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WSOP 2024-Main Event - 1D

Level 1, c’est le carton plein

Énorme affluence en vue sur le Day 1D avec déjà 541 tables actives entre le Horseshoe et le Paris, soit potentiellement près de 5 000 joueurs sur le dernier flight du Main Event. Level 1 - Blindes 100 / 200 BB ante 200 Main Event 10 000 $ (Coup d'envoi - Day 1D)

Maria Konnikova

Avec des chiffres légèrement à la baisse sur les premiers Day 1 par rapport à l'édition-record de 2023, le chiffre de 10 043 de l'édition 2023 sera difficile à battre sur ce Main Event. Il faudrait plus de 6 000 joueurs sur ce Day 1D pour espérer s'en approcher. Autant dire que pour accomplir un tel exploit, toutes les salles disponibles du Horseshoe et du Paris ont été réquisitionnées et, chose rarissime, aucun autre tournoi n'est prévu aujourd'hui avant 19h00, grosse priorité au Big One.

Pour le coup d'envoi de la plus grosse journée d'introduction de ce Main Event, place aux femmes, avec un shuffle up deal prononcé par Maria Konnikova, une autrice diplômée en psychologie à Harvard qui a débarqué dans le milieu du poker en 2016 avec un certain Erik Seidel comme mentor. Après avoir encouragé les femmes à mettre enfin leur nom au palmarès de cette épreuve mythique, la joueuse PokerStars y est allé de ses précieux conseils pour aborder ce grand moment : "Have fun et don't punt !", en français, amusez-vous et ne jetez pas vos jetons !

Hier, avec nos collègues couvreurs, on faisait des projections sur le nombre de joueurs français qui pourraient être au départ de l'épreuve. On pouvait citer une quarantaine de joueurs réguliers qui n'avaient pas encore pris part à l'épreuve et étaient potentiellement dans les starting-blocks pour prendre place sur le plus beau tournoi du monde. Si l'on ajoute à cette liste les qualifiés, les belles découvertes, les inattendus, les revenants, il y a fort à parier que le contingent français aura bonne mine sur ce Day 1D.

Le traditionnel comptage de tables de début de journée a de quoi donner le tournis. 67 tables dans l'Event Center, 194 dans la salle de bal, et 280 dans la grande salle du Paris, des chiffres ahurissants qui donneraient selon nos estimations... près de 4 800 joueurs attendus aujourd'hui. - Tapis_volant

"Un moment spécial"

Léo

“Ah bah, t’es tombé à la bonne table, t’as de la chance !”, tels étaient les premiers mots de notre photographe Caroline Darcourt lorsque l’on s’est approchés de la table de Léo, qualifié en freeroll pour le Main Event des WSOP suite à la victoire de son équipe des Fishes and Chips 2 lors de la dernière édition du KING5. Une phrase loin d’être anodine puisque notre qualifié est, en fait, assis juste en face du célèbre Chance Kornuth qui n’a pas manqué de rigoler lorsqu’il a cru entendre son prénom. Surpris, Léo, qui “ne le connait pas”, a très vite compris à qui il allait avoir à faire. Un sacré adversaire dont il ne se préoccupe pas pour autant plus que cela. Car, pour l’heure, Léo est ici pour se faire plaisir et profiter de sa première venue à Vegas pour disputer pour la première fois le plus beau tournoi du monde. “C’est assez spécial d’être là. Je suis tout excité, je suis là pour kiffer mon moment. Tout cela est nouveau pour moi”.

Car, en réalité, et ce même si l’on pourrait penser le contraire, Léo ne joue au poker que depuis un an. “Je suis un joueur totalement récréatif. J’ai découvert le poker avec mes potes lors de ma dernière année d’études. Depuis, je joue surtout online. J’ai notamment gagné le "Pour la Daronne". De beaux résultats qu’il aimerait également avoir en live, lui qui dispute seulement son troisième tournoi après avoir tenté sa chance quelques mois plus tôt du côté de Marseille pour les qualifications du WiPT, avant de vivre son premier gros tournoi lors d’un échauffement sur le Colossus. “Je tenais à jouer le Colossus pour ne pas arriver sur le Main sans la moindre réelle expérience. C’en fut une belle, même si je n'ai rien fait de concret". - VictorP

Mort lente ou longue vie

"C’est mon onzième Main Event consécutif (seule l’édition annulée pour cause de COVID manque à l’appel), déclare Erwann Pecheux, en découvrant son siège dans l'Event Center du Horseshoe. Et je peux te dire qu’il n’y a pas beaucoup d’années où je vais le louper, sauf si je me fais écraser par un car ou quelque chose comme ça."

En piste sur ce Day 1D, "le meilleur" selon lui, Erwann entretient cependant une relation compliquée avec le plus beau tournoi du monde. "J’ai bust cinq fois au D1, 3 fois D2, une fois D3… J’ai fait une seule fois l’argent en 10 tentatives. Je suis un peu poissard sur le Main. Alors que c’est un tournoi qui me correspond bien" estime le Breton, qui a notamment évoqué ce “bad run” des Day 1 avec Alex Réard, lui-même éliminé sur la première ronde du 1B. "Il y a des jours où tu dégrindes toute la journée, tu n’as aucun spot, tu tombes vite short… C’est une mort lente et pénible. En vérité, des tournois comme ça, il y en a plein. C’est juste que sur le Main Event, c’est plus dur. Et la mort est encore plus lente".

La malédiction prendra-t-elle fin cette année ? Erwann le sent bien. Sans changement de routine particulier, le Pro affirme cependant être plus en forme, notamment d’un point de vue physique. "J’ai eu la chance de pas mal deep run mes premières bullets, explique Pécheux. Surtout sur les flights, je qualifiais souvent dès le premier jour. Ou bien j’arrivais en max late-reg, et je parvenais tout de suite à mettre les jetons dans le sac. Ça m’est encore arrivé avant-hier sur le 1700$ du MGM. Bag première bullet, Day 2 rapide, je fais 59e sur 1 000. Mine de rien, sur un séjour aussi long, ça économise beaucoup de temps et d’énergie. Sur les autres années, j’étais en multi-bullet, j’avais 8BB avant le diner-break, je disais à ma copine “je vais sûrement rentrer dans pas longtemps”, et en fait, je restais toute la soirée, et je jouais des heures sans faire ITM”. Ça aussi, c’est du run. Cette année, je suis chaud ! ».

Au moment de refermer cette introduction, Erwann se lance dans son premier coup de la journée. Open 500 CO, call bouton, et Pécheux envoie un 3-bet 3 200. Voilà comment poser ses intentions ! Attention tout de même à la riposte : 4-bet 8 200 du CO, fold Erwann, qui prend ce coup avec le sourire. La bataille sera dure… et longue ! - Fausto

Anecdotes, statistiques et citations à la con

5 : le nombre de pros du Team Winamax en lice sur le Day 1D. On suivra Julien Sitbon, Pierre Calamusa (arrivé il y a deux jours sur Sin City), João Vieira, Alexane Najchaus et Davidi Kitai.

80 : l'estimation optimiste sur le nombre de Français qu'on espère voir sur ce Day 1D du Main Event, si l'on se base sur les tricolores présents au Bistro Favorite pour le match France/Portugal hier.

La structure du Day 1

Jack Eiffel

Jack Eiffel nous a servi un discours mi-féministe mi-macho avant le shuffle up and deal

60 000 jetons de départ, ce sera largement suffisant pour s'amuser pendant cinq gros niveaux de deux heures, en essayant d'imiter les potes qui se sont déjà qualifiés sur les autres flights et se prélassent à la piscine en scrollant le coverage.

Level Blindes BB Ante
1 100 / 200 200
2 200 / 300 300
3 200 / 400 400
4 300 / 500 500
5 300 / 600 600

Main Event : la structure en PDF

Main Event 2024 : le calendrier

Main Event

Mercredi 3 juillet Day 1A
Jeudi 4 juillet Day 1B
Vendredi 5 juillet Day 1C
Samedi 6 juillet Day 1D
Dimanche 7 juillet Day 2A / 2B / 2C
Lundi 8 juillet Day 2D
Mardi 9 juillet Day 3
Mercredi 10 juillet Day 4 (jour de bulle)
Jeudi 11 juillet Day 5
Vendredi 12 juillet Day 6
Samedi 13 juillet Day 7
Dimanche 14 juillet Day 8
Lundi 15 juillet Pause
Mardi 16 juillet Finale (jusqu'à 4 joueurs)
Mercredi 17 juillet Finale (jusqu'au vainqueur)

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 1, à table avec son bon copain

Level 1 : Blindes 100 / 200 BB ante 200 Main Event 10 000 $ (Day 1D)

Les retrouvailles de deux âmes perdues

Pierre Calamusa

"YEEESS ! Oh, it feels so good !" hurle Pierre Calamusa au milieu de la Ballroom du Horseshoe. Notre Team Pro aurait-il connu un double-up orgasmique ? Du tout. Il vient seulement de gagner au “Rouge ou noir”, un dérivé de la roulette version poker, où l’on parie sur la couleur qui viendra majoritairement sur le flop.

Partout où il joue, Pierre parvient à engrainer des collègues de table pour gamble avec lui. Cette fois, il n’a pas eu besoin de convaincre ses adversaires très longtemps puisqu’il joue tout simplement avec l’un de ses meilleurs amis, Tony Miles.

Aussi improbable soit ce seat-draw, Tony Miles, l’ami que LeVietF0u rencontrait puis accompagnait en 2018 sur son épopée fantastique du Main Event (runner-up derrière John Cynn) se retrouve deux sièges à côté de lui. "On a mangé ensemble avant-hier soir, on est toujours très proche" confirme Pierre, qui n’avait cependant pas retrouvé son pote à une table de poker depuis bien longtemps. "Tu te souviens la première fois ? On était au Planet Hollywood, on était si broke. On venait jouer un 800 $ qui était censé ”overlay”, deux âmes perdues autour d’une table de poker. Maintenant ça va, on est deux âmes plus riches" philosophe le joueur, tout en annonçant “rouge” pour le prochain flop.

Tony Miles

Tony Miles

On doit jouer alors la douzième main de la journée. Soit déjà onze de plus que lors du Main Event précédent pour Pierre Calamusa. "Tu sais que j’ai bust première main du tournoi la dernière fois" lance Pierre en direction du croupier. Le Grenoblois semble en rigoler aujourd’hui. En vérité, la plaie n’est pas encore totalement cicatrisée. "Le traumatisme est toujours un peu là, confesse Pierre. Le croupier a dealé la première main et j’ai foldé tout de suite, sans regarder mes cartes" affirme Pierre, qui me montre alors la vidéo prouvant ses dires. Il semble avoir appris de cet épisode et se lance libéré dans ce Day 1 du Main Event, qu’il aborde après une pause familiale essentielle.

"Je suis arrivé il y a deux jours à Vegas, mais avant, on était à Los Angeles, pour voir ma famille. C’était un moment important puisque ma grand-mère a 103 ans, et c’était la toute première fois qu’elle rencontrait Victoire, son arrière-petite-fille. Ça s'est bien passé, c’était un beau moment en famille". Venu avec sa petite tribu, Pierre Calamusa a rejoint celle de l’autre papa du Team, Davidi Kitai, avec qui il partage une villa sur Vegas.

"On faisait déjà des collocs ensemble quand on était jeunes et qu’on prenait de la MDMA, plaisante Pierre. Mais c’est la première fois qu’on se fait ça entre papas. C’est génial, les enfants sont au bord de la piscine, il y a une vraie ambiance de famille. Par contre, quand on fait un coaching poker, t’as des mômes qui hurlent derrière et on n'entend rien". Cette fois, il n’y a que le bruit des jetons en musique de fond. Ainsi qu’un hurluberlu qui hurle à chaque board "Red !". - Fausto

Le coin des papas

Davidi Kitai

L’autre papa en question a, lui aussi, profité d’un break avec les siens. Après un début de Vegas compliqué, Davidi a préféré retourner en Belgique pour “ne pas forcer”, et reprendre de la bonne énergie pour le Main. "Ça fait du bien. Je me sens plus frais. Il faut juste se remettre dans le rythme" explique Davidi, revenu il y a deux jours à Sin City.

"J’ai vite fait le deuil de ce début de Vegas. C’était seulement un entrainement. Ce qui compte, c’est le Main Event. Pour ce tournoi, je suis toujours très motivé" affirme le joueur, qui a toujours entretenu une relation presque mystique avec ce tournoi. Comme chaque année, il a choisi le Day 1D, jour sur lequel il déclarait “ne jamais avoir eu une table difficile”. Qu’en est-il de ce cru 2024 ? Pas si mal, même si "ça manque un peu de vieux de 80 ans et de chapeaux de cow-boy à mon goût" observe le Génie, pointant du doigt la présence d'un certain John Juanda. - Fausto

Entrée-plat-Teisseire

Antonin Teisseire

En général, dans les premiers niveaux de la journée sur le Main Event, on se dit qu'on a le temps pour les "HH", que ce n'est pas la priorité, et pourtant, parfois, on en trouve des belles, comme cette mythique et désastreuse première main de Pierre Calamusa évoquée par Fausto. Installé dans l'Event Center, Antonin Teisseire a déjà bien swingué dès les premières minutes de son Day 1D. "J'ai joué deux coups et fait deux brelans", lance-t-il avec sa gouaille habituelle, avant de nous raconter plus en détails.

Il paye d'abord une relance en position avec une paire de 9. La grosse blinde s'invite également à la fête. Sur le flop KJ9, le relanceur initial propose un c-bet à 1 500 qui ne fait fuir personne. Deuxième banderille à 6 000 sur la turn K qui donne full au joueur Partouche. A nouveau, personne ne s'écarte. La river K est checkée par les trois joueurs et Tonin perd le coup contre une paire de Dix pour full supérieur, tandis que le troisième larron avait la flush.

Quelques minutes plus tard, contre le même joueur, Tonin défend sa grosse blinde avec 44 sur un open du bouton. Il va payer trois streets sur un tableau 4682Q, 1 500 flop, 7 000 turn et un étrange 2 500 river, pour s'imposer contre 58. Bien content de voir une toute petite mise sur la rivière, Tonin se sentait un peu obligé de payer avec son brelan, malgré les 4 carreaux présents sur le board.

Avec l'objectif affiché de gagner le tournoi (comme à peu près 95% du field ici), Antonin Teisseire préfère raisonner step by step. "D'abord, on va essayer le Day 1, puis le Day 2, puis le Day 3, puis le Day 4..." Il s'arrête ici parce qu'il n'a jamais encore fait mieux que Day 4 sur ce tournoi. J'essaye de lui demander s'il a pris un peu de blancheur chez son ami Sonny Franco. "Tu sais, ça doit être un des seuls tournois qu'il n'a jamais deep run, le Main", me dit-il, amusé. En vérité, Sonny a déjà fait Day 4 en 2017, c'est plus ce que c'était, les amis !

Attention au départ

Grégoire

Dans la salle principale du Horseshoe, non loin de son ami Léo, nous avons également retrouvé Grégoire, un autre membre de l’équipe victorieuse du KING 2024. Si le jeune français originaire des Vosges dispute, au même titre que ses camarades, son tout premier Main Event à 10 000 $, il n’a mis que quelques secondes à se lancer dans le grand bain. “Je suis heureux, c'est un pur plaisir d'être là. Je suis ici pour passer du bon temps et surtout pour jouer mon jeu. Pour le moment, c’est assez drôle, car je ne suis pas du tout stressé. Du moins, beaucoup moins que lorsque j’ai été joué il y a quelques jours un Daily à 250 $. Et comme tu as pu le voir, j’ai joué les trois premières mains du tournoi."

D'ailleurs, la première ne s'est pas très bien passée, non ? "Oui, il y a cette première main où sur un limp de mon adversaire à ma droite, je décide de l’isoler avec ma paire de Dix. Le flop est alors venu K-J-9 et nous avons tous les deux check. Un 9 sur le turn l'a fait miser et j’ai call. River, c'est une Dame qui est tombée et mon adversaire a décidé d'overbet. Pas trop rassuré malgré ma quinte, j'ai alors décidé de ne pas m’emballer et de just call. Et j’ai plutôt bien fait puisque mon adversaire avait A-10". Un duel de quinte qui ne semble pas pour autant affecter plus que ça le jeune Data Analyst. “Ce n’est qu’un coup. Je ne vais pas me focaliser là-dessus, je suis déjà passé à autre chose". Bonne chance, Grégoire ! - VictorP

Anecdotes, statistiques et citations à la con

"C'est qui Maria Konnikova, c'est la joueuse de tennis ?" - Signé : un couvreur français qui n'a jamais fait Harvard et préfère ne pas révéler son identité.

"Si Chance Kornuth et zChance se retrouvent à la même table, c'est un tournoi double-chance, tu crois ?" - Signé : un couvreur qui cherche à gagner sa place dans la rubrique la plus lue des coverages du Main Event.

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Level 2, les tables faciles font des envieux

Level 2 : Blindes 200 / 300 BB ante 300 Main Event 10 000 $ (Day 1D)

L’homme au Panama

Hadrien Gallois
Chemise colorée, chapeau tropical sur le crâne, zChance débarque dans ce Main Event comme il arrive à Toulouse Plage. Pas pour le débit de la Garonne, mais bien les courants d’air conditionné du Horseshoe, pour le 3ᵉ Main Event de sa vie. « Je me souviens de mon premier, il y a treize ans de ça. C’était ma première année en tant que pro, et je ne savais pas vraiment comment marchait le Main Event. J’avais réussi à monter trois startings, puis j’avais fait n’importe quoi pour sauter avant même la fin de journée » rembobine Hadrien Gallois. « Maintenant, j’ai compris. Je me suis assagi » promet le Toulousain. Son expérience du Live l’aide à mieux appréhender ce tournoi si particulier, même s’il confesse avoir senti la petite “boule au ventre” sur le chemin du casino. « C’est mon plus haut buy-in, c’est un tournoi qui peut changer ta vie… Mais c’est normal. J’en ai parlé à des pros très aguerris, ils ressentent ça aussi. Et là, tu reçois des cartes, et la pression part sans que tu t’en rendes compte ». Place au grind désormais, à une table que le streamer définit comme “giga-chill”. À son image, quoi. - Fausto

Quelques minutes suffisent

François Starbob Robert
Cela fait bientôt 14 ans qu'on voit son visage sur le circuit live, et pourtant, François Robert (alias Starbob) n'avait jamais disputé le Main Event avant aujourd'hui. Anomalie réparée avec une qualification "facile" sur Winamax, via un Expresso à 25 €. "J'en ai lancé à peine une vingtaine et je suis tombé directement sur un jackpot pour le Main Event, me dit-il, le heads-up a été un peu long. Je crois que j'ai chatté de ne pas tomber contre des regs. C'est marrant, parce que autant je tombe rarement sur des gros jackpots, autant les jackpots sans argent, comme les qualifs SISMIX, ça me réussit bien."

Installé à Lisbonne, Portugal, où il partageait à l'origine une coloc' avec son ami de toujours Pierre Calamusa, François a considérablement réduit son volume online, ayant un peu perdu son intérêt pour les MTTs. En revanche, depuis 18 mois, Starbob a retrouvé le goût du live. "Je joue principalement en Espagne ou au Portugal, j'adore apprendre des nouveaux trucs et j'ai l'impression que le live me correspond bien." Il s'est d'ailleurs offert sa plus grosse perf' ever fin 2023 avec une 4ᵉ place pour 20 000 € sur un 500 € à Porto.

Visage connu et reconnu de la scène pokéristique des années 2010, François est venu pour la dernière fois à Vegas en 2015, et attendu 2024 pour prendre place sur le Big One. "Je jouais surtout des tournois à 1 000 $ quand je suis venu la dernière fois, me confirme-t-il. Je m'étais dit que je ne viendrais à Vegas que si je gagnais un package. J'ai quand même déjà joué des gros tournois, comme le PSPC ou le 10K$ PartyPoker Millions, mais jamais le Main."

Le grinder de 45 ans qui s'est lancé dans divers business online, a hérité d'une table qu'il trouve facile sur ce Day 1D, avec seulement Marcel Luske comme tête connue. "Il est très loin de son meilleur poker, déclare François. Il est plus intéressé par le match de foot que par ses cartes, pour l'instant !"

Après avoir discuté cinq minutes avec lui, je vois François valoriser un brelan trouvé river contre "le seul bon joueur de la table". "Tu me portes chance, on dirait, me dit-il avant de ranger ses jetons." - Tapis_Volant

Pour le pire vers le meilleur

Bruno Fitoussi
« Premier coup que je joue, As-Roi contre deux As. Encore heureux que j’ai pas touché mon Roi » rumine Bruno Fitoussi, après seulement cinq minutes de Main Event. Le parrain du poker français semble d’humeur un peu chafouine. « Niveau poker, c’est un des pires Vegas de ma vie. En tournois, en cash… Le seul jeu où j’ai gagné, c’est le golf ! » déplore Bruno. Une belle chance de retourner la vapeur se présente à lui, sur ce tournoi si unique, si entouré de magie.

Sauf que… « Je ne vois pas vraiment les choses comme ça. C’est un tournoi comme un autre. Un peu plus cher, avec une structure très longue. Personnellement, je préfère quand c’est un peu plus turbo. Mais c’est vrai que lorsque tu le deep run, il y a beaucoup d’argent en jeu et là tu vibres. Mais comme dans n’importe quel autre tournoi » argumente le joueur de variantes, qui, malgré avoir été l’un des premiers Français à signer une perf sur le Big One (15ᵉ en 2003, l’année Moneymaker), dit être beaucoup plus attiré par le prestige du PPC, où il s’était si bien illustré en 2007 (runner-up derrière son pote Freedy Deeb). « Je n’ai pas pu le jouer cette année parce que j’étais en deep run sur le Super Senior. Le seul tournoi que j’ai deep-run d’ailleurs, et le seul en No-Limit Hold’em. Donc tout de même, on peut dire que je suis en forme sur le No-Limit. Je n’avais pas pensé à ça tiens » réfléchit Bruno, qui semble se remettre dans un bon mood. « En fait, cette année, il fallait peut être que je joue en Hold’em ». Sur ce Vegas, Bruno aurait-il enfin trouvé la clef ? - Fausto

"Ça palpite un peu"

Matthieu Saulières
Nous ne pouvions pas tomber sur un qualifié Expresso Winamax plus content d’être là pour continuer notre tour de salles de ce colossal Day 1D. “J’ai mis beaucoup de temps à réaliser que j’allais à Las Vegas pour jouer le Main Event des WSOP. Dans ma tête, je jouais, comme souvent, un simple Expresso. Mais quand j’ai vu que c’était pour ship le package, j’ai tout de suite compris que ça devenait sérieux. Sincèrement, c’est une super expérience".

Matthieu Saulières est ce que l’on pourrait appeler un joueur amateur quelque peu éclairé online, mais tout nouveau sur le circuit live. “Ce n’est que mon deuxième tournoi live. L’an passé, j’ai participé au WiPT à la Villette, sans réussite. C’est plus simple pour moi de jouer online sur des MTT entre 20 et 125 € l’entrée".

Car, dans la vie de tous les jours, ce père de famille originaire de La Rochelle ne trouve aujourd’hui que très rarement le temps pour jouer. La faute à un travail pour lequel il consacre beaucoup de son temps. “Ça fait une vingtaine d’années que je joue au poker, mais j’ai fait beaucoup de pauses, notamment lorsque j’ai eu mes enfants. De plus, je suis directeur commercial chez Metro, alors je passe mon temps à être en déplacement et à faire des allers-retours entre Paris et La Rochelle, ce qui n’est pas évident". Un emploi du temps chargé qu’il a donc mis de côté pour vibrer le temps de quelques jours, ici, à Las Vegas. Et pour le moment, tout semble parfaitement se dérouler pour le Rochellais. “Je ne te cache pas que ça palpite un peu par moments lorsque je me retrouve dans des coups importants. Comme tu viens de le voir, je viens d’en remporter un assez conséquent, alors espérons que ça continue comme ça tout le reste de la journée, et qui sait, peut-être jusqu’au Day 5. En tout cas, ce serait incroyable". C’est tout ce qu’on te souhaite Matthieu ! - VictorP

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Level 2, comme le 2ᵉ plus gros Main Event de l’histoire

Level 2 : Blindes 200 / 300 BB ante 300 Main Event 10 000 $ (Day 1D)

Chris chaud d’action

Christopher Chaudet
Il est le portrait-robot de “l'amateur éclairé”. Régulier, passionné, bon joueur, mais sans se prendre la tête, Christopher Chaudey se présente depuis plus de dix ans sur les belles étapes du circuit international. « Je ne loupe pas un EPT, ni un WSOP » affirme l’entrepreneur de Dakar, qui vit cette année un beau séjour végassien. « J’ai fait 10e du Daily du Wynn à 1 100 $ il y a deux jours. Pour moi, c’est l’un des plus beaux tournois de Vegas. Le field est magnifique et en une journée, tu peux prendre 120K », informe Chaudey. Une forme de satellite pour le Main Event ? « Même pas, j’avais déjà mon buy-in. Moi qui ne joue jamais online, j’ai eu un ticket 1 200 $ sur GG, du coup j’ai joué le sat et c’est passé. Depuis le début, ce Vegas est top ! » s’enthousiasme le joueur, qui continue sa belle lancée sur le Main Event, avec déjà 125 000 jetons montés en un niveau et demi.

J’ai de belles mains, je frappe et on me paie, résume Chaudey, qui s’est également fait plaisir sur un énorme bluff. Open UTG, je défends 88hs en BB et ça vient 567sdh. Il c-bet, je check-raise, il me paie. C’était un vieux donc quand il call, je comprends qu’il a une grosse paire. Turn 5, je bet cher, il call et river 2, j’envoie encore gros, avec un petit speech pour lui dire “j’ai compris que tu as deux As”. Effectivement, il fold en montrant deux As face-up”. Les skillz du livetard font mouche et voilà déjà un premier chipleader pour le clan français. - Fausto

Jeunes et ambitieux

« Tu devrais aller voir le mec en face. C’est un autre Français, il est tout jeune et il en met partout » me glisse Chris Chaudey en me désignant ce grinder affichant un pull Team Elite Poker. « C’est une Team Cash Game. On a créé le projet en septembre dernier, explique ce joueur répondant au nom de Simon Prud'hommes. On est vraiment axé CG, avec des joueurs français qui jouent à l’international, au Cambodge, à Macau, à Austin… On fait du vlog, des analyses techniques et des vidéos un peu plus lifestyle sur Youtube et Instagram. On est huit dans l’équipe, tous en lice sur le Day 1D ».

Alexis Jiao, Ludo, Maxence, Mathis, Adrien, Simon et Emilio, se sont tous alignés sur le même Day et ont franchi le premier niveau sans encombres. A l’instar de Simon, beaucoup vivent leur première sur le “Big One”. "J’ai seulement 21 ans. Je n’ai pas encore fait beaucoup de tournois Live. Sur Winamax, vous vous obvenez peut être de moi puisque j’ai fait la finale de la Top Shark il y a trois ans », rappelle celui qui officiait sous le pseudo 4MyGrdMother.

Première ou pas, Simon ne rechigne pas à mettre les jetons au milieu s’il le doit, son collègue de table Chris Chaudey signalant un profil assez actif. « C’est les spots qui se présentent, se défend le grinder. J’ai eu un coup assez intéressant. CO open 500, je 3-bet 2 000 bouton avec JJ, il 4-bet 6 000, je call. Flop 94Q il c-bet 4 000, je paie. Turn 10, il check, je fais 10 000. Le plan s’est de mettre tapis sur pas mal de river pour faire folder deux As ou deux Rois. Mas sur l’A, je décide de faire seulement un tiers pour faire folder deux Rois. Et il avait deux As ». Amputé d’une bonne moitié de son stack, Simon s’est déjà remis en selles grâce à quelques petits coups de grind. 45 000 pour le jeune membre de la Team Elite Poker. - Fausto

Le dernier arrivé

Juventin
Alors que ses quatre compères étaient déjà en train de s'échauffer à Vegas, sans succès, Juventin est le dernier arrivé de l'équipe des Fishes and chips 2, les vainqueurs du KING5 2024. Concentré sur sa partie, il m'explique qu'il n'est pas très habitué à des structures aussi lentes. "D'habitude, je joue plutôt des turbos, en tout cas, tous les tournois que j'ai joués jusqu'à maintenant, les structures étaient beaucoup plus rapides, là, c'est long, mais au moins, tu peux faire quelques erreurs sans que ce soit trop grave."

Il se définit comme un joueur récréatif, mais a déjà une solide expérience du live, avec des participations à des étapes FPS et à des side events EPT. Investisseur immobilier dans les centres commerciaux, Juventin est avant tout là pour le fun, et savoure ce moment passé avec ses potes de l'EDHEC avec qui il a découvert le poker. "C'est le tournoi d'une vie, je le joue avant tout pour m'amuser, mais si on peut ramener un peu de trésorerie à la maison, je ne dis pas non."

Sa table a l'air OK pour un Day 1, avec que des américains, des joueurs qu'il n'a pas trop l'habitude d'affronter sur les tournois qu'il joue habituellement. "C'est un peu la cour des miracles ici, il y a trois joueurs qui me disent quelque chose, mais je ne saurais pas dire leur nom. Le reste, ce sont des récréatifs, un peu comme moi." Pour l'instant, pas grand-chose à signaler de son côté avec le tapis de départ après trois heures de jeu dans ce Day 1D. Pour rappel, deux joueurs de l'équipe se sont qualifiés hier, Paul Bernard (85 000) et Antoine Lin (7 600) alors que les trois autres membres des Fishes and Chips 2 espèrent se qualifier aujourd'hui. - Tapis_volant

Ils ont leur photo encadrée pour l'éternité

Joe Cada
Au chapitre des anciens vainqueurs du Main Event, nous avons croisé Joe Cada (2009) sur ce Day 1D...
Espen Jorsdat
...ainsi qu'Espen Jorstad (2022). Le tenant du titre Dan Weinman est dans les parages, mais nous n'avons pas encore localisé sa table au milieu de ce gros foutoir qu'est le Day 1D

Comme un jour de Main Event

Julien Sitbon
"Sept pots 4-bet en une heure de jeu, on est vraiment sur le Main Event ? Je me suis pas trompé de table ?", s'interroge Julien Sitbon à quelques minutes du deuxième break de la journée. Vous l'aurez compris, le membre du Team Winamax n'a pas tiré la table espérée sur ce début de journée. "Ça joue au poker", commente-t-il avant de m'expliquer qu'il n'a pas trop de jeu pour le moment. "J'ai hâte de frapper un board, ça peut faire des gros pots."

Après cinq tentatives, Julien n'a jamais cash le Main Event, une anomalie statistique quand on connaît son impressionnant palmarès live. "J'ai bust deux fois sur des gros set-ups alors que j'avais un gros stack, une fois avec set over set et mon adversaire qui finit en carré et une fois avec brelan contre flush-draw pour un énorme pot."

Cherchant les raisons de ce manque de réussite sur ce tournoi, Julien évoque aussi le fait qu'il a plus de possibilités de bust que quelqu'un qui jouerait moins de mains : "Tu rentres dans beaucoup de coups, ça multiplie aussi tes chances d'être du mauvais côté du set-up." Lucide, il confesse aussi que le Main Event arrive tard dans un gros Vegas et que la fatigue joue un grand rôle. "C'est difficile de deep run un tournoi aussi long quand tu es fatigué. Cette année, j'ai pris trois jours off avant le Main et pourtant, je me sens quand même fatigué, c'est vraiment un marathon Vegas, on va essayer de passer un jour après l'autre, l'objectif, c'est de bag chaque journée et de voir comment ça se passe, il faudra être très patient pour aller loin." - Tapis_volant

Challenger

Robin Gerard
Lorsque nous l’avions croisé lors de la Grande Finale du Winamax Poker Tour 2024 en mars dernier, Robin Gerard alias 'ChoveKiPeu' nous avait fait part, tout heureux, de ses intentions futures sur le plan poker : un challenge live en partant d’une bankroll de départ de 50 000 €. Quatre mois plus tard, c’est à Las Vegas, sur le plus beau tournoi du monde, que l’on l’a croisé dans la ballroom, au milieu du Level 2.

Et au moment de faire les comptes, le vainqueur de la 3 Million Event des Wina Series de septembre 2023 ne semblait pas tellement satisfait de ses dernières performances. Ce, malgré tout le plaisir que cela lui procure. “Je t’avoue que ça ne se passe pas très bien pour le moment. Hormis ma 165e place sur le FPS High Roller lors de l’EPT Monaco pour un peu plus de 3 500 €, j’ai tout blank. C’est dur à encaisser, mais je garde confiance, je me laisse du temps, et je me dis que ça finira sans doute par payer".

Pour l’heure, le joueur français dispute ce samedi son sixième tournoi de cette campagne des WSOP. Et là encore, les résultats ne sont pas à la hauteur de ses espérances. “J’ai fait cinq tournois avant le Main, pour 0 ITM. C’est frustrant". À l’inverse, online, Robin se sent comme un poisson dans l’eau. “J’ai fait une année assez belle à près de 10 000 €. C’est vraiment là où je me sens le mieux. En live, c’est compliqué de faire beaucoup de volume. D’autant plus que ces derniers temps, beaucoup de mes week-ends étaient full. J’avais des anniversaires, des enterrements de vie de garçons, donc je n’ai pas réellement eu le temps d’aller jouer en live". Pour mettre fin à cette période de disette, le Français espère aujourd’hui réussir à jouer plus relâché. Ce qui est assez paradoxal lorsqu’on sait qu’il est actuellement en train de jouer le Main Event des WSOP… - VictorP

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Foule
Les organisateurs ont fait un point sur l’affluence aux alentours de 15 h 45 (milieu du Level). Au total, plus de 4 560 joueurs sont déjà en lice sur le Day 1D, un chiffre qui ne va faire que croître jusqu’à minuit.

Cette affluence dépasse déjà celle du Day 1D de l'édition 2022 (4 481 inscrits), mais le record du Day 1D de 2019 reste à battre (4 879 joueurs). Si vous voulez notre avis, cela sera bientôt le cas.

Concernant l'affluence au global sur les quatre Day 1 ? On en est à 8 839. Il sera donc très difficile de dépasser les 10 000 inscrits comme en 2023. Mais, quoi qu'il arrive, nous sommes en train de vivre le second plus gros Main Event de l'histoire des WSOP !

« Nous vous rappelons que si vous utilisez les toilettes, il faut ensuite vous laver les mains. » - Signé : une superviseuse au micro, faisant un rappel aussi salutaire que lourd de sous-entendus quant aux conditions d’hygiène en vigueur dans le monde du poker live. - Benjo

Chemise
Le concours de la plus belle chemise se poursuivra tout au long du Main Event…

Elvis
Celui du plus bel Elvis, en revanche, va s'arrêter sur cette photo, faute de candidats en quantité suffisante.

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 3, ladies and gentlemen: the Main Event

Level 3 : Blindes 200 / 400 BB ante 400 Main Event 10 000 $ (Day 1D)

La chasse à la baleine

Elie Nakache
Je pensais voir Elie Nakache utiliser son bracelet gagné sur le 10 000 $ PLO Championship en guise de "card guard". Que nenni ! Le deuxième vainqueur de bracelet français de l'été l'a sagement laissé au coffre, pour ne pas brag trop fort dès sa première table de Main Event. "La table n'est pas hyper chaude, il se passe pas grand-chose, ils sont tous un peu nit. Pour l'instant j'en profite bien, ils ne payent pas grand-chose et je suis déjà monté à 90 000", raconte Elie.

Motivé comme jamais par ce Main Event, après être passé par la case "malde" trois jours durant, Elie s'est quand même échauffé avec un petit tournoi à 1 100 $ au Wynn. Une épreuve sur laquelle il a bien eu du mal à focus. "Le Main Event, c'est pas pareil, c'est hyper motivant, j'ai fait Day 2 la première fois et min-cash l'an dernier, j'aime bien le deep run", me confie-t-il en souriant.

Après sa victoire retentissante, Elie nous racontait qu'il allait avoir du mal à redémarrer avec 300 blindes devant lui, après avoir vécu des moments très intenses sur le tournoi qui l'a fait rentrer dans une nouvelle dimension. Et pourtant, il était là dès le shuffle up and deal pour disputer ce Day 1D. "On ne sait jamais, tu peux trouver une énorme baleine qui te change ton tournoi." En effet, même si certains préfèrent encore late reg, le Main Event est l'un des tournois sur lequel tu ne veux rater aucune main. La livraison est toujours possible, et comme quand tu attends un colis UPS, mieux être présent chez toi quand le livreur passe.

Tous les grindeurs de la coloc' d'Elie sont au départ de ce Day 1D. "On était 3 à la base, mais maintenant, on est 5, avec Théo Sastre, Pierre Lewandowski, Clément Meunier et Rémy Murcia. Ce qui est marrant, c'est que Rémy est un peu là grâce à moi. Il avait des parts sur ma victoire et du coup, il s'est motivé pour venir jouer le Main Event grâce à ce que je lui ai fait gagner." - Tapis_Volant

Plus belle Lavis

Lorenzo Lavis
Il commence à en avoir marre qu'on lui reparle de ce Main Event 2016, où son réveil n'avait pas sonné lors du Day 5. "C'est pas ma faute en plus, rumine Lorenzo Lavis. Je n'arrivais pas à dormir avec l'adrénaline, j'ai donné mon téléphone à un pote en lui demandant de me réveiller, et il a oublié, il m'a réveillé qu'à 12 h 15 alors que ça commençait à midi. J'avais deux solutions, lui mettre une droite ou courir pour rejoindre le Rio. J'ai préféré courir." Cette 197ᵉ place sur le Main Event, cela reste tout de même l'un des souvenirs les plus marquants du grinder du Sud. "Alors remettre ça cette année, ça fait un petit quelque chose."

Peu habitué à faire des gros Vegas, Lorenzo est arrivé très tôt cette année et a déjà joué près de trente tournois sur des buy-ins allant de 400$ à 2 000 $. "Je suis à peu près even, malgré quelques beaux deep run. J'ai pris deux fois 5 000 $ au Resorts World et j'ai été loin sur le 600$ Pokernews Deepstack : 34e pour 9 200 $."

Présent sur ce Day 1D à une table sympathique où ça rigole bien et ça raconte des anecdotes entre chaque main, Lorenzo a l'air comme un poisson dans l'eau avec un tapis boosté à 85 000. - Tapis_Volant

Le cactus ne s’acclimate pas au désert

De votre bar de quartier au Main Event des WSOP, il n’y a qu’un pas. Ou plutôt qu’une passerelle nommée Red Cactus. Comme chaque année, l’association de poker amateur présente dans toute la France nous donne à écrire une belle histoire, servie sur un plateau. En organisant chaque semaine des tournois gratuits dans 400 bars, l’association rassemble autour des tables 100 000 joueurs et qualifie le gagnant de sa grande finale pour le Main Event WSOP. Une opportunité magnifique, qui propulse un freerolleur sur le plus beau tournoi du monde, avec des millions de dollars en jeu. Malheureusement, jusqu'ici les joueurs Red Cactus n'ont pas encore vu la couleur des dollars. Ils n’en sentent même jamais l’odeur, car ils sont souvent éliminés prématurément dans le tournoi. Le lauréat de cette édition a encore prolongé la malédiction...

"On a battu notre record de rapidité, blague Nicolas Carayon, co-fondateur de l’association avec Céline Cauvin. Christian vient d’être éliminé juste après la première pause. Normalement, on tient au moins cinq heures. Disons que mon conseil de ne pas jouer des gros pots n’a pas été vraiment enregistré...”

Amputé rapidement de la moitié de son tapis, Christian trouve KK dès le retour de pause et ne parvient pas à se dépêtrer de son over pair sur un board Q1086. Les Barbus s’empalent sur une flush, et "Limper 60" est éjecté du tournoi dès le deuxième niveau. Heureusement, tout n’est pas perdu.

"On est venu avec deux représentants cette année, informe Nicolas, qui place désormais tous ses espoirs sur Jérome Bacouel (photo ci-desous). C’est un ancien gérant de bar qui rêvait de partir à Vegas, et qui a décidé de nous accompagner cette année".

Nicolas Carayon
”Je m’étais dit, “soit je gagne la finale, soit je me paie le Main Event”. J’ai pas gagné, donc je me suis offert ce cadeau, pour mes 50 ans”. Ex-patron d’un bar dans l’Oise, Jérome hébergeait des sessions Red Cactus depuis 2019. Vainqueur du classement honorifique durant deux années consécutives, il joue aujourd’hui l’un de ses premiers tournois officiels… en vivant l’aventure dont il a toujours rêvé. "J’étais déjà venu à Vegas, mais c’était pour ma nuit de noces, pas pour du poker. Avant d’arriver aujourd’hui, j’avais un peu la pression, mais là, c’est devenu de l’excitation. Je sens vraiment le plaisir de jouer et l’envie de vivre une belle aventure".

Pour l’instant, l’épopée démarre correctement, avec 75 000 jetons devant lui. "J’ai eu les Dames… Contre les Dames. Les Rois… Contre les Rois. Et les As, contre les Rois, chez mon voisin (Virgile Turchi)". De belles mains de départ qui ont vite construit des gros pots, mais l’exemple de son homologue Christian lui rappelle que rien ne sert de se presser. "Je suis plutôt un joueur patient, sérieux. Et puis, j’ai quand même mis 10 000 $, donc je veux en profiter un peu".

Nous suivrons de près le parcours de Jérome, et nous ne serons pas les seuls. Joueuse Red Cactus et passionnée de poker, l’écrivaine Aurore Gébleux accompagne l’équipe pour raconter “l’opportunité pour un joueur amateur d’être propulsé sur un grand tournoi à Vegas”. Dans la tête d’un amateur, version papier cette fois. Affaire à suivre. - Fausto

IllicoFoldo

IllicoBusto
Un véritable banc d'anciens finalistes ou vainqueurs Top Shark nagent dans les eaux de ce Day 1D. 4MyGrdMother, François Pirault, Alex Hernandez (côté Espagne), Leo Lombardozzi... et voilà maintenant Cédric Danneker qui pointent son aileron. « Je suis arrivé il y a tout juste une semaine, spécialement pour le Main Event et quelques autres tournois » informe celui qui sévissait sur Winamax sous le pseudo d'IllicoBusto.

Le jeune squale a vite pris la température du tournoi. Dès la première main, Cédric voit un autre requin, venant semble-t-il de la Mer Caspienne, le prendre à la gorge. « Je viens littéralement de m’asseoir et j’ouvre à 600 avec deux Rois. Le gars 3-bet 2 000, je fais 6 500, et là, il me raise 18 000 ». Investir le tiers de son tapis dès la première minute avec “seulement la deuxième meilleure main du poker” ? Pas du gout de Cédric qui opte pour un fold plein de sagesse. Récent 3ᵉ du Super High Roller WSOP-C Paris, le grinder basé à Dublin arrive en confiance et ne compte pas précipiter les choses. Les jetons perdus sur ce 4-bet ont d’ailleurs vite été regrindés... - Fausto

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 3, attention ce bluff n’est pas en bois

Level 3 : Blindes 200 / 400 BB ante 400 Main Event 10 000 $ (Day 1D)

Tétart explosif

Nathan Tétard
15e de l'EPT Monte-Carlo en mai dernier, Nathan Tétart n'en était pas à son coup d'essai puisqu'il avait déjà fini 12e de l'EPT Chypre quelques mois plus tôt. Et pourtant, l'ancien Réunionnais, qui travaille dans le secteur des analyses médicales, se fait plutôt rare sur le circuit. Il avait coché l'EPT Chypre 2024 pour son prochain gros festival live, mais "une fenêtre de tir s'est ouverte et j'ai annulé ma semaine de vacances à Chypre pour venir jouer le Main Event", me confie-t-il avant de me détailler un coup incroyable que ses adversaires m'avaient déjà un peu teasé une minute plus tôt.

Dans un premier temps, Nathan se construit une image solide, sur un coup étrange qui part d'une relance à 1 000 UTG+1. Sentant ses voisins très actifs, notre Français se contente de payer avec les Rois en MP. Le plan fonctionne puisque la SB porte les enchères à 4 000... avant que le relanceur initial n'augmente le tarif. Ce sera 9 000. Un peu perdu devant tant d'action, et redoutant les As, Nathan paye simplement, la SB aussi, et il y a déjà 27 000 au pot quand tombe le flop 10-7-4. Nathan place une petite mise à 3 500 et se fait payer uniquement par UTG+1. La turn 3 et la river As sont check par les deux joueurs et Nathan l'emporte contre... une paire de Dames. Tout juste, mais ça passe.

Quelques minutes plus tard, profitant de son image de joueur solide, Nathan ouvre à 900 depuis le bouton avec 75. La grosse blinde le 3-bet à 2 500. C'est payé. Son adversaire envoie alors trois grosses pralines tout au long d'un tableau 345K8 : 1 600 flop, 6 000 turn et 26 000 river. Mais Nathan avait un plan dès la turn, pressentant qu'il pourrait faire folder beaucoup de grosses mains sur ce spot. Il profite de son image et relance à tapis pour 73 000 sur la rivière. L'adversaire de Nathan, qui le couvre de peu, finit par passer sa main et le Réunionnais montre son énorme bluff à toute la table. Tout le monde est sous le choc.

En pleine confiance, comme à peu près à chaque fois que j'ai eu l'occasion de l'observer, Nathan Tétart possède déjà 110 000 jetons au milieu du troisième level de la journée, comme un poisson dans l'eau sur ce Main Event. - Tapis_Volant

Phan-club

Sandrine Phan
Alors que nous partions à la recherche de qualifiés Winamax dans la salle du Paris, nous avons aperçu une tête bien connue de nos services. Celle de notre ancienne collègue au sein du Staff Winamax, Sandrine Phan. Finaliste du WiPT en 2017, puis sur le podium du Ladies Event des WSOP deux ans plus tard, cette grande habituée des cercles parisiens a pour la troisième fois de sa vie suivi la transhumance estivale direction Vegas. Mais, cette année, elle n'a pas eu à ôter le moindre centime de son porte-monnaie. “C’est mon cadeau d’anniversaire” me dit-elle avec un grand sourire, toute heureuse de prendre part au tout premier Main Event de sa carrière.

Au moment où l’on vous parle, celle qui est aujourd'hui cheffe de produit monétique pour le groupe BPCE vit un début de Day 1D plus que satisfaisant, puisqu’elle cumule pour l’heure un tapis de près de 100 000 jetons. “Je ne fais que grind. Je n’ai pas remporté de gros pots en particulier. Je gagne des petits pots par-ci par-là. Tous les bluffs que j’ai tentés sont passés. Après, j’admets avoir eu pas mal de premiums depuis ce midi, donc, on ne va pas se plaindre", ajoute-t-elle juste après avoir gagné un nouveau pot face à deux adversaires.

Avec un tel tapis, Sandrine devrait avoir une marge de manœuvre suffisante pour pouvoir faire ce qu’elle veut, à savoir, “prendre le temps de kiffer mon moment”. Pour le reste ? “On verra ça en temps et en heure, mais j’avoue que je ne serais pas contre un petit ITM”. C’est tout le mal que l’on souhaite à cette collègue W partie, mais pas oubliée. - VictorP

Autran en emporte le vent

Jean-Robert Autran
Dernier représentant de la Team NutsR à rentrer dans la danse sur ce Main Event, Jean-Robert Autran (alias Pulsar) connaît un début de Main Event très compliqué, avec seulement 10 000 jetons devant lui à mi-chemin sur ce Day 1D.

"J’ai eu plusieurs set-ups défavorables, relate-t-il. J’ai très vite perdu deux Rois contre deux As. Heureusement, le pot n’était pas 3-bet preflop, et ça ne m’a coûté que 18 000. Ensuite, j’ai eu overpair contre deux paires deux fois, et quelques autres petits coups perdus pour tomber à 10 000."

Dans la continuité d’un Vegas difficile qui l’a vu réaliser seulement trois cashs sur une trentaine de tournois (j’ai l’impression d’écrire cette phrase à chaque article), Jean-Robert va devoir redresser la barre s’il veut « sauver » son Vegas avec une perf’ sur le Big One, un tournoi sur lequel il n’a encore jamais réussi à entrer dans l’argent.

La structure du Main Event est si belle que le membre historique de la Team NutsR a encore 25 blindes devant lui pour combattre et rejoindre les trois collègues de sa Team déjà qualifiés via les Day 1 précédentes : Clément Van Driessche (163 000), Loïc « Winda » Debregeas (74 000) et Boris Berthomet (13 800) alors que Léo Soma n’a pas réussi à composter son billet.

Jojo l’asticot

« Je suis ultra-excité, j’ai 3-barrel bluff première main, je suis rentré dans trips » s’exclame Joseph Querleux, d’une voix enjouée, presque fier de son move kamikaze sur la toute première main de son tout premier Main Event. Quand la très grande majorité des joueurs préfèrent suivre un style prudent, pour entrer dans le tournoi sereinement, sans prendre de risque déraisonnable, Joseph reste fidèle à lui-même :joyeux, aggro, prêt à en foutre partout. « Je suis hyper content d’être là. Depuis le début du tournoi, je joue une main sur deux. J’ai déjà fait des -20 000, puis + 30 000, -15 000… » enchaine le joueur, tout en faisant une nouvelle relance pré-flop.

Joseph Querleux
Joseph check-callera deux fois sur le board 1087K puis sur la turn Q, le Français lead… all-in ! En vérité, il n’y a plus que 12 000 jetons en face, mais tout de même ! Vilain tankera deux bonnes minutes avant de lâcher, et Joseph montrera un beau… QJ. Deuxième paire transformée en bluff.

Peut-être faudrait-il penser à se canaliser ? Ce n’est pas vraiment le genre de la maison. Et la recette a d’ailleurs fort bien fonctionné ces derniers mois, avec notamment cette victoire sur le BPT Paris en mai dernier. Le violoniste nous offrait alors un récital de gestion, d’agression, avec ce même style fougueux et inspiré, qui lui permettait ainsi de décrocher sa plus belle victoire, pour un peu plus de 40 000 €. Un succès qui lui avait ouvert les portes du ClubPoker Radio, et désormais de Vegas, avec le mythique Main Event WSOP. « Cette victoire a aidé, mais je me disais que j’avais esvie de le faire. Je suis arrivé il y a deux jours, pour deux semaines. J’étais déjà venu à Vegas une fois, mais pas pour les WSOP, j’avais seulement fait du cash », informe le joueur.

- Oh but, you are French ?, demande l’adversaire face à qui Joseph a lead tapis.

  • Oui, répond Querleux.
    - I should have called then.

    Et ce n’est pas Joseph qui va arranger notre réputation. - Fausto

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Level 4 : on cause orga avec le vice-président

Level 4 : Blindes 250 / 500 BB ante 400 Main Event 10 000 $ (Day 1D)

Au beau milieu du Day 1C, c'est un Grégory Chochon de bonne humeur qui vient à notre rencontre sur le banc de presse. Normal : le co-directeur des WSOP surveille depuis le début de la journée la progression des inscriptions, et les chiffres sont bons : la barre des 4 500 joueurs a été franchie, portant le total des inscrits à 9 000. Et il n'est pas trop tard pour rejoindre la belle grande fête poker de l'année... Ainsi, la tenue d'un Day 1 un 4 juillet (jour férié que les Américains aiment passer en famille), ainsi que l'absence de la journée de dimanche au calendrier des Day 1, n'aura pas porte préjudice à la popularité du Main Event.

Grégory Chochon
C'est justement pour ça que j'avais sollicité une discussion en mode "geek de l'orga" avec le Français des WSOP : en coulisses, comment se décide le calendrier du Main Event ? Quelles sont les différentes options envisagées ? Le désquilibre, toujours croissant, entre les différents Day 1 est-il un vrai problème au final ?

« Ce qu'il faut savoir, commence Grégory, c'est que quoi qu'il arrive, notre calendrier va dépendre de la disponibilité des salles de convention. » Rassurez-vous : il n'y a guère de risques que les WSOP perdent un jour leur traditionnel créneau couvrant juin et la moitié de juillet. Mais d'une année sur l'autre, le créneau disponible va subtilement évoluer, et par exemple se décaler d'un jour ou deux par rapport à l'année précédente.

On observe une constante depuis 2018 : sur chaque édition du Main Event, l'un des Day 1 s'est joué ce fameux 4 juillet. A chaque fois, ce Day 1 est grosso modo garanti d'être le moins populaire, pour des raisons évidentes. Cette contrainte, plus ou moins imposée par les disponibilités des salles de conventions, les organisateurs estiment avoir fini par l'apprivoiser, pour la transformer en un avantage.

« Au final, on trouve que ce 4 juillet, c'est un bon compromis », estime Grégory. « On perd les joueurs qui passent la journée en famille, et il y a le prix des hôtels qui atteint son max de l'année ce jour-là. Mais d'un autre côté, on garde quand même les joueurs non-Américains, ceux qui sont là depuis plusieurs semaines, ils sont nombreux et ils ne font pas la fête ce jour-là : eux, ils viennent s'inscrire. » Passant par là quelques minutes plus tard, le comparse de Grégory Jack Effel (TD en chef) ne dira pas autre chose. « On l'aime bien ce 4 juillet. Il permet aux joueurs de s'organiser de vraies vacances à Vegas, avec du Main Event dedans. » Traduction : on fête le 4 juillet à Las Vegas, dans une ville réputée pour ses teufs et feux d'artifice… et on joue en même temps le Main Event, soit la veille, soit le lendemain.

Il y a cependant des choses que les organisateurs s'interdisent vis-à-vis de cette date du 4 juillet. « On ne fera jamais un Day 1D ce jour-là, dit Grégory. Cela provoquerait trop de mécontentements, il y a des tas de gens pour qui cette journée n'est pas négociable. Et pour la même raison, on ne fera jamais un Day 2 de Main Event à cette date. »

Il y a une chose qui semble avoir manqué au Main Event cette année : un Day 1 le dimanche. Le dernier Day 1 se déroule un samedi. Grégory assume ce manque, tout comme il assume ce qui s'est avéré être une faute de programmation sur la globalité cette édition 2024. « En tablant sur le fait que le dimanche est le jour préféré des amateurs, cette année nous avons lancé les Day 1 de tous les petits tournois de No-Limit le dimanche, avec les Day 2 le lundi. L'an passé, on avait les Day 1 le samedi, puis les Day 2 le dimanche. Résultat : entre 2023 et 2024, nos chiffres ne sont pas meilleurs. Pire : les tournois de consolation organisés pendant les Day 2 ont baissé… car ils démarrent maintenant le lundi au lieu du dimanche. »

Parlons maintenant d'un problème qui n'en finit pas de ne pas s'arranger : la vaste disparité de remplissage entre les quatre différents Day 1. On part de 1 000 joueurs sur le Day 1A, pour arriver à… plus de 4 500 sur le Day 1B ! « Quand on laisse le choix aux joueurs, ils vont plutôt opter pour l'arrivée la plus tardive possible… » songe Grégory à voix haute, ajoutant : « L'an passé, on a même eu 300 joueurs qui ne sont arrivés que pour le Day 2, sans jouer le Day 1. Cette année, je pense qu'on pourrait en avoir 500 qui viennent au Day 2. Peut-être 1 000. » Et Grégory d'évoquer le coût de la vie d'un touriste à Vegas, toujours plus grand, que ce soit pour se loger ou pour se nourrir. Un problème qui ne risque pas de s'arranger comme par magie dans les années à venir.

Day 1 Main Event
Que pourrait-on faire pour inciter les joueurs à mieux se répartir dans les quatre Day 1 ? Grégory balaie fermement tout changement qui nuirait à l'équité du jeu. Chacun doit partir sur un pied d'égalité. Hors de question, donc, de donner un bonus de jetons à un joueur qui jouerait le Day 1A, par exemple. « Là où l'on pourrait éventuellement agir, c'est sur le rake : on fait un geste commercial à ceux qui viennent tôt. Mais ce n'est pas une décision à prendre à la légère, car cela représenterait un sacré manque à gagner pour nous ! Parce qu'en fin de compte, regarde : aujourd'hui est l'une des plus grosses journées de l'histoire du Main Event, et pourtant il n'y a pas eu de vraies files d'attentes, on n'a pas eu à jouer en 10-handed, et il n'y a pas eu le début d'évocation de 'sold out' le Day 1D. Tout s'est déroulé de façon optimale. » On confirme : les WSOP se remettent en question chaque année, faisant de leur organisation une machine toujours mieux huilée par rapport à l'édition précédente. Du coup, pour le moment, en voulant mieux équilibrer les Day 1, on est en train de chercher une solution à ce qui n'est pas vraiment un problème...

Mais ceci est valable uniquement pour le moment, comme l'anticipe aussitôt Grégory : « Imagine que dans quelques années, on a 15 000 joueurs… dont 10 000 qui viennent pour juste le Day 1D. Là, il faudrait agir… »

Et Grégory de me rappeler un point d'organisation que j'avais depuis longtemps oublié. « Sur l'édition 2006, qui avait battu les records à l'époque, les gens n'avaient PAS le choix de leur Day 1. Ils devaient s'inscrire avant le début du Day 1A, et au guichet on leur attribuait un Day 1 sans qu'ils puissent choisir. Cette édition-là avait eu plus de 8 000 inscrits, et personne ne se plaignait. Et honnêtement, côté orga, c'est beaucoup mieux pour nous en termes de gestion ! On a tous les paramètres d'avance, on peut tout anticiper en termes de staff, etc. »

Rassurez-vous : il n'est pas véritablement question de revenir à ce vieux modèle. Cependant, Grégory se demande à voix haute s'il n'y aurait pas moyen d'être plus dirigiste vis-à-vis des joueurs se qualifiant sur Internet. « On pourrait leur attribuer un Day 1 à l'avance, et leur offrir l'hébergement si leur Day 1 les fait venir plus tôt. Parce qu'au final, on a affaire à un cercle vicieux : les amateurs viennent le plus tard possible à cause du coût du voyage, et les pros s'inscrivent le plus tard possible car ils veulent affronter ces amateurs. Si tous les qualifiés étaient répartis équitablement entre chaque Day 1 par tirage au sort, alors les pros auraient moins intérêt à se focaliser sur le Day 1D. »

De notre côté, on n'a pas la solution magique. Mais on passera ce message aux joueurs : si vous jouez le Day 1A, vous avez beaucoup plus de chances de figurer dans le coverage que si vous jouez le Day 1D. Il est beaucoup plus facile de vous repérer parmi mille joueurs que parmi cinq mille !

Level 4, vous n’avez encore rien vu

Level 3 : Blindes 200 / 400 BB ante 400 Main Event 10 000 $ (Day 1D)

Fryda calor

Victor Fryda
140 00 après trois niveaux : Victor Fryda est bien rentré dans son match. « J’ai gagné tous les gros pots dans lesquels je suis rentré, résume le récent finaliste du WPO Bratislava (3e). J’ai un bluff, une value et un bluff-catch » poursuit le joueur, comme un épicier me montrant ce qu'il a en rayon. Va pour le bluff-catch.

« Le joueur asiatique à ma droite open bouton 900, je 3-bet AJ 3 200, il 4-bet 9 000, je paie. Flop A65, il c-bet 4 900, je clique à 10 000… Et il re-clique à 16 000, je paie. Turn K, check/check. Là, je sais qu’il n’a jamais rien. River 8, je check, il envoie 9 000, je call, et il jette ses cartes dans le muck. »

Comment dérégler un adversaire en quelques clics, par Victor Fryda. Il trouve les bons moves, monte des jetons, mais ne s’affole absolument pas de ce bon départ. "Je ne vais pas forcer. Si je peux avoir le même stack fin de journée, je signe tout de suite" assure le joueur, qui espère franchir l’obstacle du Day 1, qu’il n’avait pas réussi à franchir l’année dernière. - Fausto

“Un combat contre soi-même”

Arnaud Enselme
10 000 jetons. C’est le stack qu’a laissé Arnaud Enselme avant de partir en dinner break. "Je me suis fait bluffer dans un pot 4-bet, puis j’ai perdu 1 000 jetons par-ci, 2 000 jetons par là" résume le Team Pro Unibet. Le flegme caractéristique d’Arnaud n’empêche pas une remarquable positivité. Ce Main Event ne débute pas de la meilleure des manières, un constat qu’Arnaud observe avec beaucoup de lucidité, sans perdre espoir, et sans oublier toute la préparation qui a précédé son coup d’envoi.

"Je n’ai presque pas joué depuis mon deep run sur le Monster Stack (24ᵉ sur 8 703 joueurs). Je voulais être frais pour le Main. Je n’ai jamais rien fait sur ce tournoi et je voulais me donner toutes les chances de perfer" explique Arnaud qui ne possède effectivement pas le meilleur historique sur le “Big One” : six participations, pour seulement deux Day 2, bustés au bout d’une heure.

"Tu n’as pas un joueur qui est réellement bon à table, mais tu ne gagnes pas un coup. Il faut rester propre et patient, alors que t’en vois certains qui font n’importe quoi, et ça donne envie de faire n’importe quoi avec eux. C’est un vrai combat contre soi-même", confesse Enselme, qui ne lâche pas l'affaire, donne tout ce qu'il peut dans la bataille, et ce, jusqu’au dernier jeton. - Fausto

Salut, c'est encore moi

Reda Bouaboula
Nous l’avions spotté pour la première fois en 2022 lorsqu’il prenait part à son tout premier Main Event. Deux ans plus tard, c’est une fois de plus sur le plus beau tournoi du monde que l’on a retrouvé Reda Bouaboula dans la salle principale du Horseshoe. Pour se rendre jusqu’ici et laisser de côté sa blouse de médecin hospitalier le temps de quelques jours, le Lyonnais a réalisé une perf’ dont peu de joueurs peuvent se vanter. En effet, il s’en est allé remporter, comme il y a deux ans, un Expresso Nitro à 25 € lui garantissant son ticket d’entrée sur le Main Event. “J’étais en vacances, sur mon téléphone. Je n’arrivais pas à dormir, alors j’ai lancé quelques Expresso, puis, il s’est passé ce qu’il s’est passé”.

Un bien beau cadeau dont il espère cette fois-ci profiter un peu plus qu’il y a deux ans. “J’avais bust en fin de Day 1 sur un bad beat. Pour autant, cette année, je ne me fixe pas d’objectif en particulier. Je vais prendre les mains une à une et tenter de toutes les jouer correctement”. Mais, pour l’heure, celui qui joue également les WSOP Online quand il en a le temps, n’en a pas vraiment eu la possibilité sur ce Day 1D. “J’ai passé ma journée à fold. Mais bon, on a le temps. Ne surtout pas se précipiter”. Après un échauffement non concluant sur le Colossus et un Daily à 250 $, on espère pour lui qu’il saura réitérer sa récente perf’ à 5 000 $ obtenue sur les WSOP Online. - VictorP

Le poker en famille

Avec le mot "Robocop" epelé à la lettre près dans son nom, on pourrait croire que Benoît Grobocopatel est paré à toutes les éventualités. Et pourtant, il n'avait sans doute pas prévu que son voisin allait se pointer avec son gros chien sur ce Day 1D. "C'est fou, j'ai payé 10 000 $ et je ne peux pas étendre mes jambes", plaisante-t-il, mais à moitié seulement.

Gros habitué du circuit parisien, Benoît dispute seulement pour sa deuxième fois le Main Event. Il avait tellement peur de venir qu'il a emmené ses parents avec lui. "Je suis là depuis une semaine, mes potes sont venus entre eux, moi, j'ai emmené mes parents. Ils profitent du moment, ils vont aux outlets [grands centres commerciaux où l'on peut faire son shopping à prix réduit, NDLR], à la piscine. On loge au Wynn, mon père fait même un peu de cash-game en PLO 1$/2$ et ma mère joue aux machines à sous. Ça permet de passer du temps avec eux, et de les faire kiffer."

Le Main Event, il en garde un souvenir un peu amer, puisque la dernière fois il avait bust son tapis de 30 blindes en fin de Day 2 avec deux As contre As-6 sur un flop 2-3-4, son adversaire trouvant un 5 pour l'éliminer.

Très performant depuis plusieurs années sur les tournois de la capitale, et sur quelques lives à Marrakech ou Namur, Benoît se frotte à la faune locale sur ce Day 1D. Pour rigoler, je lui ai demandé s'il avait repéré quelqu'un de connu à sa table. "Le siège 5, non, ça a l'air d'être le meilleur de la table". Bingo, face à lui se dresse Joseph McKeehen, vainqueur du Main Event en 2015. "Vraiment ? Tu vois, je l'ai senti un peu qu'il était bon, lui !" - Tapis_Volant

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Level 5, dernière chance de vider le stock de photos

Level 5 : Blindes 300 / 600 BB ante 600 Main Event 10 000 $ (Day 1D)

Vous venez de scroller l'intégralité des articles consacrés à ce Day 1D monumental... et vous vous dites : hé bé, ils ont parlé de beaucoup de monde aujourd'hui. Ce n'est pas faux. Mais si on vous disait qu'on ne vous a même pas causé du quart des joueurs et joueuses qu'on a croisé aujourd'hui ? Avec un field supérieur à celui des trois journées précédentes (combinées !), on n'a définitivement pas manqué de matière.

Les vingt-et-une photos qui suivent (signées Caroline Darcourt, comme toujours) sont la preuve de cet état de fait… et, à deux heures de la fin de la journée, elles sont aussi notre dernière chance d'évoquer, ne serait-ce qu'avec une seule image, la tonne de joueurs bien connus de nos services qui n'ont pas eu droit à un récit de HH, un chip-count ou une anecdote aujourd'hui. On espère bien sûr les revoir au Day 2 !

Antonin Teisseire
Antonin Teisseire
Antoine Saout
Antoine Saout
Maxime Chilaud
Maxime Chilaud
Alexandre Amiel
Alexandre Amiel
Leo Margets
Leo Margets
Maxime Parys
Maxime Parys
Stephen Chidwick
Stephen Chidwick
Fabrice Bigot
Fabrice Bigot
Cécile Ticherfatine
Cécile Ticherfatine
Paul Amsellem
Paul Amsellem
Julian Milliard-Feral
Julian Milliard-Feral
Alexandra Botez
Alexandra Botez
Nicolas Vayssieres
Nicolas Vayssieres
Frédéric Delval
Frédéric Delval
Jonathan Pastore
Jonathan Pastore
François Pirault
François Pirault
Kristen Foxen
Kristen Foxen
Gilbert Diaz
Gilbert Diaz
Serge Chechin
Serge Chechin
Mehdi Chaoui
Mehdi Chaoui
Joao Vieira
Joao Vieira

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Level 5 : pour quelques HH de plus

Level 5 : Blindes 300 / 600 BB ante 600 Main Event 10 000 $ (Day 1D)

Cécile est en mission

Cécile Ticherfatine
On l’avait quittée sur une table finale de Ladies Championship, le premier de “ses deux objectifs de Vegas”. Ce premier but atteint, Cécile Ticherfatine a fait suivre l'effort par le réconfort : repos, sport, shopping, puis la grindeuse attaque désormais la deuxième commission : le Main Event. Après quatre niveaux, Cecile a parfaitement coché les premiers pré-requis, avec près d’un double stack devant elle.

« J’ai eu un seul gros coup, couleur contre couleur. J’avais just flat A6 au bouton, j’avais déjà beaucoup 3-bet donc au bout d’un moment il faut se calmer. On est quatre dans le pot et ça vient 237. Il c-bet tout petit, je paie, fold-fold. Turn 8, il check, je check rapidement. River J, il check encore, mais je sens un gros tell de force, je fais 150%, il snap-call KQ ».

À force de patience et de discipline, la joueuse grattera quelques petits pots ici et là pour bonifier son stack. « Je suis en mission. J’ai vraiment envie de faire quelque chose dans ce tournoi » confirme Cécile. Nous aussi, on veut te voir faire quelque chose. - Fausto

Les vacances MTT

Les cash-gamers sont nombreux à tenter leur chance sur le Main Event. Le démarrage 300 BB deep, la structure lente, mais surtout la possibilité de gagner 12 millions de dollars en une seule partie attirent aisément cette famille de joueurs, la réconciliant le temps d’un tournoi avec celle des joueurs MTT.

Hicham Mahmouki
Hicham Mahmouki, n’a pas eu à se forcer pour s’aligner sur son deuxième Main Event. Pur joueur de CG, il est venu spécialement à Vegas pour s’offrir une parenthèse MTT, et casser sa routine annuelle. « Je suis juste venu pour me faire kiffer. Quand je viens à Vegas, c’est seulement pour les tournois. Pour l’adrénaline, pour les gros gains… C’est un peu ma récompense après une bonne année en cash » explique Mahmouki. Attention Hicham, ne serais-tu pas en train de virer « grinder » ?

"Pas du tout. Je me rends compte à quel point ceux qui vont en cash-game vont "print’. Alors que les tournois, c’est beaucoup moins intéressant d’un point de vue de la rentabilité. Si tu regardes bien, combien de joueurs font plus de 200K par an en tournois, sur plusieurs années consécutives ?"

Au contraire, ces vacances MTT lui rappellent à quel point Hicham aime son format de prédilection. « J’ai choisi le cash-game pour l’argent, mais pas seulement. Intellectuellement, c’est plus stimulant. Tu as un panel d’options bien plus large, surtout quand tu joues tout le temps contre les mêmes joueurs. C’est là que le cash-game est exceptionnel » déclare Mahmouki, avec un sourire extatique.

Pour ce qui est de son tournoi du jour, Hicham surf sur « un long fleuve tranquille ». Le joueur a monté 105 000 jetons sans jouer de gros coups et se voit continuer la croisière bien plus loin. “J’entends beaucoup de joueurs qui me disent “je n’ai pas fait un ITM en 5 ou 6 participations. Du coup, pour compenser, je me suis fait un challenge : je veux faire 5 fois ITM d’affilée”. Il n’y a qu’un joueur de cash-game pour échafauder des plans pareils .- Fausto

Le roi des sats

Laurent Cessy
Investir 10 000 $ pour jouer le Main Event des WSOP, il faut pouvoir se le permettre. Alors, lorsque l’on n’a pas la bankroll pour, on cherche des voies alternatives. Laurent Cessy a lui trouvé le sien pour se rendre, dix ans après, à Las Vegas pour la deuxième fois de sa vie. Pour ce faire, celui qui sillonne le plus souvent le circuit européen s’en est allé remporter sur Winamax, comme en 2014, le satellite du dimanche à 250 € garantissant un package pour prendre part au Big One. Et ce, dès sa première tentative.

“Quand j’ai vu ce sat’ le dimanche soir, je me suis dit que ce pourrait être une bonne façon de revenir à Las Vegas. Et finalement, j’ai fini par le remporter devant près de 140 joueurs”. Une bien belle histoire pour cet entrepreneur spécialisé dans l’immobilier et la restauration qui est donc de retour à Vegas pour disputer son deuxième Main Event. “La première fois, ça s’était plûtot bien passé sur le Day 1. Mais, c’est lors du Day 2 que le rêve a pris fin lorsque j’ai bust avec les As contre la paire de Rois de Kenny Tran.

Revanchard, Laurent compte bien profiter de sa deuxième chance pour aller le plus loin possible sur ce tournoi pas comme les autres. “Jouer le Main, c’est un rêve pour moi. Mais, si j’ai bien appris une chose lors de ma première venue, c’est qu’il ne faut surtout pas penser que le tournoi s’arrête à la fin du Day 1. Il vaut mieux prendre les jours les uns après les autres et savoir être patient".

Prendre son temps et ne pas s’emballer, cet habitant de Malaga n’a d’ailleurs pas manqué de le faire sur ce Day 1D. Et c’est certainement en grande partie pour cela qu’il est encore présent sur ce tournoi. “J’ai fait les montagnes russes. Je t’explique, j’ai perdu 100 % des gros coups que j’ai joués. Je suis descendu jusqu’à dix blindes en trouvant de très bons folds. J’ai attendu les meilleurs spots, et j’ai fini par remonter, notamment grâce à un beau carré d’As, pour me retrouver à l’heure actuelle avec un tapis de 30 000 jetons”. Un bien beau retour aux affaires pour ce joueur dont la plus belle perf’ en MTT reste, pour l’heure, une retentissante 14e place obtenue sur le Main Event de l’EPT Prague en 2022 (52 000 €). Plus qu’à te souhaiter de faire encore mieux sur celui des WSOP ! - VictorP

Méli-Malo

Malo Latinois
16ᵉ du Main Event de l’EPT Paris en 2023, un tournoi qu’il avait buy-in pour le kiff suite à sa victoire retentissante sur la Million Week pour plus de 120 000 €, Malo Latinois est un habitué des festivals Winamax, avec quelques belles perfs à son actif à Bratislava et au Sismix. Repéré par la Team ATM, il dispute aujourd’hui son premier Main Event et partage une villa avec quelques-uns des joueurs de l’équipe, dont Samy Dubonnet et Adrien Delmas, son coach MTT.

Venu ici pour son premier Vegas avec l’intention de jouer tous les tournois entre 800 et 1 500 €, Malo a évité le zéro pointé en allant chercher un improbable min-cash sur… un 200 € du Golden Nugget. « J’avais triple-bust un tournoi bien plus cher et je me suis chauffé à aller jouer le 200 € de 16 h au Golden Nugget », me raconte-t-il, presque honteux.

Content de son jeu et de son attitude malgré cette désillusion sur les tournois, Malo garde le sourire au moment de reprendre son grind sur le Main Event. « Je suis monté à 80 000, mais là, c’est un peu plus dur, j’ai 60 000 à la fin du quatrième niveau. » Cent blindes pour aborder le dernier level de la journée, on a vu pire. - Tapis_volant

Le nouveau Moundir

Coaché depuis cinq mois par le Malo Latinois dont on vient de parler, Moundir réussit déjà l’un de ses meilleurs Vegas ever. Dès sa descente de l’avion, il fonce dans l’Event #68 à 1 500 $ et termine le tournoi en 46ᵉ position pour plus de 14 000 $ de gains. Il enchaîne avec un beau deep run sur le Colossus où il rentre à nouveau dans les places payées, avant de prendre son ticket pour le Main Event via un satellite joué dans un format que les joueurs de Wina (comme lui) connaissent bien : le Hit’n’Run.

"J’ai toujours les mêmes frissons quand je débute ce tournoi, confesse-t-il, c’est vraiment le plus beau tournoi du monde, à chaque fois, je redécouvre cette atmosphère incroyable. Quand t’es un joueur amateur, c’est l’endroit où tu as envie d’être une fois dans l’année."

En 2018, Moundir avait deep run le Big One, finissant 472ᵉ pour 29 625 $, un souvenir gravé à vie pour celui qui estimait alors avoir encore beaucoup à apprendre. Pris sous son aile par Flavien, qui lui enseigne beaucoup de concepts sur les ranges, la manière d’aborder certains boards, l’agressivité, Moundir tient au courant son coach actuel de l’avancée de son tournoi. Et pour l’instant, à part un démarrage poussif où il a perdu pas mal de jetons sur des tirages manqués pour chuter rapidement à 25K, tout se passe pour le mieux puisqu’il pointe à 100 000 à l’entame du dernier level de la journée, grâce notamment à deux gros pots, un où il 3-barrel avec les Rois contre les Valets et un autre où il trouve un flop As-3-3 magnifique dans un pot 3-bet avec As-3 en main, prenant près de 20 000 dans l’adversaire, sans parvenir à se faire payer sur la rivière. - Tapis_volant

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Le Main Event tremble mais ne coule pas

Forts d'une organisation exceptionnelle, les WSOP ont su contenir le raz-de-marée de joueurs du dernier Day 1 Main Event 10 000 $ (Fin du Day 1D)

Day 1D
Le raz de marée. La déferlante. L'inondation. Le débordement. Des fuites de partout, le bateau qui prend l'eau, les rats qui quittent le navire. Vous pourrez utiliser toutes les métaphores aquatiques possibles pour décrire un Day 1 record sur le Main Event, vous aurez de toute façon tort : faisant face à une vague de joueurs sans précédent pour la dernière journée de départ du Main Event, les organisateurs des WSOP ont, tel le barrage Hoover qui contient le fleuve du Colorado à cinquante bornes d'hier, admirablement joué leur rôle pour endiguer un flux de 5 000 joueurs.

Une telle affluence aurait pu faire dérailler de bien des manières le plus beau tournoi du monde. Des files d’attentes interminables au guichet. Des croupiers qui manquent à l’appel. L’obligation de jouer à dix par table (sacrilège !) afin de pouvoir contenter tout le monde. Et même, worst case scenario, une partie à guichets fermés. Absolument rien de tout ça ne s’est produit. Et c’est ainsi que, avant de féliciter les joueurs les plus performants de ce Day 1D, on va d’abord applaudir tout le staff des World Series of Poker, qui ont accompli aujourd’hui une tâche difficile avec aplomb, professionnalisme et sérénité. Bravo ! - Benjo

À quoi sert un Day 1 ?

Alors que le floor annonçait les dernières mains du jour, Fabrice Bigot compte son tapis accumulé après une longue journée de grind : 60 000. Le même nombre de jetons qu’on lui accordait dix heures plus tôt. L’occasion de se demander légitimement : mais au fait, ça sert à quoi, un Day 1 ?

Fabrice Bigot
"Évidemment, t’en as qui monte des jetons, t’en as qui bust… Mais un Day 1 de Main Event, ça sert surtout à prendre la température, pose Fabrice, qui met en avant différentes spécificités du Main WSOP. Tout d’abord, prendre la température, c’est évaluer les “ranges”, souvent modifiées par la frilosité, la peur de certains joueurs de sauter de ce tournoi unique à 10 000 $ d’entrée. « Il faut prendre aussi en compte le pourcentage de field left, reprend Fabrice, soulignant la faible proportion de joueurs à être éliminé chaque jour (entre 26 et 31 % selon les Day 1). C’est très spécifique au Main Event : il y a une forme d’EV-future à ne pas “Battle” tous les coups. Il ne faut pas prendre tous les spots EV+. C’est une gymnastique, un puzzle, où il faut mettre les bonnes pièces ensemble, à savoir prendre les spots EV+, doser la prise de risque et choisir les bons exploits ».

La notion de survie, si essentielle dans un tournoi de poker, prend encore plus de sens avec une structure si exceptionnelle. « Dans un tournoi, tu fais continuellement l’ascenseur. Mais dans celui-ci, tu peux perdre la moitié de ton stack et encore avoir 75 blindes effectives » rappelle Bigot, affirmant que certains joueurs sont davantage affectés par la perte des jetons et ne relativisent pas assez le tapis confortable qu’il leur reste.

À quoi donc sert un Day 1 ? Prendre la température, doser la prise de risque, chérir ses jetons, poinçonner son ticket, pour potentiellement profiter d’un dernier élément que Bigot met en avant : « les mecs qui craquent », et qui se font de plus en plus nombreux à mesure que ce tournoi si long avance, éprouvant les corps et les cerveaux. Reste à savoir maintenant, à quoi sert un Day 2 ? - Fausto

Chip-leader à cause d’Elie Nakache

Rémy Murcia
Alors qu’il n’avait pas prévu de venir disputer le Main Event, Rémy Murcia s’est chauffé au dernier moment, pour la simple et bonne raison qu’il détenait 8% du (gros) Vegas d’Élie Nakache, vainqueur du deuxième bracelet français de l’été. Comme un fou chez lui à Nice pendant la table finale de son pote sur le 10 000 $ PLO Championship, qu’il suivait en live en vibrant comme jamais, le jour de son anniversaire, il n’a pas résisté à l’idée de rejoindre son pote pour participer au Main Event. Et tout ça grâce à cette somme gagnée sur du staking qui représente plus que sa meilleure performance sur le circuit live (une 6e place pour 61 000 € sur le FPS Monte-Carlo), un « one time » à 104 000 € remporté à distance. « Je savais qu’Élie voulait jouer cher, et même si le PLO n’était pas son format, je me suis dit que j’étais un peu obligé de le suivre et de mettre une petite croquette sur son 10K, ça a plutôt bien fonctionné. »

Débarqué il y a deux jours à Sin City, Rémy termine en tête du contingent tricolore avec un stack massif de 241 300 jetons. "J’ai joué énormément de mains aujourd’hui, j’avais une table très soft, rembobine Rémy, le coup-pivot se passe sur l’avant-dernier niveau de la journée. J’avais déjà 100k et il y avait une grosse dynamique de 3-bet/4-bet à ma table. J’ouvre à 1 200 au bouton avec T5. Un joueur ricain qui n’avait pas l’air de savoir que le Day 2 n’était pas demain mais lundi, et nous disait qu’il devait reprendre le taf absolument, me 3-bet à 3 300 de SB. Je paye parce que c’est pas cher. Flop 1052, il fait 2 500, soit 1/3 pot, je paye. Turn 4, il check, je fais 11 000 et il me check/raise à 28 000. Je paye. River 10, j’ai la vie dure. Et là, il pose une pilasse de 60 000 devant lui, je pense qu’il est à tapis et je paye. Il lui restait un jeton de 5k et il avait une paire de 4 en main."

Ami de longue date d’Élie, qu’il a rencontré sur le forum Poker-Académie, Rémy était déjà venu faire un petit Vegas avec lui en 2022, sans grand succès. Cette année, alors qu’il a rejoint la villa de son pote pour la durée du Main Event, la belle histoire pourrait continuer de s’écrire pendant les prochains jours. - Tapis_Volant

La crème Saulières

Matthieu Saulières
En cette fin de Day 1D du Main Event des WSOP 2024, il ne fallait forcément avoir un énorme stack pour terminer la journée avec un grand sourire. Parmi eux, on retrouve notre qualifié Expresso Matthieu Saulières dont le tapis avoisine les 40 000. Un stack inférieur au tapis de départ, mais, qui n’enlèvera pas au Rochelais les incroyables sensations qu’il a eues tout au long de la journée. « J’ai quelque peu découvert le live aujourd’hui, et je dois dire que c’était un moment magique. J’en ai encore des frissons. Certes, j’ai passé deux premières heures un peu compliquées où j’étais un peu tendu, mais, je me suis senti de mieux en mieux au fil des heures. Lorsque je me suis installé à la table ce midi, je m’étais fixé l’objectif de passer le Day 1. Objectif atteint ! Sincèrement, j’ai passé une journée de dingue. J’ai juste une seule chose à dire : merci Winamax, merci pour tout » conclut-il, le sourire aux lèvres. Heureux, nous le sommes pour toi ! - VictorP

Clan français : tournée de chip-counts en vrac

Rémy Murcia (241 300), Adel Naoun (208 500), Malcolm Franchi (180 000), Nathan Tétart (170 000), Rayane Bouibet (141 200), Antoine Labat (140 000), Jérome Bacouel (125 000), Christopher Marcadet (124 000), Hicham Mahmouki (120 000) Paul-François Tedeschi (112 000), Cécile Ticherfatine (111 000), Lorenzo Lavis (100 000), Moundir (95 000), Paul Amsellem (93 000), Leo Curial (91 000), Jérémy Saderne (87 000), Jérome Finck (88 600), Adrien Amorella (85 000), Maxime Parys (85 000), Elie Nakache (80 000), Sonny Franco (63 000), Reda Bouaboula (60 000), Adrien Zychowsky (59 000), François « Starbob » Robert (52 000), Vincent Meli (52 000), Malo Latinois (45 000), Matthieu Saulieres (40 000), Benoît Grobocopatel (39 000), Hadrien Gallois (38 100), Juventin du KING5 2024 (22 000), Alexandre Amiel (18 000)…

… et on aurait pu aussi évoquer les stacks d’Antoine Saout, Bruno Fitoussi, Antonin Teisseire, Erwann Pecheux, François Pirault, Nicolas Vayssieres, Gilbert Diaz, Sandrine Phan, Corentin Ropert, Victor Fryda… si seulement on les avait retrouvés au milieu de la foule. Mais pas de panique : on fera bien entendu un point complet sur les Français ayant survécu au Day 1D, une fois que l’on pourra consulter le classement officiel. Ils étaient une centaine au départ de cette journée tentaculaire : combien seront au Day 2D lundi ? - Benjo

Et le Team Pro dans tout ça ?

Julien Sitbon
Seulement deux éliminés sur l’ensemble des Day 1 : l’écurie W est bien entrée dans son match ! « Je ne sais pas comment j’ai fait, mais j’ai bag 43 900 » : du Day 1D, on retiendra un incroyable fold de Julien Sitbon en fin de journéed, avec deux Rois sur un flop 10-5-4 avec deux trèfles, après un tank d’un quart d’heure. Son adversaire avait relancé à tapis en overbet avec… brelan de 10 ! Les positions du Team en fin de Day 1D sont les suivantes…

Joao Vieira 112 000
Leo Margets 76 000
Davidi Kitai 81 600
Julien Sitbon 43 900
Alexane Najchaus 17 500
Pierre Calamusa OUT

Ces qualifications s’ajoutent à celles de Gaëlle Baumann (Day 1A), Kool Shen et Romain Lewis (1B), et enfin Adrian Mateos et Mustapha Kanit (Day 1C).

Les dernières photos du Day 1D

WSOP / Reportage
Une expression que nous n’avons jamais vue sur le visage des organisateurs aujourd’hui, au cours d’une journée exempte de tout couac.

WSOP / Reportage
Phil Ivey s'est pointé très tard... et a quand même eu le temps de monter 150 000 jetons.
Antoine Labat
Finaliste archi-malheureux de l'édition 2018; Antoine Labat a, lui aussi, opté pour le late-reg. Quelques heures de jeu pour terminer avec un tapis plus que doublé : bonne opération !
Samy Dubonnet
Chou blanc pour Samy Dubonnet aujourd'hui. Mais que La Dubonne se rassure, il est en bonne compagnie parmi les bustos : on y recense Sergio Aido, Jeff Madsen, Chance Kornuth, Anton Wigg, Viktor Blom, Vanessa Kade, Grégoire, l'un des vainqueurs du KING5 2024, Jonathan Pastore, Pierre Calamusa...
ElkY
L'an passé, ElkY s'était inscrit au Day 2. Il est arrivé cette fois un peu plus tôt... et on le retrouvera tout de même au Day 2 avec 64 600. En vrai, il aurait pu se passer de Day 1, diront les esprits result oriented (dont nous ne faisons pas partie mais c'est dur parfois).
Scotty Nguyen
Scotty is in the bag, baby !
Juventin
La qualification short-stack de Juventin permet à l'équipe gagnante du KING5 2024 d'aligner les 4/5èmes de ses membres au Day 2.

Wouf
Wouf

Dimanche : place au premier Day 2

WSOP / Reportage
Des salles combles, des salles combles, et encore des salles combles : dimanche va ressembler à samedi, avec le premier Day 2 rassemblant les survivants des Day 1A, 1B et 1C. Ils seront au nombre de 3 143, et seront rejoints par tous les ultra-retardataires optant pour une inscription au Day 2 avec 75 blindes. Nous aurons au moins 76 joueurs français à suivre. En parallèle, on gardera aussi un œil sur le Day 2 de la sympathique boucherie à 1 000 $ ayant débuté aujourd'hui en guise de consolation pour les joueurs éliminés trop tôt. Enfin, ceux qui n'ont aucun "bag" pourront tenter un 8-game Mix à 1 500 $ à midi, ou un Ultra Stack à 600 $ à 14 heures. À très vite !

Benjo, VictorP, Tapis_Volant, Fausto & Caroline Darcourt

WSOP 2024 : tous nos articles

Le plus long chip-count de l’année : 3 823 joueurs franchissent le Day 1D

WSOP / Reportage
CLIQUEZ ICI POUR LE CHIP COUNT COMPLET DU DAY 1D (75 pages de PDF : bon courage !) CLIQUEZ ICI POUR LE CHIP COUNT COMPLET DU DAY 1C CLIQUEZ ICI POUR LE CHIP COUNT COMPLET DU DAY 1B CLIQUEZ ICI POUR LE CHIP COUNT COMPLET DU DAY 1A

Day 1D - 5014 inscriptions / 3823 restants (dont 138 Français) - Chipleader : Christopher Frank (Allemagne) 698 000
Day 1C - 2504 inscriptions / 1907 restants (dont 36 Français) - Chipleader : Mikiya Kudo (Japon) 600 100
Day 1B - ??? inscriptions / 616 restants (dont 23 Français) – Chipleader : George Dolofan (USA) 314 000
Day 1A - 915 inscriptions / 620 restants (dont 17 Français) - Chipleader : Joshua Feiger (USA) 311 900

Le top 10

WSOP / Reportage
Christopher Frank (Allemagne) 698 000
Derek Closta (USA) 600 000
John Mcdonald (USA) 496 000
Scott Stewart (USA) 370 200
David Miller (USA) 332 200
Jeff Beckley (USA) 312 000
Victor Fryda (France) 310 000
Michael Danley (USA) 295 000
Ruslan Nazarenko (UK) 282 800
Jayphong Nguyen (USA) 280 700

138 Français (hé ouais !)

WSOP / Reportage
7. Victor Fryda 310 000
25. Rémy Murcia 241 300
40. Arnaud Antoine 224 500
60. Adel Naoun 208 500
87. Emmanuel Houssais 198 100
89. Louis Leboisselier 197 400
112. Malcolm Franchi 184 800
129. Paul Patouilliart 179 000
165. Nathan Tetart 169 300
168. Didier Guerin 168 900

  1. Eddy Sadoun 164 900

  2. Christopher Chaudey 151 000

  3. Aziz Benchekroun 151 000

  4. Yohan Rascar 150 400

  5. Samuel Dray 147 600

  6. Clément Lescanff 145 200

  7. Romain Morvan 144 100

  8. Rayane Bouibeb 141 200

  9. Meddi Ferrah 133 500

  10. Arnaud Morel 132 600

  11. Christopher Marcadet 132 600

  12. Pierre Tassin 130 300

  13. Hugo Dief 129 900

  14. Théo Devidal 129 000
    504. Mathieu Philbert (Vainqueur KING5 2020) 129 000

  15. Joseph Querleux 127 500

  16. Jérôme Bacouel 125 100

  17. Paul-François Tedeschi 124 400

  18. Cécile Ticherfatine 120 000

  19. Hicham Mahmouki 119 200

  20. Emilio Ulisse 118 400

  21. William Reymond 117 000

  22. Quentin Guivarch 116 000

  23. Jérôme Finck 113 700

  24. Jonathan Therme 110 600

  25. Alexis Leneveu 109 300

  26. Jean Lhuillier 108 000

  27. Olivier Chaume 105 700

  28. Florent Leneillon 105 100

  29. Paul Amsellem 103 000

  30. Antoine Labat 102 600

  31. Clément Genon 101 600

  32. Lorenzo Lavis 100 900

  33. Pierre Jeffredo 100 200

  34. Damien Robert 100 100

  35. Elie Mosaki 97 900

  36. Laurent Azout 96 700

  37. Sandrine Phan 96 500

  38. Antoine Delorme 95 700

  39. Lionel Lesur 95 200

  40. Frédéric Delval 93 700

  41. Corentin Ropert 92 800

  42. Ludovic Uzan 92 700

  43. Florian Bordet 92 500

  44. Elie Nakache 91 200
    1240. Léo Curial (Vainqueur KING5 2024) 90 900

  45. François Pirault 90 900

  46. Jérémy Saderne 90 000

  47. Cédric Danneker 87 600

  48. Adrien Amorella 85 600

  49. Erwann Pecheux 83 700

  50. Antonin Teisseire 83 100

  51. Sébastien Grax 83 000

  52. Thierry Groualle 82 800

  53. Maxime Parys 82 300

  54. Alexandre Servies 81 200
    1578. Moundir Zoughari (WIP) 80 000

  55. Bruno Fitoussi 76 600

  56. Arnaud Enselme 76 400

  57. Antoine Saout 75 800

  58. Emilien Pitavy 71 600

  59. Clément Bonnant 71 100

  60. Malo Latinois 70 800

  61. Pierre Canova 70 800

  62. Mohamed Aissani 69 900

  63. Robin Guillaumot 68 200

  64. Xabi Carricart 67 700

  65. Julien Labarriere 64 800

  66. Bertrand Grospellier 64 700

  67. Olivier Noël 63 100

  68. Maxime Chilaud 61 600

  69. Olivier Theze 61 500

  70. Maxence Carbonneaux 61 400

  71. Théo Sastre 61 200

  72. Sonny Franco 60 000

  73. Mohamed Kerkeni 60 000

  74. Fabrice Bigot 59 700

  75. Kevin Clemot 58 600

  76. Jérôme Dumayet 58 200

  77. Giuseppe Zarbo 58 000

  78. Samy Boujmala 57 500

  79. Mesbah Guerfi 57 100

  80. Clément Cure 56 200

  81. Ivan Deyra 56 100

  82. Silma Macalou 55 000

  83. Rabah Aitabdelmaler 54 000
    2572. François Robert (Qualifié Winamax) 52 000

  84. Jonathan Fhima 51 000

  85. Youcef Benzerfa 50 000

  86. Benoît Grobocopatel 49 800

  87. Romain Putz 49 700

  88. Mounim Kaddouri 49 700
    2687. Reda Bouaboula (Qualifié Winamax) 48 900

  89. Roger Taieb 46 100

  90. Jenny Israël 44 000
    2855. Julien Sitbon (Team Winamax) 43 900

  91. Bruno Mandagaran 42 800

  92. Sacha Rymland 40 600
    2974. Matthieu Saulieres (Qualifié Winamax) 40 200

  93. Julien Duveau 39 400

  94. Fabrice Casano 38 700
    3062. Hadrien « Chance44 » Gallois (WIP) 38 100

  95. Nicolas Vayssieres 37 200

  96. Baptiste Carteau 36 200

  97. Patrick Sacrispeyre 36 000

  98. Romain Bremond 36 000

  99. Alexsis Mtalssi 33 000

  100. Vladimir Nex 30 500

  101. Edouard Sacrispeyre 29 400

  102. Clément Meunier 28 800

  103. Nicolas Clément 27 200

  104. Lucien Jouanneau 25 700

  105. Emmanuel Rapinier 23 700
    3499. Juventin Arnoux (Vainqueur KING5 2024) 23 400

  106. Hedi Bousseta 23 100

  107. Kalidou Sow 23 000

  108. Angelo Besnainou 23 000

  109. Antoine Berruel 18 900

  110. Simon Prudhomme 18 500
    3647. Alexane Najchaus (Team Winamax) 17 000

  111. Alexandre Amiel 16 200

  112. Serge Chechin 13 600

  113. Cyril Andre 9 200
    3776. Laurent Cessy (Qualifié Winamax) 9 000

  114. Kevin Abecassis 8 100

  115. Jacques Mayer 8 100

  116. Selim Oulmekki 6 900

  117. Anthony Cierco 4 200

    Le reste du field (sélection giga partielle)

    WSOP / Reportage
    16. Brian Hastings (USA) 252 100

  118. Bart Lybaert (Belgique) 185 000

  119. Jorge Veiga Muozo (Espagne, Qualifié Winamax) 169 600

  120. Phil Ivey (USA) 162 500

  121. Espen Jorstad (Norvège) 150 800

  122. Brian Rast (USA) 130 500

  123. Stephen Chidwick (UK) 126 000

  124. Kristen Foxen (Canada) 122 200

  125. Joe McKeehen (USA) 121 300

  126. Martin Jacobson (Suède) 117 800

  127. Joao Vieira (Portugal, Team Winamax) 112 000

  128. Scotty Nguyen (USA) 104 200

  129. John Juanda (USA) 96 000

  130. Alex Foxen (USA) 83 000

  131. Davidi Kitai (Belgique, Team Winamax) 81 600

  132. Ryan Riess (USA) 81 500

  133. Leo Margets (Espagne, Team Winamax) 75 100

  134. Maria Konnivoka (USA) 74 400

  135. Phil Laak (USA) 74 400

  136. Alejandro Lococo (Argentine) 60 300

  137. Joe Cada (USA) 32 800

Blindes au départ du Day 2 : 400 / 800 BB ante 800

WSOP / Reportage

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