au maximum de ce moment. Bon, après, si je peux atteindre le Day 5 pour être payé, je ne dirais pas non”. - VictorP

Lorenzo serre Lavis

Lorenzo Lavis
Cette fois-ci, son réveil ne lui a pas fait faux bond. Ce lundi midi, au moment de prendre part au Day 2D de son cinquième Main Event WSOP en carrière, Lorenzo Lavis était bien assis devant son stack de jetons au moment d’entamer sa journée, ce, à l’inverse d’il y a huit ans lorsqu’il était arrivé bien en retard au Day 5 du plus beau tournoi de la planète poker. Sillonnant le circuit live depuis plus de vingt ans, le Français passé pro il y a près de dix ans fait partie de ce groupe de joueurs français ayant déjà deep run le tournoi préféré de tous les joueurs de poker. Même si pour l’heure, tout ne se passe pas comme il l’aurait espéré.

“J’ai démarré la journée avec un stack de 100 000. Mais, je t’avoue que je vis un début de Day 2 horrible. Je suis redescendu à 60 000 au sortir d’un spot compliqué. Dur à encaisser, mais je suis conscient qu’il reste beaucoup de temps. C’est long, il ne faut pas se précipiter”, me dit-il avant d’évoquer les tournois qu’il a joués jusqu’à présent sur ces WSOP. “J’ai fait une trentaine de tournois depuis que je suis arrivé". Si ça ne s’est pas particulièrement bien passé pour lui, Lorenzo a tout de même terminé 34e du 600 $ Deepstack Championship pour près de 9 229 $.

Un gain qui lui permet d’être “even” au moment de jouer l’un de ses derniers tournois de ces WSOP. Résidant à Andorre, celui qui a également vécu du côté de Malte, du Maroc, et de l’Angleterre est de retour sur le circuit live après avoir du faire un break durant deux ans. “J’ai eu mon fils, alors je n’avais plus le temps de jouer”. Enfin, pas totalement si l’on en croit ses dires. “Après, je reste un joueur qui aime jouer online. Je fais à peu près cinq sessions par semaine”, me confie celui qui aurait pu être professeur de golf s’il ne s’était pas orienté vers le monde du poker. En tout cas, on te souhaite un bon retour sur le circuit ! - VictorP

Anecdotes, statistiques et citations à la con

« Ouais ouais, je suis encore dans le Main Event. D’ailleurs, c’est pour cela que je suis planté dans le couloir à rien foutre. » - Signé : un Cliff Josephy qui clique sur le bouton « sarcasme » lorsqu’un fan lui demande s’il est encore en course dans le Day 2D.

"C’est incroyable les sensations de ce tournoi, je pensais pas que je kifferais autant. Si je fais l’argent, je le refais l’année prochaine » Signé : un Jérome Bacouel (qualifié freeroll via Red Cactus) construisant des châteaux de jetons en même temps que des châteaux en Espagne.

« Busto A9 vs 99 sur un board AJ9 » - Signé : Juventin, l’un des vainqueurs du KING5 2024, sur le Whatsapp regroupant la sphère Winamax à Vegas. Short-stack en début de Day 2D, le freerolleur n’avait guère de moyens de s’en sortir sur un tel flop.

« Transféré au Horseshoe 527 Red à gauche de max parys. 205k » Signé : un François « Starbob » Robert qui nous envoie de bonnes nouvelles, toujours sur Whatsapp.

Alexane Najchaus
Alexane Najchaus en des jours meilleurs… C’est à dire lorsqu’elle avait des jetons. Short-stack au départ de la journée, notre Reine des Expresso aura tenu un niveau. GG !

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 7, arrête ou ma mère va shooter

Level 7 : Blindes 500 / 1 000 BB ante 100 Main Event 10 000 $ (Day 2D)

La Chèvre se redresse sur ses sabots

"Dès le début de journée, t’as Caro qui vient et qui me prend en photo sous cinq angles différents [NLDR : il n'exagère pas]. Du coup, t’as un de mes voisins qui remarque le truc et qui me demande “t’es célèbre ?”. Je lui réponds “non, c’est juste ma mère !” Nicolas Vayssières vous offre ici une astuce pour tous les grinders qui veulent préserver leur image malgré la mitraille de notre photographe.

Nicolas Vayssieres
La présence de Caro a encore porté chance à Chèvre.Miel, qui trouvait un gros double-up dès les premières mains du jour. "J’ai 3-bet avec As-Roi et il m’a 4-bet shove avec 5-5. J’étais pas content de voir cette main, mais on a trouvé un As sur le board" raconte Nico, bien relancé après un Day 1 compliqué.

"Ensuite, j’ai enfin eu les sept, l’une de mes deux mains préférées. Ça a fait brelan au flop sur 875, full turn 5 et on a pris pas mal à BB qui avait check-raise dans un pot 4-way". Et voilà comment redresser un stack de 35 000 à 80 000 jetons. - Fausto

Jenny be good

Jenny Israël
Plusieurs joueuses françaises sont en course sur ce Day 2D. On a souvent pris des nouvelles de Cécile Ticherfatine cet été, on ne s’étonne jamais de croiser Aurélie Réard… Mais Jenny Israël, elle, est moins habituée aux grands tournois du circuit. "J’ai gagné mon package dans un casino à Manchester, explique la grindeuse basée outre-Manche. Les 30 premiers du leaderboard cash-game étaient qualifiés pour un tournoi, avec un package à la win. J’ai gagné le tournoi et me voilà sur mon premier Main Event".

En voilà une belle passerelle vers le plus beau tournoi du monde. Pourtant, Jenny n’idéalise pas le Main Event comme d’autres. « Je suis une joueuse de cash-game, je n’ai jamais vraiment rêvé du Main, mais je suis très contente de l’avoir sat' ». Pour l’instant, pas trop de spot à se mettre sous la dent : Jenny patiente à une table trustée par des regs qui “3-bet et 4-bet tous les pots”.

« Ça m’oblige à être un peu tight, pour l’instant je suis card-dead mais rien de grave. Je me sens bien, je ne suis pas stressée… Peut-être que le stress viendra en avançant dans le tournoi ». 40 000 jetons pour l’instant alors qu’on approche du huitième niveau. - Fausto

Anecdotes, statistiques et citations à la con

« Les posts du coverage sont tellement longs que j’ai pas le temps de les lire en une orbite. » - Signé : un couvreur à qui l’on donne trop de lecture pendant sa journée de repos, qu’il passe très probablement aux tables de poker du casino Orleans. Bonne chance, Tapis_Volant !

226 : le nombre de photos déjà sorties par Caroline Darcourt aujourd’hui, alors que nous n’en sommes même pas à la moitié du Day 2D. Elle n’est pas venue pour griller des burgers, la gonze ! Comme d’habitude, on n’arrivera pas à toutes les publier ici (il faudrait embaucher trois personnes au moins), mais si vous avez un compte Facebook, on balance l’intégralité de ses clichés une fois par jour, dans une nouvelle galerie créée pour chaque Day. C’est par ici.

S’inscrire au Day 2 avec un stack de 75 BB n’aura pas été une stratégie profitable pour Julien Pérouse et Safwane Bahri, tous deux éliminés durant la première moitié de la journée.

Chemise
Le concours de la plus belle chemise se poursuit tout au long du Main Event. Here comes un très très sérieux challenger!

Juan Pastore
Juan Pastore, alias l’Espagnol qui est toujours marqué comme Français dans les chip-counts des WSOP. Pour avoir bossé avec lui à la grande époque des commentaires EPT live en mode « Tour de Babel », on vous confirme que sa langue natale est celle de Cervantès

Lucia Navarro
Espagne, toujours : perpétuellement de bonne humeur, Lucia Navarro aimerait bien faire mieux que sa belle 241ᵉ place de l'édition 2022

Inscriptions tardives
Le Day 1B du tournoi Ultra Stack à 600 $ attire les foules aujourd'hui. Les amateurs apprécieront le sosie de merde de Flegmatic en train d'attraper les mouches dans la file d'attente
Stutghart
On est toujours très contents de croiser un vrai supporter du VfB Stuttgart... enfin, surtout depuis que Winamax en est le sponsor maillot principal

Tom Dwan
Tom Dwan est arrivé le plus tard possible, c’est-à-dire aujourd’hui… mais cela ne veut pas dire qu’il a passé les journées précédentes à se reposer, semble-t-il

Ryan Riess
On n'avait pas encore croisé Ryan Riess, vainqueur l'année où Sylvain Loosli avait atteint la quatrième place. Le Champion du Monde 2013 a entamé le Day 2D avec un tapis correct de 81 500

Joao & Moundir
Joao Vieira et Moundir sont désormais face à face. Hand histories de légende en vue ? On croise les doigts !

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Level 8 Benjo

Level 8 : Blindes 600 / 1 200 BB ante 1 200 Main Event 10 000 $ (Day 2D)

Embarquement immédiat sur AA

Davidi Kitai
Il l'a encore répété la semaine dernière sur le blog du Team W : le Main Event, Davidi Kitai veut le gagner plus que toute autre compétition. Si les Dieux du poker existent, alors peut-être qu'eux aussi ont la même envie... On en voudra pour preuve cette paire d'As distribuée à Davidi alors qu'il était de grosse blinde... et que le bouton a relancé à 2 500... et que la SB a 3-bet à 7 500 !

La suite du coup se passe comme dans un rêve éveillé : Davidi 4-bet à 20 000 et lorsque le bouton retrouve la parole, celui-ci envoie tout bonnement tapis, pour 65 000 environ.

La SB fuit et Davidi clique sur le seul bouton disponible. Faisant face à AQ, il n’aura pas de trop mal à gagner sur un board 2-Valet-7-2-5 où sa victoire était actée dès le turn.

Après avoir entamé le Day 2D avec 81 600, notre Belge préféré dépasse désormais les 150 000. Allez, on part de là, et on ne regarde plus en arrière. - Benjo

Une éternité de Main Event

Yoh Viral
"Toute la semaine, tu as des gens qui s’inscrivent, qui montent des jetons, qui bust. Il y en a même qui sont déjà au Day 30… Alors que moi, je viens de commencer le jeu aujourd’hui !" observait Yoh Viral à propos de la structure unique du Main Event des WSOP. Normalement habitué à jouer dès la première minute, le Lorrain a cette fois décidé de changer ses habitudes.

« J’en avais marre de bust au Day 1 », lâche le joueur, qui n’avait pas vu un Day 2 depuis 2019. C’est mon 13ᵉ Main Event. C’est parfois bien de changer de stratégie, reprend Johan, très reconnaissant de cette longévité. C’est une chance énorme de pouvoir jouer ce tournoi. La première fois que je l’ai joué, c’était en 2012. C’est d’ailleurs la seule fois où je l’ai deep run. J’étais stacké par Aubin Cazals. Depuis, je n’ai pas eu de réussite sur ce tournoi, mais ça n’enlève rien au plaisir de le jouer. Et puis, j’ai deep run sa version européenne (2ᵉ du Main WSOP Europe à Rozvadov en 2021), qui est quasi la même chose… mais avec 700 joueurs ».

La répétition de ces Main Event, dont il voit l’affluence grandissante du Main Event fait germer une réflexion chez le joueur aux mille casquettes. « Ce tournoi, je le jouerai toute ma vie. Je pense qu’à un moment donné, les WSOP ajusteront aussi le buy-in. Avec l’inflation, les 10 000 $ d’aujourd’hui ne valent pas les 10 000 $ d’il y a dix ans. Quand ils auront 20 000 joueurs dans le Main, ils se diront peut-être qu’il faut augmenter ». Et dire que j’avais déjà du mal à économiser 10 000 $… - Fausto

Un colosse à terre

Mounim Kaddouri n’est pas facile à mettre K.O. Vu les épaules et le gabarit du garçon, il faut un adversaire poids-lourd… Ou un « run-out » bien costaud. Le jouer de Nador vient justement d’en manger un beau.

« Je viens de me prendre un uppercut, pose le joueur, manifestement sonné. Je me suis cassé les c**** à tout monter pendant deux jours et le gars, il m’a tout pris en un coup ! ». Vas-y raconte.

« L’asiatique à casquette open 2 500, je fais 8 500 avec 78h au bouton et le flop vient 698 ». Plutôt pas mal; comme flop.

« Je fais 8 000, il call. Turn 8 ». Jolie aussi celle-là.

« J’envoie 22 000, il call. River 7 ». Difficile de faire plus beau.

« Il lead 70 000 ». Ah… « Je prends trois minutes, je call. Il a 9-9 ».

Loin de penser qu’il pouvait perdre ce coup, Mounim rumine le set-up en attendant la pause. « Faut que je parte en break, sinon je vais tout jeter » confesse le joueur. Mais Mounim ne fera pas une chose pareille. Il va encaisser le coup, se rassembler, et revenir sur le ring pour reprendre son dû. - Fausto

Giuseppe sort de la galère

Giuseppe Zarbo
"Je rame, mais je rame !" se lamente Giuseppe Zarbo, effectivement pris dans les latitudes des 30 000 jetons. « Je ne vois rien ! » s’écrie encore le capitaine italien, obligé de naviguer à vue. Lui qui voguait à grande vitesse sur le Lac Mead pas plus tard qu’hier se retrouve à stagner dans les eaux de ce Day 2D.

Dans ce calme plat, le marin sent un vent d’ouest se lever et reprend tout de suite le gouvernail. « J’open KQ 2 500, défendu de BB et le flop vient 962. Je c-bet cher, 4 000, il paie. Turn K, check-check. River 3, il envoie 7 000, je paie, il montre Q9 ».

Voilà qui permet de reprendre de l’allure. Gardons ce cap ! Open MP 2 500, payé HJ, payé par Giuseppe au BT et le flop vient A95d. C-bet rapide à 4 000, payé par Zarbo. Turn 2, l’Italien prend le lead : 10 500 jetons, provoquant un tank-fond adverse. À gros coups de rame, Giuseppe revient à bonne vitesse, tout près des 60 000 jetons de départ. - Fausto

Carteau sur table

Baptiste Carteau
Ancien régulier du circuit live, croisé ce midi dans la salle principale du Horseshoe, Baptiste Carteau est présent sur le Day 2D, un an après avoir terminé 842ᵉ (25 000 $) d’un tournoi qu’il dispute pour la troisième fois de sa carrière. Lesudiste a déjà pris part à « une quinzaine de tournois pour cinq ITM » depuis son arrivée au début du mois de juin, et espère finir son été en beauté sur le plus beau tournoi du monde. “Si je peux aller plus loin que l’an dernier, ce serait déjà bien”, me confie-t-il.

De nos jours, Baptiste joue en live uniquement à Prague (pour l’EPT en fin d’année) et à Vegas durant l’été. Il vit pour l’heure un début de journée en dents de scie. Ce, malgré un super départ. “J’avais bag 36 000 à la fin du Day 1. Ce midi, je suis rapidement monté, jusqu’à atteindre les 86 000, mais je suis redescendu à 62 000”, explique le vainqueur d’un High Roller du WSOP-Circuit en 2017. 62 000, c’est grosso modo le stack de départ : le Français a le temps car, comme vous le savez, sur le Main Event des WSOP, rien ne sert de se précipiter, les journées sont très (très) longues. - VictorP

Eddy, ça déroule

Eddy Sadoun
On peut avoir joué au haut niveau pendant des années sans avoir jamais posé les 10 000 $ d’inscription pour le Main Event. Quatorze ans après avoir entamé sa carrière de joueur professionnel, Eddy Sadoun franchit enfin le pas. Présent à Las Vegas pour la “je ne sais combientième fois”, le chef de projet en charge de la toute nouvelle application lancée par le magazine LivePoker, et qui a ouvert son agence digitale il y a quatre ans, est aujourd’hui présent sur le Day 2D du Main Event après avoir bag un tapis de 165 000 en fin de Day 1D.

“Je n’avais pas forcément le temps pour jouer le Main les années précédentes. Alors, cette année, je me suis dit que j’allais me faire ce plaisir”. En plein kiff, cet ancien joueur pro, proche de nombreuses têtes connues du poker telles qu’Antoine Labat, Alex Réard et Hugues Girard, pour ne citer qu’eux, cumule à l’heure actuelle un stack conséquent : près de 280 000.

“J’ai globalement joué trois gros spots au niveau d’avant. J’avais 165 000 en début de journée". Si tout semble se passer pour le mieux pour Eddy, il reste tout de même méfiant à une table où le niveau semble être bien plus relevé que lors du Day 1. “Ma table est totalement différente aujourd’hui. Le niveau n’est clairement pas le même. Avant-hier, j’avais beaucoup d’Américains, ça rigolait beaucoup, l’ambiance était top”, me confie-t-il avant d’évoquer les deux objectifs qu’il s’est fixé sur ce tournoi. “Objectif premier : ITM. Le second : atteindre le Day 6. Après cela, on verra bien”. Si la route est encore longue, on souhaite à Eddy de vivre son one time le plus longtemps possible. - VictorP

Anecdotes, statistiques et citations à la con

« Ah ben moi, maintenant qu’il m’a dit qu’il me trouve canon, je le trouve sympa en fait ! » - Signé : une photographe blonde à propos de Yoh_Viral.

WSOP / Reportage

WSOP 2024 : tous nos articles

Ils l’ont (re)fait !

Pour la deuxième année consécutive, le Main Event attire plus de 10 000 joueurs Avec 10 112 participants très exactement, le record d'affluence est battu ! La dotation totale dépasse les 94 millions de dollars Level 9 : Blindes 100 / 1 500 BB ante 1 500 Main Event 10 000 $ (Day 2D)

History in the making at #WSOP2024! With a record-breaking 10,112 unique entries in the Main Event, poker's finest are gathering to chase glory and the ultimate bracelet.

Let the chips fly and legends be born! pic.twitter.com/HPjWwBC5PK

— WSOP - World Series of Poker (@WSOP) July 9, 2024

Il y a trois jours, après des Day 1A et 1B aux affluences à trois chiffres, et un Day 1C en deçà de celui de l'an passé, on commençait à croire la chose impossible : un field à cinq chiffres comme celui observé en 2023 semblait hors de portée cette année. C'était sans compter sur le Day 1D, toujours plus séduisant auprès des joueurs (5 014 inscrits, du jamais vu), et surtout aux inscriptions ouvertes très tard, qui ont permis à des centaines de joueurs d'attendre le Day 2 pour s'inscrire.

C'est maintenant officiel, et les organisateurs des World Series of Poker ont de quoi s'applaudir : avec 10 112 participants au total, le Main Event franchit pour la deuxième fois consécutive le cap des 10 000 joueurs, et bat au passage son propre record.

« 10 000 inscrits, c’est devenu le chiffre magique pour le Main Event des WSOP », a réagi le président des WSOP Ty Stewart dans un communiqué. "Depuis que l’on a déménagé sur le Strip, la réponse des joueurs a dépassé toutes nos espérances. Nous remercions tous nos partenaires [hé, on en fait partie, un peu !], le staff, et surtout les joueurs pour un été inoubliable, une fois de plus."

Et en plus, l’échelle des prix est bien meilleure

WSOP / Reportage
Vous vous souvenez peut-être du « shit storm » que se sont pris les organisateurs l’an passé, quand l’échelle des prix avait été révélée dans la foulée de l’officialisation du record. Il y avait de quoi : en insistant pour offrir 12,1 millions de dollars au vainqueur (pour battre les 12 millions donnés à Jamie Gold en 2006, année du précédent record), il avait fallu faire de sacrés sacrifices. Car entre temps, la norme avait fait passer le nombre d’ITM de 10 % à 15 % du field.

On espère que les critiques se tairont cette fois-ci : à vue de nez, ce cru 2024 du payout n’a rien d’une piquette. 10 millions de dollars pour le vainqueur « seulement » : personne ne s’en plaindra (à part le vainqueur, et encore). En outre, tous les finalistes seront millionnaires, une tradition de longue date qui avait été foulée au pied l’an passé.

Pour remporter dix buy-ins, il faudra tutoyer le top 100… Le min-cash, lui, vaut 15 000 $. Cela enfreint la nouvelle règle des WSOP disant que les premiers ITM doivent remporter au moins deux fois le prix d'entrée du tournoi. Mais, là encore, je pense que ça ne fera pas râler grand monde.

Ah, au fait ! En plus de tout ce fric, il y a un bracelet à gagner. Unique et hors de prix. Si je me souviens bien, la pièce fabriquée par le bijoutier californien Jostens vaut au moins un demi-million de dollars. Le communiqué nous dit qu’il pèse 445 grammes en or dix carats, et qu’il est adorné de 2 253 pierres précieuses : diamants, onyx noir, et même 75 véritables rubis rouges. Nouveauté : le bracelet contient une pièce amovible en or : un « card guard » qui offrira au vainqueur un moyen unique au monde de protéger ses cartes pendant son prochain home game à dix balles.

Main Event WSOP 2024 : répartition de la dotation
Total : 94 041 600 $

























































































































































Rang Prix
Vainqueur 10 000 000 $
Runner-up 6 000 000 $
3e 4 000 000$
4e 3 000 000$
5e 2 500 000$
6e 2 000 000$
7e 1 500 000$
8e 1 250 000$
9e 1 000 000$
10ᵉ & 11ᵉ 800 000 $
12ᵉ et 13ᵉ 600 000 $
14ᵉ à 17ᵉ 450 000 $
18ᵉ à 26ᵉ 350 000 $
27ᵉ à 35ᵉ 300 000 $
36ᵉ à 44ᵉ 250 000 $
45ᵉ à 53ᵉ 200 000 $
54ᵉ à 62ᵉ 160 000 $
63ᵉ à 71ᵉ 140 000 $
72ᵉ à 80ᵉ 120 000 $
81ᵉ à 125ᵉ 100 000 $
126ᵉ à 134ᵉ 85 000 $
135ᵉ à 162ᵉ 70 000 $
163ᵉ à 224ᵉ 60 000 $
225ᵉ à 287ᵉ 50 000 $
288ᵉ à 350ᵉ 45 000 $
351ᵉ à 413ᵉ 40 000 $
414ᵉ à 476ᵉ 37 500 $
477ᵉ à 539ᵉ 35 000 $
540ᵉ à 602ᵉ 32 500 $
603ᵉ à 665ᵉ 30 000 $
666ᵉ à 764ᵉ 27 500 $
765ᵉ à 863ᵉ 25 000 $
864ᵉ à 950ᵉ 22 500 $
951ᵉ à 1008ᵉ 20 000 $
1009ᵉ à 1250ᵉ 17 500 $
1251ᵉ à 1517ᵉ 15 000 $

dd

Level 9, c’est là que commence la teuf’

Level 9 : Blindes 1 000 / 1 500 BB ante 1 500 Main Event 10 000 $ (Day 2ABC)

Le Hero-call qui décolle

Réunion française en table 458. Voyez ce beau carré de grinders tricolores : Arnaud Enselme, Yoh Viral, Quentin “Jilano" Guivarch” et Ludovic Uzan. Le moins connu quatuor n’est ni le moins habile, ni le moins doté en jetons. C’est d’ailleurs lui qui s’est fendu d’un superbe hero-call pour s’envoler au-delà des 300 000 jetons.

Membre de la redoutable Team ATM, “Ludo” attaque un coup dans une dynamique particulière : La grosse blinde a cru qu’elle était UTG et a fold avant même que le coup ait véritablement commencé. Rien qui ne change la première décision d’Uzan : open AQ, payé par un reg indien en SB. "Il a l’air compétent, ou au moins décent, précise le joueur, à qui je laisse le soin de raconter la suite. Le flop vient AQJ, tranquille, je c-bet mi-pot, il call. Turn 7, je 2-barrel pot, il call encore, river 2, il check et je fais 3/4 pot ».

Jusque-là, le coup parait bien standard. Le mal de crâne arrive sur ce move drastique de l’Indien : Raise 3x, soit 105 000 sur les 35 000 demandé par le Français.

Le coup mérite réflexion. Après un bon tank, Ludovic s’appuie sur son bloqueur pique et ses reads pour payer. Vilain montre A10, pour une top paire transformée en bluff. La double paire de Ludo est bonne : 325 000 pour le grinder maltais. - Fausto

Melbourne Aussie

Dief

Mettre la main sur l'ensemble des joueurs français présents sur le Main Event, qu'on se le dise, ce n'est pas ce qu'il y a de plus simple. Oui, mais ça, c’était surtout lors des Day 1. Car, depuis hier, le 'seat draw' officiel est disponible sur le site des WSOP, et ce, pour notre plus grand bonheur. Cela nous a d’ailleurs permis d’aller à la rencontre de Hugo Dief que l’on l’a retrouvé à sa table avec un tapis de 90 000.

Basé en Australie du côté de Melbourne depuis son départ de Clermont-Ferrand à l’age de 25 ans, Hugo, qui a vécu du poker de durant une dizaine d’années, est aujourd’hui présent à Las Vegas pour croiser le fer sur le premier Main Event de sa carrière. Et s’il n’est aujourd’hui plus le professionnel qu’il a été il y a de cela quelques années, celui qui officie la majeure partie du temps aux tables de cash game PLO à Melbourne, et en MTT lorsqu’il joue en No-Limit Hold’em, espère aujourd’hui rattraper un Vegas, pour l’heure, compliqué.

J’ai notamment fait le 10 000 $ du Wynn, il y a quelques jours, mais j’ai fini par bust avec deux Dames contre les As avant les places payées. Alors, si je peux rattraper tout ça sur le Main, je ne dis pas non. Mais le plus important reste de prendre du plaisir et jouer sans pression”. Alors que le niveau 9 est à quelques minutes de se terminer, celui que l’on peut aujourd’hui qualifier de Franco-Australien espère vivre une fin de journée avec un peu plus de réussite. “J’avais bag 129 000 à la fin du Day 1. Aujourd'hui, je suis tombé à 25 000, mais j'ai fini par remonter jusqu'à 90 000. J’ai pu jouer mon jeu durant un moment, mais ça, c’était avant que des gros stacks arrivent à ma table. Ça 3-bet beaucoup, alors, je me fais plus discret”. - Victor

Dabou tout doux

Parys

A la table de Ludo, le 3-bet est la norme et anime la majorité des coups. Quelques tables plus loin, Max “Dabou”, lui, n’a pas vu un 3-bet depuis bien longtemps. "La table est très docile. En fait, personne ne fait rien !" s’alarme le joueur, qui s’ennuie presque du manque d’action. "Tout le monde joue honnête… Sauf moi. Et encore, ça m’incite moi-même à jouer honnête". Le grinder profite largement de cette dynamique et ramasse les pots sans contestation. S’il s’excuse presque de ne pas avoir de “coups rocambolesques” à partager, Maxime Parys grind sereinement pour flirter avec les 190 000 jetons. - Fausto

Anecdotes, statistiques et citations à la con

"Fausto ! Fausto ! Viens vite ! Ah, bah trop tard ! " Renato Minicucci appelant les couvreurs Français pour voir son tapis-payé contre Nick Schulman avec AA contre JJ... Puis Renato Minicucci se ravisant après que Nick Schulmnn ait frappé un J au flop.

"J'étais sûr qu'il allait le faire ! Ça fait deux heures qu'il jongle avec ses verres pour les transvaser l'un dans l'autre" - Malcolm Franchi, anticipant tous les moves de son voisin, jusqu'au renversement de son café qui se déverse sur tout le tapis, diffusant dans le virage une bonne odeur de Colombie.

Level 10, solidifer son édifice

Level 10 : Blindes 1 000 / 2 000 BB ante 2 000 Main Event 10 000 $ (Day 2D)

Lhuillier met le feu

Nous tenons le chipleader français du jour ! Jean Lhuillier, ce grinder basé à Nottingham qu’on avait suivi lors de son one time sur le 1 500 $ Freezout l’an dernier, fait flamber la table et monte un énorme tapis de 540 000 jetons. "Ça a été très fluide, j’ai value Town tout le temps et j’ai passé un gros bluff" raconte le plus anglais des Français (derrière Romain Lewis bien sûr).

Lhuillier
"J’ai défendu J10 sur un open CO, le flop est venu Q92. Avec le valet de cœur, je me dis que ça peut être un bon spot et je check raise 14 000 sur 4 000. Turn 3, je fais 28 000, il call et river 4, je fais 80 000, il passe" raconte Lhiullier qui promet de ne plus faire un bluff de la journée. "Je n’en ferai plus un seul. Lui, c’était un bon reg espagnol, je savais qu’il pouvait fold. Mais les Américains, ils lâchent peu. Et puis, la structure est tellement lente, ça ne sert pas à grand-chose" analyse Jean, désormais assis devant un tapis monstrueux.

"Le coup clef, c'était en début de journée, informe Lhuillier. J'ai chatté un énorme flip contre un Youtubeur qui “recordait” tout le temps avec son téléphone. Il s'appelle Corey Ering. Il open, je flat avec QQ et derrière, un shortstack 3-bet tapis pour 14BB. Et là, Corey raise presque à tapis 60 000 avec 20 000 derrière. Je re-shove, il a AK et ça vient Roi au flop, dame river".

Venu pour un Vegas plus longue durée, le Franco-Britannique s’est cependant fait plus discret jusqu’à maintenant. "L’année dernière, j’ai fait trois tournois, j’ai gagné 150 000. Cette année, j’y vais doucement, mais je gagne le Main Event". Deal. - Fausto

One time

Clément Lescanff
Le Day 2D nous aura également permis de faire la connaissance de Clément Lescanff, muni d’un tapis de 145 000. “Je viens de Bretagne, mais actuellement, j’habite à Malte, depuis cinq ans”, explique Clément. Joueur récréatif depuis sa majorité, ce grand amoureux de Vegas (il y vient depuis près de dix ans pour “jouer quelques Daily”) dispute cette année son tout premier Main Event. “Je me suis fait stacker par certains de mes collègues de boulot pour pouvoir jouer. Ce n'est que du bonheur”. Joueur de live quand il a le temps, Clément joue également online durant les Series et le KING5. Une compétition à laquelle il semble très attaché, ce malgré un léger manque de réussite. "Je joue le KING5 depuis la toute première édition, soit près de 17 ans, et je n'ai jamais fait mieux que remporter 50 € !" confie-t-il en rigolant.

Pour l'heure, si rien n’est encore acquis vu qu'il reste encore une douzaine d'heures à jouer avant la bulle, Clément “rêverait de faire l’argent”. Il semble au moins bien parti pour continuer l’aventure au Day 3. “J’ai démarré la journée avec 145 000. Je suis monté à 200 000, avant de redescendre à 40 000 après avoir perdu avec les Rois contre les As. Heureusement, j’ai ensuite pu remonter en gagnant un pot avec A-K contre Alex Keating qui avait A-Q. Des hauts et des bas qui lui permettent à l’heure actuelle de comptabiliser le même tapis qu’en début de journée. - VictorP

Le flambeur Delval

Tout le monde connaît le fameux poème d’Arthur Rimbaud. Mais connaissez-vous son équivalent pokeristique ? Lui n’a pas deux trous rouges, mais bien deux verres rouges sous son front droit. Et il ne dort pas. Un petit Delval qui mousse de jetons.

Delval
À l’instar du dormeur, il aime aller au combat, alternant les esquives inspirées et les assauts kamikazes. Voyez par vous même. "J’open 3 000 QQ, payé au bouton et 3-bet de la BB, je just-call, et c’est payé par le bouton. Le flop vient 910J, SB check, je veux savoir où j’en suis donc je fais 21 000, payé au bouton et fold de l’OR. Turn J, je check, il fait 34 000, je fold et il me montre 1010". Bien senti, d’autant que la SB dira plus tard avoir foldé au flop… Deux As. Il y avait bien des moyens de perdre plus sur ce coup.

"Derrière, je tilt un peu et j’open 95UTG. J’ai de la chance, je parviens à showdwon contre un As-Roi alors que j’ai touché mon 5. Derrière, je fais une petite flush, je remonte et là, je 3-bet KK. Un joueur 4-bet shove AK, ça tient et je monte à 220 000". De la poésie pokeristique. - Fausto

Anecdotes, statistiques et citations à la con

"OUUIIIII ! Allez là, mange tes morts, je fold pas les As" - Signé : un poète Français répondant au prénom de Théo, trouvant une river miraculeuse pour faire repasser ses As devant, doubler et passer à un stack de 180 000.

« Je bust sur une main qui ne se raconte pas. A un moment, le téléphone du mec à ma droite sonne. C’est sa meuf, elle lui annonce qu’elle le quitte ! Alors il annonce qu’il ne veut plus jouer, il va chercher à donner ses jetons. Arrive rapidement cette main : il est au bouton, il envoie tout son tapis sauf un jeton. Je suis de SB, j’ai As-10 assortis. Je fais tapis. Résultat : je saute contre la BB qui montre As-Roi ! J’avais 40 blindes au départ de ce coup… » - Signé : un joueur français membre de la FNL, qui nous raconte en rigolant son improbable sortie du tournoi Ultra Stack à 600 $, dont le Day 1B se déroule en parallèle. »

Beer Level
"I give you this, to get it faster" - Signé : un grinder français bien connu versant un très généreux pourboire au serveur, parce que visiblement pressé de recevoir sa Budweiser, alors qu’on vient d’attaquer le dernier niveau de la journée, alias le "Beer Level".

« Hé, tu devrais noter cette main, elle est pas mal » - Signé : un joueur random nous arrêtant dans l’espoir que sa main random soit publiée sur PokerNews, cela nous arrive à peu près trente fois par jour et au lieu de lui expliquer qu’il y a d’autres façons de couvrir le Main Event que de noter des mains random, à chaque fois on fait vaguement semblant de s’intéresser au coup avant de s’enfuir discrètement.

On les a perdus de vue : Samuel Dray, Yoh Viral, Reda Bouabala, et les qualifiés Expresso Laurent Cessy et Matthieu Saulieres.

Julien Sitbon
Double deeprun pour Julien Sitbon, qui n’est parait-il plus très loin d’une finale sur l’un des tournois à bracelet du site WSOP.com

Dix mille joueurs, autant d’histoires

Main Event 10 000 $ (Fin du Day 2D)

WSOP / Reportage
"Cinq chiffres, sinon rien", écrivait-t-on il y a déjà six jours en guise d'introduction à l'édition 2024 du Main Event. 10 000 inscrits : ce plafond, que l'on a longtemps pensé impossible à crever, avait été atteint pour la première fois il y a un an. Maintenant que l'enthousiasme des joueurs du monde entier et une organisation sans faille a permis de rééditer ce score, il ne constitue plus une surprise. Il est une tendance : jamais plus nous attendrons moins du plus gros tournoi du monde, un tournoi qui n'en finit plus de grossir.

10 112 joueurs, et autant de candidats à un premier prix de 10 millions de dollars. 10 112 joueurs, mais déjà deux tiers d'entre eux qui n'ont plus que des souvenirs de ce tournoi au terme du Day 2 - ils ne seront que 3617 à revenir au Horseshoe mardi, pour tenter dans un premier temps de décrocher l'une des 1517 places payées.

10 112 joueurs, et autant d’histoires. Essayons de vous en narrer une poignée…

Samba Latinois

C’est un de ces jeunes grinders qu’on aperçoit sur chaque festival Winamax. De Bratislava à Marrakech en passant par le WiPT, Malo Latinois ne loupe pas un évènement du W rouge. Et rarement il ne se déplace pour y faire de la figuration. Cette fois, c’est aux Championnats du Monde, sur un tournoi à 10 000 $, et sur son tout premier Vegas que le jeune grinder attire la lumière et les jetons. Malo a fait parler ses moves techniques, son sens du rythme, pour faire danser ses adversaires tout en montant sur le podium du chipcount bleu. Une performance d’autant plus remarquable qu’il a commencé la chorégraphie en rampant.

Malo Latinois
« J’ai démarré avec 70 000 ce matin, et je suis vite tombé à 30 000, rappelle le grinder de la Team ATM. Derrière, j’ai eu une bonne table et j’ai pu grind. J’ai monté pas mal de jetons sans showdown… Enfin, ça donne l’impression que t’as bien joué, mais faut pas se leurrer, j’ai très bien run » observe le grinder qui a ainsi multiplié son tapis par 13.

Malo retient notamment cette main qui l’a propulsé dans les hauteurs : open CO, 3-bet shove SB pour 25 blindes et Latinois se réveille avec deux As en grosse blinde. En face il y a 77 et pour ne rien arranger, le CO dira avoir foldé… 77. Latinois ponctuera la journée avec un petit brelan pour flirter avec les 400 000.

« C’est mon premier Main, mon premier Vegas, s’enthousiasme le joueur. Je suis venu grâce à la Team ATM. Je travaille avec Samy (Dubonnet) et Alexis (André) depuis quelque temps et ils m’ont proposé de venir avec eux dans leur villa. Pour moi, c’est une super opportunité, de pouvoir être stacké sur les WSOP et de profiter de leur expérience ».

Une expérience qui permet par exemple de digérer le Vegas « compliqué » qu’il éprouvait jusque-là. « Je n’ai pas fait un ITM en 16 tournois sur le séjour. Enfin, si, après avoir bust trois fois d’un 1 200, j’ai fait mon seul min-cash sur un 200 $ où je m’étais perdu. Au début, ça fait un peut mal, mais je relativise :j’ai trop de chance d’être là ». D’un point de vue financier comme des souvenirs, le bilan de ce séjour pourrait être légèrement modifié par le run en cours.

La déferlante bleue

Chovequipeu
Comme Malo Latinois, de nombreux Français engagés sur Day 2C reviendront au Day 3 avec une quantité de blindes. Malcolm Franchi est lui aussi repassé sous le tapis de départ avant de s’envoler au-dessus des 400 000 jetons. Jouant lui aussi son premier Main Event, l’ami Chovekipeu (photo), vainqueur du 3 Million Event des Wina Series il y a un an, emballe un magnifique tapis de de 360 000. De son côté, Jean Lhullier n’a jamais cessé de nourir son brasier de jetons. Erwann Pécheux, François Pirault, Nicolas Vayssières ou Elky reviendront bien armés, et Antoine Saout, Bruno Fitoussi ou Moundir n’ont pas dit leur dernier mot.

Vous l’aurez constaté : plusieurs gros noms du poker français intègrent le wagon de qualifiés du jour… dont voici une liste que l’on aimerait exhaustive mais il va quand même en manquer un peu, on complètera un peu plus tard :

Cécile Ticherfatine
Jean Lhuillier (572 000), Alexis André (445 000) Malcolm Franchi (408 000), Eddy Sadoun (378 000), Robin Gérard (360 000), Mathieu Philbert (335 000), Ludovic Uzan (323 000), Clément Lescanff (320 000), Emilio Ulysse (292 000), Erwann Pécheux (289 000), Arnaud Antoine (274 000), Cecile Ticherfatine (250 000 - phoo), Maxence Carbonneaux (245 500), Victor Fryda (240 000), Jonathan Fhima (227 000), François Pirault (220 000), Maxime Parys (218 500), Remy Murcia (217 500), Nicolas Vayssieres (209 000), Fredéric Delval (196 000), Quentin Guivarch (193 000), Sandrine Phan (182 500), Yoann Rascar (174 000), Simon Prudhomme (170 000), Jérémy Saderne (165 000), Paul-François Tedeschi (160 000), François Robert (158 000), Sonny Franco (145 000), Emmanuel Houssais (133 000), Florent Le Neillon (130 000), Arnaud Simon (122 000), Alexis Leneveu (110 000), Moundir (100 000), Alex Le Vaillant (88 500), Romain Morvan (85 000), Bruno Fitoussi (72 000), Leo Curial (70 000), Antoine Saout (62 500), Samy Boujmala (55 000), Mehdi Ferrah (53 000), Patrick Sacrispeyre (45 000), Olivier Theze (39 000), Paul Amsellem (33 000), et enfin Jérôme Finck (16 500).

Note pour plus tard : aller enfin voir Emilien Pitavy

Emilien Pitavy
Quand il a gagné 270 000 balles au Wynn la semaine dernière, on n’a rien dit : on était occupés avec le début du Main Event. Quand il a terminé le Day 1D avec 71 600, on n’a rien dit non plus : c’était à peine plus que le starting stack. Mais quand on a vu, à la toute fin du Day 2D, que PokerNews l’annonçait toiser le field avec près de 600 000, on s’est dit qu’il allait bien falloir s’intéresser à Emilien Pitavy. Un joueur encore peu connu du public, mais dont les initiés ne cessent de dire du bien. Emilien, si tu nous lis : on ne tardera pas à venir t’embêter en début de Day 3 !

Le Team W rate le dernier virage

Team Winamax
Seulement deux membres du Team Winamax (plus Moundir qui fait partie de la famille) sur la traditionnelle photo de fin de journée… Et pourtant, dix minutes avant que Caroline Darcourt ne braque son objectif devant les fameuses lettres lumineuses épelant WSOP, ils étaient quatre. Cela faisait longtemps qu’on avait perdu Alexane Najchaus, partie de trop bas pour espérer autre chose qu’un petit miracle. Mais c’est sur l’ultime orbite du Day 2D que le clan s’est brutalement réduit.

On a d’abord croisé Leo Margets nous parlant d’une paire d’As craquée par As-Dame. Sale ! « Mais ce n’est pas un bad-beat, précise l’Espagnole. J’avais moins de 30 BB, j’ai payé un 3-bet, et les jetons sont partis sur J-9-8….Il trouve le 10. »

Une minute plus tard, les superviseurs annonçent au micro les cinq dernières mains. On arrive à hauteur d’un Joao Vieira en pleine réflexion : il prend tout son temps avant de transformer en bluff KJ sur un board K10Q24, avec une mise de 118 000 ne laissant que deux jetons de 500 devant lui. C’est avec beaucoup moins de patience que son adversaire va payer avec 1010 pour le brelan floppé. Les derniers jetons du Portugais s’évaporeront sur la main suivante.

Tant pis. On se console en écoutant Moundir nous raconter être tombé à 4 BB, avant de remonter à 107 000 (43 BB) à force de all-ins et de rencontres favorables. Julien Sitbon, lui, nous explique avoir joué beaucoup de coups, bénéficié d’un beau setup avec 66 qui trouve un flop 6-4-4 pour prendre un max contre les As, avant la redescente, la faute à un autre full, perdu celui-là. Avec 125 000, le sourire est là, cependant : "C’est mon premier Day 3 sur le Main Event… et ça sera mon premier Day 11 !"

Davidi Kitai
Et Davidi Kitai, dans tout ça ? La photo de Caro dit tout : la soupe à la grimace était au menu ce soir après avoir « bag » 54 500, moins qu’en fin de Day 2D, et moins que le starting stack. On avait pourtant commencé à s’exciter en voyant le Belge shooter un joueur trop agro grâce à une paire d’As, avant le dîner… La suite fut moins heureuse.

« Il y avait ce reg Arménien qui m’a posé beaucoup de problèmes. Il relançait une main sur deux, il ajoutait beaucoup de variance et était capable de bluffer des énormes spots. Je l’avais déjà affronté au Day 1, j’avais réussi deux beaux hero calls contre lui, mais là, je n’ai pas su trouver la solution » analyse Davidi, qui nous partage la HH clef de sa fin de journée.

« Open UTG 4 000 de ce reg, call HJ d’un bon joueur avec un gros stack et call d’un joueur en tilt qui a seulement vingt blindes. J’ai AJd en SB, je fais 19 000, l’Arménien me paie rapidement. Le flop vient A84, je c-bet 8 000, il call. Turn K, je check, il fait 33 000, je call. River 6, je check, et il met tapis pour mes 80 000 jetons. Je sais qu’il est capable de transformer beaucoup de mains en bluff, mais je pensais avoir un tell sur lui, mais je ne l’ai pas vu cette fois. J’ai fold… mais je ne crois pas que ce soit pour les bonnes raisons ». Allez, on oublie, et on tente de remonter mardi avec 22 BB, on en a vu faire mieux avec moins que ça.

Avec les qualifs de Davidi et Julien, ce sont six pros du Team Winamax que l’on retrouvera au Day 3, plus Romain, vainqueur de la Team Pro Experience.

La FNL représentée au Day 3

Alexis Leneveu
"Hé oui, t’as vu ça ? La FNL est là sur le Main !" Les paroles viennent de Romain Semler. Mais ce n’est pas l’auteur d’un beau podium à Bratislava à 2022 qui joue le Big One. Le prof de maths pointe vers la table où est assis Alexis Leneveu. Un informaticen parisien qui, pour sa première à Las Vegas, voulait vraiment vivre l’expérience à fond. « Je me suis payé l’entrée directement. Si je ne l’avais pas fait, j’aurais passé le séjour frustré ! » Comme souvent avec la FNL, communauté de joueurs étendue sur toute la France et partenaire de longue date de Wina, ce séjour est avant tout une histoire de potes - à ce stade, les 10 millions de dollars à la gagne ne sont qu’un chiffre lointain.

« J’ai fait des bonnes Wina Series, rembobine Romain, alors je me suis décidé. J’ai fait le voyage avec Reda, qui s’était qualifié sur Winamax, il a sauté aujourd’hui… » « Et j’ai suivi, complète Alexis. C’est vraiment un tournoi trop cool. Là où j’ai vraiment eu beaucoup de chance, c’est que je n’ai eu que de bonnes tables. J’en ai fait 5 ou 6 depuis le début, et ça s’est toujours bien passé. » « Et tu as su jouer ton jeu », souligne Romain. Le membre FNL termone le Day 2 avec à peu près le même stack qu’à midi : 110 000. Mais cela représente encore 40 blindes pour attaquer le Day 3 : sur le tournoi le plus long du monde, le temps n’est pas compté.

Brèves de fin de Day 2D

Yoh Viral
La stratégie de l’arrivée ultra-tardive au Day 2, idée de génie ou couillonnade extrême ? Il sont 824 à avoir opté pour ce choix controversé… et on connaît au moins trois joueurs pour qui ça n’a pas marché : Julien Pérouse, Safwane Bahri et Yoh Viral (photo), victime d’un flip après le dîner. En revanche, la manip’ est passée pour Tom Dwan (photo - 187 000, c’est juste au-dessus de la moyenne) et surtout notre Adrien Guyon national, qui « bag » une somme tout à fait impressionnante de 424 000. Tiens, note pour la semaine prochaine : demander à tous les finalistes quel fut leur Day de départ.

Phil Ivey
Arrivé tard sur le Day 1D, il avait monté 2,5 stacks en un rien de temps de temps. Aujourd'hui, Phil Ivey a doublé ce capital pour terminer avec 289 500.

Fabrice Bigot
Un cador du clan français manquera à l'appel mardi. Animateur régulier du Main Event à des stades avancés, Fabrice Bigot s’arrête cette fois dès le Day 2. Le finaliste de l'EPT Paris a vu son stack de 150 000 jetons s’écrouler en deux setups. Deux Dames contre deux Rois, puis As-Roi contre deux As. Allez saaaalut, comme on dit en Belge.

Ludovic Uzan
La Team Elite Poker au Top. La jeune meute de loups spécialisés dans le cash-game, qu’on apprend petit à petit à connaitre sur ce Main Event, continue de faire forte impression. Cinq des huit grinders sont encore en course après deux jours… Dont deux à plus de 100 BB, à l'image de Ludovic Uzan, le meneur du quinté. Quoi de plus normal pour des joueurs de cash-game que de savoir manier des stacks à trois chiffres ?
JJ Liu
Nous ne faisons jamais de concours du plus beau chapeau sur le Main Event, et pour cause : chaque année, c'est JJ Liu qui gagnerait.
Joe Elpaaya
Pareil pour le championnat annuel de la tignasse qui tombe jusqu'aux genoux : Joe Elpayaa, que l'on a pourtant connu coupé très court durant ses années post-études, n'a aucun concurrent dans ce domaine. Celui qui fut le voisin d'Erwann Pecheux aujourd'hui a par ailleurs réussi un petit exploit aujourd'hui : remonter d'un tapis de 500, moins d'une BB, à 80 000... avant de sauter.
Scotty Nguyen
Parmi les anciens Champions du Monde qui seront au Day 3 : un Scotty Nguyen très correctement placé (206 000) et...
Dan Weinman
... un Dan Weinman (229 500) qui continue donc de défendre son titre. Allez, plus que 3 000 joueurs à battre !
Loni Harwood
Parmi les têtes de série ricaines, le plus gros tapis que nous avions zieuté en fin de journée appartient à l'excellente Loni Harwood (Madame Philip Hui à la ville mais surtout deux bracelets WSOP au poignet), avec de très belles piles de jetons verts et rouges (25 000 et 5 000 de valeur chacun). A vérifier une fois le classement définitif publié par les organisateurs.

Wouf
Wouf

Voilà pour ce gros (très gros) Day 2D qui fera date. On recommence mardi à midi (21 heures en France) avec quelque chose comme 3 500 joueurs encore en course. Objectif : la bulle et les places payées, au nombre de 1 517. Mais en coulisses, tout le monde en est déjà convaincu : cela n'arrivera pas avant le tout début du Day 4. Mercredi, donc. Tant mieux : cela va nous laisser un peu de temps pour aller à la rencontre des nombreux Français avec qui nous n'avons pas encore fait connaissance...

Benjo, Fausto, VictorP & Caroline Darcourt

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2 067 joueurs franchissent le Day 2D

Rail

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Day 2D - 4 385 joueurs / 2 067 restants (dont 75 Français) - Chipleader : Alex Livingston (USA) 750 500 Day 2ABC - 3 349 joueurs / 1 550 restants (dont 40 Français) - Chipleader : Anthony Marsico (USA) 797 000 Day 1D - 5 014 joueurs / 3 823 restants (dont 138 Français) - Chipleader : Christopher Frank (Allemagne) 698 000 Day 1C - 2 504 joueurs / 1 907 restants (dont 36 Français) - Chipleader : Mikiya Kudo (Japon) 600 100 Day 1B - ??? joueurs / 616 restants (dont 23 Français) - Chipleader : George Dolofan (USA) 314 000 Day 1A - 915 joueurs / 620 restants (dont 17 Français) - Chipleader : Joshua Feiger (USA) 311 900

Le Top 10

Joueur

Alex Livingston (USA) 750 500 Tyler Hatchel (USA) 679 000 Donovan Dean (USA) 634 500 Shuyang Han (USA) 604 000 Charles Russell (Irlande) 602 000 Émilien Pitavy (France) 589 000 Adam Friedman (USA) 581 000 Stephen Song (USA) 577 000 Jean Lhuillier (France) 572 000 Paulo Joanello (Brésil) 547 500

75 Français

Adrien Guyon

Émilien Pitavy 589 000 Jean Lhuillier 572 000 Alexis Andre 444 500 Adrien Guyon 424 500 Malcolm Franchi 408 500 Édouard Sadoun 378 000 Rayane Bouibeb 375 500 Damien Robert 352 000 Mathieu Philbert 335 000 Ludovic Uzan 323 000

Croupière

Clement Lescanff 320 500 Alesis Mtalssi 312 000 Emilio Ulisse 292 000 Erwann Pecheux 289 000 Arnaud Antoine 276 500 Victor Fryda 267 000 Cécile Ticherfatine 250 000 Maxence Carbonneaux 245 500 William Reymond 236 000 Jonathan Fhima 227 000

Chapeau

François Pirault 221 000 Maxime Parys 218 500 Nicolas Vayssieres 209 000 Rémy Murcia 208 500 Adel Naoun 205 000 Clément Genon 198 500 Frédéric Delval 196 500 Olivier Chaume 189 000 Alexandre Servies 188 000 Antoine Delorme 184 500

Sandrine Phan

Élie Mosaki 182 500 Sandrine Phan 182 500 Paul-Francois Tedeschi 178 000 Yohan Rascar 174 000 Simon Prud'homme 172 500

Christopher Marcadet

Louis Leboisselier 166 500 Christopher Marcadet 160 000 Vincent Meli 158 000 Sonny Franco 158 000 Quentin Guivarch 153 000

François Robert

Nathan Tetart 152 500 François Robert 151 000 Vincent Robert 148 500 Lionel Lesur 147 500 Jacques Mayer 138 000

Rabah Ait-Abdelmalek

Emmanuel Houssais 133 000 Bruno Mandagaran 132 000 Rabah Ait-Abdelmalek 130 000 Florent Le Neillon 130 000 Julien Sitbon (Team Winamax) 125 000

Paw Paw

Arnaud Simon 117 000 Jérémy Saderne 109 000 Moundir Zoughari (WIP) 107 500 Bertrand Grospellier 102 500 Jérôme Bacouel 98 500

ElkY

Romain Bremond 98 000 Alexandre Le Vaillant 88 500 Alain Elhajj 87 500 Romain Morvan 85 500 Paul Patouilliart 81 500

Patrick Sacrispeyre

Laurent Azout 79 000 Maxime Chilaud 78 000 Bruno Fitoussi 76 000 Théo Sastre 76 000 Alexis Leneveu 72 000 Sébastien Grax 65 000 Théo Devidal 65 000 Antoine Saout 62 500 Patrick Sacrispeyre 61 500 Samy Boujmala 57 000

Paul Amsellem

Meddi Ferrah 53 000 Édouard Sacrispeyre 41 000 Oliver Theze 39 000 Paul Amsellem 38 500 Jéôme Finck 16 500

Jéôme Finck

Le reste du field (sélection très partielle)

Alex Keating (USA) 531 000 Brian Hastings (USA) 438 500 Christopher Frank (Allemagne) 392 000 Jose Ignacio Barbero (Argentine) 375 500 Talal Shakerchi (UK) 359 500 Ari Engel (USA) 334 500 Johannes Becker (Allemagne) 313 500 Natasha Mercier (USA) 291 000 Max Pescatori (Italie) 285 500 Phil Ivey (USA) 283 500

David Peters

Bart Lybaert (Belgique) 248 000 Christopher Vitch (USA) 231 000 Daniel Weinman (USA) 229 500 Brian Rast (USA) 229 000 Ana Marquez (Espagne) 224 000 Scotty Nguyen (USA) 206 000 Andrea Dato (Italie) 197 500 David Peters (USA) 185 500 Kristen Foxen (Canada) 181 000 Anson Tsang (Hong-Kong) 158 500

Martin Jacobson

Martin Jacobson (Suède) 154 000 Amichai Barer (Canada) 142 500 Espen Jorstad (Norvège) 133 000 Ebony Kenney (USA) 131 000 Christoph Vogelsang (Allemagne) 125 000

Espen Jorstad

Nick Schulman (USA) 122 000 Giuseppe Zarbo (Italie) 122 000 Robbi Jade Lew (USA) 118 000 Ian Matakis (USA) 116 500 Peter Jorgne (Suède) 115 000

Ryan Riess (USA) 103 500 Santhosh Suvarna (Inde) 91 500 Benny Glaser (UK) 86 500 Kevin Pollak (USA) 65 000 Andy Black (Irlande) 63 000 Jake Schindler (USA) 56 500 Jack Salter (UK) 56 000 Davidi Kitai (Belgique, Team Winamax) 54 500 Greg Merson (USA) 54 000 Ben Lamb (USA) 39 000

Barry Greenstein (USA) 31 000 Darryll Fish (USA) 25 500 David Ballestero (Espagne) 11 500

Blindes au départ du Day 3 : 1 000 / 2 500, BB ante 2 500

Chien

Wouf

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