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Plaisir et Addiction
"Aujourd’hui ça y’est ! Je me suis enfin avouer avoir un problème de consommation compulsive avec le poker!! Bon du coup pour y remédier il va falloir autant de courage et de motivation que pour grinder les limites!! Et pour ça je pense avoir un solution : Le Saxo! Hein? quoi? comment? let's find out!!!"

(Blog de Coloscopie)


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 FROM COUVREUR TO PLAYER
Posté le: 22/02/2017 11:34 par Coloscopie
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FROM COUVREUR TO PLAYER

Dans l'article précédent "Tintin au pays des ibères", je vous racontais comment je m'étais lancé dans l'aventure des coverages. Barcelone m'avait ouvert les portes de son EPT, et mes articles postés sur wam-poker avait un peu plus de visibilité que sur facebook. Maintenant il fallait décrocher du contrat et convertir l'essai.

De retour de Barcelone j'ai beau atterrir sur le tarmac de l'aéroport de Saint-Exupery, je suis toujours sur mon nuage. J'avais réalisé un rêve, celui de relater un tournoi international de poker. Je me remémorais mes journées, mes rencontres, et relisais mes articles afin de voir ou ils étaient perfectibles. Alan, un journaliste norvégien, m'avait filé des contacts qui potentiellement cherchaient des couvreurs. Je commençais à postuler, à prendre contact avec toutes les revues spécialisées, mais les réponses tardent à tomber... en vérité elles n'arriveront jamais.

Je suis à ce moment là un parfait vagabond, je n'ai pas de chez moi, je vogue d'appart' en appart' chez qui voudra bien m'héberger chaque soir. La tune que j'avais mis de côté en saison, et les deux trois perfs qui me maintenaient à flot, se sont volatilisées. Il ne me reste plus qu'un mois de chômage... Le spectre de laisser tomber cette opportunité de carrière commence à se profiler, et il était hors de question de retourner faire de la vente ou de la restauration, j'avais assez donné de ce côté là... Il fallait que je continue à alimenter ma maquette, que je cherche d'autres coverage, ça allait bien payer à un moment... de toute façon il fallait que ça paye! Le WIPT et son énorme démarrage à la Vilette se profilait pour Novembre. Sentant la bise de l'hiver financier venir, je ne pouvais pas imaginer aller couvrir l'EPT Prague ou San Remo (dommage parceque couvrir l'exceptionnel run de mon idole Ludo Lacay eut été énorme). Par contre dans mon esprit couvrir ce lancement du WIPT était une nouvelle preuve de motivation auprès de l'entreprise au W rouge pour leur montré que s'ils avaient besoin, j'étais là et que j'en voulais ma race!!!




(WIPT la Vilette une épreuve impressionnante, surtout pour mes jambes)


En attendant je joue. A ce moment là sur Wina, le top shark Mikedou entreprend un challenge, celui de monter la plus grosse bankroll en partant de 200€. Il écrit un blog dans lequel il détaille son volume, sa stratégie et sa gestion de BR. "Après tout c'est vrai que la discipline semble être la clé, j'ai encore 200€ à investir, je tente la même expérience en parallèle". Je me lance à corps perdu dans ce challenge, je fais énormément de satellites mais rien ne rentre... rapidement les 200 balles de base se réduise comme peau de chagrin, ça commençait à sentir la merde à plein nez, et je me revoyais déjà repartir derrière une plonge à gratter de la graisse. Alors que je monte à Paris avec un pote pour assurer le coverage de l'étape parisienne du WIPT, je me retrouve la veille du tournois à jouer un 6 max club 10€ sur Pokerstars et termine 3ème pour un gain de 700€. Une couverture plus une petite perf, ça ne pouvait présager que du bon.

Quand j'arrive dans les Halles de la Vilette, je prends conscience de l'ampleur de l'événement... 2000 personnes, des tables à pertes de vu, des pom pom girl en roller qui trémoussent leurs bowl devant mes yeux, les joueurs du team, et l'inévitable Patrick. Armé de mon calepin, j’enchaîne les bornes et je me fais alpaguer dans tous les sens : "Hey Benjo, viens voir y a un coup à raconter ici"... "Heu... ouai balance, par contre désolé mon pote mais moi c'est Arthuroo". L'ambiance est bonne, Rémi Gaillard fait le con, y a des bières gratos pour ceux qui sont dans l'espace VIP, bref une expérience au top. Je partageais de grosses discussions avec Paco et Junior (qui réalisent dans la tête d'un pro) et je mesure à quel point les types sont cool, mais également d'un professionnalisme de fou. Je n'avais qu'une envie, rejoindre cette équipe de ouf, mais visiblement il n'y avait plus de place...

Je rentre chez moi, enfin chez moi.... chez mes parents qui m'hébergent gracieusement à la cambrousse en attendant que je trouve quelque chose. Le soir je fais ma session habituelle et décroche un nouveau billet de 600€... ça y'est je commence à croire de nouveau en moi, en mon étoile, et dans mon talent. J'ai alors 1100€ de BR, et voyant que côté journalisme les choses ne se débloquent pas trop et que je ne pourrais pas attendre ad vitam eternam, je me dis : "Mon gars, c'est le moment, lance toi!". J'entreprend alors de faire les choses correctement et la première des choses était d'en parler directement à mes parents. J'étais frileux à l'idée de me prendre une leçon de morale, mais bon le leur cacher eut été totalement contre productif. A l'heure du repas je me lance : "Bon, je voulais vous dire, que j'ai monté un pécule de base et qu'en attendant que le journalisme décolle, j'ai vraiment envie de tenter ma chance professionnellement carte en main..." ... Silence... mon père avec son habituel poker face, commence au bout de 30 secondes à remuer l'épaule droite façon Sarko, j'en déduis un signe de nervosité. Je poursuis en expliquant que cette fois il ne s'agit pas d'addiction, que j'ai compris comment géré mon argent avec une gestion de BR sérieuse. Après tout cela faisait maintenant un moment qu'ils voyaient que je continuais à jouer de l'argent au poker sans en perdre me permettant même de me financer des voyages à Londres et Barcelone. Après avoir tirer une gueulle de six pieds de longs j'eus finalement leurs bénédiction : Maintenant il ne fallait pas les décevoir, j'avais toutes les cartes en mains pour prouver à ma famille et mes potes que j'étais capable de vivre du jeu.


(Mes parents quand je leur parle de mon nouveau projet)


Je commençais à enregistrer mes sessions, à faire des reviews, je regardais toujours plus de vidéo, et surtout je jouais un volume conséquent comme tout joueur qui se dit pro. Levé 12h, je déjeune correctement, hop je me pose sur les softs et embraye des satellites tout l'après-midi qui me permettront de jouer les tournois du soir à moindre coup pour des dotations plus alléchantes, et me couchais entre 1h et 5h du mat'. Arrive alors le moment de l'euphorie, je gagne le big 20 et fait trois belles performances dans le même mois en faisant 2ème du 6 max club 50 et en gagnant deux fois ce même tournois. La BR s'envole : 12k€!! Je n'en reviens pas moi même, mes potes sont sous le chocs, je commence même à entendre : "Arthur, Tu veux pas me coacher stp? J'aimerai bien gagner des sommes comme ça". Je comprends alors que la plus part de mes potes ne se rendent pas compte que j'ai joué cinq ans à perte avant d'être gagnant, l'équivalent en année d'un Master.

De mon côté je savais que j'étais dans un rush indécent, mais j'étais certains que j'avais compris quelque chose de plus à ce jeu. Il fallait que j'en fasse profiter les autres, me vient alors l'idée de faire des vidéos que je prévois de mettre sur Youtube, je me prends déjà pour un Cuts ou autre Nicolas Levi. Et me voici à enregistrer toutes mes sessions en les commentant, ce qui me force à me concentrer et c'est plutôt efficace pour perfer malgré des réflexions assez simplistes quand on regarde après coup. Mes parents eux sont à la fois médusés, amusés et rassurés. Ils ne savent pas spécialement quoi penser, d'autant plus que leurs amis me voyant réussir ainsi commencent eux aussi à me pousser dans cette voie. Je tente même d'expliquer à ma mère le poker et la notion de calcul de prise de risque. Je fais ça à 6 left d'un 6 max à 50€, c'est à ce moment là que je comprends toute l'aversion de ma génitrice pour le jeu. En effet alors que je suis assuré d'un gains de 400€ je vois son visage se transformer dans un mélange de peur et de dégoût sur chaque mains dans lesquelles je rentre.

La tune grimpe mais en revanche côté journalisme ça ne décolle pas. Je passe un entretien avec Micheal Michelin de Pokerstrategy, mais cela n'aboutira pas. Je me dis que ce n'est pas grave au final puisque d'ici peu c'est moi qui jouerai un EPT. Avec la tune, je ne fais pas le con, je comprends que la roue de la fortune peut rapidement se retourner et malgré quelques plaisirs comme un petit voyage je ne touche rien. Socialement, le fait d'annoncer à un où une inconnue que je joue au Poker professionnellement lorsqu'il ou elle me pose la question "Que fais-tu dans la vie" m’amène des regards d'admirations, d'intrigues, et d'excitations. J'avais toujours rêvé de ce style de vie, mais je n'y croyais plus, ça me semblait impossible, et là... je le vivais, c'était magique.

Avec une telle confiance, une telle réussite et une telle envie, il me fallait maintenant me tester au live. Le WIPT approchait à grand pas, avec ses qualifiés, ses regs et ses pros. Il me tardait de voir l'ambiance et de me mesurer à tout ce beau monde.
 
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 L'HEURE DU BILAN : 3 Mois - La volonté ne fait pas le poids
Posté le: 14/02/2017 16:34 par Coloscopie
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L'HEURE DU BILAN : 3 Mois - La volonté ne fait pas le poids

3 mois, des hauts, des bas, un challenge que je me suis lancé, et si j'ai mis longtemps avant d'écrire ce compte rendu, c'est qu'en ce mois de janvier j'ai complètement sombré.

Je rappelle le challenge de base : financer mes parties de poker en allant jouer du saxo dans la rue pour éviter que le jeu impacte mon compte en banque.

Du coup très simple, au mois de janvier je ne suis pas du tout sorti. Bon on ne va pas se mentir il faisait très froid, surtout par nos contrées rhodanienne. Les doigts et les balls faisaient communément grève pour animer la calle de quelques notes de musique. Evidemment au vu de ma personnalité vous avez compris le dilemme : "mmmm j'ai bien envie de jouer... qu'à cela ne tienne je repousse le challenge aux beaux jours, en attendant je crédite..." Hé oui le bon vieux choix de facilité, même quand je sais à quel point celui-ci peut rapidement me ré-entrainer vers le fond.

Je me rassure début janvier en me disant : "Boaf, après les fêtes de Noël, tu peux faire trainer un peu la dynamique de jeu, kiffer, en plus il y a les wina series". C'est vrai que l'offre proposée par le Wina est vraiment alléchante et qu'il faut une volonté d'enfer pour qu'un mec comme moi y résiste. J'ai conscience de la part de mon compte en banque que je peux raisonnablement investir sans que celà ne m'impacte trop, alors je modifie mes limites de jeu sur le site. Mes 15€ hebdomadaire qui sont déjà hors limites de challenge sont effacées et remplacées par un montant bien plus important, j'augmente le dépôt à 50€ ! Certes la somme peut encore paraître dérisoire, mais déjà pour moi elle ne l'est pas tant que ça, et surtout c'est le début d'un phénomène de marchandage avec moi même qu'il va falloir gérer.

Bon les séries ne se passent pas top. Ca ne perf pas trop, mais au moins je prends vraiment plaisir, je ne suis pas non plus stresser par la perte de mon argent, ce qui me permet de jouer mon jeu, et d'éviter de serrer les fesses dès que je rentre dans un coup.

Un après midi alors que je bosse de la maison et que l'activité n'est pas spécialement follichonne côté boulot, je m'accorde une pause : "Bon et si je me lançais un Digestif"... C'est pas comme si je ne savais pas que ce tournoi durait 6-7h et que mon après midi de boulot était pourrie dès que j'avais succombé à l'idée de jouer. Dans un premier temps je gère le marchandage avec moi même en me disant que je rattraperai le lendemain le boulot que je n'avais pas fait le jour même : JEAN MICHEL PROCRASTINATION BONJOUR!!!!! Je m'applique, je passe les 3/4 du tournois entre 8 et 20bb avant de connaître ZE rush! J'atteins la table finale, et suis même chipleader à 4 joueurs left avant de perdre 3 flips à tapis préflop... je termine quatrième et empoche un billet de 1000 balle.

Le soir les potos à qui j'apprends les bases du poker sont là, ils me félicitent, n'en reviennent pas qu'on peut gagner autant d'argent... mais ils ne voient pas l'envers du décor avec les heures passées et la journée de boulot gâchée avec ce que ça implique : mon employeur me paye, se saigne et me fais confiance pour que je bosse en télétravaille, et moi.. je joue. Ma copine saisit tout de suite le risque de ce gain, elle tire déjà la moue quand je lui dit que j'ai laissé 60€ sur le compte.

La suite n'est qu'une escalade dans la compulsion. Déjà il y a le classique spew d'après perf, dans lequel je fais n'importe quoi à n'importe quel buy in, faisant partir 150€ en deux jours. En plus la finale du WIPT approche, et j'ai vraiment envie de la jouer, c'est LE tournoi live que je veux jouer. Il y a des sats à 50€, je me lance alors le challenge de m'y qualifier en faisant des steps à 2€... ça marche, pour un investissement de 50€ je choppe 3 tickets, mais je commence en revanche à vraiment repasser du temps sur le jeu. Tout est pour moi prétexte à jouer, et j'ai conscience que ma copine qui ne dit mot sinquiète, mais je continue... Je n’accrocherai pas ce ticket pour la finale. Tout devient noir, mes idées, mon estime, ma vision des choses au poker comme ailleurs.

Cette fois j'ai compris : "J'ai beau avoir la motivation, et avoir une volonté de fer à un instant T, je suis trop vulnérable tout seul pour me sortir de ce fléau : JE DOIS ME FAIRE AIDER". J'appelle un centre d'addictologie et prend enfin rendez vous (le challenge a commencé en octobre). Le rendez vous aura lieu un mois plus tard le 13 février, la veille de mon anniversaire. J'ai en parallèle appelé le numéro SOS JEU EN LIGNE, car même si ça semble cas soc' je préfère admettre et affirmer véritablement être addict et me donner les moyens de me faire aider convenablement.

Deux jours avant mon entretien, je commets un terrible acte manqué : "Ou est passé le papier sur lequel j'ai noté le lieu et l'adresse du rendez vous?" Je n'arrive pas à refoutre la main dessus, je me dis que ce geste n'est pas annodin, d'autant plus que le centre ma prévenu "On ne prend normalement plus de premier rendez vous, donc si vous ne vous présentez pas à votre entretien nous ne pourrons pas vous en garantir un suivant." Je me liquéfie. J'appelle tous les centres que je trouve sur le net... Personne ne me trouve dans ses agendas, je pleure, je m'en veux. Finalement mon dernier appel, ma dernière chance est la bonne, ce sera le CSAPA de Villeurbanne.

Mon rendez vous se fera avec un addictologue avec lequel l'écart d'age n'est pas énorme et dont la conversation simple me mettra en confiance. Il m'explique les phénomènes qui se passent dans mon cerveau, et les mécanismes qui permettent au démon de rester accrocher. Il m'explique que le poker est une partie de ma personnalité, autant que la musique, l'intérêt pour la politique, l'économie, et mes autres centres d'intérêt. Il compare cela à un panel de couleur et m'explique qu'il s'agit "juste" d'arriver à équilibrer ces teintes, car la "couleur" poker coule pour l'instant sur les autres en les surpassant effaçant les nuances nécessaire à mon équilibre. Il me faut organiser mon temps autrement, ne pas tomber dans les même panneaux que dans lesquels je ne cesse de tomber.

Bien entendu c'est un combat sur le long terme que je m'apprète à mener, il y aura d'autres rendez vous. Je suis content d'avoir fait cette démarche, car ce n'est pas à mes proches ni à mes amis de m'aider, ceux-ci n'auront pas toutes les clés. En revanche avoir un professionnel, un mec dont c'est le métier d'aider les addict aux jeux à s'en sortir autour de moi me fera le plus grand bien. J'ai bien conscience qu'il n'y a pas de potion magique et qu'il va falloir que je me batte... Alors c'est parti, on lève la tête, on bloque les poings au niveau du visage...


READY? FIGHT!!!



(PLUS JAMAIS CA!!!)
 
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 Tintin au pays des Ibères
Posté le: 30/01/2017 23:54 par Coloscopie
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TINTIN AU PAYS DES IBERES

Dans l’épisode précédent « Amateurisme et opportunisme » je vous expliquais comment, au gré de rencontres insolites, je me lançais dans une nouvelle carrière. Je quittais Londres une dernière fois avec une avancée dans mon projet. Enfin je tenais un article pour commencer le journalisme poker : une interview de Tristan Clémançon, à Barcelone, à la reprise de la saison EPT.

Le retour en France en été, alors qu’il fait beau et chaud, avec les potes bouillants de sorties fut parfait. J’avais sous loué l'appart' d’amis partis en saison pour l’été, ce qui me permettait de continuer de grinder gentillement, et surtout d’être seul, au calme… Une situation jamais vécu jusqu’à présent. Je book rapidement mes billets pour la capitale catalane. Je me disais que je pouvais également profiter d’être sur place pour faire un coverage du main event. Je venais de m’engager dans une Team du nom des Winariens, avec quelques phénomènes type : xdef93000, Sowclet, Francisco83, Woody All in… Appuyé par la team je fis une demande d’accréditation presse auprès de pokerstars, qui m’y répondit favorablement. PETE SA MEEEEEERE !!!! HIT COMBO : l’interview d’une star montante plus un reportage sur l’un des tournois les plus attendus et des plus appréciés c’était la gaule du siècle !!!


(le précieux sésame)


Histoire de passer le mois de juillet à ne pas glander, j’avais un rejoint un bon ami à moi qui était mono dans une colo au bas des gorges du Verdon. Deux semaines, à bronzer, gueuler, draguer, boire, draguer, animer, courrir après les gosses, boire, draguer, gérer les problèmes de couples des colons, boire. Un séjour mode "Nos jours heureux", qui me permis de faire un break et de prendre du recul avec les cartes, afin de profiter simplement.

Un mois plus tard j’étais paré et motivé comme jamais. Je demande à mon pote Chybron de m’emmener à l’aéroport. Trois jours avant de partir il me demande : « Ok !! C’est à quelle heure déjà ? » Je regarde sur internet… impossible de trouver mon billet aller. WHAAAT ??!! Je regarde mes commandes précédentes et constate avec effroi que m’a réservation avait été faite pour le 18 juillet au lieu du 18 août. Putain mais quel boulet, même pas foutu de réserver correctement pour une chose aussi importante. J’étais rentré pour éviter des frais à la con, et me voilà à devoir raquer double mon billet. De toute façon la question d’annuler mon voyage était proprement hors de question ! Le voyage commençait bien…

Trois jours plus tard je me retrouve dans l’avion, et je n’y crois pas : « Je suis vraiment en train de le faire … » J’allais enfin les côtoyer, toutes ces joueurs que je suivais derrière mon écran. Je pourrais leurs poser des questions, voir leurs coups, les suivre, vibrer en live. Je m’étais réserver un pieu en auberge de jeunesse à côté de la Rambla. Le temps de poser les affaires, et d’écrire mon article de présentation me voici pris dans un mouvement de foule : « Yo mec ! C’est les fêtes de Sans, c’est vraiment à pas loupé… » Je comprenais déjà comment ce style de vie pouvait convenir à des Benjo ou d’autres couvreurs. Alors que j’avais prévu de me la jouer soft, je terminais à 4h rond comme un ballon la galette au bord des lèvres.

Lorsque le réveille sonna à 10h le lendemain, j’avais beau avoir la barre au crâne, j’étais chaud, ready à marcher et gratter toute la journée. En guise d’échauffement, je fis un petit parcours touristiques, avant de filer au Casino : Grave erreur ! Car sous le soleil de plomb catalan, la balade me fit arriver dans un état de transpiration intense. Pas spécialement top surtout si je dois approcher quelqu’un pour lui poser des questions. Je récupère mon badge et me rend en salle de presse, je croise Illari Sahamies qui va jouer la finale du 50k High Roller dans 5 minutes. Assis en train de tapoter sur son clavier, je découvre Harper, reporter émérite que je suis depuis mes débuts au poker. Je ne sais pas ou m’installer, visiblement les places sont attitrés mais parmis les Winamax, Pokerstrategy, Pmu et autres couvreurs, je ne vois pas « Winarien ». Harper me conseille d’aller voir la grande patronne des relations presse de pokerstars : la fameuse Mad Harper. « - Vous couvrez pour qui ? les Win nothing ? » «- heu… oui » « - Ok on va vous installer dans l’autre salle, mais il est possible qu’au troisième jour vous n’ayez plus de place et que vous couvriez du couloir » Je m’en foutais j’étais chaud les marrons. Je débarquais dans la salle que les reporter de PS avait investi. L’espace était rempli de caméras de ouf, Objectif de photographes high tech, des macs derniers cris… alors que moi je déballais gentillement mon appareil de touriste, mon bloc note de barman et mon netbook qui s’allumait sous 30 minutes.

Après m’être installé, c’est parti, je me lance dans la Miro Room. La salle énorme et remplie de table me fait sentir ce qui ne transparaît pas derrière un écran : le bruit des jetons, les chuchotements, la concentration qui transpire, et la transpiration en elle-même également. HOP !! Première table devant moi Arnaud Mattern, Martin Adeniya et Lex Veldhuis. Je dégaine l’appareil et saisi le moment. Un gros panneau annonce qu’il ne faut pas utiliser de flash, mais une faute de réglage de débutant envoie la lumière de l'appareil en plein dans leurs poires alors qu’ils sont au milieu d’un coup. Un peu honteux, je sors règler le truc rapidos, et me remet à mitrailler. Un day 1 c’est long, un day 1 c’est chiant, et mon but est de rendre tout ça dynamique. Du coup il faut que j’aille interroger du monde, mais j’avoue qu’ils m’impressionnaient tous. La déférence que j’avais pour eux, à force d’avoir suivi les runs des un des autres lors de WSOP, EPT ou WPT me rendait timide… « Bon ok, choisit un mec, mais pas un Random, après tout ils chient comme tout le monde ces gens là » … je scrute la salle, mes yeux se posent sur Lex Veldhuis avec 3 starting stack «Salut Lex, ça va ? » « - Ouai et toi ? » « Ca va, ça se déroule bien, il s’est passé quoi ? » Le mec me raconte le coup, je suis étonné de sa simplicité, très cool, je lui souhaite bonne chance. Cette première micro interview m’avait débloqué, elle m’avait fait comprendre que moi aussi j’avais le droit d’être ici et que les joueurs respectaient le travail des journalistes. Je découvre également les coulisses, avec l’ambiance en salle de presse ultra friendly, la rencontre avec Tapis Volant et Harper qui pour moi n’était que des signatures d’article ou des voix à la radio. Très rapidement je comprends que le monde du jeu est ainsi fait : Peu importe les sommes en jeu, ces types sont des joueurs, pas des super stars, et ils sont là pour jouer, à entendre « passer un bon moment ».

Le jour 1A fut une prise de marque, peu de français, mais je croisais quand même Jean Jacques Mars Isabelle Balthazar et Fabrice Maltez à la même table. J’interroge le trio français sur leurs progressions respectives, et comme tout le monde pendant deux jours ils me posèrent la question « Tu es qui ? Tu couvres pour qui ? » ils prennent le temps de discuter et d’échanger et Isabelle me dévoila le valet de cœur qu’elle garde contre son sein, avant de se recentrer sur le jeu. La journée se termine et je rentre à l’auberge. J’étais en plein kiff !!!

Au deuxième jour l’invincible armada débarqua ! Les Français avaient choisi cette session en nombre, et surtout, flanqué de leurs W rouge, le team Winamax faisait sa grande rentrée. Tous sont là sauf un… Tristan Clémançon… j’étais censé le rencontré sur l’étape, s’il n’était pas là ça allait être compliqué. Mais en fait, il avait arrêté le poker pour se lancer sur un nouveau projet : le food truck! En revanche un membre du team Winarien était présent : Francisco83. Il revenait d’un Vegas victorieux avec un Day 5 sur le Main, qui le mettait en pleine confiance. Le mec est super étonné de voir que la team à un couvreur mais est au top de se sentir soutenu. Je rencontre également Miguel Ventidos (mik22), qui après m’avoir demandé pour qui je couvrais, me proposa d’unir mes forces à celle d’Harper et d’écrire sur wam-poker. Et me voilà lancé sur le forum.

Les coups commencent à se lâcher, il y a de quoi écrire et faire réagir. Les échanges avec les autres journalistes se font spontanément sans concurrence… « Hey mec, t’as pu voir ce coup ? j’ai pas vu le board » ou « T as vu ce coup avec Liv Boeree ?» « - Non » « Attends, faut que tu le notes il est fou ! ». Plus ça allait plus j’aimais cette univers. Francisco de son côté sauta lors du dernier niveau du day, ce qui nous permis de manger ensemble. Je découvris un personnage simple, posé, un type vraiment cool.

Je découvre en parallèle le tournoi média : Open Bar et on joue un freeroll sur des tables EPT, dos à dos avec Scott Seiver qui joue un tournoi de PLO. Je rencontre alors Allan un reporter norvégien, super cool, je lui explique mon projet et il me propose de me mettre en contact avec des mecs qui pourrait rechercher un journaliste. Le mec m’explique son parcours quand il interpelle deux joueurs allant en break : « Hey les gars je vous présente Arthur », j’ai alors devant moi Marc André Ladouceur et son compatriote Jonathan Duhamel. J’ai tellement bu de bière et suis tellement impressionné que j’ai du mal à parler… Bref bonne ambiance.

Le tournoi avançant les joueurs commençaient à me reconnaître : à l’image de Gaëlle Baumann qui arrive déconfite pour son day 3 : « Yo Gaêlle ça va ? » « - Non, je suis deg, je viens de me faire voler mon sac sur la plage avec mon Ipad et 10k$ » J’ai de l’empathie pour elle, même si je me dis qu’on a pas les même problèmes. « Hey Arthur, ça roule ? » me hèle JJ Mars, on parle il me raconte sa stratégie du jour… bref tout ça me donne encore plus d’allant pour écrire, car au final je les supporte tous. Français ou étranger, je suis aux premières loges et je commence à assister à des coups mutannesques. Il y a des fois ou je me relis et je me dis : "mais qu’est-ce qu’il peut avoir en main", et les showdowns me font comprendre que ces mecs là et moi ne jouons pas au même jeu.

Lucille Cailly, Alain Roy, Ilan Boujenah me font y croire, ils sont au day 4 … en face d’eux, du beau nom : Ziigmund, Juanda, et un petit jeune qui commencera sa révélation aux yeux du grand public sur cet event : Ole Schemion.


(JJ Mars et Alain Roy)


Au final ce tournoi sera remporté par Miklai Pobal le random de cette TF. Mais ce que je retiens par-dessus tout de cette fin de festival, c’est cette dernière soirée passé avec François Tosques, où je l’emmenais dans mon univers : une soirée improvisée trouvée sur les docs où quelques musiciens jamm et où les gens qui les entourent tchatche avec différents accents européen, bière à la main en faisant tourner les joints.

Tintin était mon héro d’enfance, et reporter était mon premier choix de travail quand on me disait « qu’est-ce que tu veux faire plus tard ? ». Je venais enfin de signer mon premier reportage et j’en étais fier. Mais si je voulais continuer, il fallait que je me mette en quête de contrat !

(En fouillant la dedans vous trouverez bien quelques articles : http://www.wam-poker.com/forums/ept-barcelone-presente-par-pokerstars.fr-jour-2-85708?t=85708&postdays=0&postorder=asc&start=30)
 
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 AMATEURISME ET OPPORTUNISME
Posté le: 18/01/2017 11:16 par Coloscopie
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AMATEURISME ET OPPORTUNISME

Dans l'article précédent : " Back to Black" je vous racontais comment l'aventure londonienne tourna court pour deux de mes trois collègues de voyage. Alors que de mon côté les choses prenaient une tournure classique (pour une fois) avec un boulot et un appartement, je décidais finalement de me lancer dans le challenge, le vrai : devenir reporter spécialisé pour la presse poker.

Au lendemain de cette finale au Vic sur un petit tournoi à £60, je me réveillais et commençais à réfléchir à comment gérer ma future interview des employés du casino. Je rédige mes questions, les prends, les reprends... en vérité je stressais grave. Je voulais vraiment bien faire, mais j'y allais totalement à l'instinct. Le floor manager m'avait donner le mail de la chargée de communication auprès de qui j'obtiendrai l'autorisation de faire mon reportage. Déterminé, je rédige un mail expliquant : le but de ce reportage, et l'importance que cela représente pour moi. Je reçois une réponse rapidement : "Vous écrivez pour quel magasine?"... Naïvement, je lui raconte que je n'ai pas de journal, que je suis en freelance et que je vendrais ma pige à qui en voudra. " Désolé mais il nous est impossible de donner suite à votre requête. Ne sachant pas si votre article sera publié un jour, nous ne souhaitons pas que nos employés perdent du temps pour ce projet..." FUCK!!!!!! Ca commençait bien... Il fallait réfléchir à un plan B, car le serpent commençait à se mordre la queue bien comme il fallait : Pas de journal = Pas d'article et Pas d'article = pas de maquette = pas de journal.

En même temps que je réfléchissais, j'avais pris un bon rythme de chômeur : Levé 11h, 12h Ballade sur Hyde Park, 13h session grind, 17h (si j'avais bust de mes tournois) foot sur Regents Park, 19h saxo, 20h apéro, 3h dodo. La coloc' se passait super bien, car même si on avait peu d'espace, les gonz' avec qui je vivais étaient super cool. Nous partagions de grandes discussions philosophiques pendant mes séances de grind, et des bons canons le soir venu ... Par contre le brésilien bi-polaire avec qui nous vivions commençait doucement à me casser les couilles. Ses musiques religieuses envoyées à un volume de 9/10 dès 8h30, n'arrangeaient pas mes gueules de bois. D'autant plus que le mec me voyant débarqué avec mon saxo, avait décidé de s'acheter et s'exercer au pipo (l'instrument le plus horrible au monde) et commençait son échauffement dès 10h... Les sifflements stridents qui en sortaient ne me mettaient absolument pas de bonne humeur... Bien entendu, quand on débarque fraîchement dans une coloc' on se dit qu'on a pas notre mot à dire, on laisse couler... bref on privilégie la diplomatie. Du coup je discute avec lui... trop chelou le mec me dit qu'il fait ce qu'il veut, qu'il est ici chez lui! Oui, mais à te faire sursauter de ton pieu avec du "Hallelhuia" en guise de réveil, il était temps d'organiser la résistance. En effet me réorienter et grinder nécessitaient un minimum de confort, et celui de bien dormir était primordial. Je fis donc adopter le décret "Aqua dans l'appart' ". Tout le monde fumait sauf lui. Hors de lui le gars commence à rager tout seul, il me dit que c'est un manque de respect, que Dieu me punira et que je rôtirai dans les abîmes de l'enfer. Ce à quoi je lui rétorquais qu'il fallait qu'il relise le livre Saint car Dieu avant de créer l'homme, crée d'abord la nature, et parmi la diversité de la nature il avait crée le cannabis. Si Dieu privilégiait la Ganja à l'Homme, c'est qu'il y avait une raison et qu'au lieu de blasphémer il ferait mieux de la respecter! Le mec devint hystérique, et ne mis pas longtemps à lever le camps. On allait enfin pouvoir réfléchir à la suite un brin plus sereinement.

Un de mes autres coloc' jouait au poker de manière pro. Il m'expliquait les différences et les points sur lesquels je devais m'adapter si je jouais en cash game. Je l'accompagnais régulièrement au Vic. Lui, jouait en 1/2 alors que de mon côté je jouais 0.5/1. Un soir où la session est excellente, j’aperçois furtivement naviguant autour des tables une silhouette que je connais : petit, rondouillard, crane dégarni, des lunettes. Le temps que je regarde mes cartes pour jouer mon coup, l'homme avait disparu. Je joue deux ou trois orbites de plus et me lève pour aller récupérer mes gains. Quand je me retrouve dehors, je retrouve l'homme que je cherchais du regard : "-Excusez moi? Vous êtes Freddy Deeb?" "- Oui". Putain, le mec qui jouait des sommes pharaoniques dans les premiers High Stakes poker, le vainqueur du HORSE 50k devant Bruno Fitoussi, l'un des live tard les plus connu du circuit était là, devant moi! "Mais qu'est-ce que tu fais là? Les séries commencent demain!" Il m'explique qu'il passait voir son frère avant de mettre les bouts direction Vegas. Ne voulant pas faire ma groupie, et me la jouer relou genre : "On fait un selfi ?" je lui souhaite une bonne soirée, un bon vegas, et rentre à la maison. Je n'avais pas passé la porte de chez moi que je me dis : "Mais t'es trop con mon gars!!!!" En effet moi qui cherchais par tout les moyens à écrire mon premier article poker, j'aurais pu lui sortir un truc du genre : "Ecoute, je sais que ça peut te paraître culotté, mais je veux devenir journaliste poker, je cherche une première pige à écrire et ça serait super cool si tu avais vingt minutes à me consacrer"... Mais non... je venais de laisser passer l'occasion de lui demander une interview... Certes il aurait pu refuser, mais après tout je m'en foutais de me prendre un vent, je n'avais rien à perdre. Je m'en mordais déjà d'avoir laisser passer cette occasion.


(Petit bedonnant, avec des lunettes, et chauve... Aucun doute c'est lui)


Une ou deux semaine plus tard, alors que je poursuivais la montée de bankroll tranquille sur le site au pique rouge, je parviens à ship un tournoi avec plus de 1200€ à la gagne, il faut fêter çà! Les bières sont prêtes, les potes sont appelés, bref tout est paré. En attendant, je me pose avec mon saxo sur notre terrasse, un roof top trop classe donnant sur une cours intérieur exiguë. Les notes raisonnent et quand je termine mon impro, j'entends des applaudissement venant d'une fenêtre voisine. Une jeune fille plutôt mimi avait passé la tête par la fenêtre : "Thank you!" Sûrement spotté à cause de mon accent : "Ah mais t'es français" me fit-elle... Et en plus d'être jolie elle était française. Je lui proposais de passer boire l'apéro. Ni une, ni deux la voilà en train de discuter et de siroter des binch' avec nous. Claire-Ma était en stage de fin d'étude sur Londres et habitait l'immeuble en face de chez moi. Arrive fatalement le moment où elle te pose la question : "- Et toi tu fais quoi dans la vie?" Je lui explique mon projet, "Ah ouai? J'ai mon meilleur ami qui joue au poker, il fait pas mal d'argent, visiblement il est connu dans le milieu" Je m'attendais à entendre un nom type Jean-Michel Random, mais elle me sort "Tristan Clemançon" OH PUTAIN!!! Le mec est un star montante du poker, 22 ans tout juste, sponso winamax, des perfs à Deauville, Malte, Barcelone et j'en passe! "Si tu veux je te mets en contact".... TU M ETONNES QUE JE VEUX!!!!


(22 ans et déjà plus d'un million de gains)



Quelques jours plus tard nous reprenons l'apéro avec Claire-Ma, elle l'avait contacté par facebook et lui avait expliqué mon projet. "Il est à Vegas pour jouer les séries, du coup il te propose de se voir à la reprise de la saison à Barcelone en Août." Enfin une véritable entrée, enfin les choses semblaient se concrétiser, en plus "Le PDG" semblait vraiment être un mec à la cool. En revanche concernant le "contact" direct avec cette jolie demoiselle, elle me fit comprendre que ça n'allait pas être possible... On ne peut pas gagner à tous les coups.

Nous approchions de début juillet et les JO allaient démarrer. Mais pour tout vous dire, Londres étant une ville particulièrement cher, je décidais de rentrer en France histoire de garder mon avance financière pour payer mon déplacement à Barcelone et prévoir également d'autres frais de voyage si j'étais amené à faire d'autres ITW. Avant de plier les gaules de la coloc', je passais une dernière soirée d'anthologie : Mon dealer qui était un excellent rapper m'invita à enregistrer un son en studio. Le studio en question était dans un Community center, ou si vous préférez un centre de réinsertion pour jeunes en difficultés. Nous enregistrons une track puis me propose de participer à un concert avec lui le soir même. Cette journée, fut une expérience humaine parfaite. Le changement d'expression dans les yeux de ces jeunes passait de "Qu'es que tu regardes toi?" à "Putain mec, mais t'es un magicien! Comment tu joues de ce truc bizarre?" Cela n'avait pas de prix! Histoire clore ce voyage correctement, nous décidâmes avec toute la coloc' d'aller fêter le départ en faisant le tour de Regent's Park by Night : Priceless! Je laissais derrière moi Hugo, le quatrième saisonnier qui avait entrepris ce voyage outre manche avec moi. Il avait trouvé un taff dans un pub, et un appart' et semblait bien kiffer la ville et sa vie... Finalement cette partie du challenge n'était pas totalement perdue.

En montant dans l'avion, je me rendis compte que c'était la première fois que je quittais le sol anglais sans fuir, avec encore de l'argent en poche, et un vrai projet en ligne de mire! Et çà, c'était déjà une sacrée victoire!



(Un rapper qui mérite plus de percer que Booba)
 
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 Back to Black !
Posté le: 11/01/2017 21:34 par Coloscopie
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BACK TO BLACK

Dans le précédent article, Raclette, crime et Britannique, je vous parlais de ma période de saisonnier qui m’amena à rencontrer quelques lurons, dont trois inconscients chauds pour tenter l’aventure de l’étranger : Tonton, El Greco, et Hugo.Avec ces trois-là, nous partions pour Londres qui organisait les JO cette année-là.

J’étais comme un dingue de repartir en terre d'Albion ! Personnellement j’avais un double challenge à mener. Le premier était de prendre ma revanche sur la fin désastreuse de ma dernière visite. Le deuxième était de faire en sorte que les mecs avec qui je suis parti s’en sortent sur place. Le pari s’annonçait tendu. Vu le niveau des copains en anglais, un Book maker m’aurait donné une côte de 15/1 pour sa réussite : Un exemple ? OK : « Oh man, dou you no ze frencheu cassoulet ? » ou alors, « Mmmm You areu bioutifoul, iz it possibeul frenchkiss ? » Pas gagné hein ?... Moi, de mon côté, j’étais confiant. J’avais mis des ronds de côté et deux perfs successives me permirent de partir avec un pactole de 6000€. Mais bon je savais que dans l’une des villes les plus chères d’Europe, ça pouvait également partir vite. « C’est bon, cette fois je pars suffisamment large, je connais les conneries à ne plus faire, là, on va se la jouer sérieux

Histoire d’illustrer aux collègues les mêmes aventures que je vous narre aujourd’hui, je nous avais réservé deux semaines d’auberge de jeunesse. Et nous voici de retour au clink Hostel, l’auberge dans laquelle j’avais fraudé pendant deux mois lors de mon dernier séjour. L’aventure commençait bien, jusqu'au au moment de notre enregistrement où la réceptionniste me dit : « Mmmmm, c’est étrange, il semble que vous soyez black listé… ». J’avoue qu’au vu du turnover général sur Londres et plus particulièrement dans ce boulot, je pensais qu’au bout de quatre ans l’intégralité du staff avait changé, et que les fichiers ne se souviendrai plus de moi… grossière erreur!! Je tente alors un petit bluff des familles : «Ah bon ? c’est étrange… Vous êtes sur ? Je ne comprends pas comment je pourrais être black listé alors que je viens ici pour la première fois. » Ne cherchant pas plus loin, la jeune fille s’excuse et nous donne nos cartes d’accès.

Je suis surexcité de montré cette ville de fous aux potos… Et puis bon faut bien fêter ce voyage : « Vas-y là ! Si on se trouvait un peu d'herbe à chat ». Au hasard d’une balade, je croise mon ancien dealer, celui-là même qui me proposait un petit remontant quatre ans plus tôt, le soir où toute ma tune était partie au casino. Le gars me sert grassement, content de retrouver un potentiel client régulier. Nous rentrons à l’auberge et traçons direction les chiottes pour rouler un spliff. Je propose au Greco de prendre de l’avance et d’en rouler un deuxième. En lui tendant une tête, sort de nulle part un mec qui nous aboie : « WHAT THE FUCK ARE YOU DOING ??!! » Pas le temps de planqué le matos, le mec me choppe en flag et me dis de venir avec lui « NOW !! ». J’essaie de m’expliquer, mais le gars en a vu d’autres des petits cons à pétards qui ne respectent pas le règlement… Je me prends un coup de pression de ouf malade. Tonton et le Greco ont disparu dans les couloirs et je me retrouve seul. Le discours du mec qui s’avère être le manager général pouvait difficilement être plus claire : « Tu dégages maintenant ! » « -Mec t’es sérieux, il est minuit, je sais que j’ai déconné mais bon… laisse-moi au moins dormir cette nuit et je me casse demain. » « - J’AI DIT MAINTENANT !!».


(ce que je me dis quand je me retrouve "Kicked out")


Et me voici en mode clodo, valise dans la main gauche, saxo dans l’autre. Tout ça dès mon deuxième jour alors que je m’étais promis d’être sérieux. Tonton et Le greco refont leur apparition et nous partons en quête d’une nouvelle auberge… Je suis dégouté, non seulement je me retrouve lourdé, mais en plus j’allais me retrouvé seul : « Back to black » comme chantait Amy Winehouse. Les hostels du coin dans lesquels je ne suis pas black listé sont tous complets. Nous tournons jusqu’à quatre heure du matin avant d’en trouver un qui ait un lit de dispo : "Bienvenu au Journeys".

Le point positif c’est que j’en avais ma claque des auberges. Il me fallait mon appart’. Je me retrouve une semaine plus tard à emménager sur Edgware road dans un appartement de 50m² que nous partagions à cinq. Pour £110 j’avais le droit de partager ma piaule, avec Francesco, un étudiant italien sympathique. Les autres colocs étaient également de sacrés personnages : Mido : Egyptien, ne bosse pas, dépense la tune de ses parents, philosophe sur les points de comparaison entre chrétiens et musulmans. Olivier, Français, joueur de poker cash game, et créateur de jeu de plateau. Henri, Français, étudiant en journalisme, philosophe avec Mido sur les points de comparaison entre chrétiens et musulmans. Et enfin Bruno, Brésilien, homo, fervent protestant et bipolaire. L’appart’ est à cinq minute du casino qui m’avait vu perdre tout mon fric quatre ans plus tot : Le Vic. Je ne pouvais pas mieux jouer avec le feu...


(La team de winner ... ou de casoç' à vous de voir)

Maintenant que j’étais installé, on allait enfin pouvoir toucher des cartes. J’embarque Tonton et El Greco qui découvrent cette ambiance particulière. Nous faisons un tournoi, et prenons un kiff d’enfer avec Tonton. Je les embringue dans un deuxième les jours suivant, mais les fonds de mes partenaires de jeu commencent à sombrer dans le rouge... Depuis que je les avais quittés, il n’avait pas vraiment cherché de taff. Ils passaient plutôt leurs journées à se balader et à s’enfumer. D’autant plus que les gonz’ sortent… et ça chiffre assez vite… rapidement se pose pour eux la question : Prendre un billet d’avion tant qu’il y a suffisament de caillasse ou attendre de sombrer un peu plus et rentrer à la rame… Sentant venir le calvaire, ils prirent leurs billets direction la France. Une partie de mon challenge était perdu.

De mon côté je me motivais pour chercher du taff. Je trouvais une annonce et me retrouvais dans un entretien collectif avec dix-huit personnes pour travailler dans la vente de fringue de luxe. J'y allais en diléttante totale mais je fini par être recruté direct. Je commence immédiatement, Sonia Rykiel, puis Fendi… C’est dans cette boutique de Sloan street que tout changea. Les prix des articles que je vendais était exorbitant, et quand une cliente Kazakh acheta devant mes yeux un manteau à £53 000, je compris que j’avais sûrement trop d’éthique pour faire ce métier. Je m’adresse alors à ma directrice : « Madame, je voulais juste vous dire que demain je ne reviendrai pas. » « - Pardon ? Mais pourquoi ? En plus vous ne pouvez pas vous êtes sous contrat » Bof... je n'étais plus à un abandon de poste près !

En rentrant par Hyde Park, je commence à réfléchir et à me dire « Putain mon gars, maintenant pose toi et réfléchis, qu’est-ce que tu veux faire de ta vie ? Un truc qui te motive tous les jours… » … « Allez merde ! J’ai un peu d’avance financière. C’est parti je me lance, je vais être journaliste poker ». Le soir, histoire de fêter mon nouveau départ, je file au Vic’ histoire de jouer un petit tournoi. Je fais table finale et commence à tchatcher un peu les floors et les croupier et je me dis qu’écrire un article pour présenter les différentes facettes d’un casino serait l’occaz’ d’exercer ma plume.

En plus d’accrocher ma première TF en live je venais de trouver un sujet et une voie : le rush ne faisait que commencer !
 
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 L'HEURE DU BILAN : 2 mois
Posté le: 08/01/2017 00:45 par Coloscopie
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L'HEURE DU BILAN : 2 mois

Ce mois de challenge a été à la hauteur du nom de ce mois : DECEMBRE. La période de tous les excès, et de l'absence de contrôle. Un de mes potes (Chybron pour ceux qui suivent ce blog) m'a dit "J'avais la dose de foie gras dans mon frigo. Du coup quand je l'ouvre de bon matin je tombe nez à nez sur la boite. Obligé je m'en fait une tartine... bon ben à en abuser j'ai gerbé". Voilà une anecdote qui pourrait allègrement résumer cette phase de challenge.

Pour ceux qui me découvrent, je répète le principe ce blog : au vu de ma consommation addictive et compulsive, j'ai décidé de ne plus créditer mon compte poker qu'avec les gains que je ferai dans la rue grâce à mon saxo où lors de mes concerts.

Ce système est censé m'aidé à retrouver :
- le kiff
- le contrôle de moi même
- Une approche plus sécure de mes dépenses avec les cartes

Je précise également avoir bougé un soupçon de ce postulat de départ, avec l'autorisation d'un dépôt de 15€ par mois pour valoriser mes efforts.

Après deux mois ou en est-on?





Le saxo pour payer mes pots!

Tout d'abord je ne suis sorti que deux fois dans la rue pour faire rentrer de la maille pour financer les cartes. En effet les températures chutent dures sur la région lyonnaise, et même en s'agitant, les doigts risquent de finir cryogéniser... pas top! QUE deux fois, mais un rendement horaire bien plus efficace que mes performances autour des tapis verts puisqu'en 2h j'ai fait rentrer un peu plus de 50€ (notamment grâce à la fête des lumières qui m'a permis de bien faire raquer le touriste). Vous pensez qu'avec cette somme j'ai été raisonnable... Mon cul! Tout est parti en deux sessions, YOUPI!

Non seulement je termine ces sessions frustré mais en plus je m'en veux. Certes c'est le mécanisme habituel, et avec ce que je vous décris dans mes récits je devrais y être habitué, mais que dalle! Je me sens con de sombrer aussi facilement!

(Petit lien du challenge en vidéo : https://www.youtube.com/v/pvTX-JwuAHo&feature=youtu.be)

15€ pour l'addicto!

Autant le dire de suite Kalhimiro avait raison! Lorsque j'ai expliqué pourquoi je m'autorisais un crédit de 15 boules, une voix s'est élevée dans les commentaires en reprenant une de mes phrases "MAIS NON MEC T ASSURES PAS TU VAS RECHUTER"... ça n'a pas loupé.

"Bon ok j'ai claqué la tune durement gagnée avec mon instru... c'est cool j'ai encore mon crédit de 15€, mais gaffe mon pote FULL BRM" J'entame donc en jouant 33,33% de ma roll en jouant le cocktail... bon j'accroche 15€. J'ai donc 25€ sur mon compte je retire les 15€ investi et joue avec les 10€ restant. Ceux-ci partent rapidement, mais du coup j'ai encore mon crédit de 15€... et ainsi de suite. Bien entendu ce qui devait arriver arriva, et je reperds tout. Perte sèche du mois : 70€

Ce n'est pas spécialement les montants qui importent, encore une fois c'est la manière de consommer qui est en cause. Celle-ci montre une compulsion poussée difficilement contrôlable.

Bougresses Promesses

"Arthur, t'as pris rendez vous avec l'addictologue comme tu l'avais promis?"... J'ai honte, mais non je ne l'ai toujours pas fait, je me rassure comme Marc Renton dans Trainspotting "Juste un dernier fix". A l'heure où j'écris ces lignes je me dis que prendre le téléphone n'est pas si compliqué, et prendre un rendez vous encore moins... mais il est plus facile de lancer wina ou un autre soft pour se faire plaisir plutôt que d'affronter véritablement ses démons, et de mettre la machine de désintox en marche.


Mais même si les points négatifs sont nombreux dans la dérive de mon défi, il y a quelques points positifs. Je n'ai joué "QUE" 100 jeux sur une période de 31 jours ce qui correspond a 3,22 jeux par jour, ce qui pour un mois de craquage est encore "raisonnable". Cette consommation prouve une chute de 50% de mon volume de Jeu sur la période d'ultra compulsion de référence (Avril - Octobre). J'ai également terminé 1er du 6 max club 5€ sur pokerstars me permettant d'engranger 330€. Ne vous inquiétez pas cette somme est parti directement sur mon compte avant qu'elle ne soit reclaquée.



La bonne nouvelle, c'est que je me suis qualifié pour l'étape de Lyon du WIPT (d'ailleurs pour ceux que ça intéressent rendez vous dimanche 15/01). Là, c'est le kiff total, puisque c'est un tournoi live entre amateurs, où tout le monde est la pour le plaisir et pas spécialement pour les gains vu qu'ils sont quasi inaccessibles. Même si j'ai déjà joué la finale à Clichy par deux fois, c'est la première fois que je ship la qualif' pour une étape régionale, et j'en tire déjà un pied génial!

D'autre part! La rédaction de ce blog est une véritable bénédiction!! Premièrement parce que je m'éclate à mettre par écrit mes aventures dans lesquels les cartes m'ont emmenées, c'est un exercice passionnant. Deuxièmement parce qu'en posant tout ça à plat, je me rends vraiment compte du jeune fou inconscient que je pouvais être, et m’apercevoir que j'ai pris un plomb dans la tête me donne une poussée positive. Et troisièmement lire vos commentaires, et vous voir (du moins de ce que j'en lis) rentrer à fond dedans, c'est le kiff ultime, et pour çà : MERCI A VOUS.

Concernant ma vie perso, je travaille également à retrouver de l'activité hors poker. Si l'utilisation du terme "Travailler à" peut vous surprendre, sachez que pour moi il s'agit véritablement de changer mes habitudes et en cela c'est un travail. Je me suis donc mis sur un sport qui vide le corps et l'esprit, comme Luneau dans nosebleed, j'enfile maintenant les gants pour aller boxer! En parallèle je prévois également de me mettre à la méditation. Le but étant pour moi de me comprendre physiquement, intérieurement, et d'arriver à mieux à me contrôler. Tout cela dans l'espoir de réduire ma consommation de poker ainsi que la fumette, qui est un autre de mes points faibles.

Un autre point positif : ma perf sur le 6 max club 5€ ne me donne plus trop envie de jouer, je ne sens pas la motivation, ni même la compulsion. J'ai ship suffisamment de tickets pour jouer les WS de dimanche car là ce sera un vrai plaisir de défier la variance sur des beaux tournois avec de sacrées structures. Mais j'ai bon espoir que ça m'aide à passer un mois de janvier plutôt calme niveau jeu...

La tentation est toujours là où on l'attend le moins, réponse dans 30 jours!
 
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 Raclette, Crime, et Britannique
Posté le: 02/01/2017 19:29 par Coloscopie
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Raclette, Crime, et Britannique


Dans l'article précédent "Le choix du roi Arthur", je vous expliquais mon choix de prendre un nouveau chemin, celui des études. Au final, ce fut un échec... prix des études 10 000 boules payés par mes parents, et pas de diplôme au bout. C'était de nouveau un retour cinglant à la case départ.

Effectivement rentrer dans les clous c'était une bonne initiative. Mais encore faut-il savoir quels clous te feront vibrer tous les matins, pour te motiver à te lever et aller au boulot. L'alimentaire c'était bien mignon mais pas spécialement folichon. Cette fois mes parents me font comprendre qu'il va falloir que je me sorte les doigts sévère. Maintenant qu'il n'y a plus d'étude, je peux véritablement essayer ma chance en tant que journaliste poker. Mais bon, avant tout il faut écrire, que je me fasse ma plume, mon style, et surtout une maquette que je pourrais présenter si un journal poste une annonce. En parallèle je commence à postuler sans grande conviction en tant que vendeur ... "On vous rappellera!"...

Puis finalement me tombe dessus l'expérience d'une vie qui allait débloquer la situation. Je reçois un papier officiel, estampillé "République Française". Je l'ouvre et me retrouve convoqué pour deux semaines en Cours d'assise afin de faire juré populaire. J'avais "chatté" le tirage au sort pour être l'un des 12 jurés qui allait avoir le pouvoir extrême... le pouvoir de vie ou de mort sur un être humain... flippant! L'avantage de cette situation, c'est qu'en plus de faire partie d'une expérience sociale émotionnellement particulière , c'est payé, et plutôt pas mal.

Le premier jour alors que je ne saisis pas encore totalement la situation je décide d'écrire mon premier article. Je voyais beaucoup de similitude entre un procès et un HU. En effet il y a deux participants qui ne souhaitent pas perdre, il peut y avoir du bluff, des rebondissements en tous genres, du choix stratégique, et un aspect psychologique poussé. Je décide alors d'écrire comme si j'étais un couvreur sur un EPT ou WPT sauf que là, il s'agira du KJT (Killer Judgment Tour) :



"Mesdames et Messieurs bonjour, et surtout bienvenu à cette exceptionnelle étape du KJT (killer judgement tour). Le KJT est une série de tournois s’opposant fondamentalement au nouveau concept de L’EPIC poker league dans laquelle s’opposent des joueurs à l’éthique irréprochable. Il s’agit d’une suite de matchs dans lesquels nos charmants petits criminels pourront débattre grâce à différents
plaidoyers pour sauver ce qu’ils ont de plus cher… Leurs vies (ou tout du moins quelques années) Le but étant bien évidemment d’éviter la case prison. Autant dire que l’enjeu pour les joueurs est élevé et que ce tournoi sera d’un niveau relevé. Les dépatouillages en tous genres seront essentiels à travers relances argumentaires, ou autre bluff ne devant absolument pas être démasqués par le juge et le jury. Celui-ci risquerai de faire terminer le malheureux derrière les barreaux suffisamment longtemps pour qu’il réfléchisse à la manière à laquelle il aurai du faire appel pour jouer ce coup correctement.

Le KJT se déroulera en dix jours durant lesquels nous auront à faire à 6 heads up opposant des figures locales relevées tel Max X qui devra justifier de sa performance suite aux accusation de viols sur mineurs. Autant dire que la partie n’est pas joué et que Max X se verra dans l’obligation de sortir le grand jeu pour sortir par la grande porte.

Je profite de cet avant propos pour vous rappeler les règles. Chaque tête à tête se joue sur deux jours, qui verront les argumentaires de la défense et de l’accusation s’opposer et qui devront orienter la décision du juge qui appliquera la lois. Mais il n’est pas le seul membre à être responsable de la décision finale du grand vainqueur, à l’image des premier WSOP ou le champion du monde était élu par ses pairs, le joueur doit également convaincre les jurés qui à la majorité prendront la fameuse décision : Coupable ou Non coupable qui achèvera l’un des deux participants.

Une revanche est également possible si le perdant le souhaite, cette partie se jouera en cours d’appel. Il est bien entendu nécessaire pour le perdant de revoir son jeu pendant la période de trève entre la première instance et l’appel. Ce sport étant basé sur un jeu ou personne n’aime perdre, il est autorisé de jouer une dernière et ultime partie, la Belle, qui se jouera en cours de Cassation, qui déterminera le vainqueur final. Le perdant devra ravaler sa fierté, se lever de la table, et quitter le tournoi.

Ces tournois se joueront selon la décision du juges en public ou à huis clos, ce qui influe énormément sur le jeu des joueurs ainsi que sur la pression pesant sur leurs épaules. De mon coté je vous retranscrirai les moments importants de la partie, car ces journées risquent d’être longues et chargées en émotions. Relances, hero call, bluff monstrueux, tous les éléments sont réunis pour que l’on voit du beau jeu, rien ne sera laisser au hasard, et vous serez au premières loges de ce grand tournoi qu’est le KJT.

Allez il est l’heure d’y aller : Shuffle up and deal !"



Cette expérience fut incroyable : six procès en deux semaines! Je fus tiré au sort pour pour cinq affaires, récusé pour deux, et en jugea trois dont l'affaire Torchi ( http://www.tagtele.com/videos/voir/92525/ ) qui fut des plus trash.

Lors de moments ou la tension est aussi relevé, on est content de profiter des pauses pour discuter d'autres choses avec les autres jurés. Un d'entre eux avec qui j'avais bien sympathisé me propose un boulot de saisonnier en tant que plongeur pour l'hiver qui arrivait. Why not? Récurer des caltons à fondue nourri, logé, payé, au pied des pistes, ça m'allait bien. Certes ça restait de l'alimentaire et temporaire mais au moins j'avais mon indépendance. La carrière de journaliste poker attendra un peu...

Avec la tune gagnée à écouter des histoires sordides et à mettre des peines de prisons je créditais raisonnablement mon compte poker. Pour la première fois je décroche une perf à quatre chiffre en terminant troisième du big 10 sur pokerstars. Enfin je me mettais bien!!

Une fois arrivé à Lelex, une petite station familliale jurassienne, je fis la rencontre d'autres saisonniers : Tonton, un mec de Carcassonne, fort accent, fort rire, et surtout passionné de notre jeu à tous. Impossible de ne pas mentionner Le Corse, un mec qui avait réussi à entuber un site de paris en ligne preuve à l'appui pour monter sa bankroll et un véritable dégen cartes en main. Le contexte de notre rapprochement avec ces deux là est tellement particulier que je ne peux m'empêcher de vous le raconter : Les deux lascars travaillaient et vivaient avec un troisième, mais le larron est du genre chelou... vraiment chelou. Du genre à se regarder dans le mirroir et dire : "Non, il ne faut pas que je tue mes colocs, ils sont gentils". Puis pris d'une crise après avoir mélanger médoc et alcool il se jeta par terre en frappant violemment sa tête contre le sol. Tonton et le Corse, pourtant de beaux bébés, flippèrent leurs races (à raison), quittèrent leur maison et m'appelèrent pour m'expliquer la situation. Nous ne connaissions pas mais je sentais que j'étais tombé sur des gars funky avec qui nous allions tripper. Finalement en trois jours le mec chelou fut remercié par ses patrons, pris le temps de faire le con sur les piste, d'être transféré à l'hosto, d'être retrouvé par les flics 50 bornes plus loin à 5h du matin à courir nu par -10°, avant d'être interné en HP.


(Ca me rappelle vaguement quelque chose)




La station étant minuscules les temps morts après boulot se passaient de temps en temps dans le seul bar du village, mais surtout chez les collègues à grinder les tournois. Une connexion pourrie que nous pillions chez leurs voisins donnait lieu à des scènes de tilt monumentales lorsque celle-ci nous faisait faux bond. Généralement une fois les dernières assiettes débarrassées de leurs graisse, je filais rejoindre les copains, et nous passions nos soirées pétards et bières à la main à essayer de monter de jetons sur Wina. Avec Tonton nous swappions nos gains à 50/50. Coup sur coup l'ami nous enregistre deux très belles performances avec une quatrième place sur le Tie Break et une deuxième place sur un deep à 10 balles. La tune du boulot, les primes, le poker, et aucun frais, tout ça semblait trop beau.

La saison avançant, je commence à me dire qu'il faut prévoir la suite. "- Hey les gars, ça vous tente de partir à Londres à la fin de la saison? Il va y avoir les JO et ça va recruter un max, ça pourrait être cool." Les gars réfléchissent un peu, "-Mais heu... t'es sur?? On est des putains de billes en anglais?" "-Mais vous inquiétez pas, là bas ils recrutent si t'es motivé, pas besoin de parler anglais!!!" Engrainés par ces paroles douteuses et le goût du risque nous voici quatre à prendre nos billets pour la ville du vice européenne.

Ma première fierté pokeristique : investir les gains dans une aventure qui s'annonçait épique dans tous les sens du terme
 
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 Le choix du Roi Arthur!
Posté le: 21/12/2016 13:21 par Coloscopie
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Le choix du Roi Arthur

Dans l'article précédent : HOSTEL!!! Je vous décrivais la fin d'un périple en terre londonienne. Telle fut la conséquence de notre insouciance avec mon meilleur ami.

Le retour fut difficile, notamment parce que la paire que nous formions avec Chybron fut dissolue. Obligé sans une tune de retourner chez ses parents dans le pays basque, il dut en plus leurs demander de l'argent pour aider son "one night stand" à couvrir les frais d'avortement. Réponse des parents : "Mon fils, tu es grand. Et quand on est grand on assume". Voyant la réticence de ses géniteurs, il joua sur la corde sensible connaissant leurs tendance politique : "J'aurai du mal à mettre suffisamment d'argent de côté à temps, si vous ne m'aidez pas, vous risquez d'avoir un petit fils métisse." Devant cet argument, les parents serrèrent les dents et allongèrent la caillasse, et tout finalement pu rentrer dans l'ordre.

De mon côté, le retour fut aussi compliqué car il était synonyme d'échec, et de retour à la case départ. Ma mère à qui j'avais raconté un énorme mytho pour ne pas perdre la face pour justifier mon retour, me prit entre quatre yeux : "Arthur-Erwan ? il s'est passé quoi là bas? dis moi la vérité est-ce que tu as perdu tout cet argent au poker?" je me mets à fondre en larme comme un gamin, avant de lui répondre un simple "-Oui". Elle s'effondre à son tour, elle comprend que cela va au-delà de la simple connerie. Son fils n'est pas toxico ou alcoolo... non mais en revanche il est joueur pathologique. La voir dans cet état fut un choc énorme pour moi... Celà entraîna une résolution sensible qui est selon moi ma plus belle valeur aujourd'hui : NE PLUS JAMAIS RACONTER DE MYTHO, ETRE FRANC ET TOUJOURS ASSUMER MES CHOIX.

En attendant il fallait trouver un autre choix professionnelle. Tuée dans l'oeuf, ma carrière de joueur de poker pro me laissait un goût d'inachevé. Mais il me fallut me résoudre à l'évidence, "IL FAUT QUE JE RENTRE DANS LE RANG". Oui, mais pour quoi faire? Quelle formation? Quelle pistes? Quelles envies? Et pour tout dire, je n'avais pas envie du tout de rentrer dans un style routinier métro, boulot, dodo. Cette vie de hobo, dans laquelle j'avais la liberté de vagabonder à droite et à gauche était certes précaire mais j'avais au moins le sentiment de vivre pleinement. Me mettre dans le droit chemin, c'était faire une croix la dessus.

Je commence à me renseigner sur les écoles et les formations qui pourraient me correspondre : un peu parce que j'aime bien vendre, un peu parce que j'aime bien les langues et l'étranger, je postule sur un BTS Commerce international. Je me tiens à distance des tables, même sur le net, je ne joue plus que des freerolls en de rares occasions. Puis me vient à l'idée : "J'aime écrire, j'aime le poker et son univers, je peux en regarder pendant des heures et des jours non stop, je connais l'historique des WSOP depuis 1970, il n'y aucun risque financier à écrire, et les coverages que je lis sur Wina sont dans la même veine que mon style... pourquoi ne pas essayer de faire reporter poker?" Putin! Mais en voilà une idée qu'elle est bonne! Bon en revanche comment entrer dans ce monde?...

Je consultais les annonces que je trouvais sur Google, mais pas grand chose de bien folichon... Si ! une annonce de Poker VIP, qui recherchait un stagiaire : VICTOIRE!!! Bon ok c'est payé 200€ par mois et il faut arriver à se loger sur Paris, mais rien à péter. Ni une, ni deux, j'envoie un CV une lettre de motivation. Dans l'après midi je reçois un appel, "Bonjour j'ai reçu votre candidature, vous avez l'air sur-motivé (good read maggle), je vous propose de me rédiger trois brèves sur les news les plus fraîches que vous me trouverez, je vous laisse l'après midi". Je fonce sur mon clavier, et fait les mêmes recherches que tous les jours "What the fuck Happened in the poker world today?". Deux heures plus tard mes trois brèves étaient rédigées. Je reçois un coup de fil une heure plus tard : "Vous avez un style intéressant, les news n'étaient pas de toutes fraîcheur et il y a quelques fautes d'orthographe, mais si vous êtes intéressé le poste est à vous." On ne vas pas se mentir : quand il m'a dit ça, l'éréction n'était pas loin!

Quand j'en ai parler à mes parents, la réaction fut un poil moins enjoué "Encore le poker?? ça ne t'a pas suffit à Londres?? Ah mon pauvre fils mais y a pas que les cartes et les jetons dans la vie?? Et tu es payé combien?? 200€?!!!! Tu t'es renseigné sur les loyer et le coût de la vie là bas? Et d'ailleurs ou en es-tu avec ton BTS?" Le dilemme était effectivement que j'avais postulé sur ce BTS, mon entretien d'entrée s'était bien passé et je me voyais même proposé un stage aux Canaries pour apprendre l'espagnol avant de commencer la formation, nourri, logé, payé... le choix devenait cornélien : la passion ou la raison? La pression de mes amis et ma famille me poussant à me sortir de mon addiction, je suivais leurs conseils et finis par me résoudre à décliner l'offre de stage en reporter poker.



(Le choix : cette vue payée pendant 3 mois et une coloc de 15m² à Cergy Pontoise plus cher que mon salaire)


Je fis ce stage aux Canaries sur l'île de Lanzarote, suivi de deux ans d'études (intéressantes mais pas passionnantes) et d'un autre stage en Espagne. Et enfin surement parce que je suis plus quelqu'un plus de passion que de raison, je me suis retrouvé en 2011 à ne pas avoir mon nom sur les fiches des résultats de mon épreuve : j'étais recalé.

J'avais fait claquer à mes parents 10 000€ en espérant rentrer dans un moule qui ni ne me convenait, ni ne m'acceptait. De nouveau c'était un retour à la case départ.
 
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 HOSTEL!!
Posté le: 06/12/2016 15:32 par Coloscopie
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HOSTEL!!



(Le Clink, un ancien tribunal aujourd'hui devenu Hostel, théâtre de mes frasques)


Dans l'article précédent : On est pas sorti de l'auberge, je vous narrais ma chute en une soirée dans les abîmes de la déprime. Je venais de tout perdre sur un fameux "coup de poker". Ma bankroll pour vivre, était à zéro.

Il est temps de se détacher des cartes, et surtout de prendre une des rares résolution que je tiendrais sur mes années de poker : PLUS DE CASH GAME !!... sauf qu'à ce moment là, j'y ajoutais un suffixe : PLUS DE CASH GAME EN CASINO!!

Je filais plutôt droit, et me remis au boulot en enchaînant les heures. Je puais la frite et le poulet, mais au moins je vivais... Enfin bon, je vivais avec une dent en train de pourrir et rien d'autre que du paracétamol pour la soigner. Le trou était devenu béant, et mes espoirs de trouver le sommeil réduit au néant. Après avoir consulté une dentiste je m'étais vite rendu compte que j'allais devoir vendre mes organes pour financer un simple arrachage de dent : £300!!! Autant rentrer en France, un aller/retour pour Lyon en Eurolines plus la sécu française additionnés au fait de ne pas payer de loyer pendant une semaine, me faisait économiser la moitié de la somme. Bonus, ma dent fut sauvée.

Quand je revins, une semaine plus tard, j'étais chaud pour trouver des solutions à ma précarité. Et la première que j'ai trouvé c'était celle d'économiser de l'argent... "Evident" me direz vous, oui mais comment? Je pris tout simplement le partie de ne plus payer mon auberge de jeunesse. En effet commençant à être connu comme le loup blanc dans l'établissement. En payant pétard sur pétard au staff, plus personne ne vérifiait si j'étais bien résident du lieu. Il me suffisait d'un simple "Hi! You're alright dude?", et tout passait crème.

Forcément ne pas payer, incluait de ne pas avoir de lit attitré, me forçant à prospecter chaque soir les chambres jusqu'à trouver un pieu pour m'allonger... Vous avez dit "Galère"?... Et quand je n'en trouvais aucun, je squattais un canap' de la TV room et m'endormais devant les JO de Pékin. Cette situation de hobo du dortoir m’amena à rencontrer un turc d'une trentaine d'année qui squattait à longueur de journées les canap' de la salle télé, armé de son ordi, et jouant au poker en multitablant des Sit'n go à 33$ sur party poker. Bien entendu le démon était à proximité et n'attendait qu'un prétexte pour refaire surface. Avec lui j'appris le jeu ULTRA TIGHT, il m'expliquait tous ces moves, et ses réflexions, me disant qu'en jouant ainsi il était gagnant et sortait un salaire d'environ 3000$ par mois. "Du coup il y a vraiment moyen de faire de la maille à ce jeu..." pensais-je, "en plus c'est vrai qu'il semble y avoir moins de risque qu'en cash, les parties sont courtes, moins chers, et cela ne demande que de la discipline." La rechute n'était plus loin...

En plus de frauder l'Hostel, je m'étais développé dans l'enfumage bas de gamme : je refourguais de la beuh auprès des clients à un prix exorbitant et j'organisais des sit'n go live que l'on truquais avec mon meilleur ami et un autre compagnon de galère. Les collusions était constantes, et le deal des cartes des plus douteux... Mais bon ça nous payait les clopes.

Je continuais mon boulot, mais je commençais en parallèle à aller dans une salle internet pour jouer au poker. "Pokerstars ne m'a pas réussit, je vais tester Partypoker". Et me voilà à grinder pour des petites sommes les sit'n go. Effectivement le jeu serré commence à payer... mais bon pour récolter de quoi payer à manger, il fallait y passer du temps. Attiré par le bad beat jackpot qui défile sur le lobby de la room, je ré-ouvre alors une table de cash en NL 100 et en cavant à 30$. Ce jour là, les pots sont nombreux et tournent tous en ma faveur. Je monte 250$, il ne m'en fallait pas plus pour croire de nouveau dans mon talent.

Je continue de grind et passe trois semaines à mêler mon taff et le poker, en assurant de la rentrée d'argent, toujours en cash game, toujours en NL 100 et en cavant toujours à 30$. Mais maintenant il faut faire rentré de la caillasse pour deux. En effet mon meilleur ami s'était épris d'une touriste française de passage au CLINK (l'Hostel) et avait quitté son taff pour lui faire visiter Londres... durée du séjour de la meuf : 4 jours. Est-il arrivé à ses fins avec elle? Non. (Vous comprenez qu'avec lui on fasse la paire). L'urgence financière est de mise : mais à cette période, le mixe des cartes et du service à l'assiette me mette plutôt pas mal.

Je propose à mon ami de travailler avec moi pour devenir ZE CHICKEN KING. En revanche de mon côté je commençais à "Call sick" (prétendre d'être malade). Mon pote se déplaçait chez eux CV à la main en leurs disant qu'il leur était recommander par mes soins, et faisait d'une pierre deux coups en leurs disant que j'étais cloué au lit, alors que j'étais le cul vissé à ma chaise en train de prier pour une paire d'As. Autant vous dire qu'il n'a jamais été embauché... moi de mon côté je n'y ai plus foutu les pieds.

"Chybron" (petit surnom d'affection pour mon meilleur ami), est quant à lui, tilté de ne pas pu avoir conclu avec cette jeune française, et de se faire recalé d'un fast food. Le gaillard est malchanceux, un poissard comme pas deux, un noirau comme Mik22 au craps. Son anglais n'est pas top du tout et sa condition comme la mienne suit la même courbe désastreuse. C'est généralement dans cet élan qu'on fait n'importe quoi... du genre couché avec une meuf sans capote... qui ne prend pas la pillule...

Arrive alors ce jour où je dois rejoindre un pote pour un petit tournoi en pub. Le buy in est £5 ce qui est vraiment tranquille. Le format est winner takes all, et nous sommes une quarantaine de joueurs. Pendant la partie, mon téléphone sonne, je décroche et j'entend mon meilleur ami qui me dit : "Arthur, tu t'es fait balancé par une petite pute de salope à l'auberge, ils ont vu que tu payais pas, tu vas te faire virer." A cet instant la petite partie fun qui ne coutait que £5 devint d'un coup primordiale, car même si le online m'avait permis de mettre £350 de côté cela ne représentait que 3 semaines dans une chambre de 14 au sous-sol. "Je dois gagner!!" radicalement je change mon jeu, pour devenir une serrure libanaise, je tiens, je résiste, je souffre, je sue. Enfin j'atteint la table finale, les rencontres me sont favorable et je me glisse en HU, le Chipleader à 10bb, j'en ai 3, je shove avec 22 et tient face à son A7, pour m'imposer sur la main suivante avec AK face à ses 33... "ouuuuuuufff!!!"

J'avais gagné ce tournoi, il était écrit qu'il ne pourrait rien m'arriver ce soir! L'objectif maintenant, passer le coup d'une vie face à la réception de l'auberge pour ne pas être mis à la rue. J'avais l'avantage que l'équipe de nuit en place à ce moment, était constituée de mecs bien cool que je faisais fumer quotidiennement. "Yo mec ça va, je viens régler ma chambre pour la semaine..." "Pas de soucis" Le type pianote sur son ordi, puis me regarde surpris "Hum... je crois qu'on a problème, tu es blacklisté". Je feins de ne pas comprendre, le directeur arrive et on commence à parler. Je lui explique que j'ai eu des problèmes, je ne pleurs pas mais je n'en suis pas loin, bref Cosette dans Les Misérables aurait eu ce soir là plus de dignité que moi. Toujours est-il que je réussis à négocier pour rester, et pour payer un tarif "habitué" bien moins cher que le tarif standard, sans rembourser les arriérés (2 mois d'enflade).

Malgré cette belle négociation, je me retrouvais quand même dans une situation de plus en plus précaire. Pendant deux mois je n'avais eu aucun frais fixe, et là je me retrouve à assurer un revenu pour deux en plus de mon loyer, sans boulot, ayant pour seule rentrée d'argent le bon côté de la variance ... Fuck faut faire de la perf! Enchaîné par une pression que j'ai du mal à supporter, je me retrouve à déjouer. Je perds patience, je veux gagner tous les coups à tout prix, je m'énerve quand je perds une main... la chute est catastrophique, je vois la situation vécue quelques mois auparavant se reproduire. De plus mon meilleur ami se fait viré de l'auberge, ce qui me met en tilt complet... Quant à mon pote c'est double ration de bad beat puisqu'il touche le jackpot "Enceinte" de son coup d'un soir en détresse

Ce 9 Novembre 2008, je me lève et comme tous les jours je me dirige vers cette salle internet. Je me pose à ma place habituelle, j'ai les tripes qui se nouent : il ne me reste plus que £30. Je les crédites sur mon compte et comme d'habitude ouvre une table de NL 100. Je serre les fesses mais je sens quand même un petit filet liquide d’excrément glisser le long de ma raie. Je me souviens envoyer mes 15 derniers dollars sur un coin flip... qui ne tournera pas en ma faveur. Je me retourne et vois arriver mon pote. Douze années de connaissance et d'amitié suffisent à se comprendre en un regard. Je ne me souviens plus lequel de nous deux a prononcé le premier : "... On rentre?" mais je me souviens que la réponse ne faisait plus un pli. Il m'avança mon retour Euroline. Après une dernière soirée festive nous disons au-revoir à notre groupe de potes, et filons à l'anglaise...

20h plus tard, Peter Eastgate remportait à 21 ans le main event. De notre côté, nous étions de retour en France, et il me fallut expliquer de nouveau à mes parents que mon addiction avait sonné le glas de notre voyage en terre londonienne.
 
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 On est pas sorti de l'auberge
Posté le: 03/12/2016 20:37 par Coloscopie
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ON EST PAS SORTI DE L'AUBERGE

Dans le dernier blog : SLIP TIGHT je vous expliquais la fin de la période squatte poker, pour me remettre en selle à la britannique.

Me voici reparti outre-manche, avec 400€ en poche et -800€ sur mon compte français. Vu mon départ à l'arrache, j'avais quand même trouvé un job dans l'auberge de jeunesse où j'avais vécu lors de mon premier séjour. Le taff? Portier... Oui portier pour une auberge de jeunesse, c'est assez inattendu, mais bon ça me permettait au moins d'avoir le loyer et la bouffe gratuite pour 2 jours de boulot. Je me tenais debout devant la porte à attendre le client, paré de mon joli petit polo bleu, "Hi, Welcome to the generator hostel". Bon... en revanche au bout de trois semaines, je n'avais plus de boulot! Comme d'habitude raisonnable, j'avais réussi à me faire virer pour "Tentative d'entrées illégales de personnes". Je retrouvais en urgence un boulot, "Bienvenu chez le Nando's le Roi du Poulet", histoire de faire rentrer un peu de caillasse.


(Cadeau : Photo d'archive)


Les pound qui rentrent sur le compte ne ressortent pas, je suis raisonnable, et me tiens loin des cartes... Enfin raisonnable, je ne dépense pas l'argent de mon compte anglais, mais effectue tous mes achats avec ma carte française qui creuse de plus en plus mon déficit (la magie du "swapping system").

Après avoir mis 500£ de côté je m'autorise à une petite sortie casino, retour au source : LE VICTORIA. On organise ça avec un pote de boulot. Le vendredi, le tournoi du soir est le moins cher de la semaine, £60 c'est parfait!

Ce vendredi matin, mon téléphone sonne : "-Allo?"
- C'est ta mère, dis donc tu peux m'expliquer ce qu'il se passe avec ta banque?
- Je sais pas... pourquoi?
- Ils m'ont appelé, ils m'ont dit que tu étais dans le rouge de 1000€ et que si ce découvert n'était pas comblé sous 48h, il te ficherait banque de france..."

Fiché pour 1000€... ça me semblait tellement irréaliste, inconcevable. Le petit con hors des réalités que j'étais se disait : "Avec la tune qu'ils brassent, ils vont quand même pas faire chier pour une somme aussi ridicule". Mais évidemment qu'ils allaient me faire chier, je dépensais sans aucun approvisionnement sur mon compte. Qu'elle soit dérisoire ou non cette tune n'était pas la mienne. Ma mère devant l'urgence de la situation et comprenant que je risquais cinq ans sans carte bleu ni chéquier combla mon découvert... encore une jolie preuve d'indépendance pour quelqu'un qui souhaite s'émanciper.

Comme convenu, nous nous rejoignons plus tard avec mon collègue de boulot. Je arrête à ma banque anglaise pour retirer de l'argent, mais impossible. "Je comprends pas, pourtant j'ai de l'argent sur celui ci", je rentre dans l'établissement et demande une explication. Celle ci est très simple : "Désolé monsieur, votre dossier indique des problèmes, nous ne pouvons pas vous garder parmi nos clients" me donnant alors tout l'argent que j'avais sur ce compte en cash : £500.

Je commence à me dire que cette histoire pue vraiment du cul... avant de partir au casino je passe payer mon lit dans ma nouvelle auberge de jeunesse. Et c'est parti : ROAD TO GROSVERNOR CASINO. Il est encore tôt avant le tournoi, nous nous enregistrons et allons faire un tour du côté d'Hyde Park, la balade est cool, mais "aïe" en croquant dans un bonbon (skitlles) je me retrouve avec un chicot en moins. En effet un énorme plombage venait de partir englué dans le mélange sucre/salive. Un trou béant était apparu, et pour le réparer, je me doutais que la sécurité sociale anglaise n'allait pas vraiment m'aider.

Pas besoin d'être devin pour deviner que ce n'est pas de bon augure. "Allez c'est bon, de toute façon je vais payer ma couronne avec les gains de ce soir!". Je me pose à la table, les orbites passent et les jetons ne décollent pas, ils ne descendent pas non plus, ça stagne gentillement pendant que mon collègue sort et que les blinds augmentent. Sans surprise, je me retrouve à jouer un coin flip... et le perds. Je me lève et commence à sortir, je traverse les tables de cash game... et me retrouve pris du syndrôme dégueulasse et horrible "La chance ne m'a pas encore souri aujourd'hui, mais ça va changer". Tu m'étonnes John, les merdes commencent vraiment à s'accumuler pour un seul jour, mais je trouve quand même l'idée de me poser aux tables de cash. Avant ça bien entendu, direction le "cashier", il me reste en poche £350, je décide de la jouer soft et donc de convertir l'intégralité de la somme en jeton. £0,5/£1 C'est parti, je fais le mec serein, mais à l'intérieur je n'ai jamais autant senti de stress.


(Une salle moins stressante quand elle est vide)


Les mains passent, je ne joue rien, me rappelant que chaque jeton perdu me rapproche de la ruine. Je soulève alors une paire de 55, étant utg je décide de la jouer soft, je limp. Quatre larrons s'invitent dans la main. Tombe un flop 3 5 6 rainbow : je jubile, mon heure est venu. Les blinds check, je mise £5 et me fait raise a 15£ par la small blind, je call. Turn un 7 : "aïe" le mec mise £25 je relance à £75, il me fout la boite et je snap "fuck" call. Le mec avait floppé les nuts avec 4-7o. Je me liquéfie, je prie pour une doublette, je tremble... Elle ne viendra jamais... C'est fini, KO comme McDermott dans le film "Rounders". Je ne comprends rien à ce qui m'arrive, ma bouche à le reflex d'articuler "Je suis trop con" en boucle.... Un joueur me demande "Are you rebuying?"... j'ai envie de pleurer. Je suis qu'une merde.... je n'arrive plus à me dire autre chose.

Je quitte le casino, et marche jusqu'au métro, il me reste 1,5£ pour prendre mon dernier luxe : un ticket. Je rentre à l'auberge et cherche mon meilleur ami qui a fait le pari de l'étranger avec moi. Je ne le trouve pas, il me reste de ma weed, je me roule, un, deux, trois, quatre joints d'une ganja puissante qui m'envoya dans les profondeurs de la dépression. Je finis par croiser mon ami qui était tranquillement en train de dormir dans la TV room de l'Hostel, je lui explique ce qu'il s'est passé : "Putin Arthur..." fit il avant de replonger dans les bras de Morphée.

Je me retrouve seul, je suis tellement "high" que mes problèmes me semblent loin. Une amie passe me récupérer après son taff, je lui explique tout à elle aussi... "T'es vraiment con..." une phrase qui commençait à devenir beaucoup trop récurrente, ce à quoi elle ajouta "allez viens je te paye la soirée on va oublier ça!". Les canettes de bières achetées chez le paki du coin coulent à flot. Nous croisons notre dealer, qui nous propose de terminer la soirée chez lui. Le rythme ne ralenti pas... J'ai tellement bu et fumé que mes yeux se ferment tout seuls.


(Un Cidre qui poque le crâne : la K 8,4% Parfait pour oublier vos soucis)


Alors que mon esprit s'évade doucement vers de profondes limbes, j'entends un truc inattendu, le son d'un reniflement rapide qui me ramène à ouvrir les yeux : "-Hey...? Vous faites quoi?" "-Tu veux tester?". Je réouvre les yeux comme je peux pour voir ce qu'ils me proposent. Et je me retrouve avec un couteau pointé dans ma direction avec sur la pointe, un petit monticule de poudre de blanche. Vous l'avez deviné on parle bien de cocaïne, je n'ai jamais touché à ça et m'y suis toujours refusé. Mais là, les circonstances étaient différentes pour ne pas dire exceptionnelles. "De toute façon, je n'ai plus rien à perdre".

J'approche mes narines, et fait disparaître le contenu du couteau en direction de mon cerveau. Le résultat est immédiat : moi qui était à deux doigts de m'endormir sur le lit de mon refourgueur, qui était tellement déchiré et high que mes problèmes me semblaient bien loin... bref j'avais procrastiné en me disant "boaf de toute façon demain est un autre jour". Et bien là cet état de torpeur était passé, en un éclaire je me réveille, et mes soucis qui paraissaient si loin me sont revenus en pleine poire en un instant : Comment je vais bouffer cette semaine? Comment je vais me loger? Comment je vais lutter? Toutes ces questions refirent surface, mais cette fois j'avais en moi une substance qui me permettait de voir la situation de manière plus "lucide" :

- Pour bouffer je m'adresserai à mon employeur le Roi du poulet
- Pour me Loger l'auberge était payée pour cette semaine, il me suffirait de squatter une semaine quelque part au moment du check out pour me remettre bien
- Je demanderai à faire des heures en plus tout simplement pour faire rentrer plus de caillasse

Bref... Cette soirée fut l'une des pires et des plus mouvementées de ma vie. L'adrénaline avait pris le pas sur ma conscience. Je ne pouvais plus le nier : j'étais addict! Et il fallait que je règle ça? mais comment? difficile d'en parler loin des parents, loin des amis. Mon meilleur ami lui ne voulait pas non plus me prendre la tête avec ça, surement par pudeur de ne pas vouloir faire d'ingérence dans ma vie... pas si facile... "A partir de maintenant promis je ne touche plus les cartes..." Une promesse qu j'allais m'empresser d'oublier...


Petit surplus "Cool Story Bro" :

Je rentre à l'auberge complètement carbonisé à 10h du matin, je fond dans mon lit et m'endort profondément. Quand je me réveil il est 20h, j'ai un putin de mal de crâne et j'ai la dalle. Bien entendu je me souvenais encore bien comment j'avais dis au revoir à mes derniers sou la veille. Je boufferai n'importe quoi, ça tombe bien, en auberge, il suffit de regarder les placards et on trouve de la bouffe... de la bouffe qui n'est pas à nous bien entendu.

"Arthur? Putin t'es là je te cherchais!" C'était mon meilleur ami. "Attend vas-y laisse tomber la bouffe des autres, j'ai une surprise pour toi" à quoi il ajoute "Je suis passé à Tesco, j'ai repensé à ce que tu m'as raconté hier pendant que je dormais... Je t'ai rien dit parceque j'étais trop mort, mais par contre aujourd'hui je me suis dit que tu aurais besoin de support, alors je me suis dit que tu serais content de bien manger." En prononçant cette phrase il me sort de son sac plastique deux magnifiques tournedos. (pour votre gouverne, en Angleterre, ces pièces de viandes coûtent une blind) Ca fait une éternité que je n'ai bouffé que du poulet dégueu et des pâtes et là il me sort un assortiment pièce de viande, pomme de terres : LE REVE! enfin le rêve... oui le rêve aurait été cool s'il n'y avait pas le compromis, car il m'explique :
"Par contre je suis dégouté, je voulais vraiment te faire plaisir, mais bon c'est pas pour ça que j'avais prévu de payer les courses non plus! Comme d'hab je prends deux trois trucs, et cachent le gros des courses dans mon manteau" (le mec était un as de la chourre, imprenable) "Sauf que là, y à un mec, un roumain, il me balance auprès du vigile! Déjà ils m'ont emmenés dans une pièce derrière, paye ta honte, et ensuite ben j'ai du tout raquer, du coup je suis fauché!"

D'une pierre deux coups : en 24h nous étions tous les deux sur la paille bouffés par nos vices!
 
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