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Federico Trabucco : 'Le poker a sauvé ma carrière'

Federico Trabucco : 'Le poker a sauvé ma carrière'

Par Enrique F.

Membre du Stream Gang espagnol depuis un an, Federico a rapidement brillé par ses résultats et sa bonne humeur. Aujourd'hui, on apprend à connaître le phénomène argentin.

Federico Trabucco

Federico Trabucco a récemment soufflé sa première bougie en tant que membre du Stream Gang espagnol. Ces douze mois ont été plus que suffisants pour que l'Argentin se fasse un vrai nom sur Winamax, et même au-delà. Nous avons eu la chance de nous entretenir avec le récent champion Winamax Series. Seulement une étape pour ce shark de 24 ans, qui représente sans aucun doute l'avenir du poker hispanophone.

Quand et comment as-tu commencé à jouer au poker ?
J'ai commencé à jouer à 18 ans avec des amis. L'un d'entre eux m'a fait découvrir le poker en ligne. Mais c'est en mai 2021 que j'ai décidé de m'y mettre sérieusement, en sachant vraiment ce que je faisais, avec l'objectif de gagner. J'avais un peu d'argent de côté et j'ai commencé avec une bankroll de 300 $. Après avoir étudié comment gérer ma bankroll, quels tournois jouer, etc., je me suis lancé.

Tu t'imaginais un jour devenir joueur professionnel ?
Oui, c'était mon but. Mais au poker, on ne sait jamais vraiment. Cela peut prendre dix ou quinze ans pour atteindre un tel objectif. Mais mon ambition était de devenir pro le plus rapidement possible. Au final, cela s'est très bien passé pour moi.

Federico Trabucco

Crédit photo : Codigo Poker

Comment les services de Winamax t'ont-ils repéré et proposé de devenir un membre du Stream Gang ?
Le Stream Gang, ça s'est fait un peu par hasard. Ce n'était pas un objectif à la base, je n'y pensais même pas. Je connaissais très bien la scène Twitch, mais je n'avais jamais franchi le pas pour être moi-même actif sur la plateforme. Mais à un moment donné, les choses ne se passaient pas très bien pour moi, je connaissais un léger downswing. Je me suis donc dit "pourquoi pas" ? J'espérais que le fait de diffuser mes sessions pourrait me donner un peu plus de motivation. Et cela pourrait aussi intéresser les gens. Je suis donc devenu streamer, et deux mois plus tard, Winamax m'a contacté pour savoir si j'étais intéressé pour rejoindre le Gang. Je n'ai pas hésité ! En une semaine, le contrat était signé et je diffusais déjà mes premières sessions sur la chaîne Twitch de Winamax. C'était une très belle surprise.

On te voit faire des MTT sur Twitch, mais joues-tu d'autres formats/variantes ?
Non. Quand j'ai commencé, j'ai essayé le cash game et les MTT en même temps pour voir ce que je préférais. J'ai rapidement opté pour les tournois. Depuis, je ne joue que ce format, en Texas Hold'em exclusivement pour le moment. Le cash game, ce n'est pas que je n'aime pas, mais je trouve ça un peu trop répétitif. Dans les tournois, il faut maîtriser beaucoup de notions différentes. L'ICM est très importante, par exemple. Il faut savoir jouer aussi bien avec 200 blindes que 10. En cash, on joue toujours avec 100 BB, ou plus. C'est pour ça que j'ai été beaucoup plus attiré par les tournois.

Quels sont tes meilleurs résultats, en ligne et en live ?
J'ai très peu joué en live jusqu'à présent, donc je n'ai pas de résultat probant. Online, j'ai signé ma meilleure perf' lors des Winamax Series, le mois dernier. J'ai remporté un Event à 250 € pour 33 000 €, le tout en direct sur la chaîne Twitch de Winamax Espagne. J'ai également remporté le Battle Royale (16 000 €) et le Prime Time en 2023. Et sur d'autres d'autres rooms online, j'ai également empoché un gain de 18 000 $ sur GG Poker.

Tu es un joueur online, de toute évidence, mais comment est-ce que tu appréhendes le jeu en live ?
Jusqu'à maintenant, le poker en live ne m'a pas attiré plus que ça. Quand je le fais, c'est plus pour passer le temps, me changer les idées, m'éloigner de l'ordinateur et passer un bon moment. Mais je préfère jouer online. Je ne joue en live que lorsque le CAP (Circuito Argentino de Poker) se joue à Buenos Aires. J'étais également à Madrid pour la Grande Finale du Winamax Poker Tour.

Est-ce qu'on te verra un jour jouer des tournois à 5 000 €, 10 000 €, ou plus ?
J'y pense. D'ailleurs, mon prochain objectif est de m'organiser pour jouer l'EPT Barcelone en août. L'idée serait de jouer le Main Event à 5 300 €, ainsi que des side events à des buy-ins inférieurs. Quant aux WSOP, ce sera plutôt pour 2025. Cette année, je n'ai pas réussi à m'organiser dans les temps pour aller à Las Vegas. D'autant plus que les World Series commencent dans quelques jours. Mais j'ai hâte de jouer ces festivals !

Federico Trabucco

Crédit photo : Codigo Poker

Revenons un peu sur le stream. Cela fait partie de ton contrat avec Winamax, évidemment, mais est-ce que parfois tu te dis que donner autant d'informations sur ton style de jeu sur Twitch peut être pénalisant ? Ne crains-tu pas que tes adversaires étudient ton jeu et s'adaptent ?
Si, bien sûr. Je suis totalement d'accord. C'est l'aspect négatif de Twitch. Encore plus lors des dernières tables d'un tournoi. Je ne sais rien de mes adversaires, tandis qu'eux peuvent voir toutes mes cartes en un clic. Ils ont alors l'avantage de voir si ma mise était en value ou en bluff, entre autres informations. Ceci dit, tous les bons côtés du streaming et le plaisir que j'ai à jouer compensent largement cet inconvénient. Parfois, il m'arrive de ne pas trop expliquer mon thinking process pour ne pas donner trop d'informations. J'en donne déjà beaucoup rien qu'en montrant mes cartes. Dans ces moments-là, je me contente de jouer et de laisser chacun déduire ce qu'il veut de mes plays.

En parlant de style de jeu, quel est le tien ? GTO ? Exploitant ? un mélange des deux ?
C'est un mélange des deux, mais je penche plus du côté exploitant. J'essaie toujours de m'adapter à l'évolution du poker online, à tout ce qui est nouveau. Ce n'est pas la même chose de jouer aujourd'hui qu'il y a trois ou dix ans. Dans les faits, le jeu gagnant des regs online est plutôt exploitant. J'ai d'ailleurs la chance de pouvoir travailler mon jeu avec de nombreux joueurs internationaux de haut niveau, au sein de l'école de poker de Patrick Leonard. C'est un vrai luxe.

Quels sont les points sur lesquels tu penses devoir t'améliorer en tant que joueur ?
Tous ! L'apprentissage est une quête sans fin. J'ai donc encore beaucoup à apprendre. J'aurais du mal mentionner une notion technique en particulier. Mais il est certain que je peux améliorer mon approche du temps hors du poker. Je joue cinq ou six jours par semaine, mais j'ai du mal à lâcher prise lors de mes jours de repos. Je finis toujours par regarder des vidéos de poker ou des streams, tout en pensant à certains spots de mes sessions précédentes. Ce serait bien que j'arrive à déconnecter complètement pendant quelques jours.

Que peux-tu nous dire sur ta récente victoire lors des Winamax Series pour 33 000 € ? En direct sur Twitch, qui plus est !
Ce dont je me souviens, c'est que ma session ne se passait pas super bien. Pendant les Series, je joue généralement plus de tournois, y compris à des buy-ins plus élevés que d'habitude. Après trois heures de stream, il ne me restait plus que deux tournois. Dans le Mystery à 100 €, j'ai sauté en 15e ou 20e position, mais j'ai touché le plus gros bounty, environ 7 000 €. Dans le 250 €, je n'ai pas très bien commencé, en perdant de gros pots d'entrée. Mais ensuite, une fois dans l'argent, je suis passé chipleader. Après cela, c'était un peu les montagnes russes. J'étais short stack quand il restait trois ou quatre tables. Mais à deux tables left, j'ai gagné quasiment toutes les mains que j'ai jouées. Je suis arrivé chipleader en table finale. Et même si le heads-up n'a pas été simple, tout s'est très bien terminé.

Je ne sais pas si tu le sais, mais certaines personnes au sein de Winamax te surnomment "Fedorico Holz" ou "Mini Mateos". Qu'est-ce que cela te fait d'être comparé à deux monuments pareils ?
C'est vrai ? J'en suis honoré ! Je ne pense pas avoir le dixième du talent d'Adrián ou de Fedor. Mais je suis très heureux. J'espère qu'un jour je pourrai me rapprocher de leur niveau. D'ailleurs, j'ai eu la chance, lors du WiPT à Madrid, de partager ma table pendant dix minutes avec Adrián. J'ai passé un super moment.

Federico Trabucco
Quelles sont tes idoles dans le monde du poker ?
Patrick Leonard, qui est aussi mon coach. Amadi et Juan Pardo aussi, évidemment, Fedor Holz et je pourrais en citer beaucoup d'autres. Mais ces quatre-là sont ceux que j'admire le plus dans le milieu.

Tu connaissais Gus Hansen ?
Pas du tout. Mais lorsqu'il a rejoint le Team Winamax, je me suis renseigné et j'ai réalisé qu'il s'agissait d'une vraie légende du poker. Une énorme recrue pour l'équipe !

Puisqu'on parle du Team Winamax, aimerais-tu en faire partie un jour ?
Oui, bien sûr. Je ne saurais pas dire si c'est mon rêve, mais c'est clairement un objectif pour moi. Faire partie d'une telle équipe et pouvoir échanger avec tous les Team Pros serait incroyable.

Quelle doit être la prochaine grande étape de ta carrière ?
Je pense que ce qui peut faire évoluer ma carrière, c'est de jouer un grand festival en live, que ce soit un EPT ou les WSOP.

Combien de temps encore tu t'imagines jouer au poker ?
Je ne sais pas trop. Encore de nombreuses années, c'est sûr. C'est mon travail, je l'aime. Jouer au poker fait partie de ces métiers qu'il faut aimer faire. Il prend énormément de temps, il faut pouvoir suivre sur le plan mental. Tous les joueurs pros passent par des moments difficiles, avec beaucoup de swings. Il faut aussi accepter que le meilleur joueur ne gagne pas toujours, accepter que l'on peut perdre avec 95% d'équité à la river, parce qu'il y a ce facteur chance qui fait que le poker est une activité très rentable. Pour progresser aussi, il faut adorer le poker. Et je l'aime, alors vous me verrez pendant de nombreuses années encore !

Si tu n'étais pas un joueur professionnel, que ferais-tu ?
Bonne question. Je ne sais pas si le poker m'a sauvé, mais il y a trois ans, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire dans la vie. Je menais des études de droit à Buenos Aires - je suis originaire du sud de l'Argentine - mais après deux ou trois ans d'études, je me suis rendu compte que je n'aimais pas ça. Je voulais quand même valider mon diplôme, mais pas forcément travailler dans ce milieu. J'étais un peu perdu. Je ne trouvais pas ce que j'aimais, jusqu'à ce que j'apprenne à connaître le poker. Je l'ai tout de suite aimé, avec ses bons et ses mauvais côtés. Je pense que beaucoup de gens ne comprennent pas le poker, ils le jugent négativement. Mais je savais ce que je faisais et me voilà. Mais la vérité, c'est que je ne sais pas ce que je ferais s'il n'y avait pas eu le poker !

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