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WSOP 2024-Main Event - 1B

Happy birthday, USA!

Les Etats-Unis fêtent leur indépendance, le Main Event des WSOP fête sa deuxième journée de départ Main Event 10 000 $ (Coup d'envoi - Day 1B)

Organisés par des casinos comme le Caesar's Palace, le Plaza ou le Red Rock, les feux d'artifice ne seront lancés qu'à 21 heures ce soir. Même si, présentement, l'heure est au déjeuner, il nous sera difficile d'allumer un barbecue à l'intérieur du Horseshoe et d'y faire griller côtelettes et brochettes. Bref, en ce jeudi 4 juillet à midi, le meilleur moyen de fêter immédiatement la signature du traité d'indépendance des États-Unis reste de s'installer autour d'une table ovale pour une petite partie du plus américains des jeux : le poker.

Greg Raymer
C'est Greg Raymer qui a eu l'honneur de prononcer les mots "Shuffle up and deal", synonymes de coup d'envoi officiel du Day 1B du Main Event des WSOP. Normal : on fête le vingtième anniversaire de la victoire de "Fossilman" sur le Main Event. Un évènement historique, parce que survenu dans l'oeil du cyclone que fut le boom du poker propulsé par l'avènement du jeu sur Internet et la diffusion à la télévision du World Poker Tour et du sacre, un an plus tôt, d'un certain Chris Moneymaker. Cette année-là, l'affluence avait fait un bond sans précédent, triplant par rapport à 2003 pour atteindre 2 576 participants, un record absolu à l'époque.

« Je regarde mon portrait sur le mur, et je n’arrive pas à y croire », a confié Raymer au micro, avant de partir sur un discours au ton conciliateur, peut-être bien choisi dans cette époque troublée où les peuples (les Américains comme les autres) n’arrivent décidement pas à s’entendre. « Je me suis fait tellement d’amis à la table de poker. C’est ça que j’adore. Peu importe nos origines, notre sexe, notre race, on est tous sur un même pied d’égalité. On peut se bagarrer à table, mais on peut le faire en restant amis. Donc : n’oubliez pas de vous amuser ! » - Benjo

Un Top Shark sort de l’eau

On fête donc le vingtième anniversaire du sacre de Greg Raymer… Yann Del Rey, lui, fête les onzièmes bougies de sa victoire sur la Top Shark Academy de Winamax. C’est avec un plaisir particulier que nous retrouvons l’ancien Team Pro au coup d’envoi du Day 1B, car la dernière fois que l’on avait eu de ses nouvelles, c’était en 2019, lorsqu’il s’apprêtait à tout lâcher pour faire le tour du monde avec son épouse à bord du Take It Easy, un catamaran de douze mètres. Qui, parmi nous, empêtrés dans les tracas du train-train quotidien citadin, n’a jamais eu envie de tenter une pareille aventure ?

Yann del Rey
On en a rêvé : Yann Del Rey l'a fait... et cinq ans plus tard, on est ravis d'apprendre que ce mode de vie hors-norme qu'il s'est créé est toujours d'actualité. "On vient de passer huit mois en Indonésie. Puis on a atteint l'Australie. Là, les vents contraires nous ont maintenus à quai à Cairns [nord-est], on ne peut pas aller vers le sud. On ne va pas pouvoir bouger avant novembre, je pense. C'est la raison de ma présence à Vegas. Je suis là depuis un mois. La dernière fois, c'était avec Ludo [Lacay], en 2016 !"

N’ayant pas le pied marin, j’apprends, fasciné, que les vents peuvent souffler dans la même direction pendant six fois d’affilée, empêchant toute navigation aux capitaines de petits bateaux comme Yann et Cécile. « C’est vraiment l’opposé du poker. On vit au rythme du soleil, on se lève très tôt. Et on vit au rythme du vent. Bref, on vit avec la nature ! Tout l’inverse de Las Vegas, avec les faux ciels à l’intérieur des casinos, les fausses lumières [rires]. »

En un mois à Vegas, Yann peut se targuer d’avoir signé quatre ITM, dont un sur l’épreuve WSOP à 2 500 $. « Mais je suis down quand même. » Est-ce qu’un marin peut concilier vie aquatique et pratique du poker ? Figurez-vous que oui. « Il y a pas mal de casinos en Australie, notamment sur la Gold Coast. Dès que je trouve un casino, je vais jouer. Et sur les cash-games là-bas, tu te fais facilement inviter sur des parties privées. »

Yann et Cécile continuent de régulièrement alimenter la chaîne Youtube et le compte Instagram créés au début de leur folle aventure. Mais, selon Yann, cette aventure de cinq ans pourrait bien être mise en pause au cours des prochains mois. "Une fois qu'on va pouvoir repartir, on va sûrement revenir en Europe. Il faut qu'on recommence à gagner un peu de sous !" Pour cela, le programmeur va probablement mettre le cap sur Londres, son ancien camp de base. Mais pour le moment, il continue de rêver de l'Indonésie à voix haute. "On s'est régalés. Des gens extraordinaires, généreux et souriants..." Tout le contraire d'un joueur de poker à qui on vient de coller un bad-beat, quoi. Benjo

Ma première fois

Hugues Girard
Hugues Girard se sent comme un poisson dans l'eau aux tables de poker live en 2024, après treize années d'absence. Après son énorme deep-run lors de la finale du WiPT (runner-up pour 126 000 €), l'ancien scénariste et prof d'histoire-géo a bien failli réaliser un retentissant back-to-back le mois dernier lors du SISMIX à Marrakech, atteignant la 16ᵉ position sur le Main Event. Un amoureux des festivals Winamax que l'on a retrouvé ce jeudi dans l'une des salles du Horseshoe, où il dispute actuellement le tout premier Main Event WSOP de sa carrière. Pas un geste anodin, évidemment..." Forcément, c'est un moment particulier. Premier Main Event pour moi, ici, à Las Vegas. Je ne peux pas être plus heureux que maintenant. Mais, pour le rester, mon objectif est de faire ce que je sais faire, en prenant du plaisir et en jouant le mieux possible."

Si Hugues Girard prend part ce jour à son premier Main Event des WSOP, il a cependant eu le temps de s'acclimater un peu en disputant quelques tournois préliminaires, au cours desquels il est parvenu à trouver la recette magique pour vibrer un peu. "Depuis que je suis arrivé à Vegas, j'ai eu la chance de faire deux deep runs. Un premier au Golden Nugget, puis un second sur le Monster Stack des WSOP. Je continue d'engranger de l'expérience au fil des jours, je profite de mon séjour, alors espérons que ça ne s'arrête pas sur ce Main Event que j'attendais avec impatience. Je ne sais pas si je suis le seul à penser cela, mais j'ai un peu cette impression de passer du .fr au .com aujourd'hui. Le niveau n'est pas le même, il y a énormément de très bons joueurs, donc la pression n'est pas la même. Maintenant, je reste assez serein, je vais essayer de prendre un maximum de plaisir et pour la suite, on verra bien". Bonne chance ! - VictorP

La structure du Day 1

Vivian Saliba
La structure du Day 1B vous est offerte par la Brésilienne Vivian Saliba. Merci Vivian !

Tapis de départ : 60 000. Durée des niveaux : deux bonnes grosses heures. Fin de journée prévue à minuit et quart.



































Level Blindes BB Ante
1 100 / 200 200
2 200 / 300 300
3 200 / 400 400
4 300 / 500 500
5 300 / 600 600

Main Event : la structure en PDF

Main Event 2024 : le calendrier

WSOP / Reportage

Mercredi 3 juillet Day 1A
Jeudi 4 juillet Day 1B
Vendredi 5 juillet Day 1C
Samedi 6 juillet Day 1D
Dimanche 7 juillet Day 2A / 2B / 2C
Lundi 8 juillet Day 2D
Mardi 9 juillet Day 3
Mercredi 10 juillet Day 4 (jour de bulle)
Jeudi 11 juillet Day 5
Vendredi 12 juillet Day 6
Samedi 13 juillet Day 7
Dimanche 14 juillet Day 8
Lundi 15 juillet Pause
Mardi 16 juillet Finale (jusqu'à 4 joueurs)
Mercredi 17 juillet Finale (jusqu'au vainqueur)

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 1, on s’assoit et on passe à 120K

Level 1 : Blindes 100 / 200, BB ante 200 Main Event 10 000 $ (Day 1A)

Greg Fournier joue un Sit&Double

Greg Fournier
La nouvelle nous arrive en salle de presse, portée par Caroline Darcourt : "Greg Fournier a doublé sur la première main !" Aussi réjouissant que pas banal. On accourt donc en table 518 pour prendre des nouvelles directement de la bouche du cheval. "Alors, c'était pas sur la première main du tournoi... mais sur la première main en m'asseyant !" Oui, parce que Greg est arrivé un peu en retard. "Je me pointe, il est midi vingt. Je vais au guichet pour transférer les 10 000 $ du buy-in vers mon compte Bravo [le système informatique permettant de s'inscrire en ligne, NDLR]. Je discute un peu avec un pote, puis je vais à une borne pour m'inscrire. Et là, les sous ne sont pas arrivés sur mon compte. Je retourne au guichet, en fait je m'étais trompé de compte... Bref, il reste 45 minutes dans le niveau quand je finis par m'assoir, je suis en léger tilt à cause du temps perdu..."

Un tilt qui ne fera pas souffrir Greg longtemps : en guise de première main, le Français reçoit une paire de 9. « Le joueur UTG+1 ouvre à 600, je flat-call au cutoff, le bouton aussi, et la BB squeeze pour 3 100. » Greg est le seul payeur. Le croupier lui retourne un flop VIP : 966. « Et là, il mise… 12 000 ! Je ne peux que call, je veux garder toutes ses mains. Sur le moment, je pense qu’il a deux Valets, deux Dames, le genre de mains avec lesquelles il aurait peur et voudrait me chasser. » Greg paie et le turn, justement, est une Dame.

« Il mise 35 000. J’ai 45 000. Je fais tapis. S’il a deux Dames, alors bon appétit. Il snap-call. À ce moment-là, je repense à tout mon Vegas, qui a été vraiment dégueulasse… Ça aurait été drôle de…. » Ce mauvais pressentiment sera à moitié balayé en voyant la paire d’As retournée par son adversaire, puis définitivement oublié après la rivière, une doublette de la Dame. Et c’est comme ça qu’on tient notre premier stack à six chiffres du Day 1B, alors que les blindes sont encore à 100/200. - Benjo

Cette fois, c’est la bonne ?

Dylan Cechowski
Le jet lag ? Connait pas ! Arrivé à Las Vegas il y a seulement trois jours, Dylan Cechowski n’a à peine eu le temps de digérer son périple entre la France et les États-Unis qu’il était déjà sur les starting-blocks le lendemain matin, prêt à en découdre aux tables du Horseshoe. « Je suis arrivé le 1ᵉʳ juillet, donc autant te dire que je n’ai pas beaucoup dormi depuis que je suis là. Je ne voulais pas arriver sur le Main Event sans avoir joué le moindre tournoi. Alors, j’ai été faire le Mini Main Event et le tournoi de l’Independence Day Celebration, mais pour être honnête, ça ne s’est pas très bien passé. On va oublier cela et se concentrer sur la suite ».

Ce jeudi, c’est un poil plus reposé que le jeune joueur français s’attaque au tournoi le plus important de son été : le tant attendu Main Event qu’il dispute pour la troisième fois de sa carrière. Un tournoi pas comme les autres où il espère cette année faire bien mieux que les années précédentes. « Les deux premières fois, c’était un peu un cauchemar. Sur la première bullet, j’ai bust en début de Day 2, et sur la seconde, je n’ai même pas passé le Day1. Alors bon, ça ne devrait pas être trop compliqué de faire mieux lors de ce troisième essai. Du moins, c’est ce que j’espère grandement ». Nous aussi ! - VictorP

Anecdotes, statistiques et citations à la con

94 : le nombre de tables en activité à la fin du Level 1. Cela représente une capacité (provisoire) de 846 joueurs. Cela ne correspondra pas, bien sûr, à l’affluence finale du Day 1B, mais cela nous laisse à penser qu’elle ne devrait pas être fortement supérieure à celle du Day 1A, qui avait rassemblé 915 participants.

Si vous possédez un compte Facebook, rendez-vous sur la page officielle de Winamax pour retrouver TOUTES prises par Caroline Darcourt lors du Day 1A. Il y a pas mal de clichés inédits, la faute à Caro qui est tellement productive qu’on n’arrive pas à publier tout ce qu’elle nous envoie.

WSOP / Reportage
Une première entrée dans notre grand concours en ce jour de Fête Nationale ricaine : « l’Américain le plus patriotique ». Il y en aura d’autres, affaire à suivre.

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 2, les confrères entrent dans le jeu

Level 2 : Blindes 200 / 300, BB ante 300 Main Event 10 000 $ (Day 1B)

Couvreuse, on parle de toi !

Florence Mazet
Couvrir, carnet ou appareil photo en main les plus gros festivals de poker pendant des années pour finir par soi-même disputer le plus gros de tous : un scénario qui ne se produit que rarement... mais qui donne parfois lieu à une belle histoire. On se souvient par exemple de notre Victor Saumont, alias Tapis_Volant, auteur d'un beau deep-run sur l'édition 2016, dès son premier essai(257ᵉ pour 37 000 $).

Aujourd’hui, pour tenter d’imiter Victor, on retrouve au départ du Day 1B une autre « couvreuse poker » bien connue du circuit francophone : Florence Mazet, impatiente à l’idée de laisser son carnet de côté pour s’exprimer cartes en main.

L’année dernière, j’ai passé tout l’été à couvrir les WSOP en anglais pour PokerNews. C’était long, intense, peut-être même un peu trop. Alors, je me suis dit qu’il était temps de revenir, mais cette fois en tant que joueuse. Je me suis laissé un an pour grind suffisamment online. J’ai également mis de l’argent de côté dès que je pouvais. Et à l’arrivée, on ne va pas se cacher, j’ai très bien run. Mais s’il y a bien une chose que je n’oublie pas, c’est que si je suis là, c’est en partie grâce à mes deux stackers : Alexandre Reard et Florent Ribouchon.

Arrivée à Las Vegas à la mi-juin avec un programme bien précis, Florence vit en effet un festival plutôt satisfaisant."Certes, j’ai mal démarré, mais c’était pour mieux terminer. Je n’ai rien fait sur le Monster Stack et le Millionnaire Maker. Ensuite, j’ai réussi à terminer 20ᵉ au Venitian et 21ᵉ à l’Aria sur un peu plus de 300 joueuses. Mais, pour l’heure, ma meilleure perf’ sur ces WSOP reste mon deep run sur le Colossus, où j’ai fini 87e.

"La perf est assez folle sachant que mon objectif était de gagner plus de 5 000 € pour pouvoir faire le Main Event. Et ça n’a pas manqué. Je suis parvenu à atteindre ce palier qui était à 89 joueurs restants et mes stackers m’ont tout de suite dit qu’il était maintenant l’heure d’aller joueur le plus beau tournoi du monde. Et aujourd’hui, me voilà, enfin prête à en découdre”. Bonne chance Florence ! - VictorP

Tu pousses le Ribouchon un peu loin !

Florian Ribouchon
Il fait désormais partie des meubles sur les WSOP, tant il enchaîne les tournois depuis des années, avec une grosse accélération depuis l’été 2023 et sa perf mutanesque sur le Millionaire Maker.

Florian Ribouchon est en place sur ce Day 1B. « J’ai choisi de jouer aujourd’hui pour avoir un jour de repos entre le Day 2 et le Day 3. En vrai, c’est trop important si tu fais Day 5/6 d’avoir une journée de récupération en plus, parce que tu commences vraiment à ressentir une grosse fatigue. Et demain, y avait le match de l’équipe de France, donc le plan, c’est de se qualifier aujourd’hui, de profiter pendant deux jours et ne pas oublier le Day 2 dimanche ». S’il se montre optimiste, c’est aussi parce qu’il a déjà deep run ce tournoi, son meilleur résultat, c’était l’an dernier avec une 707ᵉ place pour un Day 4. Cette année, le beau petit rayon de soleil est venu de son deep run en compagnie de sa copine Tatiana sur le Tag Team, où ils ont fini 95ᵉ de l’épreuve, "un vrai bon moment, elle a joué quasiment autant que moi, même si au Day 2, elle avait un peu peur. C’est génial de partager ça sur ce tournoi. Ce n’est pas un truc qu’on fait souvent en tant que joueur de poker."

Arrivé le 26 mai avec un groupe de potes de Nice qui débarquaient à Vegas pour 12 jours, Florian en a profité pour kiffer avant de se lancer à corps perdu dans les tournois, avec déjà 13 places payées sur Vegas, en comptant les deep runs au Wynn et au Venitian. Pas de grosse performance à noter, mais une belle régularité quand même. Sur son Main Event, pour le moment, pas grand-chose à signaler. « Y a des sacrés phénomènes, avoue-t-il, il y a un mec qui a placé un gros squeeze avec 8-3 suité, il était tout fier de montrer sa main. »

J’ai juste eu le temps de le voir se faire relancer sur la rivière 95434. Il ne parvient pas à folder son AT et se voit montrer 33 pour full, rien de dramatique ceci dit après un bon départ qui l’avait vu monter à 80 000. - Tapis_volant

Michaud mi-froid

Clément Michaud
Parmi les joueurs qui vivent leur première fois sur le Main Event, on demande Clément Michaud. Le jeune grinder qui évolue sur les plus grosses tables du .fr et du .com, avec des buy-ins entre 50 € et 1 000 €, n’arrive pas à encore à confirmer en live. Et ce n’est pas son Vegas 2024 qui changera la donne - pour le moment - puisque, arrivé il y a un mois, il en est à 35 tournois avec seulement 3 ITM. « Et en plus, mes ITMs, c’était sur ma première semaine. Je me fais fumer depuis ! », ajoute Clément.

Staké à 50 % sur ce Main Event, Clément, qui partage une coloc avec deux regs parisiens du circuit, Hughes Girard et Samuel Fournier, vit un début de journée pénible. « J’ai pas beaucoup de coups à te raconter, mais j’en ai perdu beaucoup. Des flush-draws que tu dois payer, des middles pairs que tu payes une fois et que t’abandonnes, des coups imparables ». Bilan, un stack divisé par deux après trois heures de jeu à une table où les pots sont souvent en multi-way et il va falloir toucher pour espérer monter des jetons. Préférant largment aller jouer au Venitian ou au Wynn que sur les WSOP, sur des tournois à taille humaine, Clément va tenter de sauver son Vegas sur ce Main Event. -Tapis_volant

Anecdotes, statistiques et citations à la con

2 : la quantité de membres du Team W en lice sur le Day 1B. À savoir… Kool Shen, et un Romain Lewis ayant grimpé à plus de 75 000 avant de chuter un peu.

Joueur mystère
On offre un photo dédicacée de Pierre Calamusa à celui qui saura reconnaître ce joueur pro, dont l’apparence a fichtrement changé ces derniers temps… Indice : il a gagné pas mal de trucs quand même. Vous pouvez jouer sur Twitter ou sur le forum du Club Poker.

The Devil
Nos lecteurs les plus fidèles connaissent le surnom que la presse a attribué à ce joueur américain… et la frousse qu’il nous inspire.

Patriote
« L’Américain le plus patriotique », notre concours du jour : on continue avec une candidature somme toute assez sobre. A priori pas favori pour la gagne, mais on salue tout de même la participation.

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 3, la déception nous laisse coi

Level 3 : Blindes 200 / 400, BB ante 400 Main Event 10 000 $ (Day 1B)

Et vous, vous auriez fait quoi ?

Florence Mazet

Imaginez, vous êtes sur le Main Event depuis seulement 45 minutes, après être arrivé en late reg au cours du deuxième level de la journée. Votre stack a fondu, la faute à des petits coups perdus, rien de dramatique puisqu'il vous reste encore 50 000 devant vous - c'est encore 166 belles blindes. Un papy ricain ouvre à 800 en milieu de parole. Un reg étranger l'isole à 2 400 depuis le bouton - c'est un joueur compétent qui n'en pas à sa première tentative. Plus tôt, il avait déjà ciblé ce papy en l'isolant. Vous découvrez une belle paire de 8 de petite blinde et vous décidez de la jouer agressivement. Ce sera 5 600 à suivre. Si le papy passe rapidement sa main, ce n'est pas le cas du joueur régulier qui accepte l'invitation.

Sur le flop K85, vous trouvez le deuxième brelan, votre cerveau entre en ébullition, et si c'était le moment de doubler et de lancer votre tournoi ? Vous décidez de faire une petite mise à 3 200 et votre compagnon de jeu reste dans l'histoire. La turn 3 amène un deuxième flush-draw et cette fois, vous décidez de check. Votre adversaire vous imite. Sur la rivière 10, vous checkez et votre adversaire vous met à tapis, réclamant les 38 000 qu'il vous reste. Vous êtes sur le Main Event, votre premier Main Event.

Que faites-vous ici ?

Si je vous parle de ça, et même si je n’entendrais probablement jamais votre réponse, sachez que la protagoniste de cette « HH » bien pénible, c’était Florence Mazet. Notre confrère a finalement décidé de call avec son brelan… et s’est fracassée contre le brelan de Rois de son adversaire. Une fin brutale pour celle qui se réjouissait d’accéder pour la première fois au Big One après sa belle performance sur le Colossus.

« Je ne suis pas venue jouer le Main Event pour folder les troisièmes nuts », dira Florence après sa sortie, sonnée après ce coup d’une violence inouïe, cherchant du réconfort chez ses amis de la coloc avec qui elle vit son Vegas 2024, et voulant savoir si elle avait bien joué ce coup ou non. Avait-elle une chance de s’en sortir ? On vous laisse réfléchir. - Tapis_Volant

Lewis ne perd jamais

Romain Lewis
Comme hier pour Gaëlle Baumann, c’est également une paire d’As qui a permis à notre Team Pro Winamax Romain Lewis de décoller sur ce Main Event, attaquant le troisième niveau du Day 1B avec un tapis gonflé à 113 000 jetons.

Après une relance à 900 en début de parole, payé trois fois, Romain porte les enchères à 5 500 avec la meilleure main du Hold’em. Il est payé par le relanceur initial et le lojack. Les trois joueurs checkent le flop 7-53. Sur la doublette du 7 à la turn, Romain dégaine une mise à 6 000. Si le premier fold, ce n’est pas le cas du lojack qui relance à 14 000. Il en faut plus pour effrayer rlewis qui paye simplement. Sur un 9 à la rivière, Romain lead à 10 000 et se fait call/muck.

Tout sourire au moment d’évoquer cette main, Romain me confiait ce matin « avoir la table idéale pour débuter le Main Event », un ressenti partagé par les quelques observateurs qui avaient scanné sa table à l’entame de la journée. - Tapis_Volant

Relance mystère

Bruno Lopes est au bouton, et s’offre une petite ouverte à 1 000. C’est payé par la joueuse en BB, qui arbore de jolies boucles d’oreilles formant chacune une paire de cartes, je suis un peu frustré car je n’arrive pas bien à voir s’il d’agit de Roi-Dame ou Roi-Valet.

Kool Shen
Le flop tombe 985 et Bruno c-bet 1 000. Check/call de la dame. Turn : un 3 ouvrant un deuxième flush draw. Même séquence, avec des mises doublées. Rivière : une Q. Une dame, donc la dame mise : 3 000. Sauf que Bruno est d'humeur joueuse, et annonce "14 000". Longue réflexion de l'adversaire, qui va même demander à Bruno combien il lui reste (réponse : 30 000).

On ne verra les cartes de personne : la joueuse finit par abandonner, et Bruno encaisse un joli petit pot sans mot dire ni cartes montrer. « J’avais deux paires. Et vous ? »

« J’avais les nuts », lâche Bruno en esquissant un sourire laissant à penser qu’il était un poil moins haut que ça.

Bruno Lopes
Non, il ne s'agit pas du discours de Kool Shen après son élimination du High Roller Senior en sixième place. Bruno ayant quitté le casino trop vite pour avoir le temps de nous accorder une petite réaction, nous avons à la place demandé à ChatGPT de nous en fournir une. On montre le résultat à Bruno et il rigole. "C'est pas si mal ! Bientôt, on n'aura plus besoin de rien dire..." - Benjo

Anecdotes, statistiques et citations à la con

"OOOOOOOHHHHHH !!!!" - Signé : un retraité qui voit tomber une Dame sur le turn, alors que deux joueurs s'affrontent à tapis avec la même main : les As. Pourquoi il crie, papy ? Parce qu'il a foldé préflop une paire de Dames ! "J'étais couvert, je n'ai pas eu le courage...." Hé, te bile pas pépé, techniquement, c'est un très bon fold.

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Level 4, la France passe à l’attaque

Level 3 : Blindes 200 / 400, BB ante 400 Main Event 10 000 $ (Day 1B)

L'atelier de Florian Ribouchon

Florian Ribouchon
Serein depuis le début de la journée (mis à part sur les douze premières minutes), Florian Ribouchon culmine déjà à 250 000 à l'entame du quatrième Level. "Ce matin, je m'étais dit que ce serait bien de finir à 100k, me confie-t-il, mais maintenant, si je termine à ce niveau, je serais déçu !"

Pas vraiment de recette miracle pour le chef Ribouchon pour monter cette montagne de jetons : il a surtout eu beaucoup de grosses mains et bien cuisiné ses adversaires. Sans réellement chercher à se construire une image de degen, Florian parvient à se faire payer quand il a des gros jeux et son tapis grimpe sans discontinuer.

Parmi les plus gros pots qu’il a joués, l’élimination d’une joueuse avec un stack de 18 000, quand il touche une flush avec Roi-Dame de trèfle sur une turn JT26 et que son adversaire retourne Valet-Dix pour deux paires floppées.

Puis Florian continue d’enchaîner les victimes, en trouvant notamment un brelan de 8 dans un pot squeeze preflop. Tout part sur un flop Q87 contre un joueur qui a J9 et un tapis de 28 000. Ça « hold ».

De retour de dinner-break, aucun signe d’essouflement. Le Français parvient à bien valoriser une top paire et prend encore un gros pot pour monter à 220 000. « Ils croient quoi ? Que je bluffe ? », me souffle Florian en rigolant. Bien satisfait de sa journée pour le moment, il envisageait déjà son programme pour les trois prochains jours après avoir bag son stack du Day 1. "Une petite soirée PMU, un Robuchon avec Madame, et on sera de retour pour le Day 2."

Sur une table où on retrouve également l’excellent ukrainien Denis Shafikov et le Français Mathieu di Meglio, Florian s’amuse comme un petit fou sur ce Day 1B du Main Event. Je lui demande s’il se souvient où il en était sur le Main Event 2023, en fin de Day 1. « Tu sais, l’an dernier, je me souviens surtout du Millionaire Maker, j’ai presque occulté tout le reste. Je me souviens que juste après ma 2ᵉ place, je suis allé jouer un tournoi au Venitian. J’étais à 30 left de 80 000 € et je m’en battais les c***. Et sur le Main, j’étais pas loin d’être dans le même état d’esprit ». Après avoir pris un million de dollars, on peut facilement le comprendre. - Tapis_Volant

"Le poker ? Que du kif !« 

Romain Bailleul
Si chaque joueur de poker a un style de jeu différent, il est tout de même possible de classer les profils dans deux grandes catégories de base. D’un côté : les joueurs professionnels qui ont choisi d’en faire leur métier. Et de l’autre : ceux pour qui le poker reste une activité ludique et récréative. Ce, même sur le Main Event des WSOP à 10 000 $. S’il y en a bien un qui appartient à la deuxième catégorie de joueurs, c’est bien Romain Bailleul. Joueur amateur et passionné de poker depuis plus de dix ans maintenant, ce trader de métier qui dispute son tout premier Main Event à Las Vegas n’a jamais voulu passer de l’autre côté de la barrière. Et ce, pour une raison bien précise. “Pour moi, le poker, c’est prendre du plaisir, passer du bon temps et basta. Je ne suis pas là pour gagner de l’argent. Si je peux en gagner, tant mieux, je ne vais pas m’en plaindre, mais ce n’est clairement pas mon objectif principal lorsque je prends part à un tournoi. Si je continue de jouer aujourd’hui, c’est simplement parce que ce jeu ne cesse de me passionner”.

Résidant entre Dubaï et la Thaïlande, celui qui a décidé de ne pas en faire son métier, n’en reste pas moins un acteur du milieu. “J’ai œuvré à la création de NutsR [un centre de formation pour joueurs de poker basé en Thaïlande, NDLR]. C’est d’ailleurs moi qui ai trouvé ce nom”, dit-il en rigolant. J’ai ensuite fait de même avec la nouvelle Team de Cimitarra Poker dont je suis le stackeur officiel”. À côté de cela, lorsqu’il en a la possibilité, Romain, qui a délaissé le poker online, continue de se rendre à quelques-uns de ses festivals live préférés. Attention, pas n’importe lesquels. “J’ai longtemps joué online, mais je n’avais plus le temps, alors j’ai préféré arrêter. En même temps, je ne faisais que perdre de l’argent, alors c’est peut-être mieux comme ça. Enfin, ça dépend pour qui. Mes adversaires doivent regretter de ne plus me voir à leur table. Aujourd’hui, j’aime me rendre à Barcelone pour l’EPT, en Asie, car il y a de nombreux tournois, mais aussi certains des festivals Winamax comme le SISMIX Marrakech où j’étais notamment présent l’an passé ». Et le mois dernier alors ? « Je n’ai pas pu venir, j’étais dégouté ! ».

Pour l’heure, Romain Bailleul se concentre sur le moment présent et sur ce Main Event qu’il espère au fond de lui deep run jusqu’à atteindre l’ITM. “Ce n’est pas mon objectif, car je n’en ai pas. Mais, si je peux brag un peu, je ne vais pas me priver, ce serait marrant. Mais pour cela, encore faut-il que j’arrête de me faire craquer les As lorsque mon adversaire a un A-9 dépareillé et touche son brelan de 9”, conclut-il avec le sourire, assis derrière un tapis de 53 000, un peu moins que le capital initial attribué à chaque joueur. - VictorP

À Labaune franquette

Damien Labaune
Grâce à notre photographe de terrain, nous avons découvert par hasard un nouveau joueur français. « Vous ne prenez en photo que les gens célèbres ? », lui glisse-t-il alors qu’elle shoote un joueur russe qu’elle pensait connaître. Le mec qui posait la question, c’est Damien Labaune, un prothésiste dentaire en phase de reconversion originaire de Nîmes. Non pas qu’il ait décidé de devenir professionnel de poker, mais à 50 ans, il a décidé de s’intéresser désormais au secteur du transport, et est en plein questionnement sur son avenir.

Mais pourquoi est-il présent sur ce Main Event ? « C’est un cadeau pour mes 50 ans, c’est comme si je venais terminer ma bankroll ici. Je bad run depuis 2 ou 3 ans et ce sont mes derniers 10K que je viens mettre sur le Main Event. » Qu’on se rassure, son argent poker, il l’a surtout gagné online : le Main Event était vraiment le kif d’une vie pour celui qui me confie avoir beaucoup appris en regardant les streams de Benny & Yu sur les EPT, et avoir toujours rêvé de jouer le Big One. Son palmarès live est proche du néant, seule une perf à Malte l’a fait vibrer, sur un deep run où il est passé tout proche des gros sous en finissant 31ᵉ d’une épreuve dont le vainqueur empochait 115 000 €, la faute au plus classique des coin flips alors qu’il était énorme dans le tournoi.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Damien a l’air de complètement apprécier son moment sur le Main Event. « J’en mets partout, je les rends fous, je les surrelance beaucoup, ils comprennent pas trop ce que je fais, j’ai l’impression », me dit-il juste avant de se lancer dans un bluff sous mes yeux. Après une relance de Konstantin Pushkov UTG+2, Damien paye au hijack, et la BB défend. Sur le flop 495, le relanceur initial envoie une mise à 1 000 qui ne fait fuir personne. La turn Q pousse Damien à miser 5 000 et seule la BB check/call. La river Q pousse le prothésiste à tenter une praline à 12 500. Payé très rapidement, il mucke directement en disant qu’il avait un Roi. Son adversaire lui montre une Q bien suffisante pour empocher le pot.

Totalement décomplexé, Damien Labaune n’a pas l’intention de faire le paillasson sur ce Main Event, assis devant un stack de 110 000 avec plein de petites coupures qui démontre qu’il a remporté de nombreuses mains. Quand je lui fais remarquer qu’il a une légende des WSOP à sa table (Konstantin Pushkov), il me répond, étonné. « Le papy, là, vraiment ? Il joue pas très bien depuis le début.… » - Tapis_Volant

Pas de rebuy pour Rebei

Karim Rebei
Deuxième élimination d’affilée dès le Day 1 pour Karim Rebei, deux ans après cette seizième place qui avait fait trembler les murs du Horseshoe, à coups de bluffs retentissants et autres gestes héroïques. Rebei a-t-il abusé de son style ultra-agressif, ou s’est-il simplement pris un gros bad-beat ? Mais arrêtez avec vos questions, on en sait rien ! - Benjo

Anecdotes, statistiques et citations à la con

« Alors moi, je vais te dire, je joue encore au ballon. Mais j’essaie de ne plus marquer de buts ! » Signé : un confrère qui opte pour une métaphore de qualité exceptionnelle durant la pause-dîner, après que l’on ait demandé à ce père de deux enfants s’il avait l’intention d’en avoir un troisième.

« T’es relou, tu ne joues que contre les Asiatiques ! » - Signé : une dame qui s’est sentie visée par un joueur n’arrêtant pas de gagner des pots, semble-t-il contre un groupe ethnique homogénéisé.

Jean-Robert Bellande
Oh, un Jean-Robert Bellande qui sort du bois ! Avec seulement trois résultats en tournoi en cinq ans, on dirait bien que le fantasque américain a presque définitivement basculé du côté des cash-games privés des casinos de Vegas - la rumeur prétend qu’il en est l’un des « physio » les plus influents. Entendez par là que pour y être invité, il faut être en bons termes avec « JRB » !

Tom Bedell
Il est l'un des secrets les mieux gardés d'Espagne... Sans doute parce qu'il n'est pas espagnol ! L'expat' norvégien Tom Bedell est notamment connu pour ses frasques dans l'édition madrilène des Winamax Live Sessions, diffusées chaque mercredi sur notre chaîne YouTube.

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 5, plus beaucoup de temps pour vaincre

Level 5 : Blindes 300 / 600, BB ante 600 Main Event 10 000 $ (Day 1B)

Balleur, c'est l'heure !

Gaëtant Balleur
Après un magnifique deep run sur le Tag Team en compagnie de son pote et coloc Rémi Castaignon, Gaëtan Balleur a hérité d'une table compliquée pour un Day 1, avec la présence du champion du monde 2021 Koray Aldemir, de Harrison Gimbel et d'un joueur asiatique qui joue régulièrement le circuit high-roller Triton. La faute à un petit late reg de trois heures ? Même pas... juste un mauvais tirage de table sur un Day 1B qui serait, paraît-il, le pire jour pour faire son entrée sur le Main Event, en raison de la fête nationale qui fait fuir nombre d'amateurs, laissant une majorité de regs (européens, notamment) se battre entre eux.

Le Main Event des WSOP a une saveur particulière pour le cash-gamer de Saint-Martin puisque c'est ici qu'il a obtenu sa première ligne Hendon Mob, terminant 364ᵉ et 6ᵉ meilleur joueur français de l'épreuve en... 2011. À la question "Es-tu meilleur aujourd'hui qu'il y a treize ans ?", Gaëtan répond avec un grand sourire : "Largement", avant d'ajouter "mais ça ne suffit pas". Gros reg des étés à Vegas, qu'il passe toujours dans des colocs de grinders aux côtés d'une petite bande composée d'Alexandre et Aurélie Réard, Pierre Merlin, Rémi Castaignon, Anthony Picault, Olivier Decamps ou Florence Mazet, Gaëtan était passé tout proche d'un bracelet en 2023, en finissant 6e du 600 $ Deepstack Championship pour 54 186 $.

Pour l'instant, tout se passe bien pour lui sur ce Day 1B. Sans réellement faire des étincelles, il a construit un beau tapis de 90 000 à l'entame du dernier niveau de la journée et a conscience que ce n'est pas sur cette table qu'on lui fera des grosses livraisons. - Tapis_Volant

On continue à se battre

Romain Lewis
On connaît l'adage : "Un tournoi ne se gagne pas au Jour 1, mais il peut se perdre." Ayant fait de ce Main Event LA priorité de sa saison, Romain Lewis a l'air plus concentré que jamais pour éviter de bust sur ce tournoi qui peut changer une vie. Fort d'une longue expérience comportant une soixantième place en 2019 pour 142 000 $, Romain gère un tapis de 72 000 à la dernière pause de la journée. Notre Team Pro a l'air en forme, conscient d'avoir évité les balles sur deux spots disputés sur le précédent niveau, et on le sait, les jetons économisés ont au moins autant d'importance que les jetons gagnés, et surtout sur un tournoi comme celui-là.

D'abord, Romain se contente de défendre avec une paire de Valets de BB suite à une relance UTG. Il va ensuite check/call trois streets sur un tableau A-J-8-4-10 et voir son adversaire retourner Roi-Dame pour quinte, perdant le minimum avec le brelan. On connaît nombre de bon joueurs qui auraient perdu plus sur ce spot.

Puis Romain ouvre à 1 000 au lojack et se fait payer à la fois par le hijack et la BB. Il envoie une mise de continuation à 1 300 sur le flop Q8Q, payé uniquement par son voisin de gauche. Sur la turn 9, Romain passe en mode check/call pour 5 000. La river 7 fait rentrer la couleur backdoor et c'est le moment que rlewis choisit pour reprendre l'initiative en misant 11 000, ce à quoi son adversaire lui répond par une surrelance à 29 000. Ni une ni deux, Romain préfère sagement passer son AJ pour couleur max, persuadé de faire face à un full chez son adversaire.

Heureux d'être là, sur un tournoi qui l'a fait rêver depuis qu'il est tout gamin, Romain Lewis a encore largement de quoi croire à un nouveau deep run sur le Big One. "On continue à se battre, c'est le Main Event, bro !" - Tapis_Volant

Les freerolls ont la parole

David Labrosse
Se rendre à Las Vegas pour disputer en freeroll le Main Event des WSOP : tel est le rêve qu’est actuellement en train de vivre, bien éveillé, un certain David Labrosse. Mais, pour vivre un moment suspendu dans le temps comme celui-ci, il fallait le mériter. Alors, le participant à la dernière édition de la Pro Dream de PMU s’en est allé remporter le Sit&Go de consolation offert à tous les finalistes déçus de la compétition (Jérémy Surinach n'en faisait donc pas partie, ayant remporté le contrat de 60 000 €). Au bout de ce Sit&Go freeroll : une invitation pour le plus beau tournoi du monde.

.« Je suis en plein rêve. Je n’aurais jamais imaginé jouer le Main Event cette année, et encore moins en freeroll. J’avais prévu de le jouer l’an prochain en fonction de mes résultats aux tables de cash-game”. Car, dans la vie de tous les jours, David n’est plus du genre à passer trop de temps en MTT. S’il affectionne tout de même le format, lui, ce qu’il préfère, c’est le cash game. “J’ai longtemps mixé tous les formats. Puis, un moment, je me suis rendu compte que ce n’était peut-être pas la bonne solution pour devenir un joueur gagnant sur le long terme”.

Pour se spécialiser dans ce format-là, le Lyonnais d’origine est parti s’installer au Canada, à Vancouver, où il réside depuis maintenant un peu plus de deux ans. Et s’il y a bien une chose qu’il ne regrette pas, c’est bien ce changement. “Depuis que je me suis spécialisé en cash-game au Canada, j’ai réussi à trouver le rythme de vie qui me convient parfaitement. De plus, j’en vis, alors que demander de plus ?”. Pour l’heure, David tente de se maintenir en vie sur le plus beau tournoi de la planète poker avec ses 40 000 jetons. Ce qui est loin d’être un mince exploit lorsque l’on sait que David n’a pas été épargné par les cartes au cours de cette journée. “Folder les As et les Rois en moins d’une demi-heure de jeu, je peux t’assurer que ce n’est pas facile mentalement. Mais, avec le petit échauffement que j’ai eu sur le Mini Main Event que j’ai disputé deux jours plus tôt, là aussi en freeroll, cela m’a permis de rester dans mon tournoi et de focus. Maintenant, reste plus qu’à prendre les jours un par un, et pour la suite, on verra bien ». - VictorP

Anecdotes, statistiques et citations à la con

« Mais arrêtez, bordel ! Pour la millième fois : je ne suis PAS roux. Je suis blond vénitien. » - Signé : un confrère roux.

Les feux d’artifice se font attendre

Tandis que toute l'Amérique fête son acte de naissance, le plus gros tournoi de poker du monde connaît une deuxième journée de départ aussi timide que la première. Rassurez-vous : c'est normal ! Main Event 10 000 $ (Fin du Day 1B)

WSOP / Reportage
915 inscrits hier, une quarantaine de moins aujourd'hui (selon nos estimations non-officielles)... Il est décidément calme, ce Main Event cru 2024. Mais à ceux qui commencent à se préoccuper, ceux qui se demandent par quel miracle le field total pourra une nouvelle fois dépasser les 10 000 participants, on va tenter de les rassurer : t'inquiète, frère, tout va bien.

Allons plus loin : cette désaffection que subissent les Day 1A et 1B, elle est normale. On s'y attendait ! L'an passé, c'était pareil, avec un 1B tombant, lui aussi, pile-poil pour la fête nationale américaine, une journée que le récréatif local va plus volontiers passer dans son jardin, en short et en tongs et en famille, qu'à l'intérieur d'un casino. Cette année, avec des Day 1C et 1D tombant un vendredi puis un samedi, il n'y a aucun souci à se faire. Demain, l'affluence va aisément tripler (voire dépasser les 3 0000 joueurs), et dimanche, on ne serait pas étonnés de voir 4 000 joueurs et joueuses remplir à ras-bord toutes les salles des WSOP.

C’est depuis longtemps la norme sur le plus gros tournoi du monde : quand on laisse le choix aux joueurs en leur offrant plusieurs Day 1 à la carte, ils vont plus volontiers se pointer tard que tôt. Que faudrait-il faire pour inciter les joueurs à venir plus nombreux sur les premières journées de départ, et ainsi éviter de potentiels débordements sur le dernier « flight » (ça c’est déjà vu), ça on n’en sait rien. C’est une problématique qu’on laissera aux experts, les membres de la Tournament Directors Association et les pontes des WSOP.

Une vingtaine de Français survivent au Day 2

WSOP / Reportage
Arrêtons là avec les chiffres « macro », pour nous pencher sur l’aspect « micro ». Sur ce Day 1B, nos radars (plus ou moins affûtés) ont repéré 21 Français parmi les quelque 880 partants du jour (estimation réalisée par nos soins - les chiffres définitifs sont encore inconnus à cette heure). Et ma foi, le clan tricolore a bien tenu. Tout au plus déplorera-t-on les pertes de Karim Rebei, de Florence Mazet, victime des nuts (on aurait tellement aimé que la première participation Main Event de notre confrère dure plus longtemps qu’une paire d’heure) et, en toute fin de journée, d’un Alexandre Réard dont le short-stack a terminé de fondre avec une paire de 8 perdant le flip face à deux joueurs.

WSOP / Reportage
Pour le reste, nous poulains ont tous passé le cut, à commencer par les deux représentants du Team Winamax : Romain Lewis (67 000) et Kool Shen (94 000) rejoignent Gaëlle Baumann au Day 2ABC, mais avant ça ils vont profiter de deux journées entières de pause.

Le vrai héros français de la journée est le décidément omniprésent Florian Ribouchon. On vous l’a raconté tout au long du Day 1B : le runner-up du Millionaire Maker édition 2023 a vécu une journée de rêve, ses value bets se faisant systématiquement payer. Certes, Ribouchon a quelque peu « degrind » sur la dernière ligne droite. Mais son tapis était tellement haut qu’il a pu se permettre de lâcher 100 BB sur le niveau 300/600, et quand même terminer à… 215 000 ! Cela représentera 270 BB au départ du Day 2.

Qui d’autre ? On vous les balance dans l’ordre : Mathieu Di Meglio (170 000), Samuel Bifarella et Arnaud Mattern (130 000 chacun), Damien Labaune (121 000), Michel Leibgorin (85 000), le runner-up du dernier WiPT Hugues Girard (80 000), Grégory Fournier et Gaëtan Balleur (70 000 chacun), Clément Michaud (65 000), Dylan Cechowski (58 000), David Labrosse (51 000), le rare Brice Cournut (47 000), Romain Bailleul (45 000), le Top Shark 2013 Yann Del Rey (43 000) et enfin Damien Le Goff (40 000). Cela fait du monde, mais dites-vous bien qu’au global, sur ces Day 1A et 1B, nous n’avons vu passer qu’environ 20 % du field total !

Les dernières photos du Day 1B

WSOP / Reportage
Qualif' sans problème pour le jovial brésilien (pléonasme !) Andre Akkari (89 100)
WSOP / Reportage
Espoirs douchés en revanche pour Alexandre Réard, qui n'a maintenant qu'une hâte : aller défendre son titre sur le fameux 6-max à 10 000 $, qui se jouera la semaine prochaine
WSOP / Reportage
Pour sa participation biennale au Main Event, Brice Cournut a franchi la première haie
WSOP / Reportage
Michel Leibgorin s'applique à faire digérer la frustration de cette récente deuxième place sur l'épreuve de Deuce to Seven
WSOP / Reportage
On ne les a pas encore vus à table sur le Main Event : pour le moment, Paul-François Tedeschi et Sonny Franco se sont contentés de venir humer le bon air du Big One
WSOP / Reportage
Même si l'ambiance survoltée du Main Event reste pour le moment en sommeil, la tradition de la "Last Level Beer" a été respectée par beaucoup de joueurs. Soulagement !
WSOP / Reportage
Le légendaire Erik Seidel tient son rang en terminant le Day 1B avec presque trois stacks de départ
WSOP / Reportage
Champion en 2019, l'Allemand Hossein Ensan entamera lui aussi le Day 2 très au-dessus de la moyenne (166 000)
WSOP / Reportage
On termine notre concours du plus beau patriote avec cette candidature originale...
WSOP / Reportage
... et celle-ci, plus discrète.
WSOP / Reportage
Le vainqueur de ce concours, on l'a couronné en toute dernière minute, après le "bagging" : bravo à Anthony, membre de l'équipe d'arbitrage des WSOP, pour ce superbe combo chemise/cravate 100 % "Star Spangled Banner" !

Rendez-vous est pris vendredi à midi (21 heures en France) pour le coup d'envoi d'une journée presque entièrement dédiée au Day 1C du Main Event. Le seul autre tournoi qui sera joué en parallèle sera le Day 2 de l'Independence Day Celebration à 800 $, avec environ 700 joueurs restants.

Benjo

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616 joueurs franchissent le Day 1B

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Day 1B - ??? inscriptions / 616 restants (dont 33 Français) – Chipleader : George Dolofan (USA) 314 000
Day 1A - 915 inscriptions / 620 restants (dont 17 Français) - Chipleader : Joshua Feiger (USA) 311 900

Le top 10

WSOP / Reportage
1. George Dolofan (USA) 314 000
2. Matthew Sabia (USA) 297 400
3. Patrick Hagenlocher (USA) 270 300
4. Vladas Tamasauskas (Lituanie) 268 300
5. Aaron Werner (USA) 246 900
6. Junfeng Wang (Autriche) 223 300
7. Frode Alfredsen (Norvège) 221 200
8. Nicolaas Thielman (USA) 217 300
9. Florian Ribouchon (France) 215 400
10. Daniel Neilson (USA) 214 900

33 Français

WSOP / Reportage
9. Florian Ribouchon 215 400
33. Mathieu Di Meglio 170 000
85. Arnaud Mattern 131 900
102. Samuel Bifarella 125 000
123. Damien Labaune 119 000
147. David Fhima 110 300
209. Bruno « Kool Shen » Lopes (Team Winamax) 94 200
214. Edouard Mignot 92 400
244. Michel Leibgorin 86 800
261. Teddy Tuil 82 800

  1. Grégory Fournier 80 300

  2. Hugues Girard 79 400

  3. Gaëtan Balleur 70 100
    345. Romain Lewis (Team Winamax) 66 600

  4. Clément Michaud 64 200

  5. Damien Cluzel 61 600

  6. Dylan Cechowski 58 700

  7. Romain Bailleul 51 700

  8. David Labrosse 51 500

  9. Damien Le Goff 40 600

  10. Sébastien Naus 38 600

  11. Yann Del Rey 34 600

  12. Romain Arki 29 300

    Le reste du field (sélection très très partielle)

    WSOP / Reportage
    24. Erik Seidel (USA) 183 600

  13. Hossen Ensan (Allemagne) 166 000

  14. David « Bakes » Baker (USA) 145 200

  15. John Duthie (UK) 119 300

  16. Toby Lewis (UK) 106 000

  17. Max Pescatori (Italy) 97 300

  18. Koray Aldemir (Allemagne) 94 300

  19. Jean-Robert Bellande (USA) 68 900

  20. Jake Cody (UK) 32 100

  21. Patrick Leonard (Uk) 18 800

Blindes au départ du Day 2 : 400 / 800 BB ante 800

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