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Le Check-up : tel Ivey qui croyait prendre
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m.arnou
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MessagePosté le: 16/07/2021 13:08   Sujet du message: Le Check-up : tel Ivey qui croyait prendre Répondre en citant Signaler un Abus

Le Check-up : tel Ivey qui croyait prendre

Phil Ivey pensait maîtriser la situation face à Patrik Antonius. Mais ça, c’était avant que tombe la river… Romain Lewis analyse ce spectaculaire revirement.


La Bobby’s Room du Bellagio, l'émission High Stakes Poker, les cash games démesurés du continent asiatique… Tel est le panthéon du poker mondial quand on parle de parties de cash-game live hautes-limites.

Mais un autre show légendaire mérite qu’on s’y attarde, même s'il est moins resté dans les mémoires : le Full Tilt Million Dollar Cash Game. En fait, bien que le nom du programme ne fasse peut-être pas tilt dans vos neurones de fan de poker, vous en avez déjà certainement vu des extraits. Mine de rien, il a engendré quelques moments mythiques du cash game télévisé : un défilé de stars à table, ce qui resta longtemps le plus gros pot de l’histoire du poker télévisé entre Phil Ivey et Tom Dwan, ou encore les excentricités du "Frenchman" Cyril Mouly... 

Dans cet article, on va s’intéresser à une main un poil moins médiatique mais tout aussi remarquable de cette joute high-roller, pour un grand classique des duels de l’époque : celui qui est considéré comme le meilleur joueur du moment, Phil Ivey donc, opposé au viking Patrik Antonius. Et pour apporter un regard moderne à l’analyse, on a fait appel à l’un des jeunes loups du Team Winamax, Romain Lewis.

On se retrouve donc au Fifty Casino de Londres au milieu des années 2000, durant le tournage de cette belle partie diffusée par Sky Sports. Comme son nom l’indique, le Full Tilt Million Dollar Cash Game propose aux joueurs invités, parmi les meilleurs de l'époque, de poser un minimum de 100 000 dollars sur la table, certains amenant évidemment quelques beaux billets en plus. Lors de la main qui nous intéresse, ils sont six légendes à tenter de faire pousser leurs piles de jetons rouges et bleus : Tony G., Allen Cunningham, Andy Bloch, Chris Ferguson, Phil Ivey, Patrik Antonius et Brian Tonwsend. Chaque main peut potentiellement atteindre plusieurs centaines de milliers de dollars...

PRÉFLOP

Tony G., qui semble être l'un des plus gros gagnants de la table à ce moment, est le premier à parler et découvre Roi-Valet dépareillés : une main bien suffisante chez lui pour lancer les hostilités avec une ouverture à 2 000 $. Trois crans plus loin, Phil Ivey, muni de 9Carreau9Trèfle, paye en small blind. Avec un As en grosse blinde, même mal kické, Patrik Antonius complète pour aller voir un flop.

L’analyse de rLewis : L'action est standard. On pourrait certes 3-bet de temps en temps avec une paire de 9 à la place d'Ivey, mais sinon rien à ajouter. 


FLOP :
QPique9PiqueATrèfle

Brelan pour Ivey, top paire pour Antonius, tirage gutshot pour le G… Tout le monde a touché ce flop, et tout particulièrement le premier nommé. Phil décide d’ailleurs de faire grossir le pot d’entrée de jeu et donk-bet à 5 000 $. Juste à sa gauche, Patrik s’aligne sans sourciller, tandis que Tony G. ne tente pas le diable face aux deux monstres et passe. 

L’analyse de rLewis : Au flop, c'est peu commun de trouver des leads. Mais avec les historiques des joueurs entre eux, et selon ce poker d'une autre époque, cela peut être très bien joué de la part d'Ivey de miser directement. Mais aujourd'hui, les solvers auront du mal à trouver des leads dans ce spot à mon avis. Concernant Patrik Antonius, il peut trouver un gros fold au flop en estimant qu'Ivey va très rarement arrêter son agression par la suite, et sachant qu'aucune carte n'améliorera vraiment sa main. Chez Tony G, on peut trouver un raise, car on peut faire passer quelques tirages chez Ivey et pas mal de mains assez faibles chez Antonius. Par la suite, on pourrait aussi continuer à bluffer les piques et on a quatre outs pour faire les nuts. Les trois joueurs sont deep, alors payer ou passer semblent également être des options valables pour Tony G.

TURN : QPique9PiqueATrèfle APique

C’est désormais Patrik Antonius qui détient un brelan (trips très exactement), sauf que Phil Ivey possède maintenant un full ! L’Américain continue sur sa lancée et son optique agressive en avançant 15 000 $ au milieu, vite payés par le Finlandais.

L’analyse de rLewis : Pour Antonius, la décision doit se prendre entre un call et un fold, jamais une relance, sauf s'il veut transformer sa main en bluff, mais ça n'aurait aucun sens. Je pense qu'il peut encore trouver un gros hero fold, car Ivey va très rarement bluffer cette carte précise. Il pourrait éventuellement le faire avec une main comme Valet-Dix... mais avec la couleur qui rentre au turn, j'ai du mal à trouver beaucoup de bluffs. S'il bluffait, Ivey serait vraiment dans le bas de sa range, car il possède beaucoup de couleurs possibles et d'As perçus ici. Une fois qu'il a misé au flop, Ivey trouve la meilleure carte du paquet au turn donc c'est complètement standard de miser.

RIVER : QPique9PiqueATrèfle APique4Pique


La river est une carte assassine pour le détenteur de dix bracelets WSOP : un 4Coeur qui donne un full supérieur au résident monégasque. Concentré et se pensant certainement encore en position favorable, Ivey sélectionne une belle pilasse de 40 000 $ et mise une troisième et dernière fois. Le Finlandais, qui vient donc de toucher la carte magique, prend tous ses jetons de 5 000 $ et les pose au milieu : c’est un all-in messieurs, dames ! Montant ? 121 200 $ dollars en tout. À ce moment, on peut voir le doute s’insinuer sur le visage de Phil Ivey, la poker face la plus terrifiante du poker… La mort dans l’âme, il finit par payer mais voit le pot de 288 500 $ (le plus gros du poker télévisé européen à l'époque) filer vers son meilleur ennemi, qui peut remercier les Dieux de la river.

L’analyse de rLewis : C'est compliqué. Ils jouent assez vite. Phil Ivey n'a aucun bluff dans sa range à mon avis et Antonius ne relancera jamais avec une couleur. Il n'a pas As-Dame non plus, car sinon il aurait squeeze préflop, donc il ne reste vraiment qu'un combo de As-9 ou quelques As-4 chez lui. C'est difficile d'imaginer l'un des deux joueurs bluffer sur la river mais c'est extrêmement difficile de passer sa main à n'importe quel moment pour les deux, même si Ivey aurait pu trouver un gros fold sur la river. Après je ne suis pas joueur de cash game et je ne connais pas l'historique entre les deux joueurs sur ces grosses parties à ce moment-là de leur carrière. Sans aucun doute, s'ils rejouaient la main aujourd'hui, ils la joueraient différemment.

LE VERDICT DE ROMAIN LEWIS :

Phil Ivey : 7/10

Ce sera un "Pourquoi pas" pour Ivey. Le lead au flop et ses sizings "pot" sont assez bons, on peut imaginer que ce sont les meilleurs sizings pour faire folder un As s'il bluffait. Mais j'ai du mal à lui trouver des bluffs sur la river, comme pour Antonius. Après, on joue là une des plus grosses parties de l'époque : les deux joueurs ont donc forcément un pourcentage de bluff dans leur range, ce qui rend leur actions river assez logiques, il ne vont pas souvent folder. Phil Ivey n'avait qu'une seule meilleure façon de jouer la main : trouver un fold sur cette river.

Patrik Antonius : 7/10

Idem pour Patrik. Il joue très vite sur la rivière, et personnellement je ne l'imagine jamais bluffer ici. Encore une fois, il aurait pu folder plus tôt dans la main. Heureusement qu'il n'a pas relancé avant la river, ça aurait été catastrophique, mais à la fin, il est obligé de relancer, car Phil Ivey n'a donc jamais As-Dame et Patrik possède tout le temps la meilleure main. Ici, personne n'est un génie... En tout cas pas au cours de cette main !

CoeurTrèfleCarreauPique


Clairement, le Full Tilt Million Dollar Cash Game n’aura jamais réussi à Phil Ivey, lui qu’on a plus souvent vu à son avantage lors d'autres parties télévisées : il perdra aussi un pot d’un million de dollars face à Tom Dwan dans cette série. Mais l'Américain retrouvera bien vite son bourreau finlandais autour des tables les plus chères de la planète. Et on attend toujours avec autant d’impatience une énième revanche...

Et vous, auriez-vous payé sur la river ? Réagissez sur nos réseaux !

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