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Yojimbooo : 'Je ne réalise toujours pas ce que j'ai fait !'
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Flegmatic_
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MessagePosté le: 22/04/2021 08:03   Sujet du message: Yojimbooo : 'Je ne réalise toujours pas ce que j'ai fait !' Répondre en citant Signaler un Abus

Yojimbooo : ''Je ne réalise toujours pas ce que j'ai fait !''

Il a remporté le 4 Million Event et un chèque de 300 000 € en freeroll : rencontre avec LE champion espagnol des dernières Winamax Series.

Depuis le 15 avril dernier, le poker espagnol s'est trouvé un nouveau héros. En guise de conclusion à une trentième édition des Winamax Series qui a explosé tous les records, c'est un de nos voisins ibériques qui s'est imposé sur le 4 Million Event, l'épreuve la plus convoitée et la plus richement dotée du festival (plus de 4,5 millions d'euros au final). Un tournoi unique et démentiel dans le paysage du poker online européen, dont les sommes distribuées sont capables de changer une vie, comme celle de son vainqueur, le désormais célèbre Yojimbooo. Pourtant, de lui avant ce Day 3 et cette table finale encore bien ancrée dans nos mémoires, nous ne savions pas grand-chose, sinon rien. Les jours sont passés, l'adrénaline est retombée et nous avons eu l'occasion de nous entretenir avec lui, histoire de démasquer ce super-héros d'un genre nouveau.

Car rares sont les fois où nous avons la chance de vous raconter une histoire comme celle de cet natif des Asturies (région de Gijón et Oviedo, dans le nord-ouest de l'Espagne), qui a vécu la grande majorité de sa vie à Dénia (sur la côte est, au sud de Valence). Luciano alias Yojimbooo restera à jamais sur nos tables comme le joueur qui a converti un ticket pour l'un de nos Freerolls WSeries en le deuxième plus gros chèque jamais distribué sur l'un de nos MTT (derrière le légendaire Dr.Bayard), de presque 300 000 €. Vamos!

Tout a commencé par un dépôt...

"Je venais de signer quelques perfs sur d'autres rooms, attaque le champion, avec quelque chose comme 3 000 ou 4 000 € en quelques semaines. Mais sur Winamax, les résultats ne semblaient toujours pas vouloir m'accompagner, même si je savais que tôt ou tard, la vapeur allait se renverser. Au lancement des Series, j'ai déposé 120 € pour bénéficier du bonus et pouvoir participer aux trois freerolls offrant des places pour le 4 Million Event. Sur les deux premiers, les deux plus gros, je me suis fait sortir à chaque fois rapidement. Mais sur le dernier, qui promettait 80 tickets, cela c'est beaucoup mieux passé et je me suis glissé parmi les qualifiés pour le tournoi le plus important du festival".

C'est donc ici qu'a démarré la folle histoire de Luciano, joueur de 44 printemps qui a dédié beaucoup de ceux-ci à tenter d'atteindre son rêve : devenir joueur de poker professionnel. "Aujourd'hui, le poker est mon unique source de revenus, précise-t-il, même si ma gestion de bankroll laisse grandement à désirer... Je suis un peu paresseux. Dès que j'arrive à gagner un peu d'argent aux tables, j'arrête de jouer... jusqu'à ce que l'argent commence à manquer et alors je m'y remets ! Est-ce que je peux transformer ça en un mode de vie professionnel ? Je ne sais pas. Je me suis toujours considéré comme un passionné poursuivant un rêve."


Le replay intégral du Multiplex Poker spécial commenté par PonceP et Kinshu (la table finale débute à 3'02''44''').


Mais revenons au 4 Million Event, un tournoi pour lequel Yojimbooo nourrissait de grands espoirs dès les premiers instants. "Je savais que je pouvais bien m'en sortir, se souvient-il, qu'obtenir ce ticket était seulement le premier pas vers quelque chose de plus grand. À la fin des Day 1, j'avais le troisième plus gros tapis, avec beaucoup de blindes devant moi et beaucoup de bounties encaissés. Le soir du Day 2 je n'ai ouvert que quatre tables, pour mieux me concentrer. Je n'ai presque jamais quitté le Top 5, jusqu'à la fin de journée où j'ai terminé un peu en-dessous de la moyenne, avec 21 blindes parmi les 54 joueurs restants. J'étais déjà bien détendu, avec un peu plus de 2 200 € de prix assurés et environ 3 000 € de primes dans la poche. C'est au moment d'attaquer le Day 3 que je me suis mis dans des conditions de concentration optimales : je n'ai joué que cette table-là, je me suis enfermé dans ma chambre, sans musique ni aucune distraction susceptible de me déranger".

Reste une question, LA question, que se sont sans nul doute posés beaucoup de ceux qui ont assisté au dénouement de ce tournoi en direct sur Winamax TV (votre serviteur y compris), et que d'autres continuent sûrement de se poser aujourd'hui : comment peut-on atteindre ce niveau de relaxation et de paix intérieure en se retrouvant dans une situation pareille ? "Du moment où il ne restait plus que quatre tables jusqu'à la finale, je n'ai pas vu le temps passer. D'ailleurs, je ne me suis pas rendu compte qu'on était déjà en finale ! J'ai joué sans aucune pression, sans peur, et encore moins une fois arrivé en TF, quand j'ai compris que j'étais assuré de gagner plus de 40 000 €."

Le dauphin devenu requin

Sur le papier, cette théorie sonne bien, mais il faut ensuite pouvoir la mettre en pratique, et gérer parfaitement ses émotions, ce que Luciano assure faire plutôt bien grâce à son passé de joueur d'échecs (nous y reviendrons). "L'ICM est important, bien sûr, mais il est surévalué, n'hésite-t-il pas à lâcher. Nous sommes des humains pas des machines. Nous ne sommes pas régis par les mathématiques mais par nos sentiments, nos impressions subjectives. Pour prendre le contrôle de la table, il ne faut pas jouer en pensant à l'ICM. Il faut jouer avec les cojones !"




Et personne n'ayant ne serait-ce que jeté un oeil à la table finale ne peut dire que Yojimbooo n'a pas respecté ses principes. Une chose est sûre, le futur vainqueur a fait étalage de ses nerfs d'acier pour claquer plusieurs hero calls (voir ci-dessus) représentant virtuellement plusieurs dizaines de milliers d'euros chacun. Mais contrairement à ce que certains ont pu penser, Luciano avait fait ses devoirs, en étudiant quelques-uns de ses adversaires les plus dangereux. "C'est une certitude, la plupart de mes voisins en table finale étaient meilleurs que moi, avoue-t-il. Paslui [Louis Linard NDLR] et Sheev P. étaient excellents mais j'avais beaucoup joué avec les deux avant d'arriver en TF et je savais qu'ils allaient tenter d'abuser d'un profil plus faible comme le mien. Je me suis donc adapté, ce qui a forcément eu un impact sur mes décisions. Je dois quand même admettre une chose : avec le recul, je ne retenterai pas ces hero calls ! À ce moment-là, je jouais pour gagner. J'ai senti que toutes les étoiles étaient alignées et que je me devais de jouer comme ça contre eux pour les battre. J'avais confiance en mes lectures et je me suis contenté de les suivre. Même si cela a mis un peu de temps à se dénouer, parce que personne ne voulait être le premier sortant de la finale, quand les éliminations ont commencé à se succéder, ma confiance n'a fait qu'augmenter. À chaque nouveau palier je me sentais de mieux en mieux. Et en me voyant rivaliser avec ces joueurs que je savais très bons, cela m'a vraiment aidé à croire en moi".

À regarder l'action de l'extérieur, cela paraissait clair que, à partir d'un certain point, Yojimbooo avait éliminé toute la pression inhérente à un tel événement. Qui sait si, aidé par ce petit verre de vin qu'il s'est servi au moment où la finale a enfin commencé pour lui, la cause n'était pas déjà entendue. En lisant le chat de la table, on pouvait aisément percevoir l'excitation et l'enthousiasme de l'Espagnol, répondant à tous ceux qui lui envoyaient un petit mot d'encouragement, célébrant presque chaque pot qui partait de son côté, notamment via trois petits mots passés à la postérité : "For the Glory!". "C'est une situation unique dans une vie et je voulais la vivre le plus spontanément possible. Le silence de mort qui s'installe parfois lors des tables finales importantes m'a toujours dérangé. Ce n'est pas parce qu'on fait le spectacle qu'on ne peut pas être sérieux, et quand on s'est assuré une grosse somme d'argent, je pense qu'il est bon pour tout le monde de traiter l'événement comme une fête. Mais j'ai l'impression d'être resté respectueux de mes adversaires et c'est le plus important".

En route pour une nouvelle vie ?

Ce que Luciano ne pouvait sans doute pas imaginer c'est le résultat final, une poignée de minutes plus tard. Le trophée était sien, accompagné d'un premier prix de presque 300 000 € et du statut de gagnant numéro un du plus gros festival online jamais organisé sur Winamax. Comment pensez-vous que Luciano a réagi à cette victoire ? Une bonne dose de cris, des poings serrés, quelques sauts de joie et une boule de nerfs qui finit enfin par éclater ? Ce fut tout l'inverse. "Je suis resté planté là, pétrifié, comme si rien ne s'était passé. Cela me paraissait "naturel", si je puis dire. Il m'a fallu attendre deux jours, une fois l'adrénaline retombée, pour sentir les émotions m'envahir. J'ai pris le temps de regarder derrière, de me souvenir de tous ces échecs, de ces dix ans passés à ronger mon frein, à entendre des gens qui ne croyaient en moi me dire d'arrêter, d'abandonner mon rêve. Aujourd'hui ce rêve est devenu réalité. Et il pourrait bien changer ma vie."

Une vie qui, effectivement, pourrait bien changer prochainement, Yojimbooo évoquant l'idée de partir loin de l'Espagne pour continuer à jouer sur les ".com", ce qui n'est pas franchement du goût de certains de ses proches. "J'ai toujours reçu l'aide et le soutien de mes parents à chaque fois que j'en ai eu besoin, mais je ne peux pas dire qu'ils ont vu d'un très bon oeil que je veuille me consacrer au poker. Et même maintenant que les résultats sont là, je sais que le regard de ma mère à ce niveau n'a pas changé. Mais avant d'envisager tout cela, je vais sans doute m'autoriser une ou deux choses : une voiture pour commencer, puisque je n'en ai pas, et un voyage en Égypte ou au Japon".

De 64 cases à 52 cartes

Comme bon nombre d'autres grands joueurs de poker avant lui, l'histoire entre Yojimbooo et notre jeu de cartes préféré est étroitement liée à un certain damier noir et blanc de 64 cases. Dès ses 6 ans, Luciano s'est senti attiré par les échecs et y a consacré beaucoup de temps et d'efforts, obtenant de très bons résultats dans des compétitions de renom. Mais c'est précisément suite à l'un de ces tournois qu'il s'est retiré du monde des échecs. "J'avais 24 ans au moment de décrocher une bonne place au tournoi de Benidorm, battant au passage celui qui était alors Champion d'Espagne. Je pensais alors gagner un gros prix mais il fut bien plus modeste qu'escompté. J'en suis ressorti vraiment déçu et j'ai laissé les échecs de côté".

Et avec un chapeau ?

Une déception qui l'a incité à complètement changer d'air, de latitude et de mode de vie. Direction les Pays-Bas, plus précisement à Tilbourg. Une fois sur place, il apprend qu'une entreprise du coin cherche de la main d'oeuvre pour monter des ordinateurs. Il y passe trois ans, avant de redescendre à pied les 1 742 kilomètres qui le séparaient de Dénia, pour travailler "dans ce [qu'il] trouvera".

Nous sommes en 2009, moment que choisit le virus des échecs pour le mordre de nouveau. Luciano se met à fréquenter régulièrement un cyber café pour jouer en ligne, jusqu'à rencontrer un jour quelqu'un en train de jouer au poker sur Internet sur le PC d'à côté. Il se prend alors d'intérêt pour le jeu, apprend les bases et, quelques jours plus tard, dépose ses premiers 10 € sur une room. "J'ai commencé à jouer les tournois de micro-limites, car s'il y a bien une chose qui me stimulait dans le monde des échecs, c'était l'aspect compétitif, que j'ai immédiatement retrouvé dans les MTT. À partir de là, j'ai essayé de mettre en place la méthologie apprise aux échecs et le mental qui va avec. Cela m'a aidé à comprendre le jeu et de continuer à progresser".

De ce cyber café, Luciano n'en a aujourd'hui plus d'un vague souvenir. Reste que ce fut le point de départ d'un rêve, la première pierre vers l'accomplissement d'un objectif vieux de plus de dix ans, qui l'a mené de façon presque prophétique vers ce freeroll et ce premier prix de 300 000 €. For the Glory!

Article original par Álex Hernando pour Winamax.es
Traduction et adaptation par Flegmatic

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MessagePosté le: 22/04/2021 08:54   Sujet du message: Répondre en citant Signaler un Abus

je trouve qu'il parle bien français..... Mr. Green

Le plus difficile a surtout été de chipper le ticket freerol... Wink

GG à lui Very Happy

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