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WSOP 2024-Main Event - 1A

Cinq chiffres, sinon rien

La 55ᵉ édition du Main Event des World Series of Poker démarre aujourd'hui Du côté des organisateurs, un seul objectif : que le plus gros tournoi du monde dépasse les 10 000 inscrits pour la deuxième année consécutive Main Event 10 000 $ (Coup d'envoi - Day 1A)

WSOP / Reportage
Nous y sommes. La plus ancienne, la plus belle, la plus grosse des compétitions de poker : le Main Event des WSOP. Depuis cinq décennies, il n'y a qu'une chose qui n'a pas changé, résistant à l'inflation, aux dévaluations, aux crises et aux pandémies : le prix d'entrée de 10 000 $. Pour le reste, le Big One n'a fait que grossir chaque été, demeurant un baromètre sûr de la santé du poker mondial.

Il y a eu d'abord les 70's, décennie de la confidentialité. Les 80's, placées sous le signe du fric et de l'ostentation, ont vu les affluences gonfler petit à petit, notamment grâce à l'invention des satellites. Les 90's ont vu le field s'internationaliser, les premiers gagnants non-américains sont apparus. La vraie révolution, bien sûr, est survenue début du 21ᵉ siècle : le grand réseau informatique mondial a rendu la pratique du poker aussi simple qu'un clic de souris, fait s'effondrer la barrière tarifaire, connecté des joueurs séparés par des continents entiers, et converti de nouveaux adeptes par centaines de milliers. Ajoutez à cela la découverte, par les huiles de la télévision, que le poker pouvait être un véritable spectacle, et les planètes étaient alignées pour un big bang sans précédent.

C'est ainsi que pour sa 55ᵉ édition, plus de 10 000 joueurs et joueuses seront attendus pour cette compétition qui n'en comptait que six en 1970. Mais cette démesure ne doit pas faire oublier l'importance de l'individu : dans chacun de ces 10 000 joueurs sommeille un rêve. Autant celui de gagner que, tout simplement, celui d'y participer, d'en être.

WSOP / Reportage
Combien, parmi ces 10 000 joueurs, s'invitent aujourd'hui au Main Event pour la toute première fois ? On ne saura répondre avec certitude, mais le directeur de la compétition Jack Effel n'a pas oublié ces first timers lors de son discours d'introduction. "Je ne vais pas vous demander de lever la main, je n'ai pas envie que vous vous preniez un bluff d'entrée de jeu, mais j'ai un conseil : amusez-vous, profitez bien !"
WSOP / Reportage
Puis le tenant du titre Dan Weinman fut appelé sur le podium. "C'est le plus beau tournoi du monde, celui que je me vois jouer pour le reste de ma vie." Chez nous à Winamax, on se voit bien aussi le couvrir pour le reste de nos vies. C'est ce qu'on va tâcher de faire au cours des deux prochaines semaines, pour la dix-sept année (presque) consécutive !)

Benjo

La (démente) structure du Day 1

WSOP / Reportage
Nous n’avons constaté absolument aucune modification à la structure du Main Event par rapport à l’édition 2023. On ne change pas une formule universellement célébrée. Avec 60 000 jetons pour commencer le tournoi, les joueurs arrivant à l’heure pourront bénéficier d’un stack massif de 300 blindes. Et c’est désormais une tradition : la période de late reg est très, très longue. Il sera possible de s’inscrire jusqu’au milieu du second Day 2, programmé le lundi 8 juillet.

En ce qui concerne le Day 1, cinq niveaux de deux heures seront joués. En ajoutant une pause de 20 minutes entre chaque niveau (sauf la troisième, consacrée au dîner et qui durera 75 minutes), les joueurs devront tenir jusqu’à 00h15, heure locale (9h en France) afin de savourer le rituel du « bagging ».



































Level Blindes BB Ante
1 100 / 200 200
2 200 / 300 300
3 200 / 400 400
4 300 / 500 500
5 300 / 600 600

Téléchargez la structure complète du Main Event

Main Event 2024 : le (long) calendrier

WSOP / Reportage
Là encore, le calendrier est strictement identique à celui de l'édition 2023 (on avait commencé à la même date l'an passé !). Disparu le temps de quelques éditions, le Day 8 est de nouveau maintenu. Normal, vu l'affluence attendue !

Mercredi 3 juillet Day 1A
Jeudi 4 juillet Day 1B
Vendredi 5 juillet Day 1C
Samedi 6 juillet Day 1D
Dimanche 7 juillet Day 2A / 2B / 2C
Lundi 8 juillet Day 2D
Mardi 9 juillet Day 3
Mercredi 10 juillet Day 4 (jour de bulle)
Jeudi 11 juillet Day 5
Vendredi 12 juillet Day 6
Samedi 13 juillet Day 7
Dimanche 14 juillet Day 8
Lundi 15 juillet Pause
Mardi 16 juillet Finale (jusqu'à 4 joueurs)
Mercredi 17 juillet Finale (jusqu'au vainqueur)

Historique 2003 - 2023 : le Main Event de l'ère moderne

Dan Weinman
Il y a un an, le semi-pro de Floride Dan Weinman mettait fin à cinq ans de disette américaine, et remportait le premier Main Event de l'histoire parvenant à rassembler un field à cinq chiffres. Chiche qu'on peut faire encore mieux cette année ?

Année Vainqueur 1er prix ($) Joueurs
2003 Chris Moneymaker (USA) 2 500 000 839
2004 Greg Raymer (USA) 5 000 000 2 576
2005 Joe Hachem (Australie) 7 500 000 5 619
2006 Jamie Gold (USA) 12 000 000 8 773
2007 Jerry Yang (USA) 8 250 000 6 358
2008 Peter Easgate (Danemark) 9 152 416 6 844
2009 Joe Cada (USA) 8 547 042 6 494
2010 Jonathan Duhamel (Canada) 8 944 310 7 319
2011 Pius Heinz (Allemagne) 8 715 638 6 865
2012 Greg Merson (USA) 8 531 853 6 598
2013 Ryan Riess (USA) 8 361 570 6 352
2014 Martin Jacobson (USA) 10 000 000 6 683
2015 Joe McKeehen (USA) 7 683 346 6 420
2016 Qui Nguyen (USA) 8 005 310 6 737
2017 Scott Blumstein (USA) 8 150 000 7 221
2018 John Cynn (USA) 8 800 000 7 874
2019 Hossein Ensan (Allemagne) 10 000 000 8 569
2020 Damian Salas (Argentine) 2 550 969 1 379
2021 Koray Aldemir (Allemagne) 8 000 000 6 650
2022 Espen Jorstad (Norvège) 10 000 000 8 663
2023 Dan Weinman (USA) 12 100 000 10 043

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Le tenant du titre avec le Français Grégory Chochon, vice-président des WSOP

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 2, ils mangent des bonbons à la beu

Level 2 : Blindes 200 / 300, BB ante 300 Main Event 10 000 $ (Day 1A)

Une fin de scénario qui reste à écrire

Mathieu Choffardet
Depuis des mois, Mathieu Choffardet n’a d’yeux que pour les WSOP. Dans toutes ses vidéos ou presque, le jeune grinder évoque son rêve de bracelet et sa préparation en vue des Championnats du monde. Certaines sont devenues virales dans la communauté poker, et même un peu plus loin. Le joueur-vidéaste débarquait à Sin City plein d’ambitions, prêt à documenter chacun de ses deep-runs caméra au poing. Après un mois de Vegas, Mathieu a surtout multiplié les rushs de “busto”.

« C’est un Vegas très compliqué. J’ai joué 10 tournois, pas un seul ITM. Évidemment, ça faisait partie des scénarios possibles. Là où je suis content, c’est que j’ai réussi à l’accepter et ne pas être mentalement impacté » affirme le joueur, qui a notamment pu compter sur le soutien de ses pairs, que ce soit sur les réseaux ou en vrai.

« C’est difficile de ne faire aucun résultat lorsque tu es exposé sur les réseaux. Surtout que j’ai une communauté assez “grand public”, avec des gens qui ne sont pas forcément au courant de la variance inhérente au poker. Il y a des gens qui te critiquent, qui mettent en doute ton projet… Heureusement, j’ai surtout reçu beaucoup de soutiens. Des joueurs qui compatissent, qui te disent qu’ils ont vécu la même chose. Et aussi à Vegas, j’ai pu parler avec des joueurs français qui m’ont beaucoup encouragé, des gars comme Alex Réard ou Kalidou Sow. Ça aide beaucoup », confesse le joueur, qui tient tout de même une occasion de renverser la vapeur, sur le tout dernier tournoi, le plus beau de tous.

« Celui-là, j’étais obligé de le jouer. C’est le plus grand tournoi du monde, et je pense qu’il convient bien à mon style. Tu n’es pas obligé de te presser, tu peux prendre le temps de parler avec les joueurs, de les analyser et de sortir les armes quand il le faut », poursuit Mathieu qui espère aussi écrire une belle fin de scénario pour son projet vidéo. « On filme tout depuis mon début de Vegas. J’attends de voir le résultat final pour bien choisir l’angle. Ça peut être un docu “défaite”, mais les meilleurs contenus, c’est quand tu traverses une période compliquée, tu en chies pendant des semaines et à la fin, la récompense arrive. » Quoi de mieux que le Main Event pour écrire une "Happy Ending" ? - Fausto

Faux départ

Jordan Pailha
Le plus grand tournoi du monde, celui qu’on attend toute l’année, avec cette structure dantesque, ses niveaux de deux heures… Et perdre la moitié de son stack dès le premier niveau. C’est l’expérience que déguste actuellement Jordan Pailha. À peine assis, le joueur s’est retrouvé embarqué dans deux coups puants qui l’ont amputé de 30 000 jetons, sans qu’il puisse rien faire. « J’ai perdu gros avec deux Dames dans un pot 4-bet. Il m’a 3-barrel tapis sur 24910K. Il me dit qu’il a deux As mais je pense qu’il se b**** sur ma gueule. Jamais on value deux As comme ça ici au premier niveau ! »

À peine le temps de se remettre de ce premier accident que Jordan prend un nouveau coup de pare-chocs, brelan contre brelant. En une grosse heure, Pailha tombe de 60 000 à 30 000.

« Je pense que si ça avait été sur un de mes premiers Main Event, j’aurais été vraiment touché. Mais bon, sur ces coups-là, il n’y a rien à faire, et il y a le temps de revenir » relativise Jordan, qui joue là le septième Main Event de sa carrière. « C’est mon rituel annuel. Je n’ai quasi pas joué un tournoi de Vegas, à part un petit 600 $ et le Tag Team, avec Julien Sitbon d’ailleurs » raconte ce cash-gameur dans l’âme. « C’est pour ça que j’aime bien reg d’entrée le Main Event, avec 300 blindes. T’as vu ça, a bien marché, hein ! ». - Fausto

Ravise de passage

Grégory Ravise
Qualifié hier via son premier satellite à 500 € au Horseshoe, Grégory Ravise est bien en place pour le troisième Main Event de sa vie. "Le premier, c'était il y a dix ans, j'étais staké, avoue-t-il, je regrette un peu de ne pas l'avoir joué plus souvent, surtout que je suis venu plusieurs fois à Vegas sans le jouer, mais depuis quelques années, avec le travail (Greg est coach sportif en triathlon) et ma famille (il a deux filles de 6 et 4 ans), c'est plus compliqué de trouver du temps pour jouer." L'an dernier, Greg avait fait la même en se qualifiant sur le premier satellite qu'il disputait. Son parcours s'était achevé tout proche de l'argent, après une bataille de blindes qui a mal tourné. Un peu honteux, il me raconte le deuxième coup qu'il a disputé aujourd'hui... tout en me demandant de ne pas en parler. Comme je suis payé pour ça, je vous le raconte quand même. Grosso modo, Greg a trouvé un full floppé dans un pot 3-bet avec une paire de 6 en main sur un flop 6-4-4. Il a raise le flop et s'est fait payer. Sur la turn 6 qui lui apporte un carré, il met un gros parpaing et fait folder... une paire de Dames. "Je dois jamais faire si cher, regrettait-il. En plus, c'est le meilleur joueur de la table." Depuis une quinzaine d'années qu'il arpente le circuit des tournois live, avec quelques belles perfs à son actif, Greg n'a étonnamment jamais obtenu une seule ligne Hendon Mob sur les WSOP. Et si c'était maintenant, sur le plus beau tournoi de l'année alors qu'il a choisi de passer l'accélérateur et de jouer plus de gros tournois cet été à Vegas ? - Tapis_volant

Très Haute Concentration

Benjamin Souriau
À la table voisine de celle de Grégory, Benjamin Souriau a déjà gagné un beau souvenir sur ce Main Event. Thomas, un joueur américain qui insiste sur le fait qu'il vient de l'Utah, a offert à tous les joueurs de la table un billet de 2 $ qu'il a lui-même fabriqué, des billets numérotés avec les sièges de la table. Assis au siège 9, le français a hérité d'un numéro qui se termine par 9. Si l'on peut croire que c'est un beau cadeau, attendez le reste. En effet, le joueur en question a également offert à toute la table des "Gummies" (une sorte de bonbon collant) de sa fabrication avec dedans... du THC, le principe actif du cannabis. Effet garanti, Benjamin Souriau me raconte que l'an dernier, ce joueur avait la même chose sur un tournoi du Wynn où il était à sa table. "Quatre heures après, tout le monde rigolait à gorge déployée, y a des mecs qui faisaient n'importe quoi. Le plan avait fonctionné !" Sans prêter de mauvaises intentions à Thomas, on imagine bien que certains joueurs supportent moins la prise d'un tel produit à une table de poker. La question que vous vous demandez peut-être, c'est : est-ce que Benjamin en a pris ? "Jamais j'avale ça, t'es fou !", me lance Benjamin avant de se remettre à focus, lui qui est plutôt rare sur les tournois live, sa dernière ligne remontant à fin 2023, où il avait atteint la 68ᵉ place du 10 000 $ du Wynn. - Tapis_volant

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 2, Gaëlle a déjà mis son tapis au milieu

Level 2 : Blindes 200 / 300, BB ante 300 Main Event 10 000 $ (Day 1A)

Galfond les ballons

Phil Galfond
Un revenant de marque au milieu de la Paris Ball Room. Un collier de barbe brune finement rasé, des lunettes rectangulaires et un patch Run It Once. Pas de doute, c’est bien le roi de l'Omaha, Phil Galfond.

« Ça fait cinq ans que je n’ai pas joué le Main Event, à vrai dire. C’est ma femme qui m’a convaincu de venir. Elle voulait qu’on partage l’aventure ensemble, explique le joueur, qui n’a pas non plus été trop dur à persuader. Il n’y a rien de tel que le Main Event. C’est une expérience unique… Et épuisante, si jamais tu le deep run ».

Farah Galfond
Si sa moitié Farah Galfond avait enflammé les tables télés du tournoi il y a deux ans, Phil, lui, s’était contenté de regarder son épopée devant le streaming. « Je ne joue pas souvent en Live, concède Phil. Je n’ai pas fait un Event de toutes les Series avant celui-là. Il m’arrive de jouer encore un peu Online, mais je trouve très difficilement de l’action. Ce n’est pas seulement que les joueurs ne veulent pas jouer contre moi, mais j’habite à Vegas maintenant, avec la règlementation, nous n’avons autant de joueurs dans d’autres régions du monde ».

Après avoir rasé les tables de Omaha pendant des années, en live comme online, Phil semble davantage animé par une envie de transmission que par une envie de grind. C’est l’objecitf de Run It Once, le site de coaching qu’il a fondé et qui propose tout type de contenus en PLO. « C’est ce qui me prend le plus de temps aujourd’hui : écrire les newsletters de Run It Once, ce qui est bien plus long que ce que j’aurais pensé, et le coaching de groupe ». Et même pas une mention de la série vidéo auto-biographique qu’il vient de sortir ! Décidément, plus on est fort, moins on brag. - Fausto

New Heaume Jérome

Jerome Zerbib
Une casquette qu’on reconnait entre mille. Ces teintes noires et blanches, ce petit filet qui laisse s’aérer l’arrière du crâne et bien sûr cette publicité pour l’Ari… Comment ça, le Bellagio ? Que se passe-t-il Jérome Zerbib ?

« Je ne saurais pas te dire. C’est la première année où j’achète une autre casquette. Tu sais, quand on est vieux, on perd ses cheveux, et il faut bien se protéger de la clim’, surtout ici », explique le joueur qui, comme chaque année, a choisi le Day 1A pour se lancer sur le plus grand tournoi du monde. « Combien j’ai joué de Main ? Bonne question. Mais j’ai toujours choisi le premier jour. Tu as plus de jours pour récupérer, et moins de regs inscrits ».

Pur joueur de livee, Jérome aurait-il un conseil à partager aux néophytes que se lancent sur leur premier Main ? « Il ne faut jouer que des petits coups. On va y aller doucement. Si je ne fais que des pots à cinq blindes, ça me va très bien. C’est pas maintenant qu’il se gagne, ce tournoi. Par contre, tu peux le perdre, surtout si tu joues des gros coups ». - Fausto

A l’heure du Karim

Karim Lehoussine
Spécialiste de PLO, format sur lequel il cumule déjà 7 ITMs cet été (dont une belle 46e place sur le 10 000 $ PLO Championship), Karim Lehoussine dispute le premier tournoi de No Limit Hold’em de son séjour. Et quel tournoi ! « C’est un peu l’épreuve incontournable, je ne sais pas encore si ce sera ma seule en Hold’em du séjour, mais en tout cas je ne pouvais pas la laisser filer. »

354e de ce Main Event en 2021 (son unique ITM sur le Big One à ce jour), Karim a tiré une table avec beaucoup de joueurs aguerris, mais a l’air de s’en satisfaire. « Franchement, je préfère jouer avec des joueurs qui savent ce qu’ils font. Tu peux raconter des histoires à des mecs qui savent jouer, les ricains qui jouent des tournois une fois par mois dans leur garage, c’est plus dur de les bluffer ! » On a toujours du mal à interprêter ce genre de préférence. Qui ne voudrait pas de gros poissons à l’entame de son Main Event ? - Tapis_volant

All you need is Aces

Gaëlle Baumann
La belle histoire d’amour de Gaëlle Baumann avec le Main Event, vous la connaissez tous, que ce soit pour la 10e place fondatrice en 2012, ou pour cette main légendaire contre Vanessa Selbst en 2016. Avec déjà trois ITMs sur ce tournoi qu’elle connaît par coeur, notre Team Pro Winamax a débuté de la plus belle des manières aujourd’hui en trouvant un double-up dès la deuxième niveau de la journée. Après un open à 900, elle porte les enchères à 2 700. Son voisin cold 4-bet à 6 000. Le sentant sur une grosse main, elle décide de 5-bet à 15 000 avec AA en main. Sur le flop 10-2-2, elle envoie une mise de continuation à 11 500 et se fait payer. Sur une triplette du 2 à la turn, elle pousse son tapis et se fait payer par QQ pour grimper à 105 000 jetons. -Tapis_volant

Dans son jardin

Clément Richez
Assis au départ de Day 1A, Clément Richez applique à la lettre le conseil prodigué par Boris Berthomet pendant la soirée Winamax, à savoir de venir jouer aujourd’hui parce que les top regs sont occupés à dribbler sur la Coupe de Monde foot/poker. Dernier français en lice dans l’épreuve l’an dernier (50ᵉ pour 188 400 $), Bibibiatch aborde ce tournoi en confiance… mais pas à cause de son run cette année à Vegas, où il n’a fait que drop des sous.

« C’est marrant, parce que quand tu as été loin sur ce tournoi, tu penses que c’est ton tournoi, que tu as plus de chances que les autres d’aller loin. » Suivi jusqu’aux toilettes par un cadreur depuis le début de son Vegas, Clément le sera également sur l’intégralité du Main Event, comme l’an dernier où son deep run avait permis au documentaire Beyond d’exister. - Tapis_volant

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Winamax
"Bien sur que je connais Winamax. Je vous adore, vous êtes les sponsors de mon club de foot !" - Signé : Tobias Siebrecht, supporter de Stuttgart et de la Winamax Pokermannschaft

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 3, comme 3 barrels

Level 3 : Blindes 200 / 400, BB ante 400 Main Event 10 000 $ (Day 1A)

Hall of flegme

Barny Boatman
On vous causait un peu plus tôt du Poker Hall of Fame... Hier était révélée la liste des dix nominés de la promo 2024. Alors, Barny Boatman, cela fait quoi d'être reconnu à ta juste valeur par le monde du poker ? Le légendaire britannique joue les modestes, avec sincérité on dirait. "J'ai été vraiment, vraiment surpris. C'est une chose à laquelle je n'avais jamais pensé..."

Pourtant, le légendaire britannique a largement fait le taf depuis le début de sa carrière il y a plus de 25 ans. Le règlement du Hall of Fame stipule que pour mériter d'y entrer, les candidats ont deux options : 1/ Avoir montré qu'ils pouvaient battre les meilleurs au plus haut niveau, et sur une longue période… ou 2/ Avoir contribué au succès et à la croissance du poker, en avoir donné une image positive.

Barny, lui, est l'un des rares ayant réussi à gagner sur les deux tableaux.

À la table : deux bracelets WSOP et, en février dernier, une magnifique victoire à 1,4 million d’euros sur l’EPT Paris, prouvant qu’à 68 ans, le vieux singe anglais n’avait pas dit son dernier mot. En dehors de la table : la Hendon Mob. Oui, celle-là. Pour les plus jeunes d’entre vous, sachez que le mot « mob » est synonyme de « gang » ou « crew » et qu’à l’origine, la Hendon Mob était juste un groupe de quatre potes de poker de la banlieue de Londres… Barny est tout bonnement l’un d’entre eux.

Plus tard, en compagnie de Ram Vaswani, de Joe Beevers et de son frangin Ross Boatman, il lancera, avant le boom du poker, un site archivant jour après jour les résultats de tous les tournois live du monde. Vingt-quatre ans plus tard, la plupart d’entre nous visitons encore ce site tous les jours. Si vous voulez mon avis, cela fait largement assez d’accomplissements pour intégrer n’importe quel cercle d’immortels du poker.

On explique à Barry qu’avant que les membres existants du Hall of Fame ne désignent le « vainqueur », la liste initiale des dix nominés est constituée à partir d’un vote du public, via Internet. « Cela me fait encore plus plaisir. Mais il y en a d’autres qui sont nominés chaque année sans gagner et qui le méritent bien plus que moi…. »

Barny dispose peut-être d'une vraie botte secrète pour emporter le morceau lorsque les résultats seront révélés le 14 juillet prochain : son humour so british, qu'il déploie tous les jours sur Twitter. Un de nos favoris récents :

Made a cup of tea, forgot to drink it. Went to put it in the microwave and found the last cup of tea that I’d forgotten to take out about an hour ago. Anyone want a piece of me in a Triton high roller?

— Barny Boatman (@barnyboatman) May 22, 2024

Je raconte à Barny que sans le vouloir, je reproduis la même scène chez moi au moins une fois par semaine. "Tu verras quand tu seras vieux, ça sera encore pire !" Mais revenons au poker : voilà Barny qui ouvre à 1 000 et se fait payer par deux joueurs, cut-off puis BB. Suivra une séquence 3-barrel ultra-rapide, le joueur au cut-off ne voulant pas folder devant un bet de 1 400 sur un board K103, puis 3 100 sur un 7, et enfin 7 400 sur un 2. Barny retourne AK : un excellent value bet, car son adversaire n'a pas réussi à folder son K9. - Benjo

Un Martini, pour la 630 !

Julien Martini
Il a beau avoir quatre bracelets WSOP, le Main Event possède encore des arguments pour faire rêver Julien Martini. "Je n'ai aucun bracelet en No Limit Hold'em, faut quand même que je remédie à ça ! En plus, ça va être de plus en plus dur d'en gagner un dans cette variante, les fields sont de plus en plus gros, et les joueurs de plus en plus forts." Après un Vegas compliqué, Kroolheart relativise. "Ça ne s'est pas bien passé sur le plan financier, mais je suis vraiment satisfait de mon jeu. Hormis 2018 où je jouais bien et je chattais, j'estime que c'est ma meilleure année en termes de niveau. Cela ne se voit pas au niveau des résultats, mais je suis très satisfait. Et puis, la différence entre un Vegas qui se passe bien et un qui se passe mal, ça tient parfois à une ou deux mains seulement." Alors que je reste à la table, je le vois défendre sa grosse blinde et check/fold sur un flop A-5-4 avec deux trèfles. "J'ai As-7 ici, et c'est le seul tournoi où tu peux te permettre de fold directement sans avoir l'impression de te faire exploiter." On dirait bien que le pro PMU a des ambitions sur le Main Event de cette année, un tournoi sur lequel son meilleur résultat est une 936ᵉ place sur l'édition record de 2023. - Tapis_volant

Rémi ne lâche pas sa couronne

Rémi de Rossi
À l’instar de nombreux monarques de l’histoire, Rémi De Rossi ne compte léguer sa couronne à personne. On parle ici de la “Super Crown”, une promotion organisée par une room qui aime les équidés et les team managers roux, et qui envoie chaque année à Vegas l’homme ayant remporté le plus de tournois "Powerfest". « J’en ai gagné 10 en trois semaines, pose l’Aixois. Après, c’est des petits fields, c’est pas comme sur Wina... ». Vainqueur également de l’édition précédente, Rémi s’offre donc un deuxième tour de Main Event, en freeroll.

« L’an dernier, j’avais busté à dix minutes de la fin du Day 1. Normalement, je suis un joueur assez aggro, mais sur celui-là, je vais plus contrôler. Je ne prendrai pas les spots 'borderline'. Et en vrai, je pense que je ne vais même pas bluff » annonce Rémi, qui entre en piste à l’aube du troisième niveau du jour.

Et pour cause, il y a quelques heures, il était encore sur un autre tournoi. « J’ai fait 108ᵉ du Mini Main Event sur plus 6 000 joueurs. C’était bien, mais à la fin, c'était une vraie boucherie. Je n’ai rien pu faire. » Un bon deep run pour se remettre dans le bain des cartes, après des semaines à s’entrainer sur des compétitions d’un genre un peu plus physique.

Coach sportif et directeur d’un club d’athlétisme, Rémi essayait ces dernières semaines d’envoyer ses meilleurs athlètes aux Jeux Olympiques. « On était sur les Championnats de France Élite Athlétisme. C’était cool, on a même un athlète, Lolassonn Djouhan, qui s’est qualifiée en lancer de disque ». Au tour du coach de passer les qualifs' ! - Fausto

Ren déneige

Bingjian Ren
De retour sur le Main Event, treize ans après. Bingjian Ren, plus connus sous le nom de Nico dans les clubs parisiens, a mis son temps pour revenir sur le plus beau tournoi du monde. « La première fois que je suis venu, j’étais qualifié. J’avais même atteint l’ITM, et pris 19 000 $. Mais avec le boulot, je ne trouvais jamais le temps de revenir le jouer » explique celui qui nous dit travailler dans l’import-export.

Bingjian a retrouvé à Vegas quelques copains de cercle avec qui il a l’habitude de taper le carton. Son pote Karim Lehoussine grind d’ailleurs à quelques mètres de lui. « Je joue souvent au Club Pierre Charron. Quelques choses comme deux-trois fois par semaine. Je suis davantage un joueur de cash-game, notamment en Omaha. Je ne joue pas beaucoup de tournoi, surtout quand c’est turbo. Mais celui-là, on a vraiment le temps de jouer ». Pour un deep run comme au bon vieux temps ? - Fausto

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 4 : fume, c’est du Belge

Level 4 : Blindes 250 / 500, BB ante 500 Main Event 10 000 $ (Day 1A)

Sat, Grind & Rock & Roll

Daniel Tordjman
Un sourire jusqu’aux oreilles sur les bords de la Paris Ballroom. Pas de doute, Daniel Tordjman est là. Mais n’allez pas croire que cette joie vient du fait qu’il joue le Main Event WSOP. « Je suis excité à chaque tournoi ! Que ce soit le Main ou un 500, je prends mon pied », commente ce kiffeur invétéré.

Révélé à Vegas lors des WSOP 2022, où il terminait runner-up d’un Omaha à 1 500 $ (sa variante préférée), le Parisien s’est fait remarquer ces dernières saisons au fur et à mesure de ses casses réguliers. Finaliste UDSO, finaliste de side EPT, 3ᵉ du dernier High Roller WiPT et encore runner-up du High Roller BPC Namur il y a deux mois, Daniel fait partie de ces joueurs aussi redoutables qu’agréables, qu’on aime retrouver aux tables. Sur ce Main, il semble avoir trouvé une table animée par d’autres trublions que lui, à commencer par son voisin, un dénommé Mark Zajdner.

Mark Zajdner
Ce Canadien parle fort, à un volume sonore suffisamment élevé pour qu’un joueur se situant cinq tables plus loin puisse parfaitement entendre la discussion. En l’occurrence, un débat musical où Mark tente de convaincre toute la table de se rendre au concert du groupe Dead & Company, qui se produit cette semaine à la Sphere de Las Vegas. « C’est absolument 'insaaaaane' ! This guys are just so sick ! Si tu ne vas pas voir ce show, tu ne valorises pas la vie, vraiment ! Et si tu aimes les drogues, tu vas adorer » scande ce joueur, de manière complètement obsessionnelle. Il montre des extraits du concert à ses collègues de tables, chantonne les airs à ses voisins et cherche même sur les autres tables des joueurs fans du guitariste John Mayer, qui remplace le regretté Jerry Garcia dans ce groupe rassemblant les survivants de la mythique formation psychédélique Grateful Dead.

« Il a l’air totalement allumé, celui-là » note Douglas Weymersch, qui entend depuis le siège 2 ce critique musical dithyrambique. Ce joueur francophone revêt un sweat GGPoker. Ferait-il partie de la Team Belge ?

« Je suis Belge, mais je me suis juste qualifié. Je suis parti d’un 150 $, vers un 1 200 $ et j’ai eu mon package pour le Main… Alors que je n’avais même pas prévu d’aller à Vegas ! » raconte Douglas, pas vraiment habitué à ce genre de plateau. « Je joue un peu online, en amateur. À côté, je travaille dans un club de golf, et j’ai ouvert un club de Padel aussi ».

Douglas Weymersch
Depuis qu’il a pris son ticket, en mars dernier, Douglas prend le poker un peu plus au sérieux. Le jeune Belge s’est dit qu’il allait s’entrainer pour s’habituer aux sensations du Live. « Je suis allé à Rozvadov. C’était mon premier festival Live. Là, c’est seulement mon deuxième. J’ai fait quelques tournois avant, deux ou trois 1 500 $, et là, je termine avec le Main », raconte Weymersch.

Le moment tant attendu est enfin arrivé et le joueur semble être au rendez-vous. « J’étais un peu stressé au début, mais là, je me sens bien. J’ai déjà monté plus de deux startings, en faisant notamment deux As contre deux Rois, contre un gars qui avait 38 000. Je n'ai jamais vibré comme ça pour un "deux As deux Rois” ». 140 000 déjà pour Douglas le néophyte, que l’on intègre d’office dans notre (très modeste) contingent francophone. - Fausto

La famillia Di Grande

Adrien et Devy
Une conversation en VF au détour d’une table de l’Event Center. Notre contingent semble si peu fourni sur ce day 1A que je me réjouis déjà d’avoir trouvé ces nouvelles recrues. Comment vous appelez-vous messieurs ? « Adrien et Devy. Par contre, on est Belges ! ». Zut. Ça ne fait rien, on vous garde quand même, comme dirait Louis de Funès.

Les deux hommes paraissent fonctionner en duo, pourtant, il n’y en a qu’un qui joue le Main Event. « Moi, je n’ai pas le niveau, je joue les petits tournois, sourit Devy. Je suis là pour l'encourager ! ».

Adrien Di Grande, lui, n’est pas non plus un habitué des 10k. Le Liégeois a plutôt poncé les 200-300 balles de Namur. Avec un certain succès. L’an dernier, Adrien s’imposait sur le Poker Namur Classic’s, devant plus de 1 500 joueurs, transformant ainsi 330 € en 54 000 €.

« Depuis ce gain, je suis un peu en transition, explique Di Grande. J’ai quitté mon boulot de commercial et je réfléchis aux autres options. Le poker, c’est pas mon métier, mais disons que je joue régulièrement. Surtout en cash-game, au casino de Namur, et parfois dans d’autres casinos s’il y a un beau Main Event ».

Ce Vegas n’aurait sans doute pas été à l’ordre du jour sans cette magnifique perf’ au casino maison. « Je suis plutôt joueur de cash-game, mais quand même, le Main Event, c’est le rêve de tous les joueurs. On s’est dit que c’était l’occasion. Devy, c’est mon pote du poker, et pas que. On est venu pour jouer, mais surtout en mode vacances. Resto, soirée, piscine… Et Main Event. Au fait, c’est pour qui cet article ? Winamax ? Ah, on n'a pas Winamax en Belgique, mais j’ai vu tout les Dans la Tête d’un Pro, notamment avec Davidi ». Et pourquoi pas croiser la route du Génie sur ce Main Event ? Mais pour ça, il faudra au moins passer le premier jour. - Fausto

Bon Ap' Petit !

Rosalie Petit
Alors qu'elle se faisait une joie de jouer le Main Event pour la quatrième fois, l'aventure a tourné court pour Rosalie Petit, éliminée juste après le dinner break. Une sortie u'elle aura sans doute du mal à digérer, elle qui était parvenue à éviter les balles avant la pause-dîner avec deux Dames contre deux As dans un 4-bet pot donnant lui à un board 10-3-6-4.

La main en question m'a été racontée par son bourreau, un joueur nommé Adrian Govea, une main qui commence par un limp à 500 UTG. Au bouton, Rosalie overlimp, tout comme Adrian de SB avec J7. Sur le flop 365, il check/call la mise de Rosalie. La turn 4 pousse Adrian à lead à 2 600, une mise que relance Rosalie à 9 500. Payé. C'est sur la rivière 10 qui fait rentrer la couleur backdoor que l'action s'emballe, Check d'Adrian, mise à 14 000 de Rosalie et check/raise all-in pour les 13 000 restants à la française. Rosalie finit par payer avec 7-8 avec le 8 de trèfle et prend la porte prématurément sur ce Day 1A du Main Event.

Après un beau deep run en 2022 qui l'avait vu terminer à la 824ᵉ place du Main Event, Rosalie devra attendre l'année prochaine pour re-tenter sa chance sur le Big One. - Tapis_volant

Pas froid aux yeux

Franck
On vous parlait tout à l'heure de Franck, le seul qualifié Winamax à tenter sa chance aujourd'hui. Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'a pas peur sur le premier Main Event de sa vie. Grimpé à 160 000 peu avant le dinner-break, il a pas mal degrind puis tenté un énorme bluff face à un papy Texan, qui lui a coûté une tonne de jetons.

Après avoir relancé à 1 400 UTG, Franck se fait payer par le bouton avant que le retraité en question ne porte les enchères à 5 000 depuis la SB. Il est payé par les deux joueurs. Le papy va ensuite envoyer trois mises identiques à 15 000 flop, turn et river sur un tableau 29897

Franck pense pouvoir arracher le coup en relançant avec son As-8 transformé en bluff. Il place une mise à 40 000 devant lui. Il reste à peu près 50 000 à son adversaire, qui aurait peut-être folder si son tapis était en jeu (c'est que Franck se disait après le coup) mais qui paye très rapidement avec KK pour faire chuter notre français à 27 000. - Tapis_volant

Un rêve de pro

Jérémy Surninach
Avec un patch PMU sur le cœur, on pourrait croire que Jérémy Surninach est un habitué des gros tournois, et pourtant, selon son Team Manager Greg Ceran-Meillard, il dispute à peine sa cinquième compétition en live. "Ah mais attends, il a joué quelques tournois à Gujan aussi ". À bien regarder son palmarès, Jérémy Surinach n’est clairement pas un habitué. Avant Vegas, sa plus grosse ligne était une 20ᵉ place sur un tournoi à 200 € à Gujan, pour 1 320 € de gains.

Commercial dans la distribution de portes blindées, Jérémy Surinach fait partie des stakhanovistes de la room qui aime les bourrins à crinière, sur laquelle il a commencé en grindant les 5 €. Lâchant son job pour le poker, il a réussi à passer le casting du Pro Dream (sur sa deuxième tentative), compétition qui avait jusqu’alors plutôt tendance à recruter des joueurs déjà très expérimentés ou très présents sur le circuit, tels Pierre Merlin, François Tosques, Damien Lhommeau les années précédentes, mais qui ont préféré cette année appuyer sur le terme "Dream" plutôt que "Pro".

Débarqué à Vegas avec un programme alléchant comprenant le Millionnaire Maker, le Tag Team (avec Julien Martini), un 2 500 € NL et le Mini Main Event, Jérémy a déjà réussi son été avec un beau deep run sur le Millionaire Maker (204ᵉ pour 9 420 $). Après quatre heures de jeu, il mène sa barque tranquillement sur le Main Event avec un stack de 80 000 jetons. - Tapis_volant

Anecdotes, statistiques et citations à la con

Richard Sklar
Cette émotion, magnifiquement capturée par l'objectif de Caroline Darcourt, c'est celle de Arash Ghaneian. L'Américain a de quoi lâcher une petite larme : il vient de remporter son second bracelet au terme d'un des heads-up les plus longs de l'histoire des WSOP : plus de huit heures de bataille en Stud High-Low face à Richard Sklar !
Freddy Deeb
Parmi les joueurs dont les espoirs ont été douchés très rapidement sur cette édition 2024, on peut noter Freddy Deeb. Et contrairement à la plupart des autres tournois que l'on couvre, quand on vous relate l'élimination d'un joueur, elle est définitive : sur le tournoi le plus prestigieux du monde, aucun re-entry n'est possible !

WSOP 2024 : tous nos articles

Level 5, et après on remballe

Level 5 : Blindes 300 / 600, BB ante 600 Main Event 10 000 $ (Day 1A)

Les pieds dans le Platt

Jeff Platt
Il est l’un des visages des WSOP modernes. À l’instar de Norman Chad et Lon McEachern (arrivés quelques années avant lui), Jeff Platt anime chaque année les diffusions du Main Event des WSOP. Allure de crooner, costard impeccable, Jeff se balade entre les rangées de tables à la recherche de petites interviews, qui lui ont d’ailleurs donné une réputation de chat noir, tant les personnes qu’il va questionner ont tendance à buster rapidement après son passage.

Aujourd'hui, le présentateur enfile le costume de joueur. Peu de journalistes poker peuvent effectivement se targuer d’une Hendon Mob à près de 800 000 $ de gains. Finaliste d’un “Double Stack 1 500 $” en 2021, Jeff se présente régulièrement sur quelques beaux tournois du programme, notamment le 5 000 $ 6-max, qu’il a encore joué cette année. En revanche, il est plus rare de le voir sur le Main Event, du fait de son rôle de présentateur chez PokerGo, qu’il occupe depuis 2021. Cette année, le joueur a décidé de fusionner les deux casquettes, en s’alignant sur ce Main Event en tant que joueur - commentateur.

En table, Jeff Platt est donc armé de jetons… Ainsi que d’un micro. Après un fold, on le voit reprendre sa chorégraphie habituelle, zigzagant entre les tables, suivis par ses collègues cameramen, pour aller chercher un joueur à interviewer quelques tables plus loin. Après une petite discussion, Jeff retrouve sa table, pose son micro et se remet en mode “joueur”.

« C’est la première fois que nous faisons cette “double” mission, explique Jeff. J’ai déjà joué le Main Event, mais depuis 2021, je travaille sur l’évènement avec PokerGo. Cette année, on s’est dit qu’on allait mélanger les deux. L’un des objectifs, c’est de vivre le Main Event un peu de l’intérieur, en montrant ce qu’il se passe à l’intérieur des barrières ».

Et si jamais le journaliste Platt nous ressort un méga-deep run, comme en 2015, lorsque le joueur prenait la 60ᵉ place pour 113 764 $ ? « Tout le monde rêve de deep run le Main Event. Ça serait magnifique, et on a parlé de l’éventualité. PokerGo m’a dit, si tu deep run, on te laissera tranquille. Mais dans tous les cas, on trouvera un moyen de travailler aussi ».

Jouer le Main Event et en faire le coverage en même temps. En voilà une belle idée, qu'en dis-tu Benjo. Je me porte volontaire pour le Day 1B ! - Fausto

Dou iou spique Fwench?

« Y-a-t-il des Français à cette table ? » demande notre photographe Caroline Darcourt, désespérée comme moi à l’idée de ne trouver plus aucun nouveau tricolore dans les travées de ce Day 1A. « Moi je parle français, je suis Québécois », répond un joueur au siège 5 . « Et moi je suis Suisse ! » s'exclame un autre.

Bon, les Québécois : quand même pas, il est encore un peu tôt. Mais puisque ce Suisse a des jetons, on le prend volontiers dans notre contingent francophone.

Rachid Amamou
« C’est la deuxième fois que je joue le Main Event. J’en garde de superbes souvenirs. J’avais atteint le Day 4, j’avais été chipleader Day 2, informe Rachid Amamou, ressassant des souvenirs de 2019. J’ai pas pu le rejouer depuis. Je travaille dans l’industrie pétrolière, c’est compliqué de trouver le temps. Mais à chaque fois, je joue le Day 1 le jour de mon anniversaire : j’ai 45 ans aujourd’hui ».

L’ami suisse semble d’ailleurs avoir déjà reçu un beau cadeau. « J’open AQ, flat d’un Américain au bouton, call BB et le flop vient 836. BB check, je check, et le Bouton fait 2 200, check-raise 6 400 de la BB, je just call, et Monsieur shove pour 60 000 jetons ». Fold BB, snap-call Rachid, qui a le bonheur de voir J10 en face. Joyeux anniversaire Rachid. - Fausto

Zone dangereuse

Bruno Soutavong
Parmi les derniers arrivants du clan français sur ce Day 1A, Bruno Soutavong a eu la mauvaise expérience de voir son stack amputé de 4 000 jetons avant de toucher ses premières cartes sur le Main Event. Et pourtant, inscrit à 11 h 30, il pensait bien démarrer muni d'un full stack, mais on a souvent pu le constater depuis le début de ces WSOP, les stacks tournent quand vous vous inscrivez. Donc, avis à ceux qui sont déjà inscrits, pointez-vous à l'heure ! Si Bruno n'avait perdu "que" 4 000 jetons, ça irait encore, mais après une journée pénible, il navigue en eaux troubles avec un tapis qui oscille entre 15 et 25 000 depuis plusieurs heures, à tel point qu'il est obligé de jouer des petits coups de short-stack, lui qui a plutôt l'habitude d'en mettre partout en utilisant la puissance des jetons pour caser des gros bluffs.

Pour l'instant, c'est plutôt la prudence qui domine, comme sur ce coup, où il va open avec 15k de stack (25bb) sur la BB du chipleader. Il est payé par le lojack et le chipleader. Les trois joueurs checkent le flop 434. Sur la turn J, Bruno mise 3 000, une mise pas suffisante pour prendre le pot tout de suite. Il lui faudra une nouvelle mise à 5 000 sur la river 3 pour empocher ce petit pot et prendre un peu d'air dans ce Day 1A étouffant qu'il passe à table avec Clément Richez, lui aussi pas aux mieux avec un tapis divisé par deux depuis le départ.

[EDIT 30 minutes plus tard : après notre visite à la table de Bruno, ce dernier est passé de la zone rouge à la zone carbonisée, après un Roi-Dame joué avec 15 BB ne s’améliorant pas contre As-10] - Tapis_volant

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Une grosse teuf, certes… mais avec beaucoup de retardataires

Le plus gros tournoi du monde débute dans le calme et une salle à moitié remplie. Mais ce démarrage lent n'a rien d'anormal : avec encore trois Day 1 au programme, le tournoi a tout le temps de se remplir ! Main Event 10 000 $ (Fin du Day 1A)

WSOP / Reportage
A l'heure où le premier des quatre "Flights" du Main Event des WSOP se termine (00 h 16), les chiffres officiels et définitifs de la participation ne sont pas encore connues. Mais nos estimations, basées sur un quart d'expérience, un quart d'observation et une moitié de doigt mouillés, nous amènent à penser que le nombre tournera autour de 920 participants. Si cela était avéré, cela témoignerait d'une affluence en baisse d'environ 10 % par rapport à l'historique édition 2023. Mais, s'empressera-t-on d'ajouter, ce constat pas encore vérifié n'a que peu de valeur. Tous les habitués le savent : le Main Event ne démarre jamais vraiment au Day 1A, simple journée d'introduction servant à contenter les joueurs les plus pressés, et ceux qui ne sont pas dispo les trois Day 1 suivants.

Nous vous transmettrons le plus rapidement possible le classement définitif du Day 1A, dès que l’orga l’aura mis en ligne. En attendant, quelques dernières infos de notre cru…

La seule et l’unique

Gaelle Baumann

On espérait bien voir deux logos W composter leur billet pour le Day 2 aujourd’hui et c’était plutôt bien parti pour en milieu de journée avec Gaëlle Baumann pointée à 120 000 et le qualifié Franck Jacon à 160 000. Et pourtant, seule notre Team Pro est parvenue à mettre des jetons dans le sac, malgré une fin de journée compliquée.

Complètement card dead sur les deux derniers levels, elle a vu son stack fondre jusqu’à tomber à 79 300. « J’ai perdu pas mal de petits pots, et j’ai trouvé aucun spot à prendre sur la fin de journée, j’avais vraiment pas une table facile pour un Day 1 de Main Event. Le seul gros pot que j’ai pris après le AA/QQ du début, c’est un pot 3-bet où je me fais 3-bet preflop puis check/raise sur un flop 5-7-8 avec un flush-draw. Ca check/check sur la doublette du 8 turn et je value river sur une brique. » A titre de comparaison, lors de son deep run de 2012, Gaëlle avait terminé avec un stack sensiblement équivalent, avant de décoller sur un Day 2 qu’elle terminait avec le chiplead du clan français. Le plan maintenant, c’est de chill pendant trois jours et d’arriver au Day 2 pour refaire la même chose qu’en 2012.

Notre seul qualifié de la journée a vécu des sensations très polarisées sur son premier Main Event, puisqu’après un début en boulet de canon, il a réussi à monter un stack de 160 000. Et puis, la bérézina, deux ou trois coups perdus, puis un énorme bluff raté contre un papy qui avait deux beaux Rois qu’il n’a pas voulu lâcher et son tournoi a radicalement changé. Redescendu dans le bas du classement avec une quarantaine de blindes devant lui, Franck a finalement cédé en toute fin de level 4, son shove au bouton avec Roi-Dame se fracassant contre une paire d’As dans les blindes. Déçu du runout de sa journée, Franck semblait tout de même ravi de l’expérience. « Je me suis qualifié, mais j’aurais fini par le payer un jour. C’est le championnat du monde, quand même, y a que les WSOP qui proposent ce genre de tournois ». Conscient d’avoir un peu gâché son tournoi sur ce bluff maladroit qui n’est passé, Franck avouait avec humilité qu’une de ses grosses faiblesses, c’est de ne pas savoir quand ralentir la cadence et arrêter d’appuyer sur le bouton raise. En guise de lot de consolation, ce gestionnaire de patrimoine va profiter encore une dizaine de jours de Vegas, avec dans le viseur le 800 € Independance Day sur deux jours. "Je sais que ce ne sera pas une structure aussi belle, mais ça va être vraiment cool comme tournoi à jouer."

Les douces pralines de Lehoussine

Lehoussine

« On avait un historique. Le mec m’a pédalé une couleur qui était tombé river. Il m’a pris 15 000. Je crois que j’ai pris ma revanche » lâche Karim Lehoussine, après avoir envoyé 2 000 pré-flop, 4 000 au flop, 10 000 turn et 25 000 river sur un board Q61024. Payé jusqu’au bout, Karim montre top brelan QQ, pour un superbe call-muck. Une méthode bulldozer qui permet à Lehoussine de construire un des stacks les plus solides du clan français : 110 000 jetons pour le 3e du dernier WiPT.

Tordjman

Karim laisse le rôle de porte-drapeau à Daniel Tordjman. Le trublion s’est amusé à montrer des bluffs avec 9-5o pour mieux se faire payer ses grosses mains. Un day savament assaisonné, patiemment mijoté et pimenté de quelques mains fantaisistes pour enfourner un tapis de 140 000.

A l’expérience, Jérome Zerbib place un astucieux “whine for win” à l’aube du dernier niveau pour provoquer un petit rush de cartes : + 20 000 sur la dernière demi-heure et 78 400 jetons dans le sac.

Zerbib

Derrière, un petit peloton français stagne autour du tapis de départ. Rémi De Rossi a fait les montagnes russes pour terminer presque à l’équilibre (54 000), moins de swing pour Greg Ravise, “card-dead et fatigué” (61 300), Jérémy Surinach sauve les meubles sur la fin de jurnée (51 200), tandis que son collègue Julien Martini valide un superbe double-up sur la dernière main du jour, avec deux Dames qui attrapent un As-Valet un peu ambitieux (65 200).

Choffardet

Journée compliquée, mais journée passée pour Clément Richez (34 000) et Mathieu Choffardet (32 000). Quant à Gregory Auzoux, il est reçu avec mention, suite à un bluff qu’on vous conseille de ne pas reproduire chez vous.

Le gros bluff de fin de soirée

Auzoux

Jouer des petits coups, être patient, ne pas bluffer… Très peu pour Gregory Auzoux. Ces conseils que l’on entend souvent pour appréhender un Day 1 de Main Event WSOP, le High Staker français, les a entendu plus d’une fois. « Je m’étais dit en revenant de la pause. Aujourd’hui, tu ne bluffs pas » affirme le Français, vite rattrapé par le naturel.

Limp 600 MP, call LJ, call HJ et la parole arrive sur Greg qui fait 3 600 avec deux Zizous. Payé par le HJ. Le flop vient K93 : C-bet 4 000… Et clique à 9 000, payé par Auzoux. Turn 9, check, et check-back. River 2, check Auzoux, 10 000 chez vilain… Et raise 25 000, en se laissant 3 000 jetons derrière, snap-fold !

De l’audace, du panache et 82 000 pions dans le sac pour le Day 2.

CL
Les journalistes du site officiel annoncent un certain Joshua Feiger au poste de chip-leader, avec 311 900. Nous, on avait d’abord repéré l’Israëlien Assaf Zeharia. Avec ses 276 600, il devrait se placer en deuxième position, ce qui est tout aussi bien

Katie Lindsay
Ce Day 1A fut aussi celui des mariages de pros. On est ravis de vous annoncer les qualifications de Phil et Farah Galfond, Felipe et Natalie Ramos, ainsi que Katie Lindsay (photo). Concernant cette dernière, son mari Chris Moorman n’était pas en lice, mais il est tout de même venu la chercher en fin de journée. Galan !

Et à part le Main Event, jeudi on joue à quoi ?

WSOP / Reportage
En parallèle du Day 1B du Big One, dont le coup d’envoi sera donné à midi, un seul autre tournoi va démarrer jeudi. Ou plutôt redémarrer, puisqu’il s’agit d’un autre Day 1B, celui du beaucoup moins cher (et très patriotique) Independance Day Celebration, programmé pile pour la Fête Nationale Américaine du 4 juillet. Mais du coup, la question se pose : est-ce qu’il y aura du monde parce que c’est la Fête Nationale et qu’il n’y a rien de plus Américain que de fêter l’indépendance de son pays en jouant au poker, où est-ce qu’il n’y aura personne parce que les Ricains seront tous occupés à faire griller des burgers en faisant péter des feux d’artifice dans leur jardin ? Réponse imminente.

Sinon, il faudra garder un œil sur le troisième et dernier jour du PLO à 50 000 $ : il reste 5 joueurs et David Benyamine a terminé à une nouvelle place d'honneur, en 7e position. Enfin, inutile de trop s'exciter sur la fin du Mini Main Event, on ne reconnaît pas grand monde parmi les 5 derniers joueurs, et le dernier Français David Halimi a sauté en 39e place (15 234 $ de prix). Il faudra quand même se demander si Alexandre Barbaranelli, affichant le drapeau italien et résident monégasque, n'a pas un peu de sang français aui coule dans les veines.

Benjo, Fausto, Tapis_Volant & Caroline Darcourt

WSOP 2024 : tous nos articles

620 joueurs franchissent le Day 1A

CLIQUEZ ICI POUR LE CHIP COUNT COMPLET DU DAY 1A Day 1A : 916 inscriptions / 620 restants (dont 17 Français) - Chipleader : Joshua Feiger (USA) 311 900

Top 10

Dinde

Joshua Feiger (USA) 311 900 Assaf Zeharia (Israël) 276 600 Frank Funaro (USA) 265 000 Mark Stackton (USA) 260 700 Jie Wu (Chine) 252 300 Nan Li (USA) 247 500 Vid Zagar (Slovénie) 241 300 Jonathan Wong (USA) 239 800 Naoya Kihara (Japon) 228 300 Pedro Bromfman (Brésil) 224 600

17 Français

Gaëlle Baumann

64. Daniel Tordjman 160 900 112. Achille Samaran 136 500 182. Karim Lehoussine 110 000 247. Bingjian Ren 93 100 289. Grégoire Auzoux 82 700 313. Gaëlle Baumann (Team Winamax) 79 300 317. Benjamin Ané 78 700 318. Jérôme Zerbib 78 600 344. Romain Lotti 73 400 387. Remi De Rossi 65 400

Mathieu Choffardet

388. Julien Martini 65 200 392. Benjamin Souriau 64 000 399. Dimitri Joubert 62 300 403. Grégory Ravise 61 300 452. Jérémy Surinach 51 200 550. Clément Richez 34 000 558. Mathieu Choffardet 32 000

Reste du field (sélection)

Barny Boatman

26. Connor Drinan (USA) 192 000 36. Phil Galfond (USA) 182 700 53. Parker Talbot (Canada) 170 000 62. Matt Affleck (USA) 161 700 90. Bryce Yockey (USA) 149 000

Byron Kaverman

146. Byron Kaverman (USA) 119 700 150. Jerry Yang (USA) 118 800 160. Lander Lijo (Espagne) 115 500 165. Natalie Hof Ramos (Allemagne) 113 900 176. Aleksejs Ponakovs (Lettonie) 111 600

Andrea Dato

199. Daniel Hachem (Australie) 105 800 210. Andrea Dato (Italie) 103 000 266. Diogo Veiga (Portugal) 89 900 284. David Bach (USA) 84 200 290. Katie Lindsay (USA) 82 600

Michael Mizrachi

304. Jonathan Little (USA) 81 400 310. Kenny Hallaert (Belgique) 79 900 340. Michael Mizrachi (USA) 74 000 368. Anton Morgenstern (Allemagne) 70 000 369. Barny Boatman (UK) 70 000

424. Igor D'Ursel (Belgique) 56 300 456. Chad Eveslage (USA) 50 800 492. Jonathan Jaffe (USA) 43 100 518. Felipe Ramos (Brésil) 38 400 519. Daniel Mizrachi (USA) 38 200

Alexandre Vuilleumier

527. Greg Merson (USA) 36 800 541. Alexandre Vuilleumier (Suisse) 35 000 600. Chad Holloway (USA) 16 900 606. Faraz Jaka (USA) 15 500 614. Farah Galfond (USA) 11 000

Blindes au départ du Day 2 : 400 / 800 / 800